Borax

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Tétraborate de sodium.
Borax
Cristaux de borax
Cristaux de borax
Identification
Nom UICPA tétraborate de sodium décahydraté
Synonymes

noms communs : biborate, pyroborate, tincal, tinkal, tinkalite, etc.

No CAS 1303-96-4 (décahydrate)
No EINECS 215-540-4
Code ATC S01AX07
No E E285
SMILES
InChI
Apparence cristaux blancs ou poudre cristalline (décahydrate)[1]
Propriétés chimiques
Formule brute H20B4Na2O17Na2B4O7•10H2O
Masse molaire[2] 381,372 ± 0,035 g/mol
H 5,29 %, B 11,34 %, Na 12,06 %, O 71,32 %,
pKa 9,14
Propriétés physiques
fusion 75 °C (décahydrate)[1]
ébullition 320 °C (décahydrate)[1]
Solubilité dans l'eau à 20 °C : 51 g·l-1 (décahydrate)[1]
Masse volumique 1,7 g·cm-3 (décahydrate)[1]
Cristallographie
Système cristallin monoclinique
Classe cristalline ou groupe d’espace 2/m
Propriétés optiques
Indice de réfraction (1,445 1,469 1,472) selon les trois axes
Transparence transparent à translucide
Précautions
Directive 67/548/EEC
Toxique
T



SIMDUT[3]
D2B : Matière toxique ayant d'autres effets toxiques
D2B,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le borax est une espèce minérale de formule brute Na2B4O7•10H2O. Il est appelé aussi tétraborate de sodium décahydraté ou borate hydraté de sodium[4]. Ce composé chimique basique est souvent décrit par les minéralogistes comme un composé comportant théoriquement des ions hydroxyle, soit Na2B4O5(OH)4•8 H2O. Une description minimaliste par oxydes, à savoir sesquioxyde de bore, oxyde de sodiumetc., est possible : 2 B2O3. Na2O. 10 H2O. Elle n'a aucun fondement structurel[5]. Pur, il se présente en cristaux incolores, prismatiques courts à tabulaires, plutôt aplatis et souvent striés verticalement, très légers de densité 1,74, tendres de dureté entre 2 et 2,5 supérieure à celle du gypse. Leur cassure est conchoïdale, l'éclat est vitreux à terreux, voire résineux, le clivage plus souvent parfait qu'imparfait, le trait blanc[6]. Dans la nature, les cristaux, de transparent à opaque, peuvent être blancs : ils sont parfois colorés de gris à jaune, mais le plus souvent jaunâtre, grisâtre, verdâtre, bleuâtre. Les cristaux donnent facilement une poussière incolore ou blanche, ils sont efflorescents à l'air sec, surtout par déshydratation[7]. Les cristaux sont solubles dans l'eau et facilement fusibles, après gonflement, en un verre limpide,

La roche évaporite, souvent massive et légèrement plus dense, formée en masse terreuse à vacuoles dans le fonds argileux ou en incrustation ou efflorescence sur les rivages des lacs alcalins du désert, qui le contient est un des minerais industriels d'un métalloïde dense et noir, le bore[8]. Elle est souvent associée à la halite et à des sels magnésiens, à divers minéraux sulfates et carbonates, outre d'autres minéraux borates.

Le borax commercial ou industriel se présente souvent sous forme d'une poudre d'aspect salin, inodore et incolore, à saveur douceâtre et agaçante selon les anciens (gluco)chimistes. Ce corps composé se présente en paillettes solubles dans l'eau[9]. Cet alcali qui est aussi un fondant dans les arts du feu depuis l'Antiquité peut être irritant. La fusibilité élevée du borax, sa dissolution aisée des oxydes métalliques justifie son usage dans les soudures métal-métal.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Si la matière est connue depuis l'antiquité, le mot borax, attesté en latin médiéval, vient de l'arabe bawraq ou buraq, lui-même emprunté au persan boûraq (blanc - blanc brillant)[10]. Il n'est pas exclu que l'arabe maghrébin bau̮ráq soit à l'origine du mot dans les langues d'Europe occidentale[11]. Par contre, l'appellation aujourd'hui technique dans le monde anglo-saxon, tincal ou tinkal proviendrait aussi de vieilles langues indo-iraniennes, à l'origine du vieux sanskrit puisque cette racine est attestée en sanskrit moderne tankana.

