Blanche Reverchon

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Blanche Reverchon
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Pierre Jean Jouve (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychanalyste et psychiatreVoir et modifier les données sur Wikidata

Blanche Reverchon-Jouve est une psychiatre française, psychanalyste et traductrice de Freud, née en 1879 à Paris où elle est morte le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille du médecin genevois Antoine Reverchon (1854-1885) et de Louise née Barbier (1851-1886), Blