Bouffioulx vient du latin vulgairebuffare « gonfler » dont est issu le terme buffa qui signifie une « grosse butte » représentative du relief de Bouffioulx[1].
Des falaises et des carrières calcaires marquent de leur présence le paysage vallonné de la Hanzinne à Bouffioulx. Ces calcaires datent de la période Carbonifère de l'ère Paléozoïque et du Frasnien premier étage géologique du Dévonien supérieur du Paléozoïque. Ils présentent une grande densité de phénomènes karstiques. Les plus spectaculaires sont ceux qui affectent les barres rocheuses le long de la vallée du ruisseau d’Hanzinne, au sud du village de Bouffioulx. Les massifs calcaires sont percés d’un chapelet de grottes : Montrou, Trou Quinet, Trou du Château, Trou Marique, etc. et de conduits karstiques. Un important réseau de galeries et de salles part de ces orifices[2]. L'argile grésante à forte teneur en silice, intercalée avec du sable, est présente dans les dépressions karstiques.
Les Tiennes dont la cité est située entre le terril d'Ormont, la rue de Presles et la rue des Égyptiennes, cette citée est parcourue de rues ayant comme noms en souvenir du jumelage avec Campagnolles (commune du département du Calvados). En 1970, de nouvelles constructions voient le jours notamment : 58 appartements et 96 maisons. L'immeuble « Le Normandie » comporte 7 étages qui regroupe 56 appartements. Dans les années 1980, la cité bénéficiera d'une extension[6].
Les Potiats, nom donné aux maisons de la rue Paul Pastur[7].
Avec un sol riche en silex, de nombreux cours d'eau et des étendues boisées, la région qui entoure Bouffioulx était propice à l'installation de tribus du Néolithique. Des traces remontant à 8 000 ans ont notamment été retrouvées dans la grotte de Montrou à Bouffioulx. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, un groupe mégalithique composé d'un dolmen et de plusieurs menhirs maintenant disparus surplombait la vallée de la Hanzinne[8] sur le plateau rocailleux de Sainte-Blaise.
Dans le bassin de Bouffioulx, aux abords de la Biesme, la présence d'un ensemble mégalithique indique également une présence ancienne de l'Homme. Malheureusement, l'ensemble et son dolmen furent détruits vers le milieu du XIXe siècle[9].
« Seigneur de Montrou et gouverneur de Montchevreuil ». Médaillon en grès de Bouffioulx, qui a été réalisé au XVIe siècle[10].
Le plus vieil écrit concernant ce lieu remonte à 1341 quand Gilles de Loverval vend au Chapitre Saint-Lambert de Liège, sa terre et seigneurie de Bouffioulx qui est rattachée à celle de Châtelet. La fabrication de poteries en grès vernissé au sel à Bouffioulx date du Moyen-Âge et remonte au XIIIe siècle[11]. L'on connaît l'existence à Bouffioulx d'une cour de justice dès le XIIIe siècle, et de deux cours foncières dès le XIVe siècle.
La topographie de Bouffioulx, au Moyen Âge était très différente d'aujourd'hui car l'exploitation calcaire a transformé le paysage au XIXe siècle[12]. Le village se trouvait de part et d'autre de la Biesme, coincé entre deux « montagnes » de roche : Montrou et Montchevreuil. Deux châteaux s'y sont construits dès le Xe siècle, surplombant l'accès au village.
Le château de Montrou se trouvait sur le flanc rocheux où culmine l'actuel quartier Saint-Blaise ou Montrou. En contrebas se trouve la grotte de Montrou dont les galeries souterraines (désormais obstruées) menaient jusqu'à l'abbaye de Salzinnes[9]. Un médaillon du XVIe siècle témoigne de festivités qui s'y déroulaient le lundi de Pâques, cette tradition disparaitra au XIXe siècle avec les dernières ruines.
Les ruines du château de Montchevreuil ont également disparu sous les lignes de chemin de fer, aux abords de l'actuelle rue de Montchevreuil. On donna l'ordre de le démolir en 1862, ce qui fait que nous pouvons encore retrouver le dessin des murailles du vieux-château sur un plan cadastral de 1830-1834.
Toutefois, l'esprit de la Seigneurie de Montrou n'a pas disparu, une compagnie de reconstitution médiévale - la Mesnie di Matra - préserve les légendes qui entourent ces lieux.
L'organisation municipale proprement dite ne date que du XVIe siècle[13]. En 1610, on érige la paroisse et l'église de Bouffioulx (désormais église Saint-Géry) dont subsiste le chœur semi-hexagonal.
Bouffioulx bénéficie à cette époque d'une grande prospérité économique, notamment grâce aux grès de Bouffioulx. La poterie faisait vivre de nombreux spécialistes dans différents métiers : bûcherons, extracteurs de terre, tourneurs, émailleurs, peintres, cuiseurs et spécialistes de la pose d’étain[14]. En 1748 le relevé (fiscal) des cheminées pour la communauté de Bouffioulx recense 99 habitations[15] correspondant à une population de 445 (± 10 %) personnes[16]. À partir du XVIIIe siècle, le grès de Bouffioulx subit la concurrence de la faïence et tombe progressivement en désuétude.
Avec l'avènement de la révolution industrielle, la population passe de 1 027 à 3 457 personnes de 1830 à 1880 du fait du développement de l'industrie minière (carrières de marbre et de pierres à bâtir) et sidérurgique (hauts-fourneaux, laminage, chaudronnerie)[17].
En 1907, le peintre Willem Delsaux établit un atelier de poterie à Bouffioulx et remet en honneur l'art du feu dans la production de poteries en grès[18]. Il y applique les techniques et méthodes décoratives traditionnelles de la région à ses propres créations. À Bouffioulx, il côtoie, les artistes et céramistes Edgard Aubry, Roger Guérin, Arthur Craco, Omer Coppens ou Willy Finch.