Le terme borate est proposé en 1787 par Guyton de Morveau. Le terme se décline dès les années 1820 en différents composés métalliques, ainsi que l'adjectif boraté[12].

Origine géologique, gisements et extraction[modifier | modifier le code]

Le minerai de borax se trouve généralement en masses compactes à l'emplacement d’anciens lacs asséchés (où l'eau s'est évaporée laissant des sels alcalins de sodium) ou le plus souvent sur ses anciens rivages[13]. Ainsi en Asie centrale, les abords des lacs salins du Cachemire, du Lob Nor et du Tibet présentaient de grandes masses exploitées depuis la haute antiquité... Historiquement, les premiers gisements connus et exploités sont ceux du Tibet, plus précisément du lac de Boul, au sud-est du plateau[14].

Le borax est aussi présent en efflorescence sur les sols des déserts. Aussi quelques rares pluies suffisent pour concentrer dans les points bas le minéral soluble qui peut toutefois se reformer en différents borates. Le borax venait aussi de la Turquie, où il est encore extrait. D'autres gisements, en Iran et en Égypte sont toujours exploités.

L'Asie mineure avec la Turquie, mais aussi en Asie le Kazakhstan, le Ladakh (Tibet), le Cachemire, l'île de Ceylan offrent encore des ressources en borax.

Le lac Searles, dans le comté de San Bernardino en Californie est le principal gisement commercial de borax américain, par ces incrustations minérales ou simplement son eau salée, ce gisement a été découvert en 1863 par les frères Searles, John et Dennis, le borax y est exploité depuis 1873 et sa commercialisation lointaine assurée depuis 1875[15]. Si ce dernier gisement a pu produire la moitié du borax, il existe aussi d'autres gisements exploités dans l'ouest américain, comme ceux proche de la localité communautaire de Boron, comté de Kern en Californie, connue aussi pour ces autres minéraux boratés que sont la howlite ou la kernite. Il existe des cristaux énormes observables à Boron et à Clear Lake.

En Amérique du Sud, il existe aussi de nombreux gisements en Bolivie, dans le sud de l'Altiplano, au Mexique et en Argentine. le Salar Caucheri en Argentine présentent de belles minéralisations.

L'essentiel de l'approvisionnement moderne vient du continent américain, en particulier en Californie. Actuellement, cet État des États-Unis assure un peu moins de la moitié de la production mondiale de borax. Un musée lui est consacré dans la vallée de la Mort.

Enfin, des roches ignées contiennent aussi, en veines, des cristaux de borax ou des amas micro-cristallins.

Le borax peut provenir d'une recristallisation de la kernite, après sa dissolution à l'eau chaude.

Préparation industrielle[modifier | modifier le code]

L'extraction du minerai se fait après broyage par cristallisation fractionnée. L'ensemble est mis en présence d'eau à ébullition. Le borax passe en solution et est ainsi séparé de la gangue insoluble. La matière est récupérée par évaporation de l'eau, par cristallisation avec cinq molécules d'eau (pentahydraté soit la tincalconite hexagonale) ou dix (décahydraté soit le borax), puis centrifugation. Les produits sont ensuite séchés dans des fours tournants.

Le borax peut être extrait du minerai par des préparations de bains de soude, soit du carbonate de sodium avec de la vapeur d'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le borax a été utilisé dès le Moyen Âge, où il était apporté par caravanes du Tibet[16] et connu sous des noms assez similaires tincar, tinckal, tinkal[17], ou encore Chrysocolla[16], et arrivait en Europe par la route de la soie. Le nom commun qui désigne le borax aux États-Unis est tincal.

