Boïko Borissov

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Boïko Borissov
Бойко Борисов
Boïko Borissov en 2016.
Boïko Borissov en 2016.
Fonctions
Premier ministre de Bulgarie
En fonction depuis le
(3 mois et 19 jours)
Président Roumen Radev
Gouvernement Borissov III
Législature 44e
Coalition GERB-OP
Prédécesseur Ognyan Guerdjikov

(2 ans, 2 mois et 20 jours)
Président Rossen Plevneliev
Roumen Radev
Gouvernement Borissov II
Législature 43e
Coalition GERB-RB-ABV (2014-16)
GERB-RB (2016-17)
Prédécesseur Gueorgui Bliznachki
Successeur Ognyan Guerdjikov

(3 ans, 7 mois et 14 jours)
Président Gueorgui Parvanov
Rossen Plevneliev
Gouvernement Borissov I
Législature 41e
Coalition GERB
Prédécesseur Sergueï Stanichev
Successeur Marin Raïkov
Président des Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie
En fonction depuis le
(7 ans, 7 mois et 13 jours)
Prédécesseur Tsvetan Tsvetanov
Maire de Sofia

(3 ans, 9 mois et 19 jours)
Prédécesseur Stefan Sofiyanski
Minko Guerdjikov (intérim)
Successeur Jordanka Fandakova
Minko Guerdjikov (intérim)
Biographie
Nom de naissance Boïko Metodiev Borissov
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Bankya (Bulgarie)
Nationalité Bulgare
Parti politique NDSV
GERB
Profession Policier
Pompier
Karatéka
Garde du corps

Signature de Boïko Borissov  Бойко Борисов

Boïko Borissov
Premiers ministres de Bulgarie

Boïko Metodiev Borissov (en bulgare, Бойко Методиев Борисов), né le à Bankya, est un homme d'État bulgare. Fondateur du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), il est Premier ministre de 2009 à 2013, de 2014 à 2017 et depuis 2017.

Entraîneur de l'équipe nationale de karaté, puis garde du corps de Todor Jivkov, du temps de la Bulgarie communiste, il fonde, en 1990, une société de sécurité privée. Onze ans plus tard, il devient secrétaire général de la Police nationale.

Élu député puis maire de Sofia, sous les couleurs du Mouvement national Siméon II (NDSV), il fonde les GERB l'année suivante. Il mène ce parti à la victoire aux élections législatives de 2009 et forme un gouvernement minoritaire grâce aux populistes et aux nationalistes. Ayant renoncé à se présenter à l'élection présidentielle de 2011, il présente sa démission en février 2013, après d'importantes manifestations contre la vie chère.

En novembre 2014, il revient au pouvoir dans le cadre d'une coalition gouvernementale centriste, puis quitte ses fonctions en janvier 2017, à la suite de l'élection à la présidence de la République de Roumen Radev, soutenu par le Parti socialiste.

Il retrouve la tête du gouvernement pour un troisième mandat après la victoire du centre droit aux élections législatives de mars 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière de policier[modifier | modifier le code]

Il entre à l’école de la police secrète bulgare, et devient colonel de pompiers[1].

Féru de karaté depuis 1980, ce qui l'amène à faire la rencontre d'Alexeï Petrov, il a été, pendant un temps, entraîneur de l'équipe nationale bulgare de karaté[1]

Il est aussi garde du corps du président de la République populaire de Bulgarie, Todor Jivkov[2].

Après avoir quitté le ministère de l'Intérieur en 1990, au sein duquel il avait occupé divers emplois, il fonde une société privée de sécurité, et compte parmi ses clients Todor Jivkov et Siméon II[1].

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Après l'arrivée au pouvoir de Simeon Sakskoburggotski en 2001, Boïko Borissov devient secrétaire général de la police[1]. Selon le journaliste allemand Jürgen Roth, il est en partie responsable de la guerre des clans mafieux qui ensanglante Sofia à cette période ; il devient général[1].

