Blond (Haute-Vienne)

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Blond
Blond (Haute-Vienne)
L'église fortifiée du XIIe siècle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Bellac
Canton Bellac
Intercommunalité Communauté de communes Haut-Limousin en Marche
Maire
Mandat
Jean-François Perrin
2014-2020
Code postal 87300
Code commune 87018
Démographie
Gentilé Blonneaux
Population
municipale
693 hab. (2015 en diminution de 7,23 % par rapport à 2010)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 02′ 44″ nord, 1° 01′ 09″ est
Altitude Min. 194 m
Max. 514 m
Superficie 64,69 km2
Localisation

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Blond (Blom en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation et accès[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Blond en Haute-Vienne.

La commune se situe à 10 kilomètres au sud de Bellac, chef-lieu du canton. Elle s'étend sur 64,69 km2.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Le bourg est le carrefour de plusieurs routes départementales :

  • au nord à 10,3 km de Bellac par la départementale 3,
  • au nord-est à 8,4 km de Berneuil par la départementale 83,
  • au sud-est à 7,1 km de Vaulry par la départementale 5,
  • au sud à 7,5 km de Cieux par la départementale 3,
  • à l'ouest à 5,5 km de Mortemart par la départementale 5,
  • au nord-ouest à 12 km de Mézières-sur-Issoire par la départementale 95.
Communes limitrophes de Blond[1]
Val d'Issoire Bellac
Nouic,
Mortemart
Blond Berneuil
Montrol-Sénard Cieux Vaulry

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le bourg de Blond se situe au pied du versant nord des monts de Blond, à l'extrémité d'une faille entre le plateau de Limoges et les étendues de la Basse-Marche, transition entre les terres froides du Limousin et celles plus chaudes de la Charente limousine[2].

Les monts de Blond sont les premiers contreforts granitiques du Massif Central. C'est un petit territoire du département de la Haute-Vienne, de 15 kilomètres d'est en ouest et de 6 km du nord au sud. Le massif culmine à 514 mètres en deux points sur la commune de Blond :

  • aux Marcoux, entre les villages du Charlet et de la Betoulle,
  • aux Chapus, près du village de Bachellerie.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La rivière Issoire prend sa source sur le territoire de la commune, dans les monts de Blond au col de la Séchère (coordonnées 46° 01′ 46″ N, 1° 01′ 09″ E), pour se jeter 45,7 km plus loin dans la rivière la Vienne, en Charente.

Les autres rivières :  La Glayeule, Le Vincou.

Les ruisseaux : L’Oscut, le Monsat, le ruisseau de Pranaud, le ruisseau du Moulin Neuf, le ruisseau du Fraisse, le ruisseau de Lagerie, le ruisseau de la Beige, le ruisseau des Mas, le ruisseau de Bouche Sèche, le ruisseau de l’étang de Richemont, le ruisseau de l’étang de Mery, le ruisseau de Mery, le ruisseau de Monsac.

Lieux-dits[modifier | modifier le code]

La commune de Blond comprend 83 villages[3] : l'Age, l'Aumône, Bachellerie, la Basse-Pradelle, Beaufort, Bedoireix, les Beiges, Beireix, Belleix, Bellevue, Berisseix, la Betoulle, Blond-Berneuil, Bois-Mort, Bonnesset, les Bordes, le Breuil, le Buisson, le Charlet, Château-Bâtard, le Châtenet, le Cirier, le Cluzeau, les Combes, Courcelas, la Couture-les-Astiers, la Couture-Renon, Couty, les Daires, Doumeix, Doumezy, Drouilles, Echerat, Éparou, Etang-de-Villerajouse, la Feyre, Fontclair, Gare-Blond-Berneuil, les Goutilles, le Grand-Belleix, le Grand-Echerat, Grateyrolles, Gravelat, le Grisonnaud, la Haute-Pradelle, Imbort, Intras, Jouhe, Ladégaillerie, Lagerie, Lavergne, Lavérine, Libarderie, Maillofray, le Mas-du-Bost, Méry, les Monts, Moulin-de-la-Pradelle, Nollet, la Paloterie, Passage-à-Niveau-d'Intras, le Pérou, le Petit-Belleix, le Petit-Echerat, le Pic, Pioffret, la Plaine, la Pradelle, Pranaud, Pré-Lavergne, le Puy-de-Méry, Puygrenier, les Ramades, Richemont, Rousseix, la Rouze, Rulières, le Savary, Soulailloux, le Theil, Thoveyrat, le Vériaud, Villerajouze.

Elle comprend également quelques habitations isolées qui ne sont pas considérées comme des villages.

En 1564, le lieu-dit Vacqueur a été démembré de Blond[4], la chapelle de ce village a été déclarée cure sous le vocable de Sainte-Catherine. La paroisse de Vacqueur a été érigée en commune en 1790, puis rattachée à celle de Bellac par décision du Directoire du district du 9 pluviôse an II, confirmée par une ordonnance royale du 4 novembre 1829.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette commune s'est écrit de différentes manières[4],[5] :

  • au VIIe siècle : on trouve sur les monnaies Blatomago et Blatomo ;
  • en 1177 : Blahonium, en latin, où le h a remplacé le t ;
  • en 1233 : Blaonium, en latin ;
  • au XVe siècle : Blonium, en latin, Blon et Blason ;
  • entre le XVIe et la Révolution : Blom.

Le bourg de Blond est connu par les productions de son atelier monétaire mérovingien. Les inscriptions sur les monnaies retrouvées, datant de la fin du VIIe siècle, attestent du nom de Blatomago, du gaulois blato pour "blé" et mago signifiant "champs" puis "marché", soit le marché au blé.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Préhistoire[modifier | modifier le code]

De nombreux flux migratoires sont attestés au néolithique par des dolmens et menhirs que l’on retrouve dans le paysage de la région. Plus généralement, la région fut traversée par les celtes de Hallstatt se rendant en Espagne, les Ligures, les Ibères, les Aquitains, les Celtes de la Tène.

Les monts de Blond sont parfois appelés «cœur préhistorique du Limousin », parce qu’on y rencontre silex, pierres taillées, dolmens et menhirs, vestiges de l'époque magdalénienne, soit plus de 10 000 ans avant notre ère. Vingt-deux stations préhistoriques[2] sont connues sur le territoire de la commune de Blond. Le matériel livré par ces stations est constitué par quelques objets du paléolithique moyen : six bifaces, disque, grattoir, pointes. Ces pièces ont été mises au jour près des cours d'eau se dirigeant vers des régions riches au paléolithique. Les microlithes sont nombreux et abondent dans les stations de la région, ressortissant au néolithique ou au chalcolithique, dont il est difficile de les séparer.

À la fin du néolithique, entre 2500 et 1500 ans avant notre ère, apparaissent les dolmens et menhirs, essentiellement en Bretagne et dans le Massif Central. Il a été recensé 53 dolmens en Haute-Vienne en 1907[6]. Mais depuis plusieurs ont été détruits, il n'en existerait plus qu'une quarantaine, dont une douzaine dans les monts de Blond et plus précisément quatre sur la commune de Blond. On y trouve également deux petits menhirs (confère infra).

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Lémovices[modifier | modifier le code]

Le Limousin doit son nom à la tribu gauloises des Lémovices, dont le territoire correspond sensiblement au Limousin actuel. Le pays lémovice fut conquis par les romains en 51 av. J.-C. Christianisé à partir du IIIe siècle de notre ère, le Limousin fait alors partie de l'Aquitaine.

La ville de Luppé[modifier | modifier le code]

Non loin du bourg actuel de Blond, dans le bois de la Tourette, se trouve un remblai d’écroulement d’un centre artisanal gallo-romain s’étendant sur plus de dix hectares[7],[8]. La tradition populaire nomme ce lieu la ville de Luppé. Les premières découvertes[9] dans le bois de La Tourette sont mentionnées en 1821. En 1912, une meule massive pour le concassage du minerai a été retrouvée, et en 1977 il est mis en évidence une extraction de l’étain. Les analyses réalisées par les géologues attestent la présence de filons de cassitérite (étain) et de mispickel (souvent associé à l’or). Les premiers travaux de relevés ont lieu en 1985 et montrent une très vaste exploitation minière sur environ 80 hectares. L’occupation humaine, reconnue sur une dizaine d’hectares, est repérée dans la partie sud du bois et en bordure. L’activité minière, qui est sans doute à l’origine de l’implantation humaine, est encore perceptible sur le terrain par les nombreuses tranchées d’extraction visibles dans le bois. L’implantation antique est attestée par la découverte, dans l’ensemble du bois, de tegulae ainsi que de différents vestiges de bâtiments. Le premier se présente en un amas de moellons et de tegulae correspondant à une construction effondrée, avec des fragments de tubulures d’hypocauste et des éléments de construction en terre cuite architecturale. Pour la deuxième structure, les murs en élévation montrent un bâtiment avec un cloisonnement interne et une couverture en tegulae. Les prospections aériennes livrent peu d’observations, sinon une anomalie quadrangulaire double qui laisserait penser à un fanum.

La voie romaine[modifier | modifier le code]

Les Romains construisent un réseau de voies de communication, en suivant pour l'essentiel les anciennes routes gauloises, permettant d'unir les villes, de transporter les matériaux et desservir les villas de la campagne. Blond est proche de la liaison routière entre Augustoritum/Limoges et Lemonum/Poitiers. D’abord simple chemin de terre en pays lémovice, elle devient une chaussée épaisse en pays poitevin, constamment guidée par des lignes de partage des eaux, et dont l’usage avant la conquête romaine peut être présumé. Plusieurs tracés ont été évoqués, mais le tracé classique[10] retient :

  • un départ de Limoges,
  • Saint-Gence à proximité du bourg,
  • Cieux : par Prenlis, l'Etang de Cieux[5] puis La Brousse,
  • Blond : par Villerajouze, Puygrenier,
  • Montrol-Sénart : par Montmézery,
  • Mortemart ...