En Italie, notamment au Grand Duché de Toscane qui en fit un monopole commercial, le borax ou tinkal de Toscane a longtemps été préparé à partir de l'acide borique, recueilli dans des plans d'eau ou lagoni, alimentés par des jets de vapeurs et de gaz à haute pression à une température comprise entre 120 °C et 230 °C, dénommés soffioni ou fumacchi selon la densité décroissante[18].

Les verriers vénitiens ont longtemps préservés leurs savoir-faire pour purifier le limon boracifère, séché au soleil du Borax Lake ou Lac Borax, situé au Nevada qui contient encore au XIXe siècle 4 g de borax par litre.

Après 1875, les gisements de borates à l'état naturel sont devenus incontournables économiquement.

Le borax industriel provenait communément en France au XIXe siècle de la transformation de produits naturels importés en général d'Asie Mineure soit de dérivés de borate de calcium, autrefois nommé borate de chaux, soit de borates doubles de calcium et de sodium, nommés boronatrocalcite. Ce dernier minerai, appelé tiza par les Anglo-saxons était chargés par leurs navires sur les côtes californiennes, péruviennes ainsi sur les côtes d'Afrique occidentale ou Guinée.

Propriétés et chimie de base[modifier | modifier le code]

Borax qui se couvre de tincalconite
Structure cristalline du borax

Les cristaux peuvent se déshydrater à l'air, produisant l'espèce minérale tincalconite crayeuse de formule brute Na2B4O7•5 H2O, parfois encore nommée tinkalonite. Souvent les grosses pièces exhibant de gros cristaux sont revêtues de cette couche blanche et opaque, parfois poussiéreuse[19]. Cette tincalconite existe aussi en cristaux octaédriques, qui ne se fendillent pas, comme le borax, avec les variations thermiques. Placée en atmosphère humide, la tincalconite absorbe lentement l'eau, s'opacifie et renaît après transformation complète en borax.

Chauffé à 450 °C, le borax devient anhydre, soit le composé Na2B4O7. Placé dans une flamme, il colore la flamme en jaune à l'instar du sodium, mais aussi en vert (moins visible), à l'instar des autres dérivés du Bore[20].

Le pKa de la première acidité du tétraborate à 20 °C est 9,14. Le pH d'une solution de borax pure de concentration O,01 mol·l-1 se fixe à 9,18 à 25 °C.

Dans l'eau, tout se passe comme si l'ion tétraborate s'hydrolyse en acide borique et en anion borate H2BO3-, ce qui fait de la solution obtenue une solution tampon, appelé tampon borax.

Na2B4O7 10 H2O (+ H2O) → 2 Na+ aqueux + (B4O7)2- aqueux

avec une double basicité (versus acidité) :

(B4O7)2- aqueux + H2O ↔ H(B4O7)- aqueux+ OH- aqueux
H(B4O7)- aqueux + H2O ↔ H2(B4O7) aqueux + OH- aqueux
Molécule de borax en chimie aqueuse

En réalité, l'acide borique H3B03 est un produit de dégradation du tétraborate à structure moléculaire cyclique. L'acide s'écrit B(OH)3 et ne libère pas des ions hydronium, mais capte des anions hydroxyle, donc par contre coup, génère dans l'eau solvant, des cations hydronium. Les tétraborates basiques accomplissent l'opération inverse.

Le borax est un étalon dans les dosages d'acides, d'où son usage répandu en chimie analytique. Par exemple :

Na2B4O7.10H2Odissous, aqueux + 2 HClaqueux → 2 NaClaqueux + 4 H3B03aqueux + 5 H2O

Le borax sert souvent de nos jours à la fabrication de l'acide borique par attaque à l'acide sulfurique, mais aussi du sesquioxyde de bore B2O3.

Il permet de fabriquer des borates de zinc, de manganèse, de chrome, qui rentraient dans la composition de vernis ou de couleur, ainsi le borate de Cr à l'origine du vert Guignet, selon Scheurer et Kestner.

Le composé perborate de sodium NaBO3•4H2O faiblement soluble, est obtenu soit :

  • par l'action d'un oxydant, par exemple l'eau oxygénée ou le peroxyde de sodium, sur le borax ;
  • par électrolyse de divers borates en milieu soude ou carbonate de sodium.

