Bombe incendiaire

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Forces américaines larguant du napalm sur les positions Viet Cong en 1965.
L'USS Alabama (BB-8) touché par une bombe incendiaire au phosphore, septembre 1921, lors d'un test militaire
Bombe incendiaire allemande d'un kg utilisée durant la Seconde Guerre mondiale construit en 1936.

Une bombe incendiaire est une bombe destinée à provoquer un incendie.

Les bombes incendiaires sont utilisées comme armes de guerre. Une utilisation massive permet de provoquer un Feuersturm, un embrasement généralisé de l'air détruisant de larges surfaces, comme lors des bombardements stratégiques alliés de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et au Japon. Elles peuvent être employées pour nettoyer une zone, par exemple à des fins de déforestation du camp ennemi, comme ce fut le cas au Viêt Nam lors de l'intervention des États-Unis. Ce type d'arme est généralement fabriqué à base de napalm, thermite, trifluorure de chlore, ou de phosphore blanc.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les bombes incendiaires ont été utilisées en bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale. Au Royaume-Uni, le Petroleum Warfare Department développe une large gamme d'armes incendiaire tel la fougasse incendiaire.

La grande enveloppe de la bombe incendiaire pour avion était remplie de petits incendiaires et destinée à s'ouvrir en altitude, de manière à disperser les incendiaires pour couvrir une large zone. Une charge explosive initiait ensuite le matériau inflammable, créant souvent un feu de grande ampleur. Le feu ainsi créé brûlait à des températures extrêmement élevées, qui pouvaient détruire la plupart des bâtiments faits de bois ou d'autres matériaux combustibles (les bâtiments faits de pierre résistent généralement à une destruction incendiaire sauf s'ils sont d'abord « ouverts » par des explosifs). Au départ, les bombes incendiaires furent créées dans le but de détruire les nombreuses industries militaires localisées de manière disparate (souvent intentionnellement) à proximité des villes, dans le but d'éviter leur destruction par des bombardements traditionnels. Néanmoins, les destructions civiles causées par ce type d'armes leur apportèrent rapidement une réputation terrifiante (exemple : le Terrorflieger allemand) auprès des populations visées, et plus d'un bombardier abattu a vu son équipage abattu dès la capture de celui-ci par des civils en colère. Le bombardement de Dresde, lors de la Seconde Guerre mondiale, et à un degré moindre le bombardement de Hambourg en 1943 et le bombardement de Tōkyō, restent aujourd'hui encore controversés (bien que dans le cas du dernier, la décentralisation voulue des sous-traitants de l'industrie militaire ait été dévastatrice).

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les bombes incendiaires modernes contiennent généralement de la thermite, faite d'aluminium et d'oxyde ferrique. La formule la plus efficace est 25 % d'aluminium et 75 % d'oxyde ferrique. Ce mélange nécessite une température très élevée pour s'enflammer, mais une fois allumé, il peut brûler l'acier solide. Durant la Seconde Guerre mondiale, de tels engins étaient employés dans des grenades incendiaires pour incendier au travers d'importants blindages de protection, ou en tant qu'appareils de soudage rapides pour détruire l'artillerie et d'autres armes au mécanisme complexe.

Bombes au phosphore blanc[modifier | modifier le code]

Les bombes au phosphore blanc sont essentiellement des engins incendiaires, et peuvent être utilisés dans un rôle offensif contre des concentrations de troupes. Elles sont également utilisées pour la signalisation, le marquage des cibles et pour créer des écrans de fumée. L'US Army et les Marines ont utilisé le phosphore blanc lors de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée dans les trois buts précédents, utilisant fréquemment des obus au phosphore blanc dans des mortiers chimiques de 4,2 pouces. Le phosphore blanc fut largement crédité par les Alliés d'avoir empêché de nombreuses attaques de l'infanterie allemande et d'avoir créé de gros dégâts dans les troupes ennemies lors de la dernière partie de la Seconde Guerre mondiale. L'impact psychologique du phosphore blanc sur l'ennemi a été noté par de nombreux chefs de troupes, et les tireurs de tels mortiers furent parfois exécutés de façon sommaire par les Allemands, en représailles. Dans la Seconde Guerre mondiale tout comme dans la guerre de Corée, le phosphore blanc fut particulièrement utile pour dévaster les vagues d'assaut des fantassins.

Les bombes au phosphore blanc sont interdites par le Protocole III sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires de la Convention sur certaines armes classiques, qui interdit l'utilisation des armes incendiaires contre des civils ou contre des cibles militaires situées à l'intérieur de concentrations civiles. Il ne couvre donc pas les bombes au phosphore blanc lorsqu'elle sont utilisées pour éclairer un champ de bataille ou à des fins de fumigation ou de signalisation[1].

Les États-Unis ont reconnu avoir utilisé des bombes au phosphore blanc comme arme incendiaire contre des insurgés lors de la deuxième bataille de Falloujah en novembre 2004 mais ont réfuté avoir touché des civils avec ces dernières malgré les constatations d'ONG[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cédric Poitevin, L’utilisation de bombes au phosphore blanc par l’armée américaine en Irak, Note d'analyse du GRIP, .
  2. http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2005/11/15/AR2005111501690.html