L'évangélisation[modifier | modifier le code]

C'est à partir de la fin du IIIe siècle, profitant de la paix romaine, que l'évangile a été prêché en Gaule, et notamment en limousin par Saint Martial qui créa l'évêché de Limoges. Le christianisme se répandit lentement dans les campagnes, comme à Blond où le vieux marché gaulois devint le siège d'une paroisse, qui s'étendait sur toute la montagne jusqu'aux abords de Bellac.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La paroisse[modifier | modifier le code]

Il y a eu à Blond un atelier monétaire qui semble avoir eu de l'importance à l'époque mérovingienne (VIIIe siècle), constituant un vicus commercial. C’est ainsi que le nom antique de Blond est connu comme Blatomago. La racine gauloise, -mago, confirme l’existence d’un centre de négoce. L’une des pièces de monnaie porte la mention SCI MART, c'est-à-dire Saint Martin, qui est toujours le saint patron de l’église de Blond. Martin meurt en 397 et son biographe, Sulpice-Sévère, publie aussitôt sa vie. L’ouvrage a un tel succès que le culte du saint se diffuse très vite entre le Ve et le VIIe siècle. Ainsi, on peut penser que l’ancienne paroisse de Blond a été fondée au cours de cette période.

D'après la chronique de Maleu[11] de 1316, la paroisse de Blond fait partie en 1262 (tout comme celles de Cieux, Montrollet, Montrol-Sénard, Nouic, Peyrilhac, Mortemart, Nieul, Peyrat-de-Bellac, Saint-Gence, Oradour-sur-Glane, Javerdat, Saint-Victurnien, Saint-Brice) des baylies chargées de recevoir les redevances annuelles pour le compte de l'église de Saint-Junien.

Gérald Roger[5], évêque de Limoges (sacré le 13 février 1317 et décédé à Avignon le 7 octobre 1324), unit cette cure qui dépendait de sa seule collation à l'hôpital de Mortemart le 28 mai 1323. Le pape Innocent VIII, par bulle du 19 mars 1488 (vieux style), unit à la cathédrale de Limoges ce qui restait de cette cure, c'est-à-dire le tiers des dîmes.

Les familles nobles[modifier | modifier le code]

La famille Blom[5] est connue depuis Hélie de Blom, qui fut témoin, vers 1084, dans une donation faite par Foucaud de Chabannais à l'abbaye de Saint-Maixent.

Joseph de Quesrou[5], seigneur de Beireix, mourut le 20 août 1616. Christophe de La Couture-Renon devint seigneur de Beireix.

La famille de La Couture-Renon[5] est connue dès 1105 par un traité passé entre Audebert, comte de la Marche, et le chapitre du Dorat. La dernière représentante de la branche ainée épousa, le 4 janvier 1744, Jean-Pierre d’Orfeuil. La seigneurie de la Couture-Renon a été vendue en 1762 pour 80 000 livres.

Guillaume de Lavaud était seigneur de Drouilles[5] en 1520. Madeleine de Lavaux, demoiselle de Drouilles, épousa, le 22 septembre 1591, Jean de Jouvion de l’Eychoisier. Pierre-Adrien-Étienne Cherade de Montbron, écuyer, devint seigneur de Drouilles en 1760 par son mariage avec Jeanne de Jouvion de Drouilles.

La famille de Nollet[5] demeurait au village de Nollet en 1569. Robert de Nollet, écuyer, sieur du Rousseix, servait comme homme d’armes, vers 1587, dans la compagnie de Gabriel de la Rie, seigneur de la Coste-Mézière, et, en 1594, commandait à Bellac une compagnie de cent hommes de guerre. Robert de Nollet était également sieur du Rousseix vers 1587.

Jean de Roffignac était seigneur de Richemont[5] en 1396. François de La Couture-Renon est seigneur de Richemont en 1560, et ses descendants ont gardé cette propriété jusqu’à l’extinction de la branche au XVIIIe siècle.

L'administration[modifier | modifier le code]

Blond fait partie du comté de la Marche, qui fut créé vers 955 comme une zone intermédiaire entre deux territoires. Les Marches étaient des provinces frontières chargées de défendre l'intérieur des possessions royales. Le comté de la Marche faisait transition entre les possessions des comtes du Poitou, ducs d'Aquitaine, et celles du roi de France.

Les monts de Blond renforcent alors sa position de pays de transition : le relief qui fait transition entre le plateau de Limoges et les étendues de la Basse-Marche, traduit également un pays de transition culturel, entre pays de langue d'oc et pays de patois poitevin, entre le droit coutumier et le droit écrit. Les rochers de Puychaud, gros blocs granitiques situés à quelques kilomètres de Blond vers le village de Villerajouze, symbolisent selon une récente tradition populaire, la frontière entre pays de langue d'Oc (limousin, auvergnat, gascon, languedocien, provençal, catalan, etc.) et pays de langue d'Oïl (français, normand, picard, orléanais, bourbonnais, champenois, lorrain, poitevin, etc.). En réalité, et sans se prononcer sur des limites linguistiques précises, la région située plus au nord fait partie du Croissant, autrement dit des parlers marchois, classés ordinairement dans l'occitan.

Les famines du XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Martial Micheau, curé de Blond de 1565 à 1613, a relaté en marge de son registre paroissial des baptêmes[12], différents évènements remarquables qui ont affecté les habitants de Blond au XVIe siècle. Ces évènements vont du simple fait divers aux conséquences locales de l'histoire nationale, mais plus détaillés sont les ravages des famines.

Transcription[13] : « En cette présente année (1570), il y eut un été si fâcheux de pluies qu'on ne pouvait travailler deux jours en suivant, si bien qu'on ne put donner due deux façons aux terres labourées, et souvent une seule, et qu'on semait les blés quasiment tout en labour. L'hiver fut si grand que les neiges qui commencèrent à tomber le 15 décembre demeurèrent sur la terre sans qu'on pût envoyer paître le bétail, et même les brebis, jusqu'au 23 janvier 1571. » « Le blé fut fort cher l'année d'après car, à l'époque des moissons, le seigle valait communément quatre livres, et peu après jusqu'à Noël, cent sols, et après Noël six livres. Le froment n'était guère plus cher que le seigle. De Pâques à la moisson, le blé était sans prix, car qui en avait en obtenait ce qu'il voulait, tellement que le froment se vendait communément neuf et dix livres, le seigle huit livres ; et il y aurait eu une grande famine en ce pays n'eût été qu'il vint force blé de Bretagne par Chatellerault ... Sans ce moyen, que Dieu par sa grâce a envoyé à ce pays, il n'y avait ni blé ni argent, car tout avait été détruit par les guerres (de religion). »

« En cette présente année (1572), il y eut une grande famine due à la stérilité des terres qui avait la même cause qu'en janvier 1571, que Dieu en cette nécessité nous a secourus par le moyen du blé qui venait de Chatellerault et en si grande abondance que tout ce pays, à 40 et 50 lieues alentour fut nourri. Le seigle valait communément sept et huit livres, le froment neuf et dix livres jusqu'à la fin du mois de mai où le seigle commença à revenir à cent sols, le froment demeurant à son prix parce que le froment qui venait de Chatellerault n'était pas si bon que celui du pays ... » « Les blés qui étaient alors sur les terres avaient belle apparence, ainsi que généralement tous les fruits, sauf les vignes. mais l'on ne récolta pas la moitié de ce que l'on avait estimé tant en blés qu'en châtaignes parce qu'il y en eut un tiers acheté pour la semence. » « L'été fut pluvieux, de sorte que l'on ne put ramasser les foins que, gâtés pour la plupart, et beaucoup demeurèrent à faucher. »

« En cette présente année (1573), jusqu'à la moisson, il y eut une famine universelle si grande et si cruelle que jamais homme ait vue car on ne pouvait rien trouver, si bien que le blé valait jusqu'à la Pentecôte sept livres et après 10 livres 10 sols, et le samedi 20 juin, à Bellac, seize livres le seigle et 18 livres le froment. Un grand nombre de personnes moururent de faim et beaucoup plus dans les autres paroisses vers le Poitou que par ici, car il n'en mourut pas de faim en cette paroisse guère plus d'une centaine en ces quatre mois de mars, avril, mai, juin, et il n'y avait rien que l'on pût prendre, car l'hiver fut si grand qu'il ne demeura pas un chou dans les jardins ; aussi n'y eut-il point de graisse car il n'y eut pas de gland. Dieu nous garde de voir jamais une si misérable affliction ! » « Le pot de vin se vendait ici après, à Blond, 8 sols et 8 sols 8 deniers, et le setier de seigle, après la moisson, communément quatre livres. »

Les guerres de religion[modifier | modifier le code]

Le curé Martial Micheau a également relaté les événements ayant incité ses paroissiens à fortifier leur église[4] durant les guerres de religion, qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle, où se sont opposés catholiques et protestants appelés aussi huguenots.

  • 1567 : un premier passage semant la ruine et la désolation

À la suite d'un acte de baptême du 29 octobre 1567 : « Ce mesme jour et penultlme dudlct moys de octobre l'égalez de Blom fut ruinée et du tout destructe par les heuguenaulx jusques aux grllhles des fenestres et verines, et ne vit ount jamais tant grant conmpagnle de gens d'armes qu'Il passa par ledlct bourg lesdits deus jours, et autour sepct ou huict lieues de fronnc, tellement qu'en passant ils prelgniount les lièvres entr'eulx sans chiens, et le say par gens qui en virent prendre, les ungs en dessendent de la lande à Muntlarge, et d'aultres ez landes du chaine de La Lègue, comme me dict et assura le grant Jehan de la Bourderie, paroisse de Monsteroullet, en venant de Mountmorllhlon, ensemble le 10e jour de jamvrler 1572, emprès que lui et Jehan de Brat en virent prendre deux esdlcte landes sans clens et une qui se saulva. Les ornements de l'égl!ze de Blom furent tous prlns par lesdits heugeunaulx en ung secret qui estoit chez Jehan Marchander, demeurant audlct bourg, et fut ledlct secret enseignié par Maistre Gullhleume Gravier, iceulx estants mountés à cheval pour s'en aler car ilz ne le heussent peu aultrement trouver, mesmes qu'ils couchèrent drolct dessus sans en rien congnolstre. »

Il est avéré qu'une armée forte de 2.000 soldats et commandée par le chef protestant Saint-Cyr (Tanneguy du Bouchet de Puy-Greffier dit Saint-Cyr), venant du Périgord et se dirigeant sur Orléans fin d'octobre 1567, mis le siège devant Le Dorat, après avoir réduit Saint-Junien, incendié le bourg de Lesteras et traversé Peyrat-de-Bellac.

