Boulat Okoudjava

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Boulat Okoudjava
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Boulat Okoudjava

Informations générales
Naissance
Moscou
Drapeau de la République socialiste fédérative soviétique de Russie RSFS de Russie
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Décès (à 73 ans)
Clamart
Drapeau de la France France
Années actives 1956-1997
Tombe d'Okoudjava au cimetière Vagankovo de Moscou.

Boulat Chalvovitch Okoudjava (en russe : Булат Шалвович Окуджава ; en géorgien : ბულატ ოკუჯავა) est un auteur-compositeur-interprète soviétique né à Moscou le et mort à l'hôpital Percy de Clamart (banlieue de Paris) le [1].

Il est un barde parmi les plus populaires de son époque, avec Vladimir Vyssotski. Son œuvre exprime son horreur de la guerre, l'observation patiente de la société soviétique et les amours douloureuses. Il est LE chanteur du quartier de l'Arbat à Moscou. On le surnomme parfois le « Brassens soviétique »[2],[3],[4]. Il est également l'auteur de plusieurs romans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un Géorgien et d'une Arménienne[5], Boulat Okoudjava naît néanmoins à Moscou. Son père, Shalva Okoudjava, membre du Parti communiste et haut fonctionnaire de l'Industrie, disparaît lors des Grandes Purges de la période stalinienne et est fusillé en 1937, accusé d'être un espion japonais (réhabilité en 1956)[6]. Sa mère, née Ashen Nalbandyan, passe dix-neuf ans au Goulag[7]. En 1942, Boulat Okoudjava, engagé volontaire, est blessé sur le front. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il achève ses études universitaires à Tbilissi. De 1950 à 1955, il enseigne dans des écoles de Kalouga[8]. De 1955 à 1972, Okoudjava est membre du Parti communiste soviétique, avant d'en être exclu. Il est membre du conseil de l'organisation russe de défense des droits de l'homme Memorial[7], [9].

En 1956, il commence à publier ses poèmes à Moscou. Malgré les tracasseries du pouvoir (aucune publication officielle avant 1970), son succès vient des textes mis en musique, chantés par le poète qui s'accompagne à la guitare[8].

En 1991, il reçoit le prix d'État de l'URSS et en 1994 le prix Booker russe.

Il a donné plusieurs concerts en Europe de l'Ouest et aux États-Unis (où il subit une intervention cardiaque en 1991).

Mort à Clamart le , il est enterré au cimetière Vagankovo.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Lieder II, Pläne, Dortmund, 1988 (enregistré en 1986 par Melodiya, Moscou)
  • Le Soldat en papier, Le Chant du Monde, 1993/1999, Harmonia Mundi, LDX 27443
  • Arbat
  • Votre noblesse - chansons du film Le Soleil blanc du désert (1970)
  • La Prière de François Villon

Littérature[modifier | modifier le code]

  • La Cuiller, titre original : «Будь здоров, школяр» (traduit du russe par Tatiana Roy), Julliard, 1967, (EAN 2000055533902)
  • Pauvre Avrossimov, titre original : «Бедный Авросимов» (traduit du russe par Nina Nidermiller), collection « Les Grandes Traductions », Albin Michel, 1972, (EAN 2000071481829)
  • L'amour-toujours ou Les tribulations de Chipov. Histoire vraie racontée sur un air de vaudeville ancien titre original : «Похождения Шипова, или Старинный водевиль», (traduit du russe par Marie-France Tolstoï ; préface de l'auteur pour l'édition française), collection « Les Grandes Traductions », Albin Michel, Paris, 1982, (ISBN 2-226-01450-0)
  • Un banquet pour Napoléon, titre original : «Свидание с Бонапартом» (traduit du russe par Antoinette Roubichou-Stretz), Albin Michel, Paris, 1985, (ISBN 2-226-02260-0)
  • La Femme de mes rêves[10], titre original : «Девушка моей мечты» (traduit du russe par Anne-Marie Susini), collection « Les Grandes Traductions », Albin Michel, Paris, 1991, (ISBN 2-226-05372-7)

Citation[modifier | modifier le code]

« Cette voix qui chantait comme personne avant, sans aucune fausse note de patriotisme, sur Moscou, sur la guerre, traduisait la nostalgie d'une patrie qui n'est plus. Rien de politique dans ses chansons, mais tant de sincérité, tant de douleur que les autorités n'ont pas pu le supporter. Poursuivi par la haine et la sottise, Boulat Okoudjava aura sans doute été le premier poète persécuté sous nos yeux[11]. »

— Vladimir Boukovski, Mémoires.

Divers[modifier | modifier le code]

L'astéroïde 3149 Okudzhava découvert par l'astronome tchèque Zdeňka Vávrová en 1981 porte son nom[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ru)Елизавета Дмитриевна Уварова, Эстрада России, XX век: энциклопедия, ОЛМА Медиа Групп,‎ (ISBN 9785224044627, lire en ligne), p. 464
  2. Lasha Otkhmezuri, Jean Lopez, Grandeur et Misère de l'Armée rouge: Témoignages inédits (1941-1945), Seuil, (ISBN 9782021049305, lire en ligne)
  3. Mikhaïl Zolotonossov, « Chanson, poésie et communisme. Découvrir le Brassens soviétique », sur courrierinternational.com,‎ (consulté le 1er juillet 2016)
  4. Par exemple, présentation du chanteur sur la pochette du disque Le Soldat en papier.
  5. (de) Notice de la pochette du disque Lieder II.
  6. Source
  7. a et b (ru) « Биография Булата Окуджавы », sur ria.ru,‎ (consulté le 1er juillet 2016)
  8. a et b Boulat Okoudjava, L'Amour-toujours, 4e de couverture.
  9. (en)Site officiel Memorial
  10. Beaucoup d'autodérision et de tendresse dans ces nouvelles qui évoquent la jeunesse de l'auteur. Celle qui donne son titre au recueil met en scène les retrouvailles d'une mère sortie de 10 ans de camp avec son fils de 22 ans.
  11. Boulat Okoujava, L'Amour-toujours, 4e de couverture.
  12. Dictionary of Minor Planet Names - p. 260
  13. Source

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]