Boulangerie viennoise

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La Boulangerie viennoise fondée par August Zang, avec le nom du fondateur sur la façade, en 1909.

La Boulangerie viennoise est un commerce ouvert à Paris au 92, rue de Richelieu, sous le règne de Louis-Philippe, par l’entrepreneur et inventeur autrichien August Zang.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon une version (non documentée), des princes de la famille royale de France, étant à Vienne, vantèrent le gout exquis et la légèreté des pains — sans doute proche du « pain viennois » actuel — qu'on leur avait servis dans un diner d’apparat. Ils ajoutèrent que ces pains seraient fort appréciés à Paris. Ces propos furent recueillis par l’officier d’artillerie de l’armée autrichienne, August Zang, qui donna sa démission et vint, avec des ouvriers boulangers de Vienne, en compagnie de son associé Ernst Schwarzer, installer à Paris, rue de Richelieu, une boulangerie viennoise, en 1837.

En 1838 ou 1839, Zang fonda son établissement de boulangerie et y fabriqua, le premier, les petits pains qui ont conservé le nom de pain viennois. Il introduisit également le kipferl, précurseur du croissant. Au début, la Boulangerie viennoise survécut en fournissant les expatriés autrichiens, allemands mais, dès 1839, les affaires marchaient déjà bien et en 1840, deux ans après la création de l’établissement Zang, Paris possédait déjà douze maisons de fabrication de pain viennois, occupant une centaine d’ouvriers.

Le succès de la boulangerie viennoise engagea les boulangers parisiens des quartiers riches à faire, eux aussi, des pains de luxe viennois. En 1845, la consommation du pain viennois avait augmenté dans de telles proportions que le nombre des ouvriers de cette spécialité s’était élevé à deux cent cinquante. Ces ouvriers formaient une association professionnelle. Deux fois par semaine, ils se réunissaient dans un café du passage des Panoramas pour y discuter leurs intérêts, étendre leur industrie et s’occuper de leur placement. La plupart de ces ouvriers avaient des idées républicaines et révolutionnaires et, en 1848, les ouvriers du pain viennois acclamèrent avec enthousiasme le régime issu de la révolution de février. À la suite de la chute de Louis-Philippe, Zang vendit sa boulangerie à Philibert Jacquet et quitta Paris pour retourner à Vienne, où il fonda le journal Die Presse.

Cette maison existait toujours et prospérait au début du XXe siècle.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Le Correspondant, t. 181, Paris, 1895, p. 458.