C'est un puissant agent de blanchiment, parfois présent dans les lessives commerciales.

Usages[modifier | modifier le code]

Ses propriétés vitrifiables (ou de former un verre) à chaud ou au feu sont connues depuis l'Antiquité. Le borax chauffé fond facilement, il donne d'abord une masse spongieuse et boursouflée, puis un verre incolore et transparent, à cassure brillante. L'absorption d'humidité lui fait perdre sa belle transparence à l'état vitreux refroidi, ce verre se fendille et boursoufle plus vite que le borax à l'état naturel ou non chauffé.

En minéralogie, les perles de borax, une fois fondue avec un échantillon minéral en poudre à étudier, permettent d'accomplir d'efficaces tests de composition, selon la nature du produit fondu obtenu, observé d'abord visuellement à la lumière du jour, puis instrumentalement par des rayons électro-magnétiques de longueur d'onde définie, éventuellement avec des analyses.

On l'utilisait autrefois aussi en chimie analytique qualitative pour identifier les ions présents dans une solution : en humectant un peu de poudre de borax avec une goutte de solution au moyen d'une anse de platine et en portant le tout dans une flamme air-méthane, on formait une masse pseudo-vitreuse (« la perle au borax ») dont la couleur orientait l'analyste sur la composition de la solution.

Industrie du verre et céramiques[modifier | modifier le code]

Le borax peut entrer dans la composition des verres dit borosilicatés ou à borosilicates comme le Pyrex, verre technique et commercial à très faible coefficient de dilatation thermique, à base de 12,5 % de B2O3[21]. Sa propriété bien connue de fondant permet d'abaisser la température de fusion et de limiter la consommation de combustible : en 1995, un quart de la consommation mondiale de bore était absorbée par l'industrie du verre[22].

Sa propriété de se combiner à l'état fondu avec un grand nombre d'oxydes métalliques, par effet de solvatation, est à l'origine de son emploi pour former des couleurs vitrifiables, pour le verre, la porcelaine. En verrerie, il était employé pour le vernissage du verre. En céramique, pour le vernissage des faïences. Les potiers de terre, comme les faïenciers l'utilisaient également en grande quantité. En céramique, il peut rentrer, avec d'autres borates oxydants, dans la composition des émaux, comme de la banale pâte d'émail qui sert de couverte ou de glaçure pour les céramiques ordinaires.

Il est également employé pour la décoration des porcelaines, où il augmente la fluidité des émaux.

Métallurgie[modifier | modifier le code]

Les alchimistes se servaient déjà du borax comme flux dans la fusion et la soudure des métaux[17]. Il est encore utilisé comme tel par les artisans chaudronniers pour les brasures dites « à la forge » où il évite de chauffer trop le fer ou l'acier soudé et évite l'oxydation au sein de la soudure ainsi que pour évacuer les impuretés. C'est la soudure des ferblantiers.

En métallurgie, les opérateurs pouvaient employer indistinctement borax et acide borique, comme fondant favorisant les soudures de divers types. Il permet le décapage des métaux. Le borax est un véritable solvant pour les scories des aciéries : le borax fondu dissout les oxydes avec formation quasi-instantanée de borates.

Outre le fait que le borax soit un fondant pour les laitiers[23], sa mouillabilité et sa réactivité sont exceptionnelles[16]. Lors de la forge, saupoudrer la pièce de borax permet la formation d'un film protecteur qui s'étale sur la surface, va absorber les scories et éviter la formation d'oxydes. Son rôle est essentiel lors de la forge des lames de Damas, où il réduit la quantité d'oxydes emprisonnés au soudage de deux feuilles[16].

Cette remarquable propriété, mal expliquée à l'époque, a contribué à donner une dimension mystérieuse au savoir-faire du forgeron. Sa grande solubilité dans l'eau ne permet cependant plus de le retrouver sur les sites de forge ou de fours : on ne peut prouver son utilisation que par analyse métallurgique des aciers.

Sa propriété de fondant présente cependant l'inconvénient de dégrader les matériaux réfractaires des fours[16].

