Bof génération

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L'expression Bof génération résulte d'une analyse sociologique[réf. nécessaire] désignant en France la génération des personnes nées à la fin des années 1950 et arrivées à l'âge adulte à la fin des années 1970, soit après les événements de mai 1968 à la fin des Trente Glorieuses. L'expression est apparue dans un article du Nouvel Observateur en 1978. La Bof génération est considérée alternativement comme perdurant de nos jours ou comme s'étant progressivement éteinte au cours des années 2000.

Définition du concept[modifier | modifier le code]

L'expression « Bof génération » apparaît pour la première fois dans un article de Josette Alia, intitulé la « bof » génération, publié dans le Nouvel Observateur[1]. Il s'agit d'une enquête sur les aspirations des jeunes, dirigée par Josette Alia en partenariat avec la Sofres, qui met en évidence la dépolitisation de la jeunesse[2]. L'interjection « bof » provient, selon certaines sources, du film Bof… Anatomie d'un livreur sorti en 1971 et faisant l'éloge de la paresse comme droit[3].

Partant de là, la Bof génération désigne collectivement un groupe social, composé d'individus plutôt jeunes, qualifiés par les institutions en place de « désabusés, incapables de trouver la passion dans un monde sans émotion, [...] peu engagés en politique »[4],[5]. La définition de ce groupe social se fait à la fois en opposition avec la « Génération 1968 » qui a exprimé des rêves de société idéalisée lors du mouvement contestataire de Mai 68, mais aussi par écho avec le mouvement de la Beat Generation, dont l'œuvre fait souvent référence à un certain désenchantement du monde. Il s'agit du pan français de la Génération X[6], quoique son étendue semble déborder sur les générations ultérieures, notamment sur la Génération Y.

La Bof génération souffre de ces comparaisons, sans pour autant n'avoir aucune dimension contestataire. Il s'agit du temps du punk rock et de son slogan, « No Future »[7].

Postérité de l'expression[modifier | modifier le code]

De cette génération résignée, il semble que l'on fasse toujours état en 2010. Néanmoins, certains voient dans la période actuelle une certaine évolution, estimant sortir dans les années 2000 de la Bof génération pour passer soit à une « LOL génération », où le domaine d'expression de la critique de la société passe de la rue à l'internet, soit à une « Beauf génération », la version autosatisfaite de la Bof génération[4],[8].

On constate ainsi en creux que la Bof génération perdure, selon ses partisans, depuis plus de deux décennies, dans un contexte de crise perpétuelle et de pessimisme résigné.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Josette Alia, Marie Müller et Alain Chouffan, « La « bof » génération », Le Nouvel Observateur, no 727,‎ , p. 18
  2. Sébastien Schifres, « Le Mouvement autonome en Italie et en France (1973-1984) », sur sebastien.schifres.free.fr, Mémoire de Master II non publié, (consulté le 7 novembre 2013)
  3. Pierre Mayol, Les enfants de la liberté, L'Harmattan, , 286 p. (lire en ligne), p. 44
  4. a et b Monique Dagnaud, « De la BOF génération à la LOL génération », sur www.slate.fr, Slate, (consulté le 7 novembre 2013)
  5. Cette définition reprend en partie les paroles de la chanson Bof Génération de Renaud Hantson, sur l'album Des Plaies et des Bosses, sorti en 1994.
  6. Nicolas Farelly, « Le divertissement et l’ennui — La culture de l’amusement et ses conséquences », sur www.cemfrance.org, Culture Environnement Médias (consulté le 7 novembre 2013)
  7. [PDF] François Reynaert, « Souvenirs de la bof génération », Le Nouvel Observateur,‎ , p. 18 (lire en ligne)
  8. Vicky Chahine, « 15-24 ans : l'anti-"bof génération" », Madame Figaro,‎ (lire en ligne)