Boris Savinkov

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Boris Savinkov
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Boris Viktorovitch Savinkov.

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Boris Viktorovitch Savinkov (en russe : Борис Викторович Савинков) (1879-1925) est un écrivain et un révolutionnaire russe, l'un des dirigeants de l'Organisation de combat des SR, la « Brigade terroriste » du Parti socialiste révolutionnaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Boris Savinkov est responsable de nombreux assassinats de fonctionnaires en 1904 et 1905 et monte l'attentat contre le ministre de l'Intérieur Viatcheslav Plehve en 1904. Il fut livré par Yevno Azev, chef des terroristes et agent double, qui préparait les attentats et livrait ensuite ses camarades à l'Okhrana. En 1906, il est arrêté, mais il s'évade de prison à Odessa et s'installe à Paris où il croise Zinaïda Hippius et Dimitri Merejkovski. Il retourne en Russie en avril 1917 et devient sous-secrétaire au ministre de la défense sous Aleksandr Kerensky, mais il est rapidement expulsé par le gouvernement et le parti socialiste-révolutionnaire pour son rôle lors du putsch du général Kornilov en septembre 1917.

Il lutte contre les bolcheviks en Russie durant la période succédant à la révolution d'Octobre. Pendant la Guerre russo-polonaise de 1920, il organise une « armée populaire russe » qui se bat aux côtés des troupes du maréchal Piłsudski. Cette entreprise ayant échoué, Boris Savinkov, "[c]hassé de Pologne par Pilsudski, décidé à se passer de ses services au lendemain de l'armistice signé avec Moscou, tente une opération de récupération des Verts [armées paysannes indépendantes] au moment où les insurrections paysannes se multiplient contre le gouvernement soviétique.

Il essaie de se présenter en Occident comme l'inspirateur ou le coordinateur des armées vertes dont la plupart des chefs, sans parler de leurs membres, n'ont aucun contact avec lui et [n'ont] sans doute jamais entendu parler de lui. Il organise lui-même un détachement, qu'il baptise "vert"."[1] Or, ses ambitions exigent de l'argent, que lui et ses collègues cherchent du côté des puissances étrangères. "Son représentant à Varsovie, Dima Filosofov, insiste :

Je répète pour la enième fois que tout dépend de l'argent [...]. Des émeutes peuvent éclater à tout moment et, s'il ne nous est pas possible de les soutenir, il est probable qu'elles seront réprimées. Même Boris Savinkov ne sera pas à même d'aller là-bas faute d'une aide financière suffisante. En d'autres termes, de l'argent, de l'argent !"[2]

Ce même représentant affirmera que la seule parole de Savinkov pourra faire se soulever "vingt-huit districts, y compris Petrograd, Smolensk et Gomel. D'autre part, les Ukrainiens se sont ralliés à nous et ont accepté d'agir en coordination avec nous. Nous avons des contacts avec environ vingt autres gouvernements dans des districts éloignés"[2]. Or, encore une fois selon Jean-Jacques Marie, "[c]e n'est là que bluff destiné à soutenir de l'argent aux gouvernements occidentaux ; l'envoyé de Savinkov invente une influence imaginaire de ce dernier dans les insurrections paysannes vertes[...] Mais Savinkov n'y est pour rien. Afin d'obtenir de l'argent, il sollicite Mussolini qui le reçoit, lui fait un grand discours mais ne lui donne pas une lire. Savinkov repart en Russie animer une petite bande antibolchevique qu'il qualifie de "verte" et qui ravage quelques kilomètres carrés du nord de la Biélorussie"[3]. Dans Le Cheval Noir, il décrit la difficulté qu'il éprouve à maintenir le contrôle sur cette bande tout en lui interdisant des comportements criminels : "Les Juifs se sont enfuis dans les bois avec leurs vieux, leurs femmes, leurs enfants, leurs vaches, leur barda. À leurs yeux, nous ne sommes pas des libérateurs, mais des assassins et des pillards. Si j'étais à leur place, je me serais enfui, moi aussi."[4] Pourtant, dans sa troupe,

les pogroms, les pillages et le viol sont rigoureusement interdits. Sous peine de mort. Mais je sais qu'hier les hommes du deuxième escadron jouaient aux cartes pour des montres et des bagues ; que le capitaine Jgoune a pillé une boutique juive ; que les uhlans ont des dollars américains ; qu'on a trouvé dans la forêt le cadavre mutilé d'une femme. Fusiller les coupables ? J'en ai déjà fait fusiller deux. Mais on ne peut quand même pas fusiller la moitié du régiment[4].

Par la suite, Boris Savinkov vit en exil à Prague et à Paris. Piégé par les services secrets soviétiques, qui lui "font croire à l'existence d'une organisation clandestine antisoviétique prête à engager le combat sous sa direction"[5], il retourne en URSS en 1924. Il est arrêté et jugé le . Il reconnait avoir fomenté l'attentat contre Lénine par le biais de Fanny Kaplan. Il assure avoir reçu de l'argent du président tchécoslovaque Tomáš Masaryk à cette fin[6].

Il est d'abord condamné à mort. Puis après plusieurs aveux, sa peine est commuée en dix ans de réclusion. Selon la version officielle, il s'est suicidé dans la prison de la Loubïanka, à Moscou. Selon Alexandre Soljenitsyne, il aurait été assassiné par des agents de la Guépéou[7].

Il a écrit quelques romans, tels que Ce qui ne fut pas et Le Cheval blâme. Un film a même été tiré de son autobiographie par le cinéaste russe Karen Chakhnazarov.

Traductions en français[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs d'un terroriste, trad. Régis Gayraud, Champ Libre, 1982.
  • Ce qui ne fut pas, trad. J.W. Bienstock, Payot, 1921 (rééd. Éditions 13bis, 1985).
  • Le Cheval blême, trad. et prés. Michel Niqueux, Phébus, 2003 (rééd. coll. Libretto, 2008).
  • Cheval noir - En prison, trad. Luba Jurgenson, Anabet, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, Paris, Tallandier, (ISBN 979-10-210-1008-6), p. 292
  2. a et b Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, p. 293
  3. Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, p. 293-294
  4. a et b Le Cheval Noir, cité dans Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, page 294
  5. Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe, Paris, Tallandier, , p. 375
  6. Alain Soubigou, Thomas Masaryk, Paris, Fayard, 2002, p. 235.
  7. Alexandre Soljénitsyne (trad. du russe), L'archipel du goulag (Essai), , partie I, chap. 9 (« La loi devient adulte ») :

    « En 1937, l'ancien tchékiste Arthur Schrubel, qui se mourrait dans un camp de la Kolyma, raconta à quelqu'un de son entourage qu'il était un des quatre qui avaient précipité Savinkov par la fenêtre du quatrième étage de la Loubianka ! »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]