Fabrication du bore[modifier | modifier le code]

Le borax est un des minerais exploitable pour obtenir le corps simple bore[24].

Industrie nucléaire[modifier | modifier le code]

Le bore (sous forme d'atomes de « bore-10 ») est utilisé dans les réacteurs nucléaires comme absorbeur de neutrons sous forme de divers borates mélangés à l'eau du circuit primaire. On peut utiliser aussi le borax en cas d'accident, en ajoutant du borax dans l'eau d'aspersion des réacteurs.

À l'état liquide, l'exploitant dose l'acide borique afin d'obtenir le bilan neutronique voulu (contrôle de la réaction nucléaire). En outre, les réservoirs d'eau des injections de sécurité sont aussi fortement « borées » afin d'empêcher la réaction nucléaire en cas d'accident[25].

Un alcali siccatif, biocide, ignifuge, nettoyant[modifier | modifier le code]

Le borax émulsionne les corps gras et pouvait servir, avec d'autres alcali comme le carbonate de sodium, au dégraissage et au blanchissage. Il est reconnu comme un bon détergent et antiseptique. Il était utilisé autrefois dans le blanchissage du linge. Le borax, essentiellement pour ses propriétés biocides et de désinfection, entre comme additif dans la fabrication de savons[26]. Cet adjuvant de détergent est aussi utilisé comme adoucisseur d'eau.

La réaction du borax avec des sels ammoniacaux permettait d'obtenir des composés ignifuges, qui, fixées sur les étoffes, les rendent ininflammables. Le borax, tout comme l'acide borique, permet l'ignifugation des tissus, des bois, des matières cellulosiques.

Les qualités ignifuges du borax sont recherchées dans le traitement des isolants naturels, comme, par exemple, la ouate de cellulose. Dilué dans l'eau, le sel de bore pénètre bien dans le bois et ne s'évapore pas. C'est un retardateur de flamme couramment utilisé aux États-Unis[22].

Le borax, de préférence transformé en tétraborate de sodium, est également utilisé en taxidermie pour ses propriétés non seulement antiseptiques mais également tannantes, tout comme le « savon arsenical de Bécoeur ».

En tant qu'insecticide, la poudre blanche de borax vendue en pharmacie peut entrer en mélange avec du sucre-glace à parties égales, afin d'attirer blattes ou cafards dont le système digestif sera progressivement détruit.

L'utilisation en tant qu'insecticide est également faite avec les charpentes en bois : dilué dans l'eau, le borax pénètre dans le bois et permet un traitement économique contre les insectes xylophages.

Médecine, industrie alimentaire, engrais[modifier | modifier le code]

Les médecins de la Belle Époque considéraient le borax purifié comme un médicament alcalin et un antiseptique faible, en particulier pour les voies urinaires. Il était employé comme collutoire, ainsi que pour les gargarismes. Ce désinfectant entre dans la composition des bains de bouche. Il était utilisé en pansement humide contre les dermatoses.

Comme additif alimentaire, le tétraborate de sodium ou le borax porte le numéro E285. Il est utilisé comme conservateur, exclusivement sur les œufs d'esturgeon (caviar), à la dose maximale de 4 g/kg[27]. Il avait été autrefois proposé pour la conservation de la viande.

Le borax entre comme adjuvant dans la fabrication d'engrais[28]. La borocalcite est un fertilisant, notamment pour les betteraves et les pommiers. On utilise aussi parfois de l'ulexite.

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

On le retrouve aussi dans les composants électroniques, en particulier des condensateurs électriques, ou les liquides de transmission. Incorporé dans les ciments et bétons, il ralentit leur prise ou vitesse de durcissement.

Le borax est également utilisé en photographie artisanale comme composant du révélateur de film noir et blanc.

Le borax peut être employé en photographie, galvanoplastie, tannerie, papeterie, blanchisserie, teintures et fabrication de colles solides à base de caséine. Il était aussi utilisé pour le décreusage de la soie.