  • 1569 : nouveau passage meurtrier

C'est certainement cette armée qui avait sévi à Blond en 1567, puis revint en 1569 parcourir le Limousin, notamment La Roche-l'Abeille et Saint-Yrieix-la-Perche : « Le 1e jour de juing 1569 l'église de Blom fut parachevée de ruiner et le cluchier bruslé par une quatre cent chevaulx qui vlndrent de Counfoulent conduictz par le page Vosnlat et le capitaine nommé Monsieur de Monbrun qui fut tué trois ou quatre jours emprès devant Chabanois. »   

Les protestants restèrent plusieurs jours dans la région : « Le 18 dudict moys fut prlns ung jument de quelque coumpagnle qui estoit lougée à Villerabjoulze et Puisgranier. D'aulcungs qui s'en estlount venuz louger « Chez la Mercière », de ladlcte coumpagnle, disent que ce estolt des larouns et alarent quérir des gentils hommes qui estiount pour lors à Pulsregnau pour icelle (Jument) a voler ladicte coumpagnie estant veneue, il n'y demeura homme au bourg que trois ou quatre tant llz estlount anlmestz et firent de grant choses. En ce temps ici emprès passa le camp des heugenaulx, et, au plus près de nous, Jaugèrent à Nouy et Mazières et tenait tout jusques à la Viene et bien cinq ou six lieus en bas, et séjournèrent cinq ou six jours et bruslèrent plusieurs églises et malsouns, et tuèrent beaucoup de prebstres et patsans. Ne se fault s'esmervelier des actes cy desous escrlptes contre la forme des aultres parce que ce est pour démonstrer que les enfants qui naquirent lors ne peurent estre baptlzés jusques à ce que les heugenaulx se en furent alès. »          

« Le segound jour d'octobre 1569 vlndrent treize chevaulx de vou!eurs des quartiers de Saint-Savin, heugeunaulx, entre lesquieulx estoit Monsieur du Vinau, parent d'Escheirac, et Monsieur d'Antanet, qui se départit à Maubertrant (5) de peur qu'il ne feust congneu en délibération, pour prendre Maistre Jehan de Gravellat, dlct Vergoundau, et ne l'aiant peu trouver, prlndrent Maistre Guilleume Gravier et François Verdilhiac, et tuèrent Maistre Jehan de La Cousture d'un coup de pistolle parce qu'il ne voulolt suivre, et voulèrent Noslet drolct au polm du jour et Monsieur de Fontmoubert, et tuèrent un Cousturier de la Bastide à mon advis à Noui et blessèrent le Coustur!er des Ages d'un coup de pistolle, qui descéda le 15 jour de décembre emprès, et lesdicts prisonniers furent délivrés en ung chasteau qu'on nome Lavau, parroisse de Bussière-Poictavine, à la poursuicte de Monsieur de la Coste et le cadet de Droux, et les comugnes qui les suiviount. »          

Le curé Martial Micheau relate les évènements et cite des noms : Guillaume Gravier, figure connue pour avoir révélé en 1567 la cachette des ornements sacerdotaux aux troupes de Saint-Cyr ; les Couturier. des Ages et de la Bastide. Conduits au château de Lavau qui appartenait à Jeanne de Razes, veuve de Nicolas de La Lande, les prisonniers furent délivrés par Gabriel de La Rie et Pierre de Chamborant, lesquels montèrent une véritable expédition, levant en plus de leurs soldats une sorte de milice locale (comugnes).

  • 1580 : des venues repoussées     

Les protestants revinrent dans les années suivantes, mais furent cette fois repoussés par les habitants : « Le lundi 18 jour de julhiet audict an, l'égllze de Blom a estée fermée et gardée par les habltans en temps de guerre sans y fere aucung servisse mais se faisait au cimetière jusques au vendredi 17 de mars 1581, auquel jour on se remist dedans y fassent l'olflce ; et estoit le vendredi devant les Raneulx. Ce a esté un grant profflt pour la paroisse. car il n'i vint cumpagnie qui ne fût repoussée. » « Le lundi au soir, 23 du présent moys vint grant nombre de lanscanetz penssant loger au présent bourg, lesquleulx furent repoussés à caps d'acquabusades et logèrent savoir est le commissaire corona et sa campanie et une aultre à la Couture, où il y avolt plus de cinquante feus dehors sans ceuz qui estolent au couvert ; les aultres logèrent à Bedouiret, Vocés, la Vergnle, le Brutil Lage, Chasteau Bastard, Montage, Bonesset, Champeimart et à Couhas et partirent le mardi de bon matin. Le commissaire dict qu'Il estoint pour le moingtz à la Cousture neuf cent o bien mille sans les femes. »       

L'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

La visite des archiprêtres de Saint-Junien[14] commencée en 1762 établit pour Blond : « Curé : M. Jean-Francois Lageneste, prêtre en 1746, curé en 1755. Bon curé, capable et zélé, d'un caractère fort uni et fort droit. Vicaire : M. Louis Garat, prêtre en 1760, vicaire en 1760, fort médiocre pour la capacité. L'église est vaste, en bon état et suffisamment décorée. Communians : 1500. Sénéchaussée : Montmorillon. Etendue de la paroisse : Trois lieues de diamètre. ».

En 1770, en marge du registre[15] des baptêmes, mariages et sépultures, le curé de Blond, Jean-Francois Lageneste, fait part de sa détresse devant la rareté des récoltes ayant entrainé une hausse des prix : « Le blé a été très cher cette année, le froment a monté jusqu'à trente six livres. Le septicos et le seigle trente quatre .... mes pauvres paroiffiens ne voient jamais une telle calamité auparavant, personne n'a rendu aucun pouce de terre qui fait menu à ma connaissance. » Le curé Jean-Francois Lageneste fait l'objet d'un éloge par un dénommé Chataing en marge du registre[15] de 1773 des baptêmes, mariages et sépultures : « Jamais plus nous n'auront dans notre commune de Blond un si bon prêtre comme était monsieur Lageneste. Je l'atteste à Blond ce 26 Brumaire de l'An 5 de la République. »

En 1785, Pierre Danglard[5], curé de Blond, répondit au questionnaire qui lui était adressé par l'intendant du Poitou, pour la statistique des paroisses de la vicomté de Rochechouart. Les divisions administratives n'épousent plus les anciennes institutions féodales et notamment les paroisses[16]. La paroisse de Blond était alors composée de deux enclaves à peu près égales[5], l'une du Poitou, l'autre du Limousin :

  • La généralité de Poitiers dépendait de l'élection de Confolens, relevait du ressort de la sénéchaussée de Montmorillon et avait pour seigneur le duc de Mortemart.
  • La généralité de Limoges dépendait de l'élection de Limoges, relevait du ressort de la sénéchaussée de Bellac et du Roi de France.

Il y avait environ 500 feux et 3000 habitants. Les bras nécessaires à l'agriculture y étaient rares, bon nombre d'habitants émigraient et laissaient en friche des terres cultivées précédemment. Aussi la production du pays suffisait à peine à ses habitants. Il n'y avait aucun établissement industriel, aucune foire ni marché. Il n'y avait pas de messagers, et les chemins étaient impraticables aux voitures.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Le cahier de doléance[modifier | modifier le code]

Les cahiers de doléance du tiers état commencent presque tous par remercier le roi d'avoir convoqué les états généraux, certains allant jusqu'à prédire au monarque une gloire éternelle ; ces remerciements peuvent aller jusqu'à la flatterie, voire la flagornerie. Le cahier de doléance de Blond[17] a été en partie retrouvé. Daté du 4 mars 1789, il fait état des charges qui pèsent sur le peuple, entre dîme et impositions féodales.

Transcription[13] : « Cahier contenant les très humbles, très respectueuses, très soumises et très sincères doléances et propositions à faire à Sa Majesté et aux Etats Généraux assemblés, de tous les habitants de la justice de Blon en droit écrit, relevant de la sénéchaussée de la Basse-Marche en la ville de Bellac, la seulle royalle et capitalle de la province, du ressort du Parlement de Paris :

Habitants du païs de montagnes stérilles, nourris de seigle, de blé noir et de chateignes, seul produit de leurs campagnes ou les lettres sont ignorées, ils ne resteront pas cependant que de dire avec la sincérité des cœurs qui ne scavent point feindre ni dissimuler qu'ils ont été le plus sensiblement touchés jusqu'au fond de leur cœur des soins paternels du grand roi qui les gouverne puisqu'il a même daigné les consulter sur les important sujets de l'administration et sur les loix fondamentales qu'on doit établir, du consentement des trois Etats, entre le trône et la nation. Ils n'oublierons jamais le bienfait signalé qu'il vient de leur accorder en leur donnant autant de voix, conjointement avec les autres communes, que l'Eglise et la noblesse en onts afin de pouvoir se défendre contre deux corps respectables mais qui n'en sont pas moins la cause de la surcharge des impositions de tous genres que supporte le Tiers Etat contre la loi naturelle, contre celle de la nation française qui doit jouir de la liberté civile et de la propriété de ses fonds immeubles de même que le prêtre et le noble, propriété qui ne pouroit subsister que autant qu'il y aurat de l'égalité dans la proportion des impôts indistinctement et indifférament pour les trois ordres en corrigeant et détruisant tous les abus, les vices, qui se sont glissés à l'instigation de quelques mauvais ministres ou par l'usurpation des droits qu'on fait les gens d'église comme les plus instruits dans les siècles d'ignorance et les plus nobles par la force puisque dans la première dinastie de nos rois on ne cherchoit point touttes les distinctions qu'on veut tant faire valloir aujourd'hui pour perpétuer l'esclavage et les entraves du Tiers Etat sans lequel les autres ne pourraient subsister.

Ils ne permettront pas de détailler ce qu'il y a à toucher sur les excessifs revenus des archevêques, évêques, abbés et abbesses au nombre de plus de douze cents, sur les communautés à différentes livrées regorgeants de biens jusqu'à trente, quarante et cinquante mille livres de revenu pour nourrir cinq, six ou dix moines de différentes couleurs, nont plus que pour ceux qui n'ayant pas de fonds leur deviennent à charge par les quêtes continuelles qu'ils font. Combien de trésors, Sire, ne feriés vous point verser dans vos coffres au soulagement de vos peuples si tous ceux qui sonts nécessités par les saints canons, par vos ordonnances, résidoient dans les lieux de leurs bénéfices au lieu d'aller porter le luxe et l'abondance au loin. Pourquoi faire passer dans les pays étrangers comme s'en est plaint le Tiers Etat depuis siècles l'or et l'argent du royaume pour obtenir des bulles et des dispenses qu'on peut avoir dans le royaume.

Pour ce qui est de la noblesse, l'une acquise par les armes, l'autre à prix d'argent, leurs privilèges sont innombrables. Ils ont touttes les charges à la Cour. Aux armées de terre et de mer, on leur donne des apointemens trop considérables tandis que le pauvre soldat n'a pas même de quoi vivre et cependant, Sire, que ferait toutte cette noblesse sans vos grenadiers, tous tirés du Tiers Etat. Ce n'est pas tout et puisque vous êtes notre père, comme vos enfants nous devons tous vous dire, nous vous sommes attachés de cœur et d'affection, vous voulés sincèrement nous soulager et vous en trouverés d'amples moyens en n'accordant pas de pensions souvent à des gens qui n'ont rendu aucuns services à l'Etat et que contre toutte justice ils ont obtenus plutost par bonté et par protection que par des services éclatants. Brisés donc nos ferts, qu'il ne soit plus question de tout ce qui se sent des siècles sauvages et barbares où on a établi qu'on ne mangerait point de pain qu'il ne fût cuit dans tel four et que l'on ne ferat point moudre ou l'on voudrat, et tant d'autres choses qui vous seronts représentés par des gens plus habiles que nous.

Quoi qu'il en soit, la plage de votre royaume est grande ... magistrats de faire la recherche exacte de touttes les rentes vendues, changées, usurpées, engagées et aliénées dans votre comté de la Basse-Marche composé des quatre chatellenies de Bellac, ville du séjour des premiers comtes dès 901, Champagnac, Rancon et Le Dorat, dont cette dernière est sous la coutume du Poitou, pour vous en rendre compte et ensuitte être par vous et votre Conseil statué ce qu'il appartiendrat. Vous le devés, vous le pouvés puisque les biens de votre domaine et annexés à la Couronne sont innaliénables et imprescriptibles. Vous avés de plus dans la province des forêts qui mieux administrées pouroient vous donner un produit supérieur à celui que vous en retirés et dont les fraix de perception sont considérables ce qui n'est encorre rien en comparaison des condamnations rigoureuses que font les officiers contre des malheureux que la misère et l'indigence forcent de prendre quelques fais de bois à leur proximité, que l'on condamne à des amendes qu'ils ne peuvent payer par insolvabilité ce qui absorbe une partie de vos revenus.

Châtain de Grateyrolle.

Mallebay de la Mothe, avocat en Parlement, juge de Blon, pour être conservé au greffe de la justice et l'autre copie au greffe de la sénéchaussée. »

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’état major allemand avait surnommé la région de la montagne limousine la "petite Russie", le général de Gaulle parla lui de "capitale du maquis". C’est là qu’en août 1940, Georges Guingouin, jeune instituteur et responsable communiste local, appelle à la lutte et organise un premier réseau de résistants. Ce fut l'une des résistances les plus opiniâtres en France.

Le maquis des Monts de Blond est la plus importante formation de résistants du département, après celui de Georges Guingouin. Il est constitué par six compagnies FTP : la 2407e (au camp de Savary près de Blond), la 2409e (à Boissour), la 2401e (à Bois-Sournet), la 2430e (aux Ramades de Blond), la 2437e (au Four de Cieux) et la 2438e (à La Borderie). Il dispose en outre d’un hôpital organisé au Breuil et d’un terrain de parachutages à Savary.

Le 6 août 1944, les troupes d'occupation convergent vers les Monts de Blond afin de tenter un encerclement des maquisards de Blond, de Cieux et de Vaulry avec l'intention de les anéantir. Gaby Vignaud, commandant du 1er bataillon FTPF, donne l'ordre à la compagnie de prendre la direction de Nantiat où une liaison doit avoir lieu avec d'autres unités, à proximité de l'actuelle nationale 147. Ces unités ne se présentant pas, une patrouille est envoyée en reconnaissance et devant la supériorité des troupes ennemies, elle se replie sur Cieux. Le 7 août 1944 vers 5 heures 30, le lieutenant Madigou, l'adjudant Boutaud et le chauffeur Duverneuil, partent en repérage afin d'évaluer les effectifs des troupes allemandes dans le secteur de Nantiat. À l'entrée de Vaulry, ils tombent dans une embuscade, une fusillade éclate et le lieutenant Madigou est tué tandis que l'adjudant Boutaud et le chauffeur Duverneuil sont blessés. À 7 heures, le jardinier de l'école Sainte-Marguerite de Cieux se rend au PC de la compagnie et l'informe de la présence d'Allemands dans le bourg. Vers 8 heures, la 2407e prend la route de Bellac, mais au lieu-dit Thoveyrat de Blond, la compagnie tombe sur un groupe de soldats allemands et une violente fusillade se déclenche. Les civils sur place payent un prix très lourd : monsieur Principaux et sa fille de neuf ans sont tués, madame Principaux est gravement blessée en voulant protéger sa fille. Les maquisards se replient vers les Monts de Blond. Les Allemands réussissent à pénétrer le camp du Savary pour l'incendier ainsi qu'une ferme proche, faisant 23 morts parmi les résistants et les civils. À Cieux, deux sections ont pris position au lieu-dit les Ribauds non loin du bourg, une troisième à Puymeunier afin d'assurer un renfort en cas de repli. Des automitrailleuses allemandes venant du bourg se dirigent vers Puymeunier. La bataille s'engage immédiatement, faisant de nombreux morts.

Liste des résistants morts pour la France le 7 août 1944 à Blond village des Ramades, inscrits sur le monument aux morts du Jardin d'Orsay à Limoges et sur la stèle commémorative en face de la mairie de Blond : Bichaud Jean né le 9/05/1906 Cieux, Blum Lucien né en 1893 Niederroeden, Boutter Théodore né le 19/11/1919 Dalem, Chaput Martial né le 25/11/1914 Limoges, Colombeau Gilbert Hugues Georges Fernand né le 21/01/1917 Mortemart, Crouzil Mathurin né le 6/08/1909 Isle, Dintras Pierre Eugène né le 27/02/1910 Orléans, Dorelet Fernand Pierre Joseph né le 29/03/1922 Metz, Dufourneau Victor Ernest né le 9/11/1903 La Croix sur Gartempe, Gabel Auguste né le 26/11/1919 Munchhausen, Guenant Martial né le 6/09/1891 Droux, Henny Marcel Emile né le 23/02/1920 Nouilly, Joly Joseph né le 25/07/1923 Montrol Sénard, Klein René né en 1895 Niederroeden, Lapuelle Auguste né le 18/01/1872 Blond, Litchtenstein Vladimir né en 1877 Kiew, Lorgue Auguste né le 15/03/1921 Blond, Mourioux François né le 27/11/1904 Eyjaux, Principaux Jean né le 26/03/1911 Bellac, Principaux Michelle née en 1935 Blond, Puygrenier Pierre né en 1868 Control-Sénard, Villeleger Auguste Léonard né en 1907 Blond.

La période récente[modifier | modifier le code]

  • La stèle en mémoire des morts dans l'accident du Noratlas le 3 mai 1965 dans les monts de Blond près du village de Bachellerie
    Le , le Noratlas 2501 190 F-RABV, parti d’Orléans pour rejoindre Pau, s'écrasa dans les monts de Blond près du village de Bachellerie, tuant les cinq militaires de l'escadron de transport 2/63 Bigorre : Ltn Ricordel, Adc Touron, Adc Juhel, Adj Arenas, Sgc Lange. La cause de l'accident demeure inconnue.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[18]
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Danglard Pierre    
1791 1792 Moraux Jean    
1792 1794 Lacouture Jean    
1794 1795 Lorgue Léonard    
1795 1796 Lafleur-Thoveyrat Jean-Baptiste    
1796 1798 Lagasne Jean-Francois    
1798 1799 Lacouture Pierre    
1799 1818 Coulaud Martial    
1818 1820 Vicomte De Nollet Jacques    
1820 1824 Laverine Jean    
1824 1825 Mallebay de Roussat Louis    
1825 1827 De Beireix Jean    
1827 1832 Despouges-Delage Jean    
1832 1840 Durand de Richemont Francois Joseph    
1840 1843 Lagasne Jacques Victor    
1843 1855 Navières du Treuil Joseph    
1855 1870 Dupin Pierre Paul    
1870 1871 Gravelat Pierre    
1871 1884 Montazeaud Jean    
1884 1912 Coulaud-Dutheil Prosper    
1912 1919 Gandois Martial    
1919 1925 Ladegaillerie Philippe    
1925 1942 Palbéry Francois    
1942 1944 Larat Marcel    
1944 1947 Pommier Pierre Alexis    
1947 1950 Bardet Félicien    
1950 1975 Lépine Louis    
1975 1989 Lathiere Raymond    
1989 2001 Brondeau Roger    
mars 2001 en cours Jean-François Perrin[19] PS Conseiller général

La commune[modifier | modifier le code]

Le site internet de la commune de Blond : https://communedeblond.jimdo.com

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Différentes sources font état d'estimation différente du nombre d'habitants :

  • En 1762, la visite des archiprêtres de Saint-Junien[14] établit pour Blond 1500 communiants.
  • Vers la fin du XVIIIe siècle[5], il y aurait 2900 communiants soit environ 3868 habitants.
  • En 1785, Pierre Danglard[5], curé de Blond, précise que Blond compte environ 500 feux et 3000 habitants[4],[5].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[21].

En 2015, la commune comptait 693 habitants[Note 1], en diminution de 7,23 % par rapport à 2010 (Haute-Vienne : -0,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 5522 1991 8112 4302 2602 3182 2772 4192 447
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 4112 3802 2802 2422 2572 3412 3802 2252 251
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 1712 1682 0451 8321 6921 6091 5881 5241 329
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 2181 038884727681677726749699
2015 - - - - - - - -
693--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

L'Association Touristique de Blond[modifier | modifier le code]

Issu d'un syndicat d'initiative, l'Association Touristique de Blond a vocation à agir en faveur de l'essor touristique de la commune et plus globalement à développer et encourager la participation de tous les habitants à l'animation du village.

La Foire aux Chapons[modifier | modifier le code]

Elle rassemble environ 200 exposants le deuxième dimanche de décembre. Des défilés de confréries et tiercés de chapons s'y déroulent.

La Foire de l'ail et du melon[modifier | modifier le code]

Organisée par la Confrérie du chapon et l'Association Touristique des Monts de Blond, le second dimanche d'août.

La Marche des Hulottes[modifier | modifier le code]

Randonnée nocturne le 14 août.

Estivol[modifier | modifier le code]

Estivol est une association dont les membres pratiquent avec passion cerf-volant, paramoteur, montgolfière, deltaplane et ULM. Depuis 1996, elle organise chaque année fin juillet le festival de tout ce qui vole. Sous les yeux d'une foule de spectateurs, le ciel des monts de Blond se pare d'une multitude de formes et de couleurs, avec au programme des démonstrations par des champions de leur discipline (cerfs-volants, parachutes, avions de voltige, pulso-jets, ailes delta, etc.), des baptêmes de l'air et le clou du spectacle, une nocturne avec cerfs-volants luciole et montgolfières illuminées.

Festival du Haut Limousin[modifier | modifier le code]

Créé en 1999, le Festival du Haut Limousin met en relief chaque année le patrimoine de la Basse Marche, des monts de Blond, des monts d'Ambazac et le site de Saint-Pardoux autour de la musique.

Course cycliste Frédéric-Mistral[modifier | modifier le code]

Créée en 1992, la Frédéric-Mistral est rapidement devenue, avec plus de 1500 participants, l’épreuve de randonnée VTT la plus importante du Limousin. Elle se déroule traditionnellement le dernier dimanche d'octobre.

Les randonnées[modifier | modifier le code]

Les Monts de Blond sont traversés par 150 km de sentiers pédestres balisées[24] (rouge et jaune ou jaune seulement).

Circuit Les Hauts de Blond[modifier | modifier le code]

h 30 et 9 km

Sentier des villages en pays d'Oc[modifier | modifier le code]

h 15 et 13 km.

Sentier de la Montjoie[modifier | modifier le code]

h 15 et 8,5 km.

Chemin de La Couture Les Astiers[modifier | modifier le code]

45 min et 3,5 km.

Circuit des Cîmes[modifier | modifier le code]

h 15 et 7,5 km.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Les habitants de Bellac, belle cité médiévale qui fait office de porte d’entrée sur les monts de Blond, ne s’y risquaient pas à une époque pas si lointaine. Les monts étaient jadis le “pays des sorciers”. Très longtemps, ce territoire a été sans véritable voie de communication, très enclavé. On y a longtemps vécu dans une certaine autarcie et des traditions y ont perduré plus longtemps qu’ailleurs.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les pierres à légendes[modifier | modifier le code]

Les pierres à légendes sont des blocs granitiques, erratiques, entrainés et modelés par les eaux au cours des siècles. Le caractère impressionnant et atypique de ces rochers a inspiré de nombreuses légendes.

Les rochers de Puychaud[modifier | modifier le code]

Au sommet de la montagne qui domine le bourg de Blond au midi, se trouve une pierre branlante de forme ovoïde qui a 2,70 m de hauteur et 8,50 m de circonférence. Elle oscille dans la direction du sud au nord. Près d'elle, existent d'autres blocs granitiques qui, selon la tradition du pays, étaient aussi mobiles anciennement.

Les rochers de Puychaud se situent à 2,5 kilomètres au sud de Blond sur la route reliant le village de Villerajouze de la commune de Blond aux villages de Boscartus et Villeforceix de la commune de Cieux, à 465 mètres d'altitude. Ce sont de gros blocs granitiques de nature différente du sous-sol souvent apportés par des glaciers. Ces pierres sont au nombre de quatre : le Berceau (allongée et creusée en son milieu), la Tourte (la plus grosse), la Niche et la Pierre Branlante.

Ils symbolisent, selon une récente tradition populaire, la frontière entre pays de langue d'oc et pays de langue d'oïl, entre le droit écrit et le droit coutumier. Une plaque célèbre le chantre de l'occitanisme Frédéric Mistral, et une plaque de marbre a été posé à l'occasion du centenaire de sa naissance le 9 juin 1930, en langue d'oc : "à la gloire de celui qui a fait revivre et resplendir la langue des grands troubadours et rendit son honneur au peuple occitan".

Ce site formé d'énormes rochers aux formes arrondies inspira de nombreuses légendes[25] dont voici l'une : Il était une fois une pauvre veuve qui allait de village en village, quêtant ici une place pour dormir, là un peu de nourriture pour elle et ses deux enfants en bas âge. Les grands froids étaient venus et Noël approchait. La veille de ce jour, la pauvre femme arriva dans une bourgade du Limousin appelée Blond. Comme elle s’arrêtait à une porte pour demander du secours, elle entendit une voix qui disait : -Irons-nous à Puy-Chaud quand sonnera minuit ? Vous savez bien, enfants, que le plus grand rocher s’ouvre la nuit de Noël et découvre tout le temps que le prêtre élève l’hostie une grotte emplie d’or et de pierres précieuses ? Sans écouter davantage et tirant ses enfants par la main, la veuve arriva sur la colline. A bout de forces, elle s’assit contre le plus gros rocher. En bas, où l'on devinait Blond tassé autour de son église, les sons joyeux de la cloche montèrent. La messe de minuit allait commencer. Soudain, un bruit étrange se produisit. Le roc s’était ouvert. Dans une caverne lumineuse brillaient des monceaux d’or et de diamants. La femme se précipita. À pleines mains, elle puisait dans le trésor fabuleux. Mais tandis qu’elle était ainsi occupée, le roc pivota de nouveau. Épouvantée, elle lâcha tout ce qu’elle avait pris et n’eut que le temps de s’enfuir, laissant ces deux enfants dans la caverne qui se referma sur eux. Folle de désespoir, elle alla demander conseil au curé de Blond qui lui dit de se trouver au même endroit et à la même heure l’année d’après. Et, au Noël suivant, la mère recommença la douloureuse ascension. Bientôt, le rocher s’ouvrit. Au centre de la caverne, les deux enfants reposaient paisiblement, plus forts et plus grands d’une année. Sans même jeter un coup d’œil aux richesses accumulées autour d’elle, la mère se précipita vers eux et les entraîna hors de la caverne, juste comme elle se refermait. Non loin du chaos granitique se trouve un dolmen semi-enterré, qui est peut-être l'entrée de cette salle du trésor.

Les rochers de l'Amour[modifier | modifier le code]

Les rochers de l'Amour sont de gros blocs granitiques situés dans les monts de Blond au nord du village des Monts. Plusieurs contes populaires s'inspirent de l'endroit ... Certains parlent d'un lieu de rendez-vous pour les amoureux venus se promettre l'amour éternel. La magie de la pierre scellerait leur attachement pour toujours. D'autres racontent que les femmes des villages alentour venaient se frotter le nombril sur la pierre lorsqu'elles désiraient avoir un enfant.

Les dolmens[modifier | modifier le code]

Le dolmen de Puychaud[modifier | modifier le code]

En suivant le sentier qui continue au-delà des rochers de Puychaud, à la lisière d'un bois, parmi les bruyères et les pierrailles, se trouve le dolmen de Puychaud[26],[27]. Découvert en 1917, des fouilles récentes ont mis au jour un important matériel céramique et lithique néolithique, mais l’intérêt principal de ce monument est qu’il a conservé la presque totalité du tumulus qui le recouvrait. La table faîtière, qui faisait 3,20 mètres de long sur 2,40 mètres de large, a été brisée en trois morceaux. La chambre, constituée par trois larges dalles et une murette de granulite, a gardé sa forme originale. Des fouilles sauvages sont à regretter et compromettent la conservation du monument.

Le dolmen de Doumeix[modifier | modifier le code]

Le dolmen de Doumeix se situe au nord-est de Blond.

Le dolmen du Cluzeau[modifier | modifier le code]

Le dolmen du Cluzeau[26] se situe à quelques mètres du dolmen de Doumeix, dans un bois au nord-ouest du hameau du Cluzeau, à une altitude de 290 mètres. Il fut découvert en 1964.

Le dolmen de Rulières[modifier | modifier le code]

Il existe un micro-dolmen[28] situé à 200 mètres à l'ouest du village de Rulières. Presque entièrement détruit, il reste deux piliers et un amas de pierres. La table a été retirée et se trouve sur le côté.

Les menhirs[modifier | modifier le code]

En Limousin, on appelle les menhirs les "pierres levées" (peyro-levâdo). Proche des menhirs remarquables de Arnac et Ceinturat sur la commune de Cieux, il existe deux petits menhirs[29] sur la commune de Blond.

Le menhir de Combe-Libert[modifier | modifier le code]

Le menhir de Combe-Libert se situe à mi-pente du coteau dominant le stade de Blond et la route de Vaulry, à 1 800 mètres de distance du dolmen de Puychaud. Constitué de granulite, il mesure un mètre de haut mais n'est pas entier, comme on peut le constater avec une cassure nette sur la face est.

Le menhir de la Croix de Rousset[modifier | modifier le code]

Le menhir de la Croix de Rousset se situe à 1,5 km du bourg et 2 km de Puychaud, dans une prairie jouxtant la route conduisant aux villages de Rousset et La Feyre. C'est un bloc granulite de 1,15 mètre de haut, dont l'extrémité est cassée.

Les vestiges gallo-romains[modifier | modifier le code]

La ville de Luppé dans le bois de la Tourette[modifier | modifier le code]

L'ensemble des vestiges gallo-romains de la Tourette sont classés parmi les monuments historiques[30], par décret du 18 juillet 1978. Non loin du bourg actuel, dans le bois de la Tourette, se trouve un remblai d’écroulement d’un centre artisanal gallo-romain s’étendant sur plus de 10 hectares. Il s’agissait très probablement d’un centre minier et artisanal où l’on exploitait et travaillait l’étain. Aux abords immédiats des vestiges, la topographie totalement bouleversée avec des sillons et des fosses profondes, correspond aux tranchées d’exploitation d’un filon de quartz stannifère et d’extraction de l’étain, peut être de l’or contenu dans les filons de quartz. Les vestiges se présentent sous la forme d’amas pierreux. Sur les ruines antiques croit un très vieux taillis de charmes mêlé de tilleuls, chênes pédonculés et érables champêtres. Dans la strate arbustive domine le buis qui a colonisé préférentiellement les éboulis. La tempête de 1999 a provoqué des chablis qui nuisent actuellement à la lisibilité de l’aspect original du site.

Les Camps de César[modifier | modifier le code]

Les Romains indiquèrent sur leurs cartes d'état-major les Camps de César leurs enceintes défensives. Ils ont repris ces enceintes défensives datant des Gaulois.

Les souterrains-refuges[modifier | modifier le code]

Datant très certainement des peuples du Néolithique, des souterrains-refuges[13] sont creusés dans le tuf à de faibles profondeurs, constitués par des tunnels en ogive donnant sur des pièces. Aménagés dans un but défensif, en abris provisoires ou en réserves à provisions, ces souterrains ont été ultérieurement aménagés par les Lémovices, puis utilisés par intermittence jusqu'aux guerres de religion. Il en reste encore à mettre à jour sur la commune de Blond.

Les murets de pierre sèche[modifier | modifier le code]

Les murets en pierre sèche sont une composante bâtie valorisante d'un point de vue paysager. Ils bordent les chemins et les parcelles agricoles. Certains se devinent encore dans les sous-bois. Ils forment un maillage particulièrement visible autour des villages.

Les croix de Montjoie[modifier | modifier le code]

On appelait autrefois montjoie un monceau de pierres entassées pour marquer les chemins : la coutume des pèlerins était de faire des montjoies de monceaux de pierres, sur lesquels ils plantaient des croix aussitôt qu'ils découvraient le lieu de dévotion où ils allaient en pèlerinage. Beaucoup de croix de granit se trouvent aux croisées des chemins sur le territoire de Blond. Elles indiquent de multiples pèlerinages. Deux d'entre elles sont remarquables[4] : la croix de la Montjoie au village de Ladégaillerie et la croix des Sept Fayauds au village de Bachellerie.

La croix de la Montjoie de Ladegaillerie[modifier | modifier le code]

La croix de la Montjoie de Ladegaillerie est un édifice religieux qui date du XVIe siècle dans sa forme actuelle. D'après la légende, il aurait été édifié à l'endroit même où une femme aurait enterré sa fille après l'avoir tuée pour la soulager de douleurs insupportables. On remarque effectivement une pierre tombale d'enfant.

La croix des Sept Fayauds[modifier | modifier le code]

La croix monolithique des Sept Fayauds mesure 2,10 mètres de haut. Elle est située près du village de Bachellerie sur le chemin en direction du village Soulailloux. Cette croix est entourée de légende. Elle est dit-on taillée dans un menhir. La légende raconte qu'elle aurait été élevée sur la tombe d'un soldat romain ; une autre légende précise que c'est depuis cet endroit que les Anglais tiraient au canon sur le château de La Barde, aujourd'hui entièrement disparu, au cours de la guerre de Cent Ans. Ultérieurement, un paysan ayant voulu la déplacer avec ses bœufs, n'aurait pas pu la faire bouger et ses bœufs seraient morts d'épuisement. Le nom de Fayaud ou Fayard vient d'une déformation du latin Fagus, hêtre.

La croix de Villerajouze[modifier | modifier le code]

C'est une croix de granit située sur le chemin du village de Villarajouze à Blond.

La croix de Croix-Pierre[modifier | modifier le code]

C'est une croix en pierre taillée dans la masse située au lieu-dit Croix-Pierre à deux kilomètres du bourg de Blond sur la gauche de la route vers Mortemart.

Les fontaines à dévotion[modifier | modifier le code]

Les fontaines à dévotion, également appelées bonnes fontaines ou fontaines miraculeuses, constituent un patrimoine emblématique du Limousin, dont les origines sont antérieures au christianisme. Elles font encore aujourd'hui l'objet de rituels thérapeutiques, en fonction des facultés médicinales ou des bienfaits particuliers qui leur sont attribués par la coutume : guérison des humains ou du bétail, fin d'une sécheresse, obtention d'une faveur, protection des enfants. Les fontaines de la commune de Blond, placées sous le culte de saint Martin, sont recommandées pour les douleurs, les rhumatismes et contre la sécheresse.

La fontaine de Saint-Martin[modifier | modifier le code]
La fontaine Saint-Martin

La première est la fontaine du bourg, elle est située au bord de l'Issoire, à une cinquantaine de mètres du chevet de l'église. C'est une construction rectangulaire, en pierre, avec un toit pyramidal également en pierre, que surmonte une statuette du saint en métal doré.

La procession de la Saint-Martin était célèbre pour obtenir la guérison des douleurs et des rhumatismes. Elle avait lieu tous les ans le dimanche suivant le 4 juillet. L'eau était recueillie précieusement pour frotter les mains, les jambes endolories. En période de sécheresse, la procession de la Saint-Martin pouvait amener la pluie bienfaisante, en trempant le pied de la croix dans la source de la fontaine située près de l'église. On raconte qu'en 1908[31], la sécheresse était très grande. On invita donc le porteur de la croix processionnaire à respecter la tradition, mais ce dernier, facétieux, ne trempa pas le pied de la croix mais le Christ en prononçant ces paroles : "le monde en veut de l'eau, je crois qu'ils en auront leur aise". Un violent orage surprit la procession sur le chemin du retour, la pluie tomba avec une telle force, avec une telle violence, que l'Issoire qui coule sous le champ de foire, passée au-dessus, avait inondé tous les jardins qu'elle traverse.

La fontaine de la Couture-Les-Astiers[modifier | modifier le code]

La fontaine de la Couture-Les-Astiers est considérée par certains habitants de Blond comme le point de départ de toute l’histoire du village, laquelle s’est nourrie de superstitions et de légendes.

La fontaine de Rousseix[modifier | modifier le code]

La fontaine de Rousseix est un simple trou bordé de pierres, dans le talus qui borde le fossé droit de la route conduisant au village de Rousselx, près de l'endroit où s'élève la croix de ce nom et d'un champ où les débris de tulles gallo-romaines sont nombreux.

La fontaine des Monts[modifier | modifier le code]

La fontaine des Monts est un ensemble de deux fontaines disposées de telle sorte qu'elles forment un angle droit. Elles sont constituées de pierres sèches et de dalles de granit. De chaque côté de celle de droite, des avancées permettent de poser les seaux avant et après puisage. L'intérieur de ces édicules rappelle la forme d'un puits. Une canalisation à ciel ouvert part de l'une des fontaines pour alimenter un grand bassin dont une partie est inclinée pour permettre le travail des laveuses.

Les lavoirs[modifier | modifier le code]

Le lavoir du Champ de Foire[modifier | modifier le code]

Le lavoir du Champ de Foire dans le bourg de Blond ne gèle jamais. Il est alimenté par une source dont l'eau est suffisamment chaude pour empêcher la prise de la glace même en cas d'hiver très rigoureux.

Le lavoir de la Couture[modifier | modifier le code]

Le lavoir est situé à l'entrée ouest du bourg, le long de la D5 route de Mortemart, à l'intersection avec le chemin menant au village de La Couture-Les-Astiers. Il est alimenté par un petit ruisseau du nom de l'Oscul, qui se jette plus loin dans la rivière l'Issoire.

On raconte l'histoire du Piarou[31], un paysan du village de La Couture-Les-Astiers, qui prenait des coups sur tout le corps lorsqu'il rentrait tard la nuit chez lui en venant du bourg. C'est en passant sur le petit pont qui enjambait l'Oscul, en amont du lavoir de la Couture, que le Piarou était agressé. Certains disaient que c'était le diable. D'autres penchaient plutôt pour sa femme, la Nadette, qui se vengeait ainsi des incartades de son mari qui rentrait tard en zigzaguant des bars du bourg de Blond. Le Piarou et la Nadette habitaient le village de La Couture avec leurs nombreux enfants. Beaucoup disaient que la Nadette était sauvage, au contraire du Piarou qui cherchait toujours à rencontrer ses copains au café de Blond. Leurs voisins disaient que la pauvre Nadette n'était pas sauvage, mais toujours portée à de bons services. Elle avait fort à faire avec ses huit enfants, qu'il fallait laver, faire manger, habiller, s'occuper de savoir si les grands étaient sérieux à l'école. Pour les nourrir, elle élevait des lapins, des poules, ramassait des œufs, portait l'herbe aux lapins, puisait les légumes du cochon. Faire l'omelette n'était pas compliqué mais il fallait tuer lapins et volailles lorsqu'ils étaient comme il faut, les faire cuire. Elle n'avait pas beaucoup de temps libre. Les seules sorties étaient pour aller à la messe des Rameaux, acheter la cornue, et autre sortie la messe de minuit. Quelques fois elle suivait la procession de la Saint-Martin. Piarou lui s'occupait des champs, faisait les foins, coupait le blé qu'il amenait à la batteuse, arrachait les topinambours, tuait le cochon et le découpait avec ses copains. Lorsque Piarou avait fini sa journée aux champs, il s'empressait d'aller retrouver ses copains pour boire un coup de gnôle, ils étaient nombreux venant de Bachellerie, Villerajouze, Puygrenier, pas tous dans le même bistrot. Pour savoir le résultat de leurs travaux, il fallait aller sur la place du Marché, sur la place de l'Église, les bistrots étaient nombreux. Alors, en fin de soirée, est-ce le diable qui l'attendait au passage de l'Oscul ? Un matin, les femmes qui venaient faire la lessive au lavoir de La Couture, trouvèrent le battoir de la Nadette. Avait-il servi uniquement pour la lessive ? Il n'empêche que désormais, la peur du Malin incite les habitants à éviter de passer sur le pont de l'Oscul les soirs de pleine lune.

Les chapelles (disparues)[modifier | modifier le code]

La chapelle de la Sainte-Vierge[modifier | modifier le code]

Il y avait dans le cimetière de Blond une chapelle dédiée à la Sainte-Vierge[5].

Dans le grand cimetière, existait une autre chapelle, où Jean de Nollet avait fondé une vicairie[5] le 28 avril 1494.

La chapelle Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Au village de La Feyre[5], il y avait une chapelle rurale dédiée à saint Laurent. Elle était en ruine à la fin du XVIIIe siècle.

La chapelle Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Il y avait aussi dans la paroisse de Blond une chapelle rurale dédiée à saint Simon et saint Eude[5], aujourd'hui disparue et non localisée.

Les châteaux[modifier | modifier le code]

Le château de Drouilles[modifier | modifier le code]

Un seigneur Gilles de Drouilles[32] est cité au XIIe siècle à Blond. Ayant appartenu à la famille Lavaud au XVIe siècle, le château passa à la famille Jovion lors du mariage le 2 novembre 1591 de Madeleine de Lavaud de Drouilles avec Jean de Jovion, archer dans la compagnie de Mortemart. Il passa ensuite au Chérade de Montbron lors du mariage en 1769 de Jeanne de Jovion de La Chassagne avec Pierre-Adrien-Étienne Chérade de Montbron, chevalier de Montbron, écuyer. L'extinction de cette branche de la famille Chérade de Montbron explique sans doute son passage à la famille Babaud de Monvallier au début du XIXe siècle, qui le garda jusqu'en 1980.

Le château de Beireix[modifier | modifier le code]
Le château de Beireix
Le château de Maillofray[modifier | modifier le code]
Le château de Maillofray
Le château de La Ronze[modifier | modifier le code]
Le château de La Barde[modifier | modifier le code]

Le château de La Barde, aujourd'hui entièrement disparu, était situé entre les villages de Bachellerie et de Soulailloux.

L'église de l'Ordination-de-Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L'église de l'Ordination-de-Saint-Martin[33], fortifiée (XIIe siècle), est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques[34] le 6 février 1926.

Construction et évolution[modifier | modifier le code]
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L'église de Blond[4],[5] est une construction romane, à une seule nef, terminée par une abside circulaire, éclairée par trois fenêtres. Plusieurs chapelles y ont été ajoutées postérieurement à sa construction ; dans une, du côté gauche, on voit un écusson parti, au 1er d'azur à trois fleurs de lis d'argent, qui est de Nollet, au 2e de... à un cœur... au chef chargé de trois étoiles. Dans le pavé de la nef, en face de cette chapelle, une pierre tombale garde les armes de la famille de Blond, qui sont d'argent au sautoir de gueules accompagné de quatre croisettes pommetées de sable.

C'est à la fin du XIIe siècle que remontent les parties anciennes de cette église. Le plan primitif, simple mais de dimensions vastes, comportait une abside semi-circulaire, sans déambulatoire, directement raccordée à une nef rectangulaire, dépourvue de bas-côté. En élévation, l'édifice présentait seulement deux étages, marqués par deux corniches avec un clocher, ce dernier peut-être plus important qu'un clocher-mur, c'est du moins ce que laissent imaginer la puissance de certains contreforts et l'écho légendaire des trois cloches. Étant donné la largeur de la nef, Il est peu probable qu'elle fût alors voûtée en berceau. C'est durant les guerres de religion que le troisième étage fut ajouté et le clocher armé de quatre contreforts, dont deux très massifs. Par ces travaux assortis d'aménagements défensifs, tels que créneaux et orifices pour arquebuse, les habitants entendaient se prémunir contre les incursions des gens de guerre, si fréquentes et si dommageables en ces temps troublés.

Martial Micheau[4], curé de Blond de 1565 à 1613, a relaté en marge de son registre paroissial les événements ayant incité ses paroissiens à fortifier leur église durant les guerres de religion, qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle, où se sont opposés catholiques et protestants appelés aussi huguenots.

La chronique écrite par Martial Michau[4],[5] rapporte comment, en octobre 1567, l'église fut pillée et dévastée par les soldats calvinistes. C'était l'armée composée de 2000 hommes, commandée par Saint-Cyr (Tanneguy du Bouchet de Puy-Greffier dit Saint-Cyr), qui avait incendié le bourg de Lesterps et allait faire le siège de la ville du Dorat le 31 octobre. À la suite d'un acte de baptême du 29 octobre 1567 : « ... Les ornements de l'églize de Blom furent tous prlns par lesdits heugeunaulx en ung secret qui estoit chez Jehan Marchander, demeurant audlct bourg, et fut ledlct secret enseignié par Maistre Gullhleume Gravier, iceulx estants mountés à cheval pour s'en aler car ilz ne le heussent peu aultrement trouver, mesmes qu'ils couchèrent drolct dessus sans en rien congnolstre. » Les huguenots s'en prennent aux statues et mobiliers de l'église, ravageant mais sans destruction. Le curé Martial Michau ne donne pas de détails concernant l'éventuelle trahison du nommé Guillaume Gravier, qui révéla le lieu où étaient cachés les ornements sacerdotaux. Il ne semble pas l'accabler de cette révélation, certainement obtenue sous la contrainte.

Deux ans après, le 1er juin 1569, une nouvelle troupe calviniste, forte de 400 cavaliers venus de Confolent, occupèrent Blond, finirent de ruiner l'église et mirent le feu au clocher. À la suite de ces malheurs, les habitants de Blond relevèrent leur église en la garnissant de créneaux et de mâchicoulis, comme un château fort, pour la défendre et leur servir de forteresse en cas de nouvelles attaques. Et ce ne fut pas inutilement, car grâce à cette précaution, peu après, ils purent repousser victorieusement l'attaque de quelques troupes qui parcouraient encore le pays. Des réparations faites de nos jours ont fait disparaître ce qui restait de ces anciennes fortifications, rapportaient par les annotations du curé Martial Michau en 1580 : « Le lundi 18 jour de julhiet audict an, l'égllze de Blom a estée fermée et gardée par les habltans en temps de guerre sans y fere aucung servisse mais se faisait au cimetière jusques au vendredi 17 de mars 1581, auquel jour on se remist dedans y fassent l'olflce ; et estoit le vendredi devant les Raneulx. Ce a esté un grant profflt pour la paroisse. car il n'i vint cumpagnie qui ne fût repoussée. »

La visite des archiprêtres de Saint-Junien[14] commencée en 1762 établit pour Blond : « Curé : M. Jean-Francois Lageneste, prêtre en 1746, curé en 1755. Bon curé, capable et zélé, d'un caractère fort uni et fort droit. Vicaire : M. Louis Garat, prêtre en 1760, vicaire en 1760, fort médiocre pour la capacité. L'église est vaste, en bon état et suffisamment décorée. Communians : 1500. Sénéchaussée : Montmorillon. Etendue de la paroisse : Trois lieues de diamètre. ».

C'est en 1884[4] que l'église a pris son aspect actuel avec une voûte en pierre élevée sur des colonnes entièrement neuves. À la suite d'un ouragan le 23 février 1935 ayant détérioré l'abri des cloches, il fut décidé de procéder à une réparation complète de la toiture de l'église et du clocher. Ainsi un campanile d'ardoises juché au XIXe siècle sur le pignon du clocher-mur, fut remplacé par un petit beffroi. Fut également coulé du béton sur la nef, recouvrant malheureusement d'anciennes pierres tombales.

L’église de Blond abrite tout un groupe de sculptures d’art populaire exécutées au XVIIe siècle, pour remplacer celles détruites lors des dévastations commises par les huguenots en 1567 et 1569.

  • Saint Martin : trois statues représentent le patron de la paroisse. Deux sont en bois doré. La troisième est en bois peint. Le visage, glabre, sourit sous la mitre sans décor. Les cheveux sont bouclés sur la nuque. Le rochet, serré au col, retombe en plis serrés sur l'aube. L'étole et la chape complètent ce vêtement. La croix pectorale et la crosse, tenue dans la main gauche.
  • Saint Martial : premier évêque de Limoges, a le visage encadré d'une courte barbe. La chevelure est bouclée, sous la large mitre ornée de glands au sommet. Vêtement épiscopal : aube, rochet, longue étole frangée et écharpe retenue sur la poitrine par une patte d'où pend le cordonnet de la croix pectorale.
  • Saint Pardoux : Pardulphe, fils d'un paysan de Sardent, il fut aveuglé par une branche en gardant ses troupeaux. On l'Invoque souvent pour la protection du bétail. Sa statue en bois peint ignore sa cécité. Le visage, imberbe, paraît jovial. La main droite est levée, paume ouverte, la gauche est posée contre la poitrine.
  • Saint Cloud : Clodoald, le visage est imberbe ; large tonsure monacale; cheveux bouclés sur la nuque. La longue soutane laisse paraître le bout des chaussures.
  • Saint Antoine : célèbre padouan, prêcha aux arènes de Limoges.
  • Saint Roch : Roch de Montpellier, sculpture bois taillé, peint, polychrome. Coiffé du chapeau à bords relevés d’où s’échappe une abondante chevelure, le saint retient dans la main droite un pan de sa robe et découvre la jambe atteinte du mal. Un collet, attaché par deux pattes, protège les épaules. Le long manteau noué sur la hanche gauche cache la panetière dont la bretelle est passée en sautoir. Sandales à lanières aux pieds. Bâton surmonté d’une croix dans la main gauche. De la patte avant droite, le chien essaie d’attirer l’attention du pestiféré ; le pain qu’il portait dans la gueule a disparu. On datait cette statue de Saint Roch d’une campagne de réalisation du XVIIe siècle (suite aux destructions des guerres de religion), mais les archives paroissiales ont révélé qu’elle avait été commandée en 1817 (suite aux destructions de la révolution) et livrée avant 1820 par Louis Brunier, ébéniste à Bellac. Classé aux Monuments Historiques au titre objets le 9 juin 1965.
Les curés de Blond[modifier | modifier le code]

Voici les curés dont le nom est connu :

  • 1432 - 1435 : Aimeri Robert, alias Marchat.
  • 1445 : Pierre Normand.
  • 1538 : Pierre Biais prenait possession le 8 mai 1538.
  • 1557 : Pierre de Gondete était curé le 29 novembre 1557, résigna au suivant.
  • 1565 - 1613 : Martial Micheau qui a écrit une chronique paroissiale dans le registre des actes.
  • 1636 : L. Micheau.
  • 1677 : Jean Barbarin, écuyer, seigneur du Monteil, curé de Blond, 20 novembre 1677.
  • 1754 : Pierre Delhort était curé de Blond et chanoine de la cathédrale en 1754.
  • 1755 - 1777 : Jean-Francois Lageneste[14]. La visite des archiprêtres de Saint-Junien[14] commencée en 1762 établit pour Blond : « Curé : M. Jean-Francois Lageneste, prêtre en 1746, curé en 1755. Bon curé, capable et zélé, d'un caractère fort uni et fort droit ». Après son décès en février 1777, son successeur fait le bilan de son "règne" en marge du registre[15] de 1776 des baptêmes, mariages et sépultures : « Nota que pendant le règne de M Lageneste curé de cette paroisse qui a duré vingt deux ans, il est né pendant ces années 2184 personnes et il en est mort 1670, de sorte que la paroisse s'est accru pendant son règne de 514 personne ». Le curé Lageneste fait l'objet d'un éloge par un dénommé Chataing en marge du registre[15] de 1773 des baptêmes, mariages et sépultures : « Jamais plus nous n'auront dans notre commune de Blond un si bon prêtre comme était monsieur Lageneste. Je l'atteste à Blond ce 26 Brumaire de l'An 5 de la République. »
  • 1777 : Pierre Danglard, nommé en 1777, a souffert pour la foi et est mort en prison, à Limoges, le 4 mai 1794.
  • 1804 : François Lacroix fut nommé en 1804.
  • 1824 - 1832 : N... Guyot, du Dognon, y était en 1824 jusqu’en 1832.
  • 1832 : Antoine Chaussade, nommé en 1832.
  • 1851 : Jean-Baptiste Caboche en 1851.
  • 1869 : Pierre Fayard en 1869.
  • 1880 : Jean Basset en 1880.
La légende du gros bourdon[modifier | modifier le code]

En 1636, on fondit, à Blond, une cloche qui existe encore et qui porte cette inscription[4] : « X IHS.MA. Sancta Trinitas unus Deus miserere nabis et afitlgure defende nos.- Factum in oppido Btonii, 1636. Patrini P. de Nollet, dominus hujus loci et Margarita d'Asnières domina de Drouilles. X Astante domino L. Micheau, rectore ecclesiae parochialisde Blonio. Charpentier me fecit. » Traduction : Jésus Marie Sainte Trinité Dieu unlque ayez pitié de nous et défendez-nous de la foudre. Fait dans le bourg de Blond, 1636. Parrains : P. de Nolet seigneur de ce lieu et Marguerite d'Asnières, dame de Drouilles, Présent messire L. Micheau, curé de l'église paroissiale de Blond. Charpentier m'a faite.

De belles légendes[4] circulent concernant l'église de Blond : la cloche nommée le gros bourdon, avait soi-disant le pouvoir d'éloigner l'orage. Les gens d'un bourg voisin décidèrent nuitamment de s'en emparer. Bien qu'ils aient pris soin d'en enrober le battant, sitôt descendue, elle se mit à sonner, ce qui réveilla les habitants du village qui purent ainsi la récupérer. Non découragés, les voleurs revinrent en prenant beaucoup de précautions, en particulier en entourant de draps les roues de la charrette. Mais en arrivant devant le château de Drouilles, propriété de la marraine du bourdon, celui-ci se mit à vrombir, ce qui permis à nouveau aux villageois de le recouvrer. Une variante de la légende précise que le bourdon fit le son "bloum", mot patois dont serait issu le nom de la commune.

La légende des Ramades[modifier | modifier le code]

Le village des Ramades connut au début du 19ème siècle une certaine renommée du fait de l'apparition de la Vierge au pied d'un pommier[31]. De tous les villages voisins se mirent à accourir les malades pour prier au pied de l'arbre où avait eu lieu l'apparition. Mais les Ramades ne sont pas devenus un haut lieu de pèlerinage, à l'image des apparitions de la Vierge à Lourdes ! Peut être parce qu'il n'y a pas de grotte ... à moins que ce soit parce que les mauvaises langues ont commencé à affirmer que la "bondieuse", qui avait vu l'apparition, aimait beaucoup la "piquette" .... et que la vierge apparue était un comique du village qui s'était déguisé avant de monter dans le pommier ... Le village des Ramades a rapidement retrouvé sa tranquillité et ses habitants leur quiétude.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le bois de la Tourette[modifier | modifier le code]

Situé au nord du bourg, le bois de la Tourette[35], dont 120 hectares environ sont en ZNIEFF, présente une formation végétale très particulière en son cœur. Sur les traces d'un ancien village médiéval, s'est développé et propagé un sous-bois de buis qui reste une curiosité botanique pour la région. Le buis est une plante qui apprécie les sols plutôt riches en calcaire. Le sol du bois n'est pas particulièrement calcaire, mais la maçonnerie de l'ancien village, élaborée à partir de matériaux riches en calcaire, a permis l'implantation de cette plante que l'on retrouve plutôt sur le Causse corrézien. Quelques espèces protégées sont à signaler comme l'androsème toute saine, simethis à feuilles planes. Parmi les plantes remarquables non protégées, on trouve la bruyère à balai et l'alisier torminal. Signalons la présence d'une cétoine particulièrement rare en Limousin et strictement inféodée aux vieilles futaies de chênes : la cétoine lugubre, dont moins d'une dizaine de stations sont connues actuellement en Limousin.

La tourbière de Pioffret[modifier | modifier le code]

Située à proximité du hameau de Pioffret, cette tourbière de 29 ha inscrite en ZNIEFF est l'une des très rares tourbières de ce secteur. Au plan botanique, la tourbière abrite la seule station limousine de laîche à deux nervures, plante protégée atteignant en Limousin sa limite orientale de répartition, qui se rencontre dans les landes et zones humides de l'ouest de la France. D'autres plantes remarquables des tourbières sont à signaler comme la drosera intermédiaire, protégée en France, le trèfle d'eau ou encore la narthécie des marais. Au plan faunistique, il faut noter la présence de quelques invertébrés dignes d'intérêt comme le papillon miroir ou encore le grillon des marais.

La route des cèdres de Drouilles[modifier | modifier le code]

La route qui conduit au château de Drouilles depuis le village de Belleix, est bordée d'un ensemble de cèdres remarquables, probablement plantés après la Révolution : cèdres de l'Atlas, chênes et châtaigniers en surplomb de la route.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Blond (Haute-Vienne).svg

Les armoiries[36] de Blond se blasonnent ainsi :

D'azur à l'église d'or, au franc-canton d'argent chargé d'un sautoir de gueules cantonné de quatre croisettes pommetées de sable.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florian Baret, « Apports des nouvelles prospections à la connaissance des agglomérations antiques des Lémovices : les exemples de Blond, La Souterraine, Ladapeyre, et Saint-Goussaud », Siècles, nos 33-34,‎ (ISSN 2275-2129, lire en ligne)
  • Bosquet Roland, La Table de Pierre, 2002.
  • Bosquet Roland, Sept Histoires limousines, 1998.
  • Couraud Raymond, « Voies romaines de la Haute-Vienne », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, tome LXXXVIII, 1961.
  • Crédot Roger, Dominique Michel, « Les stations préhistoriques de la commune de Blond (Haute-Vienne) », Revue archéologique du Centre de la France, tome 19, p. 9–16, 1980 - http://www.persee.fr/doc/racf_0220-6617_1980_num_19_1_2274.
  • Daadoun Claude, Mémoires d'un village limousin Blond 1790 - 1795 Chroniques provinciales - Belle Journée en Perspective (ISBN 2-914081-00-6) 1999.
  • Decanter Jacques, « Cahier de doléance de Blond du 4 mars 1789 », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin - tome XCII - 1965.
  • Decanter Jacques, « Notes inédites extraites de la chronique paroissiale de Blond », Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin - tome XCV - 1968.
  • Deffontaines Pierre, « Deux nouveaux dolmens de la région des monts de Blond », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin - 1919.
  • Deffontaines Pierre, « Essai de géographie préhistorique du Limousin et de son pourtour sédimentaire », Annales de géographie, t. 42, no 239, p. 461–476, 1933 - http://www.persee.fr/doc/geo_0003-4010_1933_num_42_239_10378.
  • Delage Franck, « Les Dolmens de la Haute-Vienne », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin - tome LXXXII - 1948.
  • Delage Franck, « Les Dolmens de la Haute-Vienne », Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 19, no 3 - 1922 - http://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1922_num_19_3_11982.
  • Desbordes Jean-Michel, « Les origines de la vie urbaine en Limousin : Ébauche d'une problématique », Revue archéologique du Centre de la France, tome 16, fascicule 3-4, page 221-242, 1977.
  • Desbordes Jean-Michel, « Recherches sur la desserte routière des agglomérations gallo-romaines secondaires en pays lémovice », Siècles - 2011 - http://siecles.revues.org/729.
  • Ghestem Axel, Bio-indication végétale des sites archéologiques en Limousin et en Forêt d’Orléans - Laboratoire de Botanique et de Cryptogamie, Faculté de Pharmacie de Limoges.
  • Hivernaux Albert, Petite histoire de Cieux, de l'âge de pierre à la fin du XIXe siècle, Imprimerie Bontemps, 1976.
  • Hivernaux Albert, Petite histoire d'Oradour-sur-Glane, de la préhistoire à nos jours, Imprimerie Bontemps, 7e édition, 1988.
  • Lecler André, Dictionnaire historique et géographique de la Haute-Vienne : édité par l’abbé Lecler et publié entre 1920 et 1926. C'est un ouvrage de référence dans lequel chacune des communes du département est décrite dans une notice historique accompagnée de la liste des hameaux ou lieux-dits.
  • Maleu Étienne chanoine, Chronique de Maleu de 1316 - traduction de 1847.
  • Morichon René, « L'église de Blond Histoire et description », Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin - 1967.
  • Piel Jean-Luc et Desruisseaux Jean-Luc, « Découverte d'un dolmen dans la région des Monts de Blond », Bulletin de la Société préhistorique française, Études et travaux, tome 62, no 3 - 1965 - http://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1965_hos_62_3_4053.
  • Verynaud Georges, La montagne de Blond et ses bordures occidentale et méridionale - Mémoire DES 1952 - AD 87 I/J 251.
  • Villoutreix Marcel, La toponymie limousine d'origine antique - Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°1er, mars 1999, p. 34-43.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sur Géoportail
  2. a et b Crédot Roger et Dominique Michel, Les stations préhistoriques de la commune de Blond (Haute-Vienne), Revue archéologique du Centre de la France, (lire en ligne)
  3. INSEE, Nomenclature des hameaux, écarts et lieux-dits de la Haute-Vienne, périodiquement établie par l'INSEE, donne la liste de l'ensemble des lieux-dits par département, édition 1951 d'après le recensement de 1946.
  4. a b c d e f g h i j et k Morichon René, L'église de Blond Histoire et description, Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin,
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