Bordelongue

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Bordelongue est un quartier de Toulouse situé au sud de la ville, sur la route de Seysses. Le quartier, inclus dans le quartier de Lafourguette, n’existe plus en tant que tel, il a été profondément modifié par l’implantation du périphérique qui le traverse. Il reste présent par le souvenir d’un camp d’internement au cours de la Seconde Guerre mondiale et d’une fosse contenant les corps de résistants exécutés par les Allemands.

Historique du quartier[modifier | modifier le code]

Le nom vient d’un grand domaine existant au XVIIe siècle, « Borde longue » (Borde signifie « ferme »), plus tard divisé en parcelles plus petites.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on y installe un camp d’internement. Le 4 septembre 1944 on y découvre le charnier dans lequel ont été jetés les corps de vingt-huit résistants fusillés par les Allemands entre septembre 1943 et avril 1944. Une stèle porte les noms des martyrs. Après guerre, les baraquements continuent à être utilisés par des populations défavorisées. En 1947, on construit le Centre de Formation professionnelle des adultes qui accueillera jusqu’à plus de mille deux cents stagiaires. Les derniers baraquements disparaissent dans les années 1970 avec les grands travaux de la « rocade » (périphérique).

Le quartier est en voie de réhabilitation. Situé à proximité du complexe chimique AZF et donc ayant subi les dégâts liés à l’explosion du 21 septembre 2001, il bénéficie du mouvement de rénovation. Une zone franche urbaine a été créée en 2004 par la ville de Toulouse. En 2006, elle a été déclarée d’intérêt communautaire et est sous le contrôle du Grand Toulouse.

Le charnier[modifier | modifier le code]

Il y avait deux autres sépultures clandestines dans la région : - Le champ de tir, route de Lacroix-Falgarde : trois corps tous reconnus - Castelmoron : quinze corps dont cinq reconnus en octobre 1944.

On remarquera le lourd tribut payé par le département de Lot-et-Garonne. Sur les vingt-huit noms de la stèle de Bordelongue : quatorze, la moitié, habitaient ce département.

Découverte du charnier[modifier | modifier le code]

Jeanine Brisseau-Loaiza, fille de Jean Brisseau, qui a relevé cette liste a écrit la note suivante :

La stèle porte vingt-huit noms ; la liste recopiée dans le dossier Bordelongue du musée de la Résistance de Toulouse n’en donne que vingt-sept et parle d’un corps à l’identité inconnue. Un document de la police de Toulouse du 5 février 1944, transmis par les Archives départementales de la Haute-Garonne révèle qu’il s’agit vraisemblablement du corps d’Emile Coiry. Un avis du commandement allemand du 29 avril 1944 signalait que trois ressortissants français avaient été condamnés à mort à Toulouse et fusillés le 19 avril : Charles Boizard, Georges Larrive et Emile Coiry. « Les corps des deux premiers ayant été retrouvés à Bordelongue, le seul cadavre non identifié peut être celui d’Emile Coiry » et un signalement est donné dont un âge évalué à vingt-cinq ans environ.

Les articles de deux journaux de septembre 1944 relatant la découverte du charnier et les dires de Mme Ramon, habitante de la ferme : le no 4 du vendredi 8 septembre 1994 de Vaincre (quotidien des Forces Françaises de l'Intérieur) et le Patriote du sud-ouest, no 18 du jeudi 7 septembre 1944 ne parlent pas d’exécutions sur place mais de transport de corps en camion de nuit et de jour et d’inhumations. Sept dates ont été notées par Mme Ramon. : - Le 9 novembre 1943 au matin. Il s’agit d’un employé, André Vasseur, et de trois étudiants, Henri Arlet et deux étudiants du lycée Fermat de Toulouse (Edmond Guyaux et Jacques Sauvegrain) partis après leurs examens dans le maquis Bir-Hakeim de la Montagne Noire, arrêtés et emprisonnés puis fusillés le 9 novembre à la prison Saint-Michel. Du sang frais est signalé par Mme Ramon près de la fosse. - Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1943 ; puis le 5 janvier au matin, deux camions portant les corps des neuf membres d’un groupe de Lot-et-garonnais condamnés à mort le 4 décembre 1943 par un conseil de guerre allemand de l’armée du sud de la France comme « francs-tireurs et pour avoir favorisé l’ennemi et pris part à la résistance armée contre l’armée allemande » (jugement envoyé le 10 janvier 1944 au Préfet à Agen, tiré d’un dossier portant la cote 5278 W5 des Archives départementales de Haute-Garonne) et exécutés le 5 janvier 1944 : Maurice Lessauque, Edouard Porte, Raoul Rogalle, Roland Goumy, Aurélien Desbarats, Louis Coulanges, Ernest Couderc, Paul Quandalle et Noël Pujos. - Le 8 avril 1944 (veille de Pâques) sont transportés les corps des dix résistants jugés le matin par un « tribunal » allemand dont Jean-Roger Blancheton, Jean Brisseau, Maurice Dubois, François Laguerre et Roger Levy, fusillés vers dix-spet heures à la prison Saint-Michel de Toulouse, selon les lettres adressées aux familles et en particulier celle de François Laguerre donnant les détails horaires. - Le 18 avril à dix-huit heures et enfin le 19 avril à sept heures du matin, avec les trois corps de Charles Boizard, Georges Larrive et vraisemblablement Emile Coiry.

Liste des martyrs de la stèle de Bordelongue à Lafourguette, Toulouse[modifier | modifier le code]

  • ARLET, Henri, Joseph, Yves, étudiant, Sarlat (24), 19/05/1922 à Sarlat (24)
  • ARNAUD, Roger, Marie, Gonzague, Durfort (81), 13/03/1913 à Revel (31)
  • BETEILLE, Emile, Eloi Arfons (81)6/06/1909 à l’Albarède (81)
  • BLANCHETON, Roger, Jean, cultivateur Neuffons (33) 30/05/1909 à Loubens(33)
  • BOIZARD, Charles Fumel (47) 22/09/1922 à Fumel (47)
  • BRISSEAU, Jean, boucher-expéditeur Duras (47) 20/06/1910 à Duras (47)
  • COIRY, Emile, Pierre, Marie, FTPF du Lot, 10/04/1921 à Bains sur Oust (35)
  • COUDERC, Ernest, fruitier en gros Le Passage d’Agen (47) 24/07/1897 à Mazous (47)
  • COULANGES, Louis, cultivateur, Saint-Vincent Lamontjoie (47) 1/02/1897 à Laplume (47)
  • DESBARATS, Aurélien, cultivateur Saint-Vincent Lamontjoie (47), 10/02/1887 à Pouy (32)
  • DUBOIS, Pierre, Alfred, Maurice, forgeron Duras (47) 14/06/1912 à Duras (47)
  • DUCES, Fernand L’Isle de Noé (32) 13/11/1890 à Miramon(32)
  • FRAISSE, Henri, Lucien, au (64) 8/02/1913 à Pau (64)
  • GOUMY, Roland, comptable gen (47) 30/03/1916 à Guéret (23)
  • GUYAUX, Edmond, Victor, étudiant Toulouse (31) 15/07/1922 à Vireux Walbrand (08)
  • LACABANNE, Henri, Pau (64), 30/03/1909 à Monein (64)
  • LAGUERRE, François, chef de gare, Duras (47), 31/03/1910 à Toulouse(31)
  • LARRIVE, Georges, Cahors (46), 20/21 ans (reconnu par une voisine)
  • LASSAUQUE, Maurice, transporteur Le Passage d’Agen (47) 18/03/1908 à Lacourtine (23)
  • LEVY, Roger, capitaine de réserve Sainte-Bazeille (47) 13/02/1901 à Montbéliard (25)
  • MANIEN, Louis, Albert Billère (64) 30/10/1919 à Commerre (25)
  • MATHOU, Jacques, François, Henri Bagnères de Bigorre (65) 31/08/1922 à Tarbes (65)
  • PORTE, Edouard, Adrien, Agen (47) 22/09/1906 à Bernat de Bat (64)
  • PUJOS, Noël, cultivateur Fals (47) 17/12/1899 à Fals (47)
  • QUANDALLE, Pau, Auguste, Fals (47) 28/09/1908 à Saint-Martin Choquel (62)
  • ROGALLE, Raoul, Guillaume, cultivateur Caudecoste (47)6/05/1998 à Caudecoste (47)
  • SAUVEGRAIN, Jacques, étudiant Toulouse (31) 8/10/1921 à Paris (75)
  • VASSEUR, André, employé, Toulouse (31) 24/01/22 à Drucat (80). Nom de guerre JAXERRE

Cérémonies[modifier | modifier le code]

Chaque année a lieu après le 8 mai une cérémonie d'hommage aux martyrs. En 2008, cette cérémonie a été honorée par la présence de Pierre Cohen, nouveau maire de Toulouse en la présence du président du Conseil général, de la députée…

Photo d'une cérémonie d'hommage aux martyrs

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, Toulouse, Milan, 1989
  • Vaincre no 4 du vendredi 8 septembre 1994, quotidien des Forces Françaises Intérieures.
  • Le Patriote du Sud-Ouest, no 18 du jeudi 7 septembre 1944
  • Archives Départementales de la Haute-Garonne
  • Musée de la résistance de Toulouse

Voir aussi[modifier | modifier le code]