En 1911, il fonde la Poterie de l'Escarboucle[19], une école wallonne de fabrication d'émail et de faïence émaillée, destinée, entre autres à l'architecture (cheminées, façades complètes, terrasses ou vases). Le déclenchement de la Première Guerre mondiale contrarie le fonctionnement de son entreprise.
En août 1914, Bouffioulx est l'un des théâtres de la bataille de Charleroi entre la IIIe armée allemande du général Von Bülow venant de la vallée de la Sambre et la Ve armée française du général Lanzerac. De 5 h à 14 h le , de violents combats opposent le 78e régiment d'infanterie allemand aux 36e régiment d'infanterie et 119e régiment d'infanterie français. Les Français sont contraints à la retraite et Bouffioulx tombe aux mains des Allemands. En représailles de la résistance rencontrée à Bouffioulx, l'armée allemande exécute 10 civils et détruit 32 bâtiments[20]. Le , des civils réquisitionnés sont contraints d'inhumer 294 combattants français dans trois fosses communes[21].
Dans l'entre-deux-guerres, le talentueux élève de Willem Delsaux, Roger Guérin, établit son atelier de potier à Bouffioulx et produit des céramiques de style Art déco. Les céramiques et poteries de Bouffioulx acquièrent grâce à lui une grande notoriété en Belgique et à l'étranger. L'on peut à présent les admirer dans des musées belges, hollandais, italiens et américains.
Monument aux victimes des bombardements et aux fusillés en 1944. Situé dans le hameau de la Sibérie.
Au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, une grande partie des habitants de Bouffioulx partent vers la France le . Les troupes allemandes entrent sans combats dans la commune le pour s'en retirer début juin et rester à Châtelet. Dans le courant de juin-juillet les habitants rentrent dans leurs habitations. De juillet 1942 à septembre 1944, la commune de Bouffioulx est intégrée au Grand Charleroi sous occupation allemande[22], Bouffioulx faisait alors partie du District II aussi nommé District de Châtelet.
À partir de , l'aviation alliée débute le bombardement des réseaux ferroviaires belge et français en prévision du débarquement en Normandie. Le des bombardiers moyens B26 Marauder américains attaquent la gare de formation de Couillet. La dispersion des bombes cause la mort de 10 civils[22]. Le bombardement en tapis du provoque la destruction totale de 39 maisons et de graves dégâts dans 145 habitations du quartier de la Blanche Borne[23].
En 1977, la commune de Bouffioulx est intégrée à la commune de Châtelet.
L'église Saint-Géry, construite au XVIe siècle et en 1774[26].
L'église Saint-Ferdinand construite en 1913 par la famille Pirmez dans le quartier de Chamborgneau de style néo-roman[27].
Le vieux centre de Bouffioulx avec ses rues étroites, sa Maison de la poterie et ses maisons en pierres.
Monument au morts 1914-1918.Le musée de la Grange aux Potiers, de l’atelier du Potier en activité et de la salle des fours (Poterie Dubois).
Le monument de la guerre 1914-1918, œuvre de Désiré Weygers sur la place.
L'ancienne maison communale. En 1843, la maison communale est devenue vétuste. En 1886, jugée trop exiguë, un projet d’agrandissement est lancé. En 1945, un nouvel agrandissement est prévu, incluant deux salles d’école. Vers la fin des années 1960, l’architecte Albert Guyaux de Charleroi est chargé d’étudier la transformation du bâtiment, et le 22 juin 1973, la maison communale est inaugurée[28].
Fête de la Poterie : fête dédiée à l'artisanat organisée en juin-juillet.
Marche Saint-Ferdinand et Notre-Dame de Lourdes se déroule le deuxième dimanche de juillet au hameau de Chamborgneau[29], cette marche a été créée en 1946.
Marche Saints-Étienne-et-Saint-Blaise, se déroula le 1er week-end de mai, cette marche a été reformer en 2026[30].
Marche Saint-Géry, le 15 août (marche qui n'existe plus).
Bouffioulx possède deux écoles l'une communale et une libre : Groupe scolaire Hayettes-Solvay : implantation Solvay, rue Ernest Solvay et l'école Saint-Géry, rue des Potias.
Fabrique de tuyaux en grès verni (Poterie J. Warren & Cie).Céramique de Bouffioulx (Roger Guérin).
L’industrie du grès de Bouffioulx a été pendant de nombreux siècles florissante grâce à la bonne qualité de sa matière première, l'argile grésante à forte teneur en silice extraite dans les dépressions karstiques. La propriété de ce type d'argile est de résister à des hautes températures de plus ou moins 1300 °C permettant l'apport de sel marin nécessaire à la vitrification des poteries. Le combustible était au départ fourni par le bois fourni par les forêts environnantes et, à partir du XVIIIe siècle, par le charbon. Au niveau corporatif, le franc-Métier réunissait les maîtres ou patrons, les apprentis ou candidats maîtres et les serviteurs ou ouvriers[31].
Fin du XVIIIe siècle, la production de faïence supplante celle du grès à caractère artistique qui connaît un déclin durable avant que quelques artistes-céramistes passionnés par le grès d'art ne reprennent la tradition peu avant la Première Guerre mondiale.
Quelques ateliers de poterie de grès salé sont en activité et sont mis à l'honneur lors de la fête annuelle de la poterie qui se tient à Bouffioulx en juin-juillet :
poterie Biron ;
poterie Dubois ;
poterie Lardinois.
De même, l'ASBL « La Grange aux Potiers » de Bouffioulx a pour objectif visant à sauvegarder et transmettre le savoir-faire ancestral des potiers de Bouffioulx. Cette association a reçu le prix Sambria 2023 décerné par l'association Prométhéa lui permettant de développer un parc à fours, unique en Belgique. Ce parc à fours comprend : un four à bois, un four à fosse, un espace pour des cuissons éphémères, un espace pour les cuissons raku, le vieux four de la Poterie Dubois pour la cuisson au charbon et un nouveau four électrique. Ces différents fours donnent la possibilité aux artistes et apprenants de pouvoir toucher à de nombreux types de cuisson[32].
