Blason de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Armoiries de Paris
Image illustrative de l'article Blason de Paris
Détails
Adoption 1358
1699
1814
1817
1853
Timbre Couronne murale.
Écu De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or.
Soutiens Une branche de chêne à dextre et une de laurier à senestre.
Devise Fluctuat nec mergitur.
Ordres Croix de la Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
Croix de la Libération
Précédentes versions 1848
Usage Mairie de Paris

Le blason de Paris, sous sa forme actuelle, date de 1358, époque où le roi Charles V donna le chef semé de fleurs de lys.[réf. nécessaire]

Description[modifier | modifier le code]

Son blasonnement est :

« De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or »

Le navire représenté est le symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, très importante dans la ville durant l'Antiquité. La devise de la ville, « Fluctuat nec mergitur » (« Il flotte mais ne sombre pas »), est également une référence à ce bateau.

Dans sa représentation complète, il comporte également les décorations que la ville a été autorisée à faire figurer dans ses armoiries[1], la Légion d'honneur (décret du 9 octobre 1900), la croix de Guerre 1914-1918 (décret du 28 juillet 1919) et la croix de la Libération (décret du 24 mars 1945). Il est surmonté d'une couronne murale d'or à cinq tours, et encadré à dextre d'une branche de chêne et à sénestre d'une de laurier. La devise est classiquement inscrite en dessous.

Histoire[modifier | modifier le code]

Armoiries de Paris sur le mur de la station Hôtel de Ville de la ligne 1 du métro

Une nef, ou un vaisseau, paraissent avoir été de tout temps le symbole de la corporation des marchands de l'eau, qui donna ensuite naissance à la municipalité de Paris. On a même pu faire remonter ce symbole aux nautes de Lutèce dès l'époque gallo-romaine, même si sa forme n'a pas toujours été la même.

Une première mention d'armoiries de Paris apparaît dès 1190 lorsque Philippe Auguste, au moment de son départ pour la Terre sainte, donne pour premières armoiries à la ville de Paris[2] :

« un écu dont le champ était de gueules, à la nef d'argent, au chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or »

C'est Saint Louis qui reconnut pour la première fois officiellement le sceau de Paris. Ce sceau permettait de sceller les actes pris par le prévôt des marchands, désigné par ses pairs, les nautes, pour diriger la cité[3].

Sur les sceaux du XIVe siècle, on trouve la légende « Sigillum mercatorum aquæ Parisius », toujours en vigueur jusqu'aux premières années du XVe siècle.

La transformation du sceau en véritable blason représentant un vaisseau surmonté d'un chef de fleurs de lys sans nombre est notamment attestée par les lettres patentes délivrées par Louis XVIII le 20 décembre 1817, qui citent elles-mêmes une ordonnance du 2 février 1699[4], avec pour description[5] :

« De gueules un vaisseau équipé d'argent, soutenu d'une mer de même, un chief d'azur semé de fleurs de lys d'or sans nombre. Lesdites armoiries, surmontées d'une couronne murale de quatre tours, et accompagnées de deux tiges de lys formant supports »

Entre temps, lorsque la Révolution a aboli la noblesse par le décret du 20 juin 1790, elle a simultanément supprimé tous les emblèmes correspondants. La municipalité de Paris a rapidement obtempéré en décidant la suppression de ses propres armoiries dès novembre de la même année.

Il a fallu attendre le Premier Empire pour que les villes soient à nouveau officiellement autorisées à se doter d'armoiries. Pour Paris, cela s'est concrétisé par les « lettres patentes » accordées à la ville de Paris par Napoléon Ier le 29 janvier 1811, dans lesquelles le chef du blason comporte trois abeilles d'or sur fond de gueules en lieu et place des fleurs de lys. On y voit de plus apparaître une étoile d'argent au-dessus de la nef, et la déesse Isis en proue de la nef.

La Restauration, par les lettres patentes de Louis XVIII de 1817, a ensuite rétabli les armoiries de Paris dans leur forme traditionnelle.

De 1848 à 1853, de la Deuxième République au début du Second Empire, le chef d'azur semé de fleurs de lis a été remplacé par un semé d'étoiles. À noter que Napoléon III a permis le retour du chef fleurdelisé de France.

Utilisation actuelle[modifier | modifier le code]

Selon les représentations, on peut remarquer que le navire comporte un seul, deux ou trois mâts, et qu'il est représenté avec ou sans rames. La couronne murale qui le surmonte ne comporte souvent que trois ou quatre tours.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Couleurs de Paris[modifier | modifier le code]

Les couleurs traditionnelles de la ville de Paris sont, de longue date, le rouge et le bleu. Leur apparition officielle remonte à l'année 1358, quand Étienne Marcel, prévôt des marchands, alors en conflit avec le dauphin futur Charles V, fit revêtir à ses partisans des chaperons mi-rouges, mi-bleus[7].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Arrondissements de Paris[modifier | modifier le code]

Image Arrondissement et blasonnement
Blason ville fr Paris 14e (Paris).svg 14e arrondissement de Paris

D'argent à la croix de gueules, sur le tout d'azur aux trois fleurs de lys d'or et au bâton péri en bande de gueules, bordé d'azur aux huit étoiles d'argent[8]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Halay, Paris et ses quartiers, L'Harmattan,‎ 1998 (ISBN 2-7384-6691-5), p. 8.
  2. M. de Saint-Allais, L'art de vérifier les dates des faits historiques..., vol. 5, C-F Patris,‎ 1818, p. 537.
  3. Seine parisienne, Éditions du Pavillon de l'eau, Paris, 2009.
  4. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, éditions de Minuit,‎ 1985 (ISBN 2-7073-1054-9), p. 46
  5. François Rittiez, L'Hôtel de ville et la bourgeoisie de Paris : origines, mœurs, coutumes, institutions municipales depuis les temps les plus reculés jusqu'à 1789, Schlesinger Frères,‎ 1863, p. 64–65.
  6. Historama, no 159, décembre 1964, p.61
  7. Juliette Faure, L'arsenal de Paris : histoire et chroniques, L'Harmattan, coll. « Histoire de Paris »,‎ 2002 (ISBN 2-7475-1616-4), p. 35.
  8. Guide pratique du 14e 2010-2011, page 17

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc Declerck, Les armoiries de Paris : histoire, documents, L'Harmattan, coll. « Histoire de Paris »,‎ 2007 (ISBN 978-2-296-02547-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]