Borsalino and Co

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Borsalino.
Borsalino & Co
Réalisation Jacques Deray
Scénario Jacques Deray
Pascal Jardin
Acteurs principaux
Sociétés de production Adel Camaccio
Medusa Produzione
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Policier
Durée 100 minutes
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Borsalino & Co est un film franco-italo-allemand réalisé par Jacques Deray, sorti en 1974, suite du film de 1970, Borsalino. Le film a été restauré par Pathé Production en 2013.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Roch Siffredi, chef de gang très en vue à Marseille, vient d'ouvrir un établissement somptueux qui lui promettrait des jours heureux dans cette ville, s'il ne venait d'enterrer son ami et associé François Capella à la fin du premier Borsalino. Il jure de le venger. Il apprend qu'un certain Giovanni Volpone, récemment arrivé à Marseille, est à l'origine du meurtre. Le commissaire Fanti passe voir Siffredi après la mort de Capella. Il constate la réussite du truand et admire le nouvel établissement : il a une certaine estime pour Roch, mais quand des évènements agitent le milieu, sa politique est de laisser les truands s'entretuer ! Il informe cependant Siffredi que Volpone est un homme dangereux : le gangster italien, semble avoir des ambitions sur la ville de Marseille; il a des moyens importants tant en hommes qu'en finance et des soutiens politiques efficaces dans la période qui précède la guerre. Volpone est en relation avec le fascisme international. Il a le projet de « nettoyer » la ville et d'en faire une base expérimentale pour préparer une ère nouvelle.

Roch apprend que le frère de l'Italien arrive à Marseille par le train et seul : il le tue en le précipitant hors du train. Les bandes de Siffredi et Volpone se croisent sur le quai à l'arrivée en gare de Marseille et Volpone sait que son frère n'arrivera plus : on le retrouvera sur le bord de la voie dans les jours qui suivent.

La guerre est déclarée avec l'Italien. Les représailles ne tardent pas ! Siffredi a sous-estimé Volpone : celui-ci organise une vaste opération qui anéantit la bande de Roch et met la main sur le bordel du truand marseillais. Roch est lui-même pris par les hommes de l'Italien. Seul Fernand, jeté à la mer avec une pierre aux pieds, en réchappe in extremis.

Volpone anéantit le gang de Siffredi, met sa femme au tapin dans un de ses bordels. Le commissaire Fanti est remplacé par Cazenave, à la solde des fascistes. Volpone fait subir à Roch une cure « d'intoxication à l'alcool » jusqu'à en faire une épave qu'il livre en pâture aux journalistes, puis il le fait interner dans un hôpital psychiatrique. Roch est sevré de l'alcool, mais il n'est plus seulement humilié : il est psychologiquement affaibli. Fernand, son fidèle ami s'acharne à le retrouver et n'a en tête que de le sortir de cette prison : il se fait embaucher dans une entreprise de menuiserie et peut pénétrer dans l'hôpital qui ressemble à une forteresse.

Roch s'évade alors grâce à son ami, mais ils ne peuvent pas rester à Marseille. C'est l'exil en Italie par bateau. Trois ans après, Siffredi a retrouvé ses moyens, sa santé et a reconstitué une bande. Avec Fernand, ils reviennent, occupent une ancienne demeure de Roch aussi discrète que luxueuse et, en quelques jours, ils libèrent Lola, détruisent le pouvoir de Volpone et son empire en employant des méthodes qui sont celles de la mafia : la gachette et les explosifs fonctionnent à tout va !

Mais Cazenave n'est pas à la hauteur et Volpone se trouve seul cette fois-ci face à Siffredi qui prend l'initiative des actions : Fanti est rappelé quand on retrouve Cazenave et Sam, le second de Volpone, gavés d'alcool dans un bar, tenant des propos fascistes en présence des journalistes qui précédent la police. Les autorités de l'État ne soutiennent plus Volpone : les temps ont changé et le personnage est encombrant. Fanti préconise de « laisser faire » les gangs : Volpone finit dans la chaudière du train qui l'emmène en Allemagne où il allait retrouver ses appuis. Roch a éliminé son adversaire et peut reprendre sa place, mais il ne se sent plus chez lui à Marseille et s'embarque pour les États-Unis en compagnie de son amie Lola et de son gang.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Suite au succès de Borsalino, sorti en 1970, avec plus de 4700000 entrées, une suite s'imposait. Mais quatre ans plus tard, il ne reste plus qu'un seul protagoniste. Dans le film, le personnage interprété par Jean-Paul Belmondo, François Cappela, est abattu. Dans Borsalino and Co, Roch Siffredi venge son ami et tue ses assassins[4]. Mais dans la réalité, Belmondo n'apparaît pas à cause d'un conflit juridique qui oppose les deux acteurs. En effet, sur l'affiche de Borsalino, Belmondo reproche à Alain Delon de faire apparaître deux fois son nom, à la fois comme acteur et comme producteur, et de plus devant le sien. Belmondo porte l'affaire devant les tribunaux et gagne son procès. La brouille fut rapportée et amplifiée dans les médias, ce qui servit le succès de Borsalino mais qui explique l'absence de Belmondo dans sa suite[4]. Alain Delon organise une coproduction avec l'Italie et l'Allemagne et confie la réalisation à Jacques Deray, qui dirige pour la quatrième fois Alain Delon sur les neuf au total[4].

Scénario[modifier | modifier le code]

Borsalino and Co est une sorte de Western marseillais où la vengeance tient une place centrale et où la tonalité sombre qui l'enveloppe est en parfait contraste avec l'ironie subtile et insouciante du premier opus. Le thème de l'homme confronté à un passé qui ne revient jamais apparaît pour la première fois une des constantes les plus récurrentes des personnages interprétés par la suite par Delon[4].

Casting[modifier | modifier le code]

C'est l'un des deux fameux interprètes de Sacco et Vanzetti, Riccardo Cucciolla qui joue le rôle de l'ennemi de Roch Siffredi, le fasciste Volpone[4].

Bande-son[modifier | modifier le code]

On retrouve le thème musical crée par Claude Bolling[4].

Analyse[modifier | modifier le code]

En arrière fond du film, le fascisme apparaît comme une menace plus dangereuse pour la société que la luxure et le banditisme organisés par des hommes d'honneur : la liberté et le désordre l'emportent sur l'ordre moral. Dans ce film d'un moralisme caricatural, le milieu incarne, face au fascisme, un contre-pouvoir presque salutaire : ce sont les voyous qui éliminent le mal. Mais cette dualité ne se fonde sur aucune réalité historique. Le film laisse quand même entrevoir des images qui désignent le véritable antagonisme au sein de la société, quand des ouvriers manifestants vont être chargés par l'armée à cheval et en armes. La façon atroce dont Volpone meurt, brûlé vivant dans la chaudière d'un train, n'est pas due au hasard : c'était la volonté des scénaristes d'évoquer le souvenir de l'Holocauste, qui, à l'époque de l'histoire, ne s'est pas encore produit mais qui est consécutif à la prise de pouvoir par les fascismes. À la fin, le désordre ne l'emporte pas. Roch, l'ange exterminateur, quitte Marseille, sa mission terminée. Les deux « dangers » qui menacent la « démocratie » sont-ils réellement écartés ? « À suivre » dit la fin du film.[réf. nécessaire]

Anecdote[modifier | modifier le code]

En réalité, Roch Siffredi est le nom du régisseur du film. Cheville ouvrière de tous les tournages qui se font à Marseille, il fut également régisseur de French Connection 2[5].

C'est à cette époque qu'Alain Delon et Jacky Imbert ont été présenté par Bimbo Roche, un lieutenant de Jean-Dominique Fratoni et de Tany Zampa. Jacky a l'habitude de fréquenter une discothéque très en vue à l'époque, à Marseille sur la place Thiars, L'Ascenseur tenu par Monique Sessler. En 1973, à l'époque du tournage de Borsalino and Co, Alain Delon s'assoit souvent à la même table que Jacques Imbert. Jacky suit avec assiduité les prises de vue. À tel point que certains pensent avoir vu Imbert à l'écran. Ce à quoi ce dernier répond de manière ironique « Figurant, moi? J'aurais bien pu figurer au générique... Mais comme producteur ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Auzel, doublure attitrée de J.P. Belmondo, apparaît comme tel à la 32e minute (séquence d'Alain Delon/Roch Siffredi « dans la fosse »)
  2. Cité in filmo publiée par C. Bier d'après interview de l'intéressé
  3. Citée par IMDB
  4. a, b, c, d, e et f http://www.allocine.fr/film/fichefilm-44577/secrets-tournage/
  5. http://www.laprovence.com/article/region/borsalino-cetait-le-vrai-roch-siffredi

Liens externes[modifier | modifier le code]