Parmi les poteries qui étaient en activité, on note notamment :
poterie J. Baudenne-Josse. En 1904, Joseph Baudenne-Josse reçoit l’autorisation d’ouvrir une poterie rue Solvay, à l’angle des rues Champ des Péchenne et Solvay, en direction de la Blanche-Borne. Le , il demande à agrandir son atelier, alors situé rue de Couillet (ancien nom de la rue Solvay), et à y installer un deuxième four circulaire. Le , le Collège échevinal donne un avis favorable à ces deux projets. En 1955, la société est encore active dans la fabrication de produits en céramique, de tuyaux, d’accessoires en grès vernissé et de poteries utilitaires. La même année, l’entreprise ferme ses portes et les installations sont démolies[34];
poterie Guérin. En 1919, Roger Guérin crée la société coopérative Poterie Roger Guérin. Le , un arrêté de la députation permanente du Conseil provincial du Hainaut l’autorise à ouvrir une poterie d’art à Bouffioulx. En 1929, la société coopérative laisse place à la Société Anonyme des Grès de Bouffioulx. En 1935, la SA est dissoute. Trois ans plus tard, en 1938, il fonde au même endroit une nouvelle « société anonyme des Grès de Bouffioulx », qui subira 13 ans plus tard le même destin que la première. Enfin, en 1951, il crée une troisième société anonyme portant toujours le même nom que les deux précédentes. En 1970, les activités industrielles prennent fin avec la faillite de la dernière société. Après le décès de Roger Guérin en 1954, son fils Jules continue l’activité de poterie. En 1959, il crée la « fabrique de céramique Guérin » à Morialmé. Après la faillite de 1970, les ouvriers lancent une nouvelle société nommée « Société Nouvelle des Grès de Bouffioulx » en 1971, mais en 1974, l'entreprise est à nouveau déclarée en faillite. En 1975, l'activité reprend sous le nom de « Société Anonyme Manufacture d'Art » et, en 1988, Jules Guérin éteint définitivement les fours[35];
poterie Mousset-Thibaut. La poterie remonte à la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque, le , Auguste Mousset reçoit l’autorisation d’exploiter une poterie à Bouffioulx. Le , il obtient de l’Administration communale la permission de construire un nouveau four et, en 1887, deux nouveaux fours sont mis en service. La production comprenait la fabrication de couvre-murs, ainsi que de tuyaux et de leurs accessoires. Les carreaux de pavement en grès deviennent alors la spécialité de la maison. Au , la poterie employait 12 personnes. Au cours des années 1970, un incendie provoqué par l’effondrement d’un four en activité détruit une grande partie des installations. La poterie met finalement fin à ses activités en 1985[36], à la suite du décès d’Albert Mousset[37];
poterie J. Warren & Cie. Située rue Cyprien Prévot, elle fabriquait des grès industriels. Après la Première Guerre mondiale, en 1919, la famille Warren vend cette poterie à la Société Céramiques de Haine-Saint-Pierre, fondée par la famille Monseu le sous le nom de Société Monseu et Cie. À Bouffioulx, on fabrique des pots, des tuyaux, du grès fin et diverses poteries utilitaires. En 1965, la société de Haine-Saint-Pierre a cédé ses installations de Bouffioulx au maître potier Jean Grégoire. Celui-ci apporte quelques modifications aux installations et continue la production de tuyaux jusqu’en 1969. Le site de la poterie est ensuite racheté par la « SPRL Sambre et Dyle », spécialisée dans les produits réfractaires pour la sidérurgie[38];
les Faïenceries de Bouffioulx. La Société Anonyme des Faïenceries de Bouffioulx a été fondée le [39] par acte authentique rédigé par Ernest Brasseur, notaire à Charleroi. Le premier directeur de cette fabrique de céramique fut Auguste Goret, originaire de Châtelet. Le , la société anonyme demande aux autorités communales de Bouffioulx l’autorisation d’ouvrir officiellement une faïencerie. Elle succède à la « Compagnie Générale Belge de Céramique, Produits Chimiques et Pharmaceutiques » qui apporte à la nouvelle société son usine située sur un terrain de 2 hectares et 25 ares, tout le matériel qui s’y trouve, les approvisionnements et les stocks, ainsi qu’une indemnité de 140 000 francs pour les dommages subis lors de la Première Guerre mondiale. La société est longtemps restée connue pour ses carreaux de revêtement en faïence. En dehors de la production industrielle, quelques vases étaient réalisés, notamment par Eugène Hoogstoel. Finalement, dans les années 1970, la SA est liquidée et la faïencerie ferme définitivement, laissant 107 ouvriers et 11 employés au chômage. Aujourd’hui, le site industriel a laissé place à un supermarché Delhaize, construit en 1971[40]’[41];
poterie Crame-Delpire. Tout commence en 1870, lorsque Pierre François Crame et sa femme Sylvie Delpire achètent un terrain à l’angle de l’avenue Vandervelde et de la rue de la Biesme pour y installer une poterie. L’autorisation d’exploitation est délivrée le [42]. En 1885, Pierre Crame présente les produits de sa jeune entreprise à l’exposition d’Anvers. L’année suivante, les bâtiments industriels sont déjà équipés d’une machine à vapeur de 20 CV, d’un broyeur, d’un malaxeur et d’une presse pour la fabrication de tuyaux. Au printemps 1899, la veuve Crame, à la tête de l’exploitation, demande aux autorités communales de Bouffioulx l’autorisation d’installer deux fours circulaires dans son établissement. Le Collège donne un avis favorable à cette requête. La poterie familiale passe alors sous la direction du fils, Léon Crame, qui, en plus de la production industrielle, crée également quelques pièces en grès artistique qu’il signe « Crame-Delpire ». La production de tuyaux en grès est quelque peu délaissée pendant la Seconde Guerre mondiale, au profit de la fabrication de pots à conserves, dont la demande augmente fortement durant cette période. Sans héritier direct, Léon Crame s’associe avec deux de ses neveux, Christian Crame et Jean Bourlet. Ces derniers poursuivent l’exploitation de l’entreprise jusqu’en 1958, date à laquelle l’établissement ferme définitivement ses portes[43];
SA Etablissements Piret Frères et Compagnies - Poterie Nouvelles. Créée le , la société a été l’un des membres fondateurs, le , de la SA du Chemin de fer industriel d’Ormont. Au début des années 1970, elle a cessé ses activités, et dès 1973, le site de la poterie était mentionné comme un espace industriel désaffecté. En 1998, la société Lidl rachète les bâtiments, puis les démolit pour laisser place à un supermarché[44];
poterie Decamps-Grégoire. Connu sous le nom de « Moulin », il était autrefois exploité par la Société en Nom Collectif « Enfants Grégoire-Delalou ». En 1947, l’atelier de poterie a fermé ses portes et les bâtiments industriels sont restés inoccupés pendant de nombreuses années. Le site a ensuite accueilli le restaurant « Buffalo Expresse », qui a ouvert en 1998[45];
poterie Blanche-Dargent. Ouverte le jour de Pâques en 1878, l’entreprise familiale voit sa direction reprise en 1936 par Auguste, l’un des petits-fils du fondateur. Le , un affaissement de terrain survenu le long de la voirie menace sérieusement la stabilité des bâtiments industriels, contraignant l’entreprise à fermer ses portes[46].
