Bordages à franc-bord

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Différence entre le bordage à clin (clinker-built en anglais) ou les planches de bord se superposent et le bordage à franc-bord (carvel-built en anglais) ou les planches de bord sont juxtaposées.

La construction à franc-bord est une technique de construction navale reposant sur un assemblage de virures de bordé juxtaposées et fixées à une charpente, sur un principe de membrures premières, sans liaison entre les virures de bordé.

Principes[modifier | modifier le code]

Le principe de construction à membrures premières implique une disposition dans un premier temps des membrures sur la quille, puis dans un second temps la pose des virures de bordé. Dans ce contexte, les membrures jouent un rôle de squelette, déterminant ainsi la forme qu'aura la coque du bateau, on dit alors qu’elles sont « actives ». Il n'apparait aucun lien entre les virures de bordé: aucun chevillage, ni tenons et mortaises. Les virures sont assemblées uniquement aux membrures.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette construction à franc-bord est visible sur : des épaves gallo-romaines découvertes dans la Tamise ou à Guernesey, datées de 150 après JC [1], qui pourraient ressembler aux bateaux vénètes qu'affronta César ; des épaves comme celle de Studland Bay (Angleterre), datée d'environ 1520-1530 ; Serçe Liman (Turquie) datée du XIe siècle, et Culip VI (Espagne) datée fin XIIIe-début XIVe siècle, entre autres. Mais aussi dans les sources écrites avec un devis de construction navale daté de 1273 (environ), manuscrit découvert aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône dans un lot de documents datés du XVe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ole Crumlin-Pederson et Sean McGrail, « Some principles for the Reconstruction of Ancient Boat Structures », The International Journal of Nautical Archaeology, no 35.1,‎ , p. 53-57.
  • Noël Fourquin (Commandant), « Un devis de construction navale de c. 1273 », dans Christiane Villain-Gandossi et Éric Rieth, Pour une histoire du fait maritime, Paris, Éditions du CTHS, , p. 263-278.
  • (en) Frederick M. Hocker et Cheryl A. Ward, The philosophy of shipbuilding. Conceptual approaches to the study of wooden ships, coll. « Rachal Foundation Nautical Archaeology Series », , 200 p.
  • (en) Gillian Hutchinson, Medieval Ships and Shipping, Londres, Leicester University Press, , 219 p.
  • Marie-Pierre Jézégou, « L’apparition en Méditerranée de la méthode de construction navale sur squelette », dans Jean-Louis Miège (dir.), Navigations et migrations en Méditerranée. De la préhistoire nos jours, Paris, Éditions du CNRS, , p. 165-179.
  • Jonathan Letuppe. La question des origines de la construction "à carvel" au Levant, mémoire de 2e année de Master, Université Lumière Lyon II, soutenance à Lyon : , sous la direction de Mrs Étienne Hubert et Éric Rieth.
  • Jonathan Letuppe. La question des origines de la construction "à carvel" au Ponant vers la fin du Moyen Âge, mémoire de 1re année de Master, Université‚Lumière Lyon II, soutenance à Paris : , sous la direction de Mrs Jean-Michel Poisson et Éric Rieth.
  • (en) Sean McGrail, Boats of the world. From the Stone age to Medieval times, Oxford, Oxford University Press, , 480 p.
  • (ca) Hug Palou, Éric Rieth et al., Excavacions arqueològiques subaquàtiques a Cala Culip, t. 2, Culip VI, Girona : Museo d'arqueologia de Catalunya, , 285 p.
  • Patrice Pomey et Éric Rieth, L’archéologie navale, Paris, Éditions Errance, , 215 p.
  • Éric Rieth, « Principe de construction charpente première et procédés de construction bordé premier au XVIIe siècle », Neptunia, no 153,‎ , p. 18-27.
  • Éric Rieth, « Le Clos des Galées de Rouen, lieu de construction navale à clin et à carvel (1293-1419) », dans C. Villain-Gandossi, S. Busuttil, P. Adam (dir.), Medieval Ships and the Birth of Technological Societies, t. 1, Malte, , p. 71-77.

Articles connexes [modifier | modifier le code]