Boris Pahor

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Boris Pahor
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Boris Pahor, en .
Naissance (108 ans)
Trieste, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture slovène

Œuvres principales

Le 16 octobre 2013, Boris Pahor s'est vu remettre le prix du citoyen européen des mains de Martin Schulz, président du Parlement européen.

Boris Pahor, né le à Trieste, qui appartenait alors à l'Empire d'Autriche-Hongrie, est un écrivain italien de langue slovène.

Biographie[modifier | modifier le code]

Boris Pahor est le fils d'un photographe pour la gendarmerie et d'une cuisinière placée[1]. En 1920, Boris Pahor assiste à l'incendie de la maison de la Culture slovène (Narodni dom, soit la « Maison du peuple ») de Trieste, par les fascistes italiens dont il déclare : « J'avais sept ans. Ç'a a été un choc énorme[1] ». Quand les nazis prirent le contrôle de la région en 1943, il rejoignit les rangs de l'armée de libération yougoslave. Arrêté, il fut déporté en Alsace au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, puis en Allemagne (Dachau, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen)[2],[1]. En plus de son expérience psychologique, il en gardera une maladie du foie, qu'il soignera en allant se réinstaller à Trieste, luttant contre les bacilles grâce au soleil[3]. Cette volonté de rester à Trieste explique le fait qu'il soit resté en Italie, plutôt que de s'installer en Yougoslavie puis en Slovénie, la ville ayant été intégrée à la Yougoslavie en 1945, puis cédée à l'Italie en 1954, tout en conservant une importante minorité slovène[3].

La plupart de ses romans ont leur source dans cette épreuve. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains de langue slovène les plus importants de son époque. Il est révélé aux lecteurs de langue française par son récit majeur Nekropola (Pèlerin parmi les ombres, La Table ronde, 1990), où il narre son expérience des camps de la mort, puis par son roman Printemps difficile (Phébus, 1995).

Il est candidat sur la liste du Parti populaire sud-tyrolien (SVP) au nom de l'alliance avec la Slovenska Skupnost pour les élections européennes de 2009.

En 2021, à 108 ans, il est le doyen de la littérature mondiale[3]. En 2021, il fait son entrée dans l'édition 2022 du Petit Larousse[4].

Il était marié à Radoslava Pahor[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Quand Ulysse revient à Trieste (Mesto v zalivu), 1955, trad. 2013, éditions Pierre-Guillaume de Roux, (ISBN 978-2363710574)
  • L'Appel du navire, 2008, éditions Phébus (Parnik trobi nji)
  • Arrêt sur le Ponte Vecchio (Poche - 2006)
  • Blumen für einen Aussätzigen (Broché - 2004)
  • Dans le labyrinthe (Broché - 2003)
  • La Porte dorée (Broché - 2002)
  • Jours obscurs (Broché - 2001)
  • La Villa sur le lac (Broché, Bartillat, 1998)
  • Printemps difficile (Relié - 1995)
  • Pèlerin parmi les ombres (Broché - 1990)
  • Le Jardin des plantes, 2007 (Zgodba o reki, kripti in dvorljivem golobu)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Boris Pahor, cent ans de résistance par Florence Noiville dans Le Monde du 4 juillet 2013.
  2. Jugend für Dora, Die Zukunft der Zeitzeugen, Nordhausen, 2010, p. 40-43
  3. a b c et d « L'écrivain italien Boris Pahor, ancien déporté, est à 106 ans le doyen de la littérature mondiale », sur francetvinfo.fr, (consulté le )
  4. Mohamed Aïssaoui, « De Travolta à Torreton, ils entrent dans le dictionnaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  5. « Boris Pahor à Strasbourg », sur Struthof (consulté le )
  6. http://www.europarl.europa.eu/pdf/prizes/ECP2017_list%20of%20laureates_EN_Oct.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annick Benoit-Dusausoy et de Guy Fontaine (dir.), « Slovénie : Boris Pahor (né en 1913) », in Lettres européennes : manuel universitaire d'histoire de la littérature européenne (ouvrage réalisé par une équipe de deux cents universitaires et écrivains, de toute l'Europe géographique), De Boeck, Bruxelles, 2007 (2e éd.), p. 836-837 (ISBN 978-2-8041-4861-4)
  • Antonia Bernard, Boris Pahor ou L'originalité de la littérature slovène de Trieste, Institut d'études slaves, Paris, 2002, 16 p.
  • Françoise Genevray, « Retour au camp, retour du camp : écriture et mémoire chez Varlam Chalamov et Boris Pahor », in Christiane Kègle (dir.), Les récits de survivance : modalités génériques et structures d'adaptation au réel, Presses de l'Université Laval, Québec, 2007, p. 145-162 (ISBN 978-2-7637-8515-8)

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Boris Pahor, un homme libre, 1 h 38. Fabienne Issartel, France, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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