Bolívar Echeverría

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Bolívar Vinicio Echeverría Andrade, né à Riobamba (Équateur) le et mort à Mexico (Mexique) le , est un philosophe marxiste latino-américain d'origine équatorienne et de nationalité mexicaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

En Équateur, où il passe les vingt premières années de sa vie, Bolívar étudie la philosophie et s'intéresse à la pensée existentialiste de Miguel de Unamuno. Il découvre également Jean-Paul Sartre et Martin Heidegger qui vont marquer durablement sa réflexion philosophique[1].

En 1961, il reçoit une bourse pour pouvoir étudier en Allemagne, choix avant tout motivé par son intention d'assister aux cours donnés par Heidegger[2]. Le jeune équatorien poursuit ses études de philosophie à l'Université libre de Berlin dans un contexte politique agité : le mouvement étudiant allemand forge une conscience politique mêlant théorie et pratique, à l'image des jeunes de la SDS comme Rudi Dutschke et Hans-Jürgen Krahl à la fois militants, agitateurs, orateurs et théoriciens marxistes[2]. Bolívar se familiarise avec la pensée de Karl Marx et découvre la longue tradition du marxisme anti-dogmatique critique de Rosa Luxembourg, Georg Lukács, Ernst Bloch, Karl Korsch, Henri Lefebvre et l'école de Francfort.

En 1968, il s'installe au Mexique où il termine sa licence de philosophie (1974) à la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM). Dans la même université, il réalise un master en économie (1991) puis un doctorat en philosophie (1995).

Il fut professeur émérite de la faculté de Philosophie et de Lettres de la UNAM où il enseigna jusqu'à sa mort. Ses cours de 2012 proposaient, entre autres, une comparaison des esthétiques de Benjamin et Adorno. À partir de 1972, il fait partit du séminaire de lecture du Capital de Karl Marx organisé dans la Faculté d'Économie de la UNAM qui fut fondé en 1970 par l'exilé espagnol Ramón Ramírez. Le séminaire devint rapidement un haut lieu de débat et dialogue critique qui réunit les figures intellectuelles marxistes les plus importantes comme Adolfo Sánchez Vázquez.

Selon Stefan Gandler, Adolfo Sánchez Vázquez et Bolívar Echeverría (professeurs de la Universidad Nacional Autónoma de México) sont deux des philosophes contemporains les plus intéressants et importants au niveau mondial[3]. Le philosophe équatorien a développé des concepts clés de la théorie marxiste en les repensant à partir de l'histoire de l'Amérique latine : les catégories de baroque, de « blanchité » et de métissage sont articulées à son analyse de la civilisation capitaliste[4]. Il propose un développement inédit du concept de valeur d'usage et introduit la classification des quatre ethos de la modernité capitaliste (réaliste, romantique, classique et baroque). L'ethos est l'attitude qui rend vivable le monde, cette "modernité réellement existante" pour reprendre une de ses formules. Bolívar Echeverría apporte également un prolongement à l’étude de Max Weber sur les rapports entre éthique protestante et esprit du capitalisme en proposant l'idée de modernité alternative contre réformiste qu'il relie au projet des Jésuites dans l'Amérique latine coloniale[5].

En 2006, il reçoit le prix Libertador Simón Bolívar al Pensamiento Crítico organisé par le Ministerio del Poder Popular para la Cultura du Venezuela pour son livre Vuelta de siglo[6].


Publications[modifier | modifier le code]

  • El discurso crítico de Marx, México: Era, 1986.
  • Circulación capitalista y reproducción de la riqueza social. Apunte crítico sobre los esquemas de K. Marx, México: UNAM / Quito: Nariz del diablo, 1994.
  • Definición de la cultura, México: Itaca / UNAM, 2001.
  • Las ilusiones de la modernidad, México: UNAM / El equilibrista, 1995.
  • Valor de uso y utopía, México: Siglo XXI, 1998.
  • (comp.), Modernidad, mestizaje cultural y ethos barroco, México: UNAM / El Equilibrista, 1994.
  • Conversaciones sobre lo barroco, México: UNAM, 1993.
  • La modernidad de lo barroco, México: Era, 1998.
  • (comp.), La mirada del ángel. Sobre el concepto de la historia de Walter Benjamin, México: Era, 2005.
  • Vuelta de siglo, México: Era, 2006.
  • Modernidad y blanquitud, México: Era, 2010.
  • El materialismo de Marx : discurso crítico y revolución, México: Itaca, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

Un blog destiné à diffuser les travaux d’intellectuels critiques latino-américains : Ici est là-bas

Article sur Bolívar Echeverría: Stefan Gandler, “Reification versus ethos moderne. Conscience quotidienne en Georg Lukács et Bolívar Echeverría.” Dans: Actuel Marx en Ligne, Paris, novembre 2003, num. 26.

Entretien sur Bolívar Echeverría: “Bolívar Echeverría pour les débutants: entretien avec Stefan Gandler.” Entretien réalisé par Mario Rodas. Dans: Semillasdelsur. Théorie et discours critique en Amérique latine, Paris, 24 novembre 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Filosofía y discurso crítico" dans El materialismo de Marx : discurso crítico y revolución de Bolívar Echeverría. Retranscription d'une conférence donnée le 13 avril 2010 au cours du cycle Cara a cara. Charlas con los eméritos de la Faculté de Philosophie de Lettres de la UNAM.
  2. a et b (es) Andrés Barreda, Antología Bolívar Echeverría, Crítica de la modernidad capitalista, La Paz, Bolivie, Vice-présidence de l'Etat plurinational de Bolivie, , 802 p. (lire en ligne), "En torno a la raíces del pensamiento crítico de Bolívar Echeverría"
  3. Stefan Gandler, Marxismo crítico en México, Adolfo Sánchez Vázquez y Bolívar Echeverría. México, D.F.: Fondo de Cultura Económica, avril 2007, 624 pp. (ISBN 978-968-16-8404-4). En anglais: Stefan Gandler, Critical Marxism in Mexico: Adolfo Sánchez Vázquez and Bolívar Echeverría, Leiden/Boston, Brill Academic Press, 2015. 467 pages. (ISBN 978-90-04-22428-5).(Historical Materialism Book Series, (ISSN 1570-1522); vol. 87.)
  4. https://fr.scribd.com/doc/22551904/Bolivar-Echeverria-El-Ethos-Barroco
  5. La modernidad de lo barroco, México: Era, 1998.
  6. « Cadena Global », sur cadenaglobal.com.ar (consulté le 18 juin 2016)