Cet établissement trouve ses origines en 1761 avec la forge de Saint-Éloi. En 1809, Gauthier Puissant la transforme en platinerie et, en 1812, remplace l’ancien marteau par un laminoir doté de cylindres en fonte et de deux fours pour le recuit du fer. À cette époque, l’usine compte une vingtaine d’ouvriers et produit environ 100 tonnes de tôles fines par an, nécessitant quelque 700 tonnes de charbon. En 1818, Pierre Joseph Houyoux rachète l’usine qui, vers 1825, modernise son laminoir tout en restant sur le territoire d’Acoz et il dirige le laminoir, assisté dans cette tâche par son futur gendre, François Eugène de Dorlodot[47].
Au XIXe siècle, les de Dorlodot, aux côtés d’autres, deviennent des figures marquantes de l’industrie. Eugène de Dorlodot fait construire les « Forges d’Acoz » entre 1832 et 1858. En 1831, elles comptent 113 ouvriers, et l’année suivante, deux hauts fourneaux à coke sont installés par le technicien anglaisThomas Bonehill. Dès 1829, les usines de Bouffioulx avaient déjà été rachetées par de Dorlodot à Charles de Cartier d’Yves, afin de les intégrer aux établissements industriels d’Acoz. Il s’agissait sans doute de la platinerie, mentionnée dès 1764 à la limite de Bouffioulx et d’Acoz, transformée ensuite en hauts fourneaux par le baron d’Yves[48].
Sous la direction d’Eugène François de Dorlodot, l’entreprise connaît plusieurs investissements importants. En 1837, l’usine se dote d’une affinerie à l’anglaise et, en 1851, un troisième haut fourneau voit le jour à Bouffioulx, conformément à l’arrêté royal du , publié au Moniteur belge le . Ce même arrêté autorise aussi la construction de 18 fours à coke. Les trois hauts fourneaux sont situés à Bouffioulx, tandis qu’un quatrième se trouve à Acoz. Avec l’aide de son frère Léon, Eugène Charles hisse rapidement les forges parmi les grandes industries nationales. La raison sociale de la nouvelle entreprise est alors fixée le nom sera « de Dorlodot frères, Maîtres de Forges »[48].
Suite à la création des « Laminoirs de Châtelineau » en 1861, les de Dorlodot cèdent l'entreprise familiale, dans la perspective de la création de la société anonyme. Le , les forges d’Acoz sont vendues pour 4 300 000 francs. Ce jour-là, on crée la « Société Anonyme des Forges d’Acoz ». L’acte de constitution est rédigé par Maître Piret, notaire à Châtelet. Ainsi, Eugène et Léon de Dorlodot et le baron Tony del Marmol apportent à la nouvelle société :
les trois établissements situés sur le territoire des communes d'Acoz et de Bouffioulx ;
une usine située à Châtelineau, des mines de fer, des contrats en cours et, en échange, ils obtiennent 9 400 actions de la nouvelle société.
Les de Dorlodot sont les actionnaires majoritaires de l’entreprise sidérurgique, détenant un capital de 1000 actions[49].
Au fil des années, Eugène Charles de Dorlodot cède ses parts dans la SA des Forges d'Acoz et se désintéresse de son avenir. Vers 1880, il fonde à Isbergues, dans le Pas-de-Calais, une entreprise sidérurgique baptisée « Forges et Aciéries d'Isbergues ». Le choix de l’emplacement s’explique par la proximité du canal d’Aire sur la Lys à La Bassée et par le raccordement ferroviaire reliant l’usine au réseau général via la gare de Berguettes. La construction et la mise en service sont confiées à du personnel belge venu des régions de Liège et de Charleroi[50].
Après le départ des Dorlodot, l’entreprise est reprise par une série d’hommes dynamiques qui se succèdent à la tête du Conseil d’administration. Parmi eux, Jules Vander Stichelen, ministre puis gouverneur de la Banque Nationale, Auguste Beernaert, chef du gouvernement belge, et enfin Gustave Boël, qui dirige alors les destinées de la société[51].
En 1878, les Forges d’Acoz participent à l’Exposition de Paris et y présentent un échantillon de leur production : poutrelles avec une âme de 25 cm, rails en fer, tôles, larges plats, ainsi que des fers fendus spécialement conçus pour la Chine et le Japon. En 1886, dans un climat entre ouvriers et patrons, des émeutiers saccagent, le , les installations des Forges d’Acoz à Acoz, Bouffioulx et Châtelineau. La Garde Civique assure le maintien de l’ordre et surveille les sites industriels. Malgré plusieurs blessés parmi les grévistes, le mouvement insurrectionnel finit par s’éteindre[51].
À la fin des années 1880, la société traverse une mauvaise passe financière : après plusieurs réductions de capital liées aux pertes, celui-ci ne s’élève plus, en 1889, qu’à 1 700 000 francs, répartis en 1 000 actions privilégiées et 2 400 actions ordinaires de 500 francs. Finalement, elle est mise en liquidation le . Par la suite, les installations de Bouffioulx et d’Acoz sont sans doute intégrées en nature à la nouvelle « Société Anonyme des Usines de Moncheret », créée le [52].
Les laminoirs de Châtelineau sont démolis, hormis les fours à coke conservés quelque temps. Mais en , le nouveau propriétaire, la Société de la Caisse des Propriétaires, basée à Bruxelles, prévoit de lotir les terrains des anciens laminoirs de Dorlodot et fait tout raser[52].
La nouvelle société Moncheret est dirigée par un Conseil d’Administration de trois membres : Albert Gilbert, Président, Léopold Dumonceau et Henri Dupuis, administrateur-gérant. En 1911, elle participe à l’Exposition de Charleroi où elle présente un échantillon de ses fabrications. À cette époque, ses installations sidérurgiques couvrent 34 hectares, avec un haut fourneau en activité à Bouffioulx et des laminoirs à Acoz. L’entreprise emploie alors 450 ouvriers et produit 30 000 tonnes d’acier. Pendant la Première Guerre mondiale, une grande partie de cette production est réquisitionnée par l’autorité occupante[52].
Avant 1932, les usines de Moncheret sont intégrées à la « Société Anonyme d'Ougrée-Marihaye ». En 1935, cette société commence à décentraliser certaines de ses activités et fonde, en 1936, la « Société Anonyme des Aciéries et Minières de la Sambre (AMS) ». En , l’AMS acquiert le patrimoine des « Forges, Fonderies et Laminoirs de Nimy » ainsi que les usines de Moncheret. C’est à cette époque que le dernier haut fourneau de Bouffioulx est arrêté, puis démantelé[53].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines de Moncheret ont servi de dépôt de marchandises de classe 1 pour l’armée américaine. Le dépôt Q 183 H, apparemment actif dès , offrait une capacité de stockage de 34 256 tonnes. Son personnel, dont 800 civils, pouvait assurer chaque jour la rotation de 500 tonnes, entre chargement et déchargement. À partir du , les AMS recommencent à investir dans l’équipement technique de l’usine. En 1966, les AMS, et donc la division de Moncheret, sont absorbés par la « Société Anonyme des Fourneaux, Forges et Aciéries de Thy-le-Château et Marcinelle », fondée le , qui devient alors la « Société Anonyme des Forges de Thy-Marcinelle-Monceau »[53].
En 1972, les usines de Moncheret fonctionnent encore à plein régime, avec 617 employés et 560 tonnes d’acier traitées chaque jour. Pourtant, la centralisation industrielle continue inexorablement. Dès , des menaces de fermeture de certains équipements, pourtant considérés comme rentables par certains, commencent à émerger. À l’été 1975, les usines finissent par fermer. Le , une nouvelle société anonyme nommée « Moncheret Aciers » reprend les installations. Quelques mois plus tard, le , Moncheret Aciers s’associe à la création d’une autre société anonyme, « Devis et Moncheret Aciers » (DEMAM SA), dont l’objectif social est similaire à celui de Moncheret Aciers. Cette société n’a duré que peu de temps. En décembre 1979, la « Société Anonyme Grosjean et Compagnie », après avoir racheté toutes ses actions, en a décidé la dissolution[54].
L’ancien site des Forges d’Acoz, situé à Acoz, est toujours exploité par le groupe Grosjean et Compagnie, aujourd’hui appelé Aciers Grosjean. Pendant ce temps, au 400 rue Paul Pastur à Bouffioulx, Grosjean et Compagnie a changé de nom le , après une assemblée générale des actionnaires, pour devenir Disteel. Puis, le , Disteel a fusionnée avec la Société Anonyme Metaalhandel Vermeersch, dont le siège social est situé à Gand[54].
Victor Crame, fondateur de la fonderie, demande le l’autorisation d’installer au 230 avenue Vandervelde à Bouffioulx un atelier de construction équipé d’une machine à vapeur et de divers appareils. En 1880, Radelet, Demoulin et Cie reprennent l’atelier et la fonderie de fer et de cuivre. Au fil des années, l’établissement s’agrandit progressivement. En 1895, il emploie environ cent personnes et propose une large gamme de produits. Les ateliers sont alors reliés au réseau ferré belge grâce à un raccordement à la gare privée d’Ormont[55].
Avant la Première Guerre mondiale, l’entreprise change de nom pour devenir N. Radelet et Fils. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Radelet Frères ne compte qu’une dizaine d’ouvriers. Le , leur permis d’exploitation est renouvelé pour 30 ans, mais peu après, l’établissement ferme ses portes. En 1970, les bâtiments de l’ancienne fonderie sont rachetés et réutilisés, notamment par la société Plasticel, spécialisée dans la fabrication d’isolants thermiques[55].
La rivière Hanzinne au parc de la Brockmanne, sur le site de l'ancienne marbrerie Guyaux.
Fondée par Isidore Baudoux durant l’été 1837, l’entreprise installe un four à chaux permanent sur l’une de ses propriétés, au lieu-dit « Commune de Châtelet ». Après le décès d’Isidore Baudoux, en , la marbrerie est reprise par les frères Guyaux et exploitée sous le nom « Usines Hydrauliques de Bouffioulx Guyaux Frères ». À l’époque, une roue à aubes installée sur le ruisseau de la Biesme fournissait l’énergie requise pour actionner, via un système de poulies et de courroies, les diverses scies de l’établissement[56]’[57].
Avec le temps, la firme ne cesse de prendre de l’importance, tout comme les commandes. Pour faire face à cette évolution, à la fin de 1899 et au début de 1900, les dirigeants de la marbrerie installent une machine à vapeur pour actionner les outils, scies, tours polisseurs, etc. Déjà, dans le courant de l’année 1870, les responsables de l’entreprise, qui exploite une scierie et une carrière de castine, souhaitent la relier au réseau ferré du Grand Central Belge afin de recevoir plus rapidement les gros blocs de marbre des fournisseurs extérieurs et de faciliter l’écoulement de leurs produits finis. Il leur faudra néanmoins attendre près de deux ans avant que les rails ne traversent la chaussée de Bouffioulx à Acoz[58].
Les blocs de marbre taillés viennent principalement des carrières de Merlemont-Romedenne et des carrières « Sainte-Anne » à Gerpinnes et Gougnies. Selon un document de 1900, les frères Guyaux y exploitent alors une carrière à leur nom. Mais dès 1903 et jusqu’en 1905, l’entreprise connaît de sérieuses difficultés économiques en raison de la baisse des commandes. La machine à vapeur reste ainsi à l’arrêt plusieurs mois par an durant cette période[58].
Pendant la Première Guerre mondiale, la marbrerie réussit à se maintenir (le permis d’exploiter est prolongé le ), tout comme durant la Seconde Guerre mondiale, bien qu’elle semble être restée inactive. Le dernier exploitant, Josephus Guyaux, obtient le l’autorisation de continuer à faire tourner la scierie pour encore 30 ans. Mais peu après, elle ferme ses portes. Les installations restent alors à l’abandon pendant de longues années avant d’être rachetées par la Ville de Châtelet, qui les rénove pour en faire un lieu de détente et de promenade[58]’[57].
Situé le long de la Biesme, cet établissement industriel, qui était occupé par les établissements De Cock, daterait au moins des années 1850, voire d’avant. D’après certains historiens, l’une des premières sociétés à l’exploiter pourrait être la « Société des Forges et Ateliers de Construction de la Platinerie à Bouffioulx, Fernand Cailleux et Cie », considérée comme l’un des premiers exploitants. Ce petit établissement, avec ses forges et quelques outils mus par les eaux de la Biesme, connaît un véritable essor vers 1856 grâce à la mise en service du chemin de fer de Châtelineau à Morialmé, auquel il se raccorde d’ailleurs en 1869. À partir de ce moment, des ateliers de construction mécanique s’ajoutent aux installations initiales, ainsi qu’une fonderie et une chaudronnerie[59].
Par la suite, la platinerie devient la propriété d'Achille Malengreau, qui l’exploite dès lors sous le nom de « Platinerie de Bouffioulx, Malengreau et Cie ». Au cours de l'année 1867, elle passe aux mains de Clémentin Deneubourg, fils d’Achille Malengreau, qui ne tarde pas à l’exploiter sous la raison sociale « Société des Forges et Ateliers de Construction de la Platinerie à Bouffioulx, près de Châtelineau, Clémentin Deneubourg ». Après le décès de Clémentin Deneubourg en , l’entreprise prend la forme d’une société anonyme, la « Société Anonyme des Ateliers de Construction de Bouffioulx », dont l’unique but est d’exploiter les ateliers nouvellement créés. Mais dès 1883, cette première société est dissoute et aussitôt remplacée par la « Société Anonyme des Forges & Ateliers de Construction de la Biesme », située près de Châtelineau[60].
Le , la société anonyme « Aciéries, Forges et Ateliers de la Biesme » est fondée. Quatre ans plus tard, en 1894, elle prend part à l’exposition internationale d’Anvers avec une plaque tournante hydraulique brevetée, supportant un wagon-réservoir destiné au transport de produits pétroliers. Le , devant le notaire bruxellois Charles Van Halteren, naît une nouvelle société anonyme : la « Société Anonyme Chantiers Navals, Ateliers et Fonderies de Nicolaieff (Russie) ». Malgré ce que son nom pourrait laisser croire, son siège social n’est pas à Nicolaieff en Ukraine, mais bien à Bouffioulx[60].
En 1911, le siège social est déplacé à Paris et la société prend le nom de « SA des Ateliers et Chantiers Navals de Nicolaieff », devenant une entreprise de droit français. Elle prévoit de continuer la fabrication de locomotives, mais cette activité cesse en 1913, ne laissant que la construction d’une dizaine de chaudières. Le , pendant la Première Guerre mondiale, l’entreprise est placée sous séquestre par l’occupant pour travailler uniquement à son profit. En , les Allemands quittent l’usine, emportant la caisse et la comptabilité, et laissent les lieux dans un état déplorable[61].
Une recapitalisation est donc nécessaire pour relancer la production. Le , 16 000 actions de 125 francs sont émises pour financer la réparation de la fonderie de fer, la réfection de la chaudronnerie ainsi que la construction d’un vaste atelier de tournage et de montage. En 1920, la fonderie de fonte, agrandie et modernisée, reprend ses activités. Mais la période favorable est de courte durée. Dès 1921, la crise éclate et touche durement les ateliers de construction mécanique. Un carnet de commandes peu garni et des prix de vente trop bas entraînent inévitablement une baisse de rentabilité, puis des pertes[62].