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Il est petit-fils du maire de Bankya, qui fut exécuté par les communistes en 1944 pour avoir collaboré avec le Troisième Reich[1]. De confession orthodoxe, il a été marié avec Stela Borisova, et partage désormais sa vie avec Tsvetelina Borislavova.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Dès les débuts : maire de Sofia[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du , il se présente dans deux circonscriptions différentes, sous les couleurs du Mouvement national Siméon II et est élu. Cependant, il décide de ne pas siéger au Parlement afin de conserver ses fonctions au ministère de l'Intérieur. Il en est cependant relevé le 19 septembre suivant.

Il se présente en octobre 2005 à la mairie de Sofia. Il y remporte l'élection municipale et succède à Minko Guerdjikov, maire par intérim à la suite de la démission de Stefan Sofiyanski, qui avait décidé de se consacrer exclusivement à sa fonction de parlementaire.

Fondateur du GERB[modifier | modifier le code]

Le , il fonde les Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), parti de centre droit dont il confie la présidence à Tsvetan Tsvetanov, ancien adjoint au maire de Sofia, mais en demeure en réalité le vrai dirigeant. Lors des élections européennes spéciales du 20 mai 2007, la liste des GERB arrive légèrement devant celle de la Coalition pour la Bulgarie (KZB), soutenue par le Premier ministre socialiste Sergueï Stanichev.

Élections législatives de 2009[modifier | modifier le code]

Son parti s'impose de nouveau aux européennes du , avant de remporter 116 sièges sur les 240 de l'Assemblée nationale lors des élections législatives du 5 juillet.

Premier mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Borissov I.

Le , Boïko Borisov a été désigné comme nouveau Premier ministre par le président de la République, Gueorgui Parvanov. Il prend ses fonctions le , à la tête d'un gouvernement minoritaire soutenu par l'Union nationale Attaque[3], la Coalition bleue (ZS)[4] et le parti Ordre, loi et justice (RZS)[5].

Lors du congrès des GERB organisé le 10 janvier suivant, il est élu à l'unanimité président du parti[6]. Seulement neuf jours plus tard, il doit faire face au retrait de la candidate bulgare pour la nouvelle Commission européenne, Roumiana Jeleva[7], qui démissionne également de son poste de ministre des Affaires étrangères[8], six mois à peine après son entrée en fonctions.

En , il a perdu le soutien des dix députés de RZS, qui s'opposait à la procédure de destitution lancée, finalement sans succès, contre le président Gueorgui Parvanov par les GERB, les nationalistes de l'Union nationale Attaque et la Coalition bleue[9]. Cette dernière finit également par prendre ses distances avec lui dans la seconde moitié de la même année[10],[11].

Il renonce, en , à se porter candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2011[12]. Le mois suivant, il échappe à une motion de censure, déposée par l'opposition de centre gauche, grâce à l'abstention de l'Union nationale Attaque et la Coalition bleue[13].

Le 11 juillet, le président d’Ataka, Volen Nikolov Siderov, annonce qu'il retire à son tour son soutien au gouvernement[14], un jour après qu'un député indépendant, ancien membre de RZS, ait fait savoir que lui et quinze autres parlementaires sans parti s'apprêtaient à fonder une nouvelle formation appuyant l'action du parti au pouvoir[15]. À la suite de la victoire de Rossen Plevneliev, candidat des GERB à l'élection présidentielle d'octobre 2011, il fait savoir que, contrairement à ce qu'il avait annoncé, il n'a pas l'intention d'être candidat lors du scrutin de 2016[16], mais qu'il compte être candidat à un second mandat lors des prochaines élections législatives, prévues en 2013[17].

Démission[modifier | modifier le code]

Le , alors que l'Assemblée nationale doit se prononcer sur le remplacement du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Siméon Djankov, Borissov annonce la démission de son gouvernement, à la suite d'importantes manifestations dans les grandes villes du pays contre la hausse des prix de l'électricité, alors qu'il avait déclaré la veille qu'une démission aurait des « conséquences catastrophiques »[18]. Un vote est prévu, le lendemain, au Parlement pour confirmer la fin des fonctions du gouvernement, qui continuera cependant d'expédier les affaires courantes jusqu'à son remplacement[19]. Un gouvernement intérimaire, dont il ne sera pas membre, devrait alors être nommé, afin de conduire le pays jusqu'aux élections législatives de l'été[20], même si le scrutin pourrait être avancé de quelques mois[21].

À peine quelques heures plus tard, la vice-présidente du groupe GERB à l'Assemblée, puis le socialiste Sergueï Stanichev, font savoir que leurs groupes parlementaires respectifs refuseront le mandat de formation du gouvernement que le chef de l'État sera amené à leur confier[22],[23]. Il ne participe pas au débat parlementaire qui se tient le lendemain à l'Assemblée, de même que Djankov, sur la démission de son équipe[24]. L'Assemblée valide finalement cette décision, par 209 voix contre 5[25].

Il est remplacé, le 13 mars, par l'ambassadeur de Bulgarie en France, Marin Raïkov.

Élections législatives de 2013[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du 12 mai suivant, Borissov est de nouveau chef de file des GERB. Le parti arrive en tête avec 97 députés, soit vingt de moins qu'en 2009, devant la Coalition pour la Bulgarie (KZB) de Sergueï Stanichev et Plamen Orecharski, le Mouvement des droits et des libertés (DPS) de Lütfi Mestan et l'Union nationale Attaque (Ataka) de Volen Nikolov Siderov. Cependant, ces trois formations annoncent qu'elles refusent de soutenir un nouveau gouvernement des GERB.

Élections législatives de 2014[modifier | modifier le code]

Finalement, de nouvelles élections législatives sont convoquées pour le . Les GERB arrivent une nouvelle fois en tête, avec une majorité relative de 84 députés et étant la seule force politique à engranger plus d'un million de voix. Afin d'accéder de nouveau au pouvoir, Boïko Borissov s'associe avec les libéraux du Bloc réformateur (RB) et les sociaux-libéraux de l'Alternative pour la renaissance bulgare (ABV) et forme avec ses deux formations un gouvernement de coalition. Les nationalistes du Front patriotique (NF) et les populistes de la Bulgarie sans censure (BBT) lui apportent également un soutien sans participation.

Deuxième mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Borissov II.

Sa désignation au poste de Premier ministre est approuvée le 7 novembre suivant, par 149 voix contre 85, le Parti socialiste bulgare, le Mouvement des droits et des libertés et l'Union nationale Attaque s'y opposant[26]. Quelques minutes plus tard, son gouvernement de vingt membres, dont quatre vice-Premiers ministres, est validé avec une majorité moindre de 136 suffrages favorables contre 97[27].

Il perd en l'appui de dix députés du Bloc réformateur, six des Démocrates pour une Bulgarie forte (DSB)[28] et quatre sans étiquette[29]. Environ six mois plus tard, le , l'ABV fait savoir qu'elle se retire du gouvernement afin d'exprimer ses désaccords sur les objectifs politiques poursuivis[30]. Le lendemain, le vice-président des GERB Tsvetan Tsvetanov indique que Borissov ne songe pas à déclencher des élections anticipées, quand bien même elles lui seraient à priori très favorables[31].

Démission[modifier | modifier le code]

Après que les GERB ont perdu l'élection présidentielle du face au candidat du Parti socialiste, Borissov remet sa démission qui est acceptée trois jours plus tard par 218 voix pour, aucune contre et aucune abstention à l'Assemblée nationale[32]. Il est remplacé le par l'indépendant Ognyan Guerdjikov.

Élections législatives de 2017[modifier | modifier le code]

À la suite de l'élection du socialiste Roumen Radev à la présidence de la République le 13 novembre 2016 et la démission de Borissov, des élections législatives anticipées sont convoquées le 26 mars 2017. Son parti arrive en tête du scrutin[33].

Troisième mandat de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Le , après avoir formé une coalition, il est chargé de former un gouvernement[34].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Benoît Hopquin, « Un Bulgare de choc », Le Monde, 1er juillet 2009, p. 19
  2. Piotr Smolar, Jeu de rôle à la bulgare, Le Monde, 25 février 2011
  3. (en) « Bulgaria Nationalists "Ataka" Officially Back Borisov's GERB Cabinet », Sofia News Agency, le
  4. (en) « Bulgaria Blue Coalition Leader Vows All-out Support for Borisov Cabinet », Sofia News Agency, le
  5. (en) « Bulgaria Conservatives Back GERB Govt Unconditionally for 6 Months », Sofia News Agency, le
  6. (en) « Bulgaria's ruling party GERB confirms PM Borissov as leader », The Sofia Echo, le
  7. (en) « Bulgaria Nominee Jeleva Withdraws Under Pressure, Quits as FM », Sofia News Agency, le
  8. (en) « Bulgaria Foreign Minister Jeleva 'Insisted' on Resignation », Sofia News Agency, le
  9. « Bulgarie : le GERB échoue à obtenir la destitution du Président Parvanov », Le Courrier des Balkans,
  10. (en) « Bulgarian Rightists: 5 Ministers Have to Go », Sofia News Agency, le
  11. (en) « Bulgaria's Blue Rightists Slam Govt over Surveillance », Sofia News Agency, le
  12. (en) « Bulgarian PM: It's Normal That I Don't Run for President », Sofia News Agency, le
  13. (en) « Bulgarian Govt Expectedly Survives No Confidence Vote », Sofia News Agency, le
  14. (es) « Bulgarian Nationalists Withdraw Support for Ruling GERB », Sofia News Agency, le
  15. (en) « 16 Independent Bulgarian MPs Mull Founding New Party », Sofia News Agency, le
  16. (en) « Bulgaria PM Borisov: I Won't Run for President in 5 Years », Sofia News Agency, le
  17. (en) « Bulgaria’s PM Eyes 2nd Term in Office », Sofia News Agency, le
  18. « Le premier ministre, Boïko Borissov, présente sa démission », Le Monde, 21 février 2013
  19. (en) « Bulgarian Parliament to Vote on Cabinet Resignation Thursday », Sofia News Agency, le
  20. « Démission du gouvernement bulgare après plusieurs jours de manifestations », Le Monde, le
  21. « Bulgarie: le gouvernement démissionne sous la pression de la rue », Agence France-Presse, le
  22. (en) « Bulgaria Deputy PM: GERB Will Score Crushing Victory at Elections », Sofia News Agency, le
  23. (en) « Bulgarian Socialists Snub Forming Caretaker Govt », Sofia News Agency, le
  24. (en) « Bulgarian PM, FinMin Absent from Resignation Debate », Sofia News Agency, le
  25. (en) « Bulgarian Parliament Accepts Govt Resignation », Sofia News Agency, le
  26. (en) « Boyko Borisov Approved by Lawmakers as Bulgaria PM », Sofia News Agency, le
  27. (en) « Bulgarian MPs Approve New Cabinet, Ministers Sworn In », Sofia News Agency, le
  28. (en) « Key Reformist Bloc Party Withdraws Support for Bulgaria's Govt », Sofia News Agency, le
  29. (en) « Changes in Bulgarian political scene as Parliament opens for first sitting of 2016 », The Sofia Globe, le
  30. (en) « Bulgaria's ABV Party to Withdraw Support for Govt », Sofia News Agency, le
  31. (en) « Bulgaria's Main Ruling Party Downplays Early Vote after Coalition Ally Quits », Sofia News Agency, le
  32. (en) « Bulgarian MPs Accept PM Borisov's Resignation », Sofia News Agency, le
  33. « Bulgarie. Le retour de Boïko Borissov », sur Courrier international (consulté le 28 mars 2017)
  34. « http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL8N1HZ4QQ » (consulté le 1er mai 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]