Bortüsorhoka

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Le parcours journalier dans les Pyrénées / Le bortüsorhoka *
Domaine Savoir-faire
Lieu d'inventaire Nouvelle-Aquitaine
Pyrénées-Atlantiques
Soule
Larrau
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)

Le bortüsorhoka est le parcours journalier des troupeaux pyrénéens vers la haute montagne (au Pays basque). Il s’implique dans le mode d’élevage atandes.

C’est aujourd’hui une pratique qui tend à disparaître. Elle subsiste à Larrau (Pyrénées-Atlantiques) grâce à quelques éleveurs. Ce savoir-faire agropastoral unique et en voie de disparition est à ce titre inscrit dans l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Bortüsorhoka est étroitement lié à l’histoire de l’agropastoralisme pyrénéen dès le XVe siècle. Des archives font état de cette pratique pastorale, mais la nature en garde également les traces (sentiers marqués, arbres marqueurs de paysage, haies…). La pratique s’applique surtout aux élevages bovins, ovins et caprins.

L’origine de cette pratique réside dans le fait que les bêtes allaient paître dans les montagnes (au cayolar) et revenait le soir à la ferme (atanda) pour fertiliser les parcelles de leurs déjections. Ainsi, il y avait un transfert de fertilité du haut vers le bas. Les productions seront alors de meilleures qualités et en plus grande quantité. La culture commence seulement après la fumure de la terre, c’est pour cela que le pratique du bortüsorhoka commence à la fin de l’hiver et s’étale au printemps.

La pratique du bortüsorhoka[modifier | modifier le code]

À la fin de l’hiver, les troupeaux sont conduits sur des parcours dans la montagne. L’altitude augmente au fil du temps, alors que la météo s’améliore, pour terminer sur les parcours de transhumance.

Les bêtes sont libres et autonomes. Elles-mêmes sentent quand il faut monter plus haut et enfin dans les estives pour les mois d’été, sans redescendre. Les meneuses de troupeau, qui connaissent les parcours, introduisent les plus jeunes. De ce fait, le renouvellement des troupeaux est très important.

Seuls les troupeaux des atandes sont autorisés à faire bortüsorhoka. Les éleveurs de la vallée ont eux des dates précises de montée et descente d'estives.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BLOT J., 1984, les bergers basques, Artezainak, Ed. Elkar, 240 p.
  • BROCAS D., LEGAZ A., 2002, La montagne basque : Sources et ressources. Les pâturages et les bois dans les Pyrénées occidentales (XIe-XIXe siècle) Article. Congrès RESOPYR Font-Romeu, 17 p.
  • CUNCHINABE D et Alii., 2011, Histoire de l’écosystème cultivé et de la biodiversité à Larrau : Analyse de l’impact agropastoral dans la gestion du milieu. Résultats d’Etude, ITEM-UPPA, 200p et annexes.
  • DENDALETCHE C., 1977. Grande faune, écosystème pastoral et ethnies pyrénéennes. Essai anthropologique et écologique. Actes Coll. Int. Grande Faune, Pau : 1-15
  • Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon, Paysans des Alpes : les communautés montagnardes au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 417 p. (ISBN 978-2-7535-1091-3)
  • KAISER-GUYOT M-T. 1974. Le berger en France aux XIVe et XVe siècle. Ed Klincksieck : 207 p.
  • LE COUEDIC M., 2010. Les pratiques pastorales d’altitude dans une perspective ethnoarchéologique. Cabanes, troupeaux et territoires pastoraux pyrénéens dans la longue durée. Thèse de doctorat, Tours, université François-Rabelais de Tours. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00543218/fr/
  • MAZOYER M & ROUTARD L. 1998. Histoire des agricultures du monde du Néolithique à la crise contemporaine. Ed. Seuil : 533 p.
  • ORPUSTAN J.B., 2004, Nouvelle toponymie basque, Presses Universitaires de Bordeaux,. 145 p.
  • VIDAL GONZÁLEZ P & CASTÁN ESTEBAN JL., 2010. Transhumancia en el Mediterráneo Ed. C.E.D.D.A.R. 50006 Zaragoza. Esp. 331p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche d’inventaire de « Bortüsorhoka » Le parcours journalier à la haute montagne au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 23 novembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]