Bosco Verticale

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Bosco Verticale
Bosco Verticale, Porta Nuova, Milan.jpg

Complexe architectural des deux Tours en construction du "Bosco Verticale" (juin 2013)

Histoire
Architecte
Stefano Boeri, Gianandrea Barreca, Giovanni La Varra
Construction
Usage
Architecture
Hauteur du toit
119 mètres
Hauteur du dernier étage
80 mètres et 112 mètres respectivement
Étages
18 et 26
Superficie
360 000 m2[1]
Géographie
Pays
Ville
Coordonnées
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Le « bosco verticale » (expression pouvant être traduite par « bois vertical » en français) est un complexe architectural conçu et porté par le Studio Boeri avec l'aide d'horticulteurs et de botanistes[2], constitué de deux tours d'habitations hautes de 76 mètres et 110 mètres, intégré dans un projet de renouvellement urbain du quartier milanais de Porta Nuova à Milan, en Italie.

Le Bosco verticale est composé de deux tours résidentielles :

  1. la « Torre E » ; la plus grande, avec 26 étages et 110 mètres de haut; [1]
  2. la « Torre D » ; moins élevée, avec 18 étages et 76 mètres de haut.

Ces deux tours sont une expérimentation de nouvelles formes d'intégration écopaysagère du bâti, et d'intégration de la biodiversité dans le bâti, souvent décrite par les architectes et les médias comme « forêt verticale » et citées comme exemple d'écodesign urbain[3].

Les deux tours ont été inaugurées en 2014[4].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le complexe est situé à Milan entre la Via Gaetano de Castillia et Via Federico Confalonieri près de gare Milano Porta Garibaldi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Stefano Boeri, né en 1956, architecte et éditeur, auteur principal du projet (ici à la Generali Expo 2015)


La construction a commencé fin 2009 avec mi-2013 comme objectif de livraison, avec un total d'environ 6 000 travailleurs intervenus sur site[5].

De mi-2010 au début de 2011 la construction n'a progressé que lentement (seulement cinq étages de tour étaient construits alors que le noyau passait à sept étages). la construction a progressé tout au long de 2011.

La structure porteuse des bâtiments était achevée durant le premier trimestre de 2012. En 2012, l'un des bâtiments a été provisoirement utilisé comme une galerie d'art, ouvert au public pour une exposition lors de la semaine du Milan Fashion Week [6].

Les façades ont été construites, aménagées et plantées en 2013-2014 et les tours livrées à l'automne 2014.

L'installation des plantes[modifier | modifier le code]

Elle s'est faite progressivement à partir du 13 juin 2012[7].

À cette époque étaient prévus 730 arbres (480 grand, petit 250)[7], avec en outre 5000 arbustes et 11 000 vivaces au sol et sur les [8], alors que le projet original prévoyait 1 280 plantes de grande taille et 920 plantes plus petites (50 espèces environ en tout)[9]. Globalement, l'équivalent-canopée devrait correspondre à celle d'un bois de un hectare[7].

Concept, arguments, motivations[modifier | modifier le code]

Le projet visait à redynamiser le quartier, tout en intégrant une dimension environnementale et paysagère forte à un quartier historique de Milan situé entre les rues de l'île Castillia et de Confalonieri.

Il s'agit aussi de combattre la périurbanisation et ses inconvénients en concevant des tours offrant les avantages d'une vie urbaine, mais aussi un environnement plus « naturel » (21 000 plantes environ étaient en place lors de la livraison du bâtiment) aux habitats et usagers de la tour (50 000 m2 de forêts).

Spécificités environnementales[modifier | modifier le code]

Alors que la population humaine continue à grandir et qu'existent déjà des mégapoles de 10 millions d'habitants[3], et que la superficie mondiale de forêt continue à régresser, les architectes ont voulu compenser localement la déforestation et la dégradation de la nature en installant l'équivalent d'une partie de la forêt perdue dans des parties non-habitées des deux tours.

C'est une première mondiale en termes d'écologie urbaine et un moyen nouveau d'intégrer (verticalement, c'est-à-dire du sol aux étages les plus hauts) l'arbre en ville[10]. Les architectes espèrent ici l'installation d'une certaine biodiversité dans les trois dimensions de l'architecture et de l'urbanisme, ce qui est l'une des dimensions de l'Architecture écologique.

Le projet initial prévoyait de « planter » 480 essences d’arbres de hauteur moyenne à grande et 250 essences buissonnantes pour l'équivalent d’environ un hectare de forêt, ce qui a nécessité d'associer à l'équipe des architectes des botanistes et horticulteurs[2]. Les plantes ont été choisies pour leur capacité à s'adapter au plein air et plein soleil (avec des espèces de montagnes notamment, comme la Véronique en épi[11]). Les arbres, préparés en pépinière ont été hissés à la grue en hauteur avec leur motte de terre et de racines pour être dans leur bacs [12]; devront être régulièrement taillés pour ne pas dépasser trois à six mètres afin de résister au vent et de ne pas occulter la lumière.

Cette végétation buissonnante et arborée nécessitera une quantité importante d'eau pour compenser une évapotranspiration pouvant être intense en été. Elle nécessitera aussi un entretien régulier et des nutriments, mais contribuera à rénover l'image du quartier et de la ville et à produire de l'oxygène et à épurer l'air (dans une ville connue pour sa pollution atmosphérique), dont en fixant voire en dégradant certaines particules polluantes, et tout en absorbant du dioxyde de carbone. Elle jouera également un rôle de protection contre le soleil[13], de climatisation et de contrôle du microclimat[14] en fournissant de l'ombre et un microclimat plus tempéré tout au long de l'année (contre l'effet « bulle de chaleur urbaine ». Les plantes et leur substrat peuvent aussi dans une certaine mesure atténuer le bruit urbain ou mieux le faire supporter. Une certaine biodiversité devrait aussi s'installer dans cette forêt verticale (oiseaux, chauve-souris, insectes et autres invertébrés, ainsi que des lichens, mousses, champignon et épiphytes devraient se nourrir, s’abriter ou se reproduire dans ces arbres, plantes et leurs substrats.

Sécurité, adaptations du bâti aux arbres[modifier | modifier le code]

Les architectes bénéficient des retours d'expérience des murs et terrasses végétalisées, mais il existe peu de bâtiments sur lesquels des arbres ont été durablement implantés en façade. Des calculs et des tests ont été en soufflerie ont permis de s'assurer que les arbres résisteraient aux rafales de vent [9] et le bâti a été renforcé pour supporter la charge imposée par les plantes et leur substrat de plantation[9].

L'acier des structure en béton des terrasses et balcons a été renforcé (fers de 28 cm d'épaisseur), avec parapets de 1,30 mètres[15].

Coûts (Investissement, fonctionnement)[modifier | modifier le code]

Le projet a été évalué à près de 2 milliards d’euros.

Les appartements sont vendus à des prix de 3 000 €/m2 et plus[16].

Selon Boeri l'investissement supplémentaire lié à l'intégration des arbres dans le bâti s'élève environ à 5 % des coûts de construction (pour les bacs de substrat et le renforcement de la structure soutenir les plantes[2]. Un coût de gestion des arbres, autres plantes et du substrats est aussi à prendre en compte pour toute la vie du bâtiment.

Ces coûts sont aussi à pondérer par les bénéfices esthétiques, de qualité de vie et les services écosystémiques apportés par cet hectare vertical supplémentaire de boisement (qui restent à mesurer avec le temps).

Suites et perspectives[modifier | modifier le code]

Ces deux tours, dans l'esprit des murs végétalisés, mais bien au-delà des vérandas[17] ou petits jardins de balcons traditionnels s'inscrivent dans le mouvement de « verdissement vertical »[18],[19],[20],[21],[22] et de l' Ecolandscape design[23], des « murs vivants »[24],[25] et des jardins verticaux (vertical greening, vertical gardens)[26],[27] et sont considérées comme l'un des exemple les plus avancés d'intégration de la nature dans le bâti urbain, pouvant laisser imaginer ou préfigurer des villes denses et cependant moins anthropisées de villes, considérées comme des « territoires écologiques » où l'homme cohabiterait (dans un monde moins dichotomique[28]) avec la nature et les autres espèces[29], dans des bâtiments entourés d'une « peau verte » et vivante[30] et éventuellement de capteurs solaires. Ce projet a été visité par de nombreux architectes et personnalités, dont par exemple en juin 2013 par l'essayiste et prospectiviste américain Jeremy Rifkin[31]

La manière dont la biodiversité sauvage s'adaptera à ce type d'environnement vertical intéresse les écologues urbains, et d'autres projets envisagent de « passer du jardin vertical à la ferme verticale »[32], en développant une nouvelle forme d'agriculture urbaine verticale, qui puisse aussi, via les automatismes de la ville intelligente[33] recycler les eaux usées et grises des habitants[34].

Les avantages, coûts et inconvénients respectifs, à court, moyen et long termes de systèmes végétaux enracinés sur un substrat plus ou moins naturel ou au contraire complètement hydroponiques doivent encore être évalués, de même que la résistance de ces végétaux aux UV solaires, à la chaleur en cas de canicules répétées, à l'ozone urbain, aux NOx, à la pollution lumineuse, aux polluants acidifiants, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stella: April 2012
  2. a, b et c Woodward, Christopher (2011-10-07). "The age of flower towers". Financial Times. Consulté 2013-03-01
  3. a et b Flannery, J. A., & Smith, K. M. (2015). Bosco Verticale. In Eco-Landscape Design (pp. 52-61). Springer International Publishing (résumé).
  4. Une forêt verticale à Milan, brève de zegreenweb, publié 22 octobre 2014
  5. Stella, Armando (8 December 2012). "Una piazza e un parco per Gae Aulenti e Anna Politkovskaja". Corriere della Sera. consulté 2013-03-01
  6. Sclaunich, Greta (2012) Giardini Pensili da € 50, non Lusso che diventa popolare ; Corriere della Sera du 11 avril 2012, consulté 2013-03-01
  7. a, b et c "[Milano, piantati i primi alberi: nasce il Bosco Verticale]" ; Il Giorno (Poligrafici Editoriale)n 2012-06-13. Consulté 2013-03-01
  8. "Prime piante sul "Bosco verticale". Corriere della Sera (RCS Mediagroup). 2012-06-14. Consulté 2013-03-01
  9. a, b et c Stella, Armando (17 June 2009). "Grattacieli, un "parco" con 2 mila alberi" ; Corriere della Sera. Consulté 2013-03-01.
  10. Donnelly B (2013) Absorbing Landscape Urbanism. Landscape Urbanism and its Discontents: Dissimulating the Sustainable City, 171.
  11. Inauguration (Inaugurato a Milano il Bosco Verticale, due torri e 21mila piante), askanews ;
  12. bornrich Milans Vertical Forest (Bosco Verticale): The First Of Its Kind, 2013-05-29, consulté 2014-10-25
  13. I. Bellomo (2004), Lo schermo verde: uso della vegetazione per la protezione solare, in Progetto sostenibile n.3, maggio, pp. 72-79 1 Barogi, "Giardini verticali per nuovi paesaggi urbani", In La Maison n. 31, gennaio 2003, pp.30-31. jp. Abram, Tecnologia tedesca per il rinverdimento di superfici pensili, in ACER, n. 3, 1991, pp. 47-49
  14. p. Ariaudo, G. V. Fracastoro (2007) Il verde parietale come elemento di controllo dei carichi termici, in Progetto sostenibile n. 15, settembre 2007, pp. 56-65
  15. "Il Bosco Verticale, Milan, Italy - Project review". Peri. 5 dec 2011. consulté 2013-03-01
  16. Stella, Armando (8 December 2012). "Una piazza e un parco per Gae Aulenti e Anna Politkovskaja". Corriere della Sera. Retrieved 2013-03-01
  17. C. Zappone, La serra solare, Sistemi editoriali Esselibri-Simone, II edizione, Napoli 2009
  18. M. Corrado, (a cura di), Il verde verticale, Sistemi editoriali Esselibri-Simone, Napoli 2010
  19. E. Bellini, L. Daglio, Verde verticale : Aspetti figurativi, ragioni funzionali e soluzioni tecniche nella realizzazione di living walls e green fagades, Maggioli, Santarcangelo di Romagna (RN) 2009
  20. V. Tatano, (a cura di), Verde: naturalizzare in verticale, Maggioli, Santarcangelo di Romagna (RN) 2008
  21. L. Rossetto, Il verde verticale come elemento dì progetto, Tesi di Laurea triennale in Architettura, D. Maritano, O. De Paoli, Politecnico di Torino, 2009
  22. E. Giacomello (2009), Verde verticale, l'utilizzo del verde oltre le coperture. Tecnologie e applicazioni a confronto, in Modulo n. 7349, mars 2009, pp. 154-161
  23. Flannery J.A & Smith KM (2014) Eco-Landscape Design. Springer (aperçu du livre).
  24. V. Totano (a cura di), "Involucri vegetali", in Costruire n. 307, dicembre 2008, pp. 63-70. A. Dagnino, "Verde verticale", in II - Magazine de il Sole 24 Ore, ottobre 2008, pp. 221-224. r- Kaltenbach, "Muri viventi, giardini verticali. Dal vaso per i fiori ai sistemi Verdi di facciata", in Detail n. 12, dicembre 2008, pp.
  25. F. Kaltenbach, "Muri viventi, giardini verticali. Dal vaso per i fiori al sistemi verdi di facciata.", da Detail (italian version) n.12, 2008, pp. 13-16.
  26. A. Lambertini, Giardini in verticale, Verba Volant Ltd., London 2007
  27. M. Raimondo, Pareti verdi: qualcosa in più oltre il fattore estetico. Esempi architettonici, tecniche costruttive e comportamento
  28. Titman M (2013) Dualism is Dead ; Long Live the Pastoral. Architectural Design, DOI: 10.1002/ad.1584 83(3), 14-19.
  29. Aragona, S. Sperimentazione di piano/progetto della città e territorio ecologico
  30. F. Ariaudo, G. V. Fracastoro, D. Raimondo, Verso un edificio con pelle verde. Il ruolo del verde nel controllo microclimatìco, in Casa&Clima n.17, gennaio 2009, pp. 66-72
  31. Jeremy Rifkin visits vertical forest in Milan, consulté 2014-11-07
  32. Rosco, M., & Tonello, S. (2011). Dal verde verticale alle vertical farm (Thèse de doctorat, École polytechnique de Turin), (résumé et biblio).
  33. Selicato, S., & Violante, D. (2014). The Impact of Intelligent Building Technologies on the Urban Environment. In Computational Science and Its Applications–ICCSA 2014 (pp. 240-252). Springer International Publishing.
  34. Saiu, V. V. Sustainable city project : Agriculture as a key element for improving urban quality (Projet ville soutenable ; l'Agriculture comme élément-clé pour améliorer la qualité urbaine). Europe, 539, 200-289.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

askanews ;