Après plusieurs exercices comptables déficitaires, en 1926, les ateliers de la Biesmes rejoignent la « Société Anonyme des Nouvelles Usines Bollinckx » à Buysinghen, dont ils deviennent une division. Spécialisée dans la fabrication de machines à vapeur, de moteurs à gaz, de machines à air comprimé et de systèmes de transmission, la société Bollinckx ne connaîtra qu’une existence éphémère. Face à de sérieux problèmes financiers causés par la crise économique, elle ne peut plus régler ses fournisseurs en . L’activité s’arrête et les ouvriers sont renvoyés[63].
L’entreprise est mise en liquidation et rachetée en décembre 1933 par les ateliers Genard-Denisty de Châtelineau. Après plus de deux ans de négociations financières et de litiges judiciaires, Genard-Denisty remet en marche une partie des machines de la « Biesme » le . Pendant l’été, de nouvelles machines-outils sont installées et des ouvriers embauchés. À la fin de l’année 1936, une société anonyme baptisée « SA Mécanique et Chaudronnerie de Bouffioulx » est créée[63].
En mai 1940, après l’invasion allemande de la Belgique, l’usine reste à l’arrêt pendant quelques mois, principalement à cause de l’interruption des voies de communication et, en partie, de l’absence d’une partie du personnel. En 1941, la production reprend et est acheminée uniquement par le chemin de fer grâce à son raccordement privé appartenant à la SA du chemin de fer industriel d’Ormont. À cette période, 46 ouvriers retrouvent du travail. En 1945, l’armée américaine occupe une partie des locaux des ateliers de la Biesme à Bouffioulx pour y stocker du butin de guerre allemand. Durant l’été, le Ministère des Finances belge, par l’intermédiaire de l’inspecteur de l’enregistrement et des domaines, organise la vente de ce butin, constitué principalement de machines-outils dérobées par les Allemands dans des entreprises belges. À la fin de 1945 et au début de 1946, l’atelier de construction reprend ses activités[64].
Entre 1949 et 1951, l’entreprise change de nom mais garde le même numéro de registre de commerce à Charleroi, devenant ainsi « SA Macsima, Société de Construction de Machines Industrielles et de Matériel de Travaux Publics »[65]. Ce nouveau nom découle probablement de l’entrée au capital de la société « La Biesme », appartenant au groupe français Richier. En 1951, les ateliers sont équipés d’une installation de peinture pneumatique. En 1956, l’entreprise compte 250 ouvriers et employés. En 1967, lors d’une restructuration du groupe, l’usine Macsima de Bouffioulx ferme ses portes, laissant près de 350 ouvriers au chômage[65]. En 1971, le site est racheté par Roger De Cock[65], qui y installe en le siège de la « SA Négoce des Aciéries de Charleroi », fondée le [64].
Le site est ensuite utilisé par diverses autres sociétés. Les bâtiments des ateliers et l'aciérie sont démolis en 1975. Depuis le début des années 2000, le site est considéré comme devant être réhabilité par la SPAQuE[66].
Le puits Saint-Xavier des charbonnage d'Ormont, le collège communal de Bouffioulx donne son accord pour l’installation d’un nouveau siège. À cette occasion, la société sollicite l’autorisation d’y installer deux machines d’extraction, deux ventilateurs et divers équipements de force motrice. Un traînage par chaîne reliait autrefois le puits au triage-lavoir de Bouffioulx[67]. En 1926, l'exploitation est arrêtée définitivement[68].
Un triage-lavoir fut mis en service sur le territoire de Bouffioulx[69], dans la rue Vandervelde. À la fin de 1893, une fabrique d'agglomérés vint compléter le triage-lavoir, accompagnée d’un raccordement, puis plus tard d’une gare privée reliée d’abord au réseau du Grand Central Belge, assurant le transport des produits charbonniers vers l’industrie. En 1910, la fabrique d’agglomérés employait 50 ouvriers[70].
Le puits no 3 des charbonnages de Boubier, dont le chantier de forage débute durant l’été 1925, est achevé en mars 1928 mais ne devient opérationnel qu’après 1930. En plus de l’extraction du charbon, il sert aussi à acheminer le matériel technique et les bois de mine destinés à étayer les galeries. Dans les années 1950, il est équipé d’une station de captage de grisou[71] visant à fournir aux industries locales du gaz énergétique[72]’[73]. Le puits arrête toute activité lors de la fermeture de la société en 1966[73].
Plusieurs carrières ont fourni dans la vallée de l'Hanzinne du calcaire ou du marbre qui ont notamment été exploités dans l'industrie carolorégienne et dans la construction. L'exploitation des carrières Moreau, Lebrun, Quinet, Sébastopol et Marbrerie des Guyaux situées au sud de Bouffioulx dans la vallée du ruisseau d’Hanzinne est désormais abandonnée[2]. Le site réhabilité de la carrière Sébastopol (réserve Natagora) est devenu un haut lieu de tourisme vert dans la région de Charleroi.
Société anonyme des Carrières & Fours à Chaux d'Aisemont
En 1907 naît la société anonyme « Carrières et Fours à Chaux d'Aisemont ». Après avoir exploité une carrière à Aisemont, ses dirigeants s’intéressent vite à plusieurs sarts communaux riches en calcaire, appartenant à la Ville de Châtelet mais situés à Bouffioulx, au lieu-dit « Sébastopol ». Ce site de 16 à 17 hectares, exploité depuis 1855, tiendrait son nom de sa ressemblance avec la forteresse de Sébastopol, construite par les Russes sur un piton rocheux en 1854-1855, pendant la guerre de Crimée[74].
En octobre 1912, la Ville de Châtelet met aux enchères publiques l’exploitation du calcaire dans les sarts communaux, couvrant 26 hectares et 78 ares. Le , Oscar Bourguignon, industriel et agent d’assurance, décroche le marché en son nom pour une première période de 15 ans. Ainsi, fin 1912, début 1913, la société anonyme d’Aisemont devient en quelque sorte le « locataire » de ces sarts communaux et des carrières de calcaire. La société demande l’autorisation de construire cinq fours à chaux et de relier ses installations au chemin de fer de Châtelineau à Florennes. En 1914, le raccordement ferroviaire est opérationnel, connu sous le nom de « Gare Privée du Crassier de Moncheret et des Carrières d’Aisemont »[74].
En 1930, l’entrepreneur carrier employait une soixantaine d’ouvriers sur le site de Bouffioulx. Les carrières produisaient de la chaux grasse, destinée notamment aux aciéries, aux industries chimiques, aux papeteries, sucreries, amidonneries, usines à gaz et raffineries, mais aussi de la chaux pour la maçonnerie, le plafonnage et l’agriculture, des moellons pour la construction, du calcaire pour les sucreries et du ballast. La plupart de ces produits étaient expédiés en Belgique, mais aussi au Luxembourg, en Allemagne et aux Pays-Bas[75].
Avec le temps, l’activité de la carrière connaît des hauts et des bas, et dans les années cinquante, l’extraction de pierre à « Sébastopol » décline. L’entreprise met alors en place une navette de camions pour relier les carrières d’Aisemont aux fours de Bouffioulx. En 1957, la direction décide de concentrer ses opérations sur Aisemont, ce qui conduit à la fermeture du site de « Sébastopol »[75]’[76].
Carrière Sébastopol : réserve Natagora de 47,17 ha[77] accessible au public sous la forme de visites guidées. Sur ce site, s'est ouverte en 1855 une carrière de production de chaux. Cinq fours à chaux, parmi les plus grands et les mieux conservés d'Europe y sont construits pour exploiter la pierre calcaire. En 1957, l'activité cesse et la nature retrouve sa place. Le hibou grand-duc d’Europe s'y établit. Une riche flore adaptée aux sols calcaires se développe au pied de la falaise : orchidées indigènes, vipérine, hellébore fétide ou encore orobanche pourprée. Une ancienne fosse d’extraction se transforme avec le temps en un large étang où avoisinent crapauds calamites, alytes accoucheurs, tritons et salamandres. Également présente dans la réserve Sébastopol, une zone agricole, cultivée dans le souci de environnement et un verger haute tige comportant d’anciennes variétés de la région. Les moutons de l'Entre-Sambre-et-Meuse, une race indigène quasi disparue, y entretiennent les pâtures sous le couvert des arbres fruitiers[78]. Le Trou ou Grotte Quinet est inclus dans le périmètre de la carrière Sébastopol. Il constitue un gîte d'hibernation pour plusieurs espèces de chauves-souris et, depuis mars 2010, bénéficie du statut de cavité souterraine d'intérêt scientifique[79].
GRP 1666 : « Grande Dérive », sentier de Grande Randonnée d'une longueur de 54 km faisant le tour de Charleroi qui traverse le centre de Bouffioulx.
RAVeL 138 (sur le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer 138) - piste cyclable en site propre de Châtelet à Gerpinnes.
Rochers de Bouffioulx et grotte de Montrou : petit site d'escalade géré par le Groupe Spéléologique de Charleroi comportant sept voies d'escalade équipées.
Willem Delsaux (1862-1945) : peintre et céramiste belge ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx.
Edgard Aubry (1880-1943) : céramiste belge ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx, né à Châtelet et décédé à Bouffioulx.
Roger Guérin (1896-1954) : céramiste de la période Art déco ayant eu son atelier de poterie à Bouffioulx et qui y est décédé. Une plaque à son nom est apposée sur la maison de la poterie.
↑Paul Caso, « Visite à Achille Petrus, potier d'art », Le Soir, , p. 2
↑Zeebroek- Ollemans Jany, « Delsaux, Willem », Dictionnaire des peintres belges, 1999-2011 (lire en ligne).
↑John Horne et Alan Kramer, 1914 Les atrocités allemandes, Tallandier, , 640 p. (ISBN2-84734-235-4), p. 480
↑"Bouffioulx, 22 août 1914", Georges Staquet, (1968)
↑ a et bRoland Charlier, La guerre aérienne dans la région de Charleroi 1940-1945, Erpe, Éditions De Krijger, , 416 p. (ISBN90-72547-60-8), p. 271, 272
↑Le Vieux Châtelet, 43e annuaire, p. 165-190 (2003)
↑« L'enjeu des élections communales de 1970 dans les cinq grandes agglomérations », Courrier hebdomadaire du CRISP, vol. 485, no 20, , p. 1–32 (ISSN0008-9664, DOI10.3917/cris.485.0001, lire en ligne, consulté le )
↑Bertrand Thibaut (photogr. Pascal Degée), En marches : Les escortes militaire en Entre-Sambre-et-Meuse, Bruxelles, Éditions Aparté, , 192 p. (ISBN978-2930327273), p. 184
↑Nicolas Rochet, « Une vision moderne pour la justice : La palais de justice selon Jacques Depelsenaire », Natrimoine, Anderlecht, Association des Amis de l'Unesco, no 9 « Charleroi, perles insoupçonnées », , p. 28 (ISSN2952-7953).
Claude Coisman, Daniel Grimmaux, Marcel Nihoul et André Vandenbroeck, Physionomie du passé au pays de Châtelet, Société d'Histoire Le Vieux Châtelet, , 216 p.
Claude Coisman, Marcel Nihoul et André Vandenbroeck, Châtelet, t. 2 : Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN978-90-76684-79-6)
André Lépine, « Les charbonnages du Pays noir en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 503,
Catherine Matthys, La production présumée de Jacques Bertrand Visnon, potier de Bouffioulx vers 1600 : recherches récentes en Wallonie, Namur, Ministère de la Région wallonne, coll. « Études et documents / Archéologie » (no 8), , 236 p. (ISBN2-87401-133-9).
André Vandenbroeck, L'évolution des quartiers à Bouffioulx, Châtelet et Châtelineau au fil... ...du temps, Société Royale Le Vieux Châtelet ASBL, , 210 p.