Boris Hagelin

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Boris Hagelin (-) est un industriel suédois qui, à la demande de la famille Nobel, va assurer à partir de 1925 la direction d'Aktiebolaget Cryptograph, une société spécialisée dans le développement et la construction de machines à chiffrer.

Cette activité qu'il embrasse à la suite d'un certain concours de circonstances, fera sa renommée et sa richesse.

Les débuts ; Aktiebolaget Cryptograph.[modifier | modifier le code]

Armé d'un diplôme de mécanique obtenu en 1914, Boris Hagelin était destiné à suivre les pas de son père qui était directeur de la société de production pétrolière des frères Nobel à Bakou en Azerbaïdjan. La révolution russe rendant ces activités à l'Est délicates, Emmanuel Nobel qui était un proche du père de Boris Hagelin, propose à Boris d'assurer la supervision et la rentabilité d'une petite société qu'il finançait : Aktiebolaget Cryptograph. C'est ainsi que Boris Hagelin fera ses premiers pas dans la cryptographie, premiers pas qui consisteront dans un premier temps à promouvoir les produits développés par un ingénieur suédois, Arvid G. Damm.

Sous l'ère Hagelin, A.B. Cryptograph verra sortir de ses usines la machine à chiffrer B-21 (les premières séries de machines A et B ayant été essentiellement développées par Damm). La B-21 est commandée en 1926 par l'armée suédoise qui cherchait à s'équiper d'Enigma jusqu'à ce que Boris Hagelin leur présente sa machine.

A.B. Cryptoteknik[modifier | modifier le code]

En 1927, Damm décède et en 1932 Hagelin achète la société, en mauvaise situation financière mais dont le carnet de commandes est assez bien rempli grâce à la B-21. Il la rebaptise Aktiebolaget Cryptoteknik. Il vendra alors des machines B-211 à l’armée française, ce sera selon Boris Hagelin un « succès décisif ». Il développera en effet par la suite, à la demande des mêmes français, une machine mécanique portable, utilisable sur le front. Ainsi naît la C-35 qui connaîtra un franc succès.

Il améliore la C-35 et d’autres machines de la série C voient le jour, dont la C-36 ou encore la BC-543.

Il s’envole en 1940 aux États-Unis pour proposer ses machines à chiffrer à un pays qui ne possédait pas alors de tels moyens cryptographiques. Les Américains achètent les droits de fabrication d'une version améliorée de la C-36, la C-38, qu’ils renomment M-209. Plus de 140 000 unités de la M-209 seront produites aux États-Unis pendant la guerre.

Crypto AG[modifier | modifier le code]

En 1952, Hagelin transfère toute son activité à Zug en Suisse, où il avait créé une société, Crypto AG, pour s’éloigner de la Suède dont le gouvernement cherchait à s’approprier les moyens de chiffrements développés sur son sol.

L'activité prospère et fait de lui un homme riche. Si Boris Hagelin n'était pas le seul industriel à développer des machines à chiffrer, il aura su les vendre à un tournant de l'histoire où la demande de tels moyens explosait. Selon le journaliste Duncan Campbell, Hagelin a notamment passé un accord avec la NSA qui a permis de piéger les machines de cryptographie construites par Crypto AG, qui étaient ensuite vendues à la plupart des États de la planète.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boris Hagelin, David Kahn, The story of the Hagelin cryptos, Selections from Cryptologia, ISBN 0-89006-862-3