Toxicité, écotoxicité, précautions à prendre[modifier | modifier le code]

Le borax peut entraîner nausées, irritations cutanées, essoufflements, maux de tête et de graves lésions des organes en cas d'empoisonnement à très haute doses uniquement[29].

Depuis le 6 novembre 2008, les sels de bore sont classés toxiques pour la reproduction (catégorie 2) par la règlementation européenne et, comme tels, sont étiquetés toxiques avec les mentions suivantes qui doivent être clairement marquées sur les emballages :

  • R60 - Peut altérer la fertilité ;
  • R61 - Risque pendant la grossesse d'effets néfastes pour l'enfant ;
  • S45 - En cas d'accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible lui montrer l'étiquette) ;
  • S53 - Éviter l'exposition - se procurer des instructions spéciales avant utilisation.

Le documentaire Gasland (2010) de l'Américain Josh Fox montre que l'industrie américaine de l'extraction du gaz de schiste reconnaît l'usage du borax (sel de bore), dilué dans un mélange d'eau et de sable pour l'injection dans les puits d'extraction du gaz de schiste comme liquide d'hydrofracturation. Le borax est employé comme agent de réticulation, mais cette technique visant à libérer le gaz contenu a aussi pour conséquences de polluer les nappes phréatiques avec le liquide de fracturation. Pour un puits d'extraction, il faut entre 10 à 30 000 mètres cubes d'eau, la moitié environ est récupérée après fracturation.

Norme sanitaire de potabilité : en France, le contenu en bore ne doit pas dépasser 1 mg/l[30]. Un régime avec une bonne quantité de fruits et légumes fournit environ 2 à 5 mg de bore par jour.

Expression littéraire[modifier | modifier le code]

Luisant comme du borax : expression pour signaler un état de la matière similaire aux reflets lumineux chatoyants sur le cristal borax. Ce peut être l'eau battue par les hélices pour l'écrivain Paul Morand, dans son roman Rien que la terre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e TETRABORATE DE SODIUM, DECAHYDRATE, fiche de sécurité du Programme International sur la Sécurité des Substances Chimiques, consultée le 9 mai 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. « Tétraborate de sodium décahydraté » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  4. Il ne faut pas le confondre avec la boracite, une variété de borate de magnésie à éclat vitreux.
  5. En réalité, les oxydes du bore, non dégradés en simple acide borique, forment des structures polyédriques complexes à l'aide de liaisons chimiques covalentes. Un cristal de borate se décompose en un assemblage bidimensionnel très commun de triangles (BO3)3- et tridimensionnelle plus rare de tétraèdres BO4. L'anion B4O5(OH)42- du borax peut se décrire comme une chaîne cyclique (BO)4 avec chaque B de la chaîne liée à un groupe OH et au centre de la structure un oxygène lié alternativement à deux B antagonistes.
  6. Il appartient à la classe de symétrie ou groupe de point monoclinique 2/m, avec ao = 1184, bo = 1063, co = 1232 et l'angle β = 106°35'
  7. Se forme alors une poudre blanche opaque, la tincalconite ou pentahydrate de borax, qui tâche les cristaux. C'est pourquoi les beaux cristaux ne peuvent pas être véritablement conservés en collection.
  8. Ce corps simple B n'est pas un métal, il est trop réactif pour se trouver à l'état libre, c'est pourquoi cet oligo-élément, par ailleurs nécessaire au développement normal des organismes vivants, se trouve à l'état oxydé, largement disséminé dans la nature (teneur 0,001 pour mille). Le minéralogiste compte une soixantaine de borates, s'il inclut les principales associations avec des silicates, phosphates, aluminates, sulfates, fluorures, chlorures. L'analogie des métalloïdes B, Si et du C (élément inclassable, en partie à caractère métalloïde) est souvent pertinente au point de vue des propriétés chimiques de ses différents composés. Le Bore est trivalent alors que le carbone et le silicium sont tétravalents. Tout en formant des liaisons covalentes comme le C, le Bore est surtout accepteur d'électrons ce qui engendre une chimie complexe radicalement différente. Néanmoins les sels métalliques d'oxydes de bore ou borate possèdent un certain nombre de points communs avec d'une part les carbonates correspondants (alcali, soude ou potasse des Anciens) et d'autre part les silicates correspondants (vitrification).
  9. Il ne faut le confondre d'un point de vue chimique avec l'acide borique, corps composé encore plus toxique, mais admis dans la pharmacopée comme un antiseptique.
  10. (fr) Laurent Marthinet, « Etymologie du Bore » (consulté le 24 octobre 9) L'arabo-persan connaît aussi bauraq, baurag ou baurach. Le persan boūhak dérive du vieux persan ou sa racine indo-iranienne būrah. Le médecin Rabelais utilise probablement dès 1532 le mot bourach issu lui-même de l'ancien français borrache attesté en 1256, ou borac dans la même décennie, mais ses écrits d'écrivain truculent ne l'attestent qu'en 1540. Le français le Borax présent dans les dictionnaire en 1611, comme l'allemand der Borax est la simple acceptation de l'usage en latin médiéval. Notons que le métalloïde, Bor en allemand, est le produit du terme technique, buras en moyen allemand tardif ou borros en bas allemand récent, par emprunt au persan. Il en est de même pour son équivalent anglais et anglo-américain, Boron ou Bore.
  11. Borax selon le TLF
  12. Ainsi que le prouve la lecture du dictionnaire franco-allemand de Dominique Joseph Mozin édité en 1826. Le mot boraté est déjà employé par le minéralogiste René Just Haüy avant 1790.
  13. Ainsi dans les argiles des plages des lacs salés.
  14. Léon Feer, Le Tibet, 1886, p. 12.
  15. Le lac Searles contient de nombreuses roches évaporites, en particulier du trona. Au nord de ce lac Searles, dans la vallée de la Mort, le minéral borax affleure en inflorescences, mais à l'état disséminé.
  16. a, b, c, d et e Madeleine Durand-Charre, Les aciers damassés : Du fer primitif aux aciers modernes, Mines Paris ParisTech Les Presses, coll. « Collection histoire et sociétés »,‎ , 206 p. (ISBN 978-2-91-176287-1 et 2-911762-87-8), p. 170
  17. a et b (fr) « Introduction au Bore sur universalis.fr », Encyclopædia Universalis France (consulté le 24 octobre 9). L'auteur suppose une appellation arabe ou sémitique. Si elle est indo-européenne, ce qui n'est pas exclu, elle reste mystérieuse.
  18. Ces dépôts fumerolliens générées par ses émissions chaudes, expliquées aujourd'hui par la présence de batholites granitiques à faibles profondeurs, contiennent en particulier des borates ; ces ressources naturelles sont exploitées pour l'acide borique, l'ammoniac et les gaz rares comme l'argon et l'hélium. Ce sont aussi des sources de chaleur ou de vapeur, aménageables en stations électriques ou de chauffage, autrefois en étuves.
  19. Cette forme pentahydratée est bien un autre minéral, autrefois dénommé comme une variété de borax octaédrique dit à 30% d'eau. Il a été mentionné préalablement, en particulier lors de la préparation par cristallisation fractionnée. Sa forme cristalline hexagonale est différente, il est plus dense et beaucoup plus dur que le borax ordinaire dit prismatique. Il s'appelait autrefois borax calciné, borax desséché, borax des bijoutiers...
  20. Il pouvait être utiliser dans les feux d'artifice. Le vert de l'acide borique est alors plus visible.
  21. On peut aussi utiliser du borax anhydre, de l'acide borique que d'autres borates comme la colémanite...
  22. a et b (fr) « Description du Bore sur SfC.fr » (consulté le 24 octobre 9)
  23. Adolf Ledebur (trad. Barbary de Langlade revu et annoté par F. Valton), Manuel théorique et pratique de la métallurgie du fer, t. I et t. II, t. 2, Librairie polytechnique Baudry et Cie éditeur,‎ , p. 194
  24. Kernite et colémanite en sont des autres. Le métalloïde B inséré en très faible quantité dans un acier ou un métal améliore certaines propriétés mécaniques, en particulier la dureté, la cohésion, la résistance à l'abrasion et la résistance mécanique. Le carbure de bore, gamme de corps semi-conducteurs et très durs, est un abrasif, notamment les cristaux noirs et brillants B13C2, plus dur que la diamant. Ils ont été obtenus par Henri Moissan dans son fours à arc électrique
  25. Avis d'incident de niveau 1 de l'échelle INES pour concentration insuffisante en bore du circuit primaire de la centrale du Bugey, ASN, Paris, 4 septembre 2003
  26. D'autres borates comme l'ulexite, sont utilisés dans les savons.
  27. Directive européenne
  28. Le bore est un oligoélément biologique nécessaire à la formation des parois cellulaires des organismes vivants, végétaux et animaux. Mais s'il est vital, il en faut en très faibles quantités. Au-delà, il est toxique.
  29. Notice sur la toxicité du borax sur (en) pesticideinfo.org
  30. Fuite d'eau borée sur le site du Tricastin, Enerzine, d'après communiqués ASN, préfecture de la Drôme, Sortir du Nucléaire

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Billon, Soudes et potasses, Petite encyclopédie de chimie industrielle pratique no 3, E. Bernard et Cie imprimeurs-éditeurs, Paris, 1898, 160 p.. En particulier, chap. IX, borate de soude, p. 123–132.
  • Ronald L. Bonewitz, Margareth Carruthers, Richard Efthim, Roches et minéraux du monde, Delachaux et Niestlé, 2005, 360 p. (trad. de l'ouvrage anglo-saxon, publié par Dorling Kindersley Limited, London, 2005), en particulier p. 204, 204–207 pour les borates (ISBN 2-603-01337-8)
  • Cordia JA, Bal EA, Mak WA et Wils ERJ (2003), Determination of some physico-chemical properties of Optibor EP. Rijswijk, The Netherlands: TNO Prins Maurits Laboratory, rapport PML 2002-C42rr, GLP, non publié, données confidentielles de Borax Europe Limited
  • Cordia JA, Bal EA, Mak WA et Wils ERJ, (2003), Determination of some physico-chemical properties of Neobor. Rijswijk, The Netherlands: TNO Prins Mau rits Laboratory, rapport PML 2002-C41rr à C43rr, GLP, non publié, données confidentielles de Borax Europe Limited
  • Jean Cueilleron, Bore, in Encyclopædia Universalis, 2001
  • Paul Pascal, Nouveau traité de chimie minérale, Paris, Masson, 1956 (réimpr. 1966), vol. 6 : Bore, aluminium, gallium, indium, thallium (notice BnF no FRBNF37229023x).
  • A. Montana, R, Crespi, G. Liborio, Minéraux et roches, éditions Fernand Nathan, Paris, 1981, 608 p., en particulier § 112 Borax (ISBN 2-09-284208-0). Traduction-adaptation par Jean-Louis Parmentier de l'ouvrage italien Minerali e rocce réalisé avec l'aide du musée de l'institut minéralogique de Milan, édition Arnaldo Mondadori, Milan, 1977.
  • Anselme Payen, Mémoire sur un nouveau borate de soude cristallisé et ses emplois dans les arts, analyse de l'acide borique cristallisé, des deux borax en cristaux et du borax anhydre, communiqué à l'académie royale des sciences le 3 décembre 1827, in Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, vol. 27, p. 82-90, Arts chimiques
  • Borax, in Jacques Christophe Valmont de Bomare (dir.), Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle : contenant l'histoire des animaux, des végétaux et des minéraux, et celle des corps célestes, des météores, & des autres principaux phénomènes de la nature ; avec l'histoire et la description des drogues simples tirées des trois règnes, t. 2, 1775, p. 12-29, éditions ultérieures, t. 2, p. 514-529 ou 687-701.
  • MM. Berthelot, Hartwig Derenbourg, F.-Camille Dreyfus (dir.), La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts par une société de savants et de gens de lettres. Société anonyme de La Grande encyclopédie, Thermopyle-Zyrmi, Paris, 1885-1902. En particulier Article Borax, t. 7, p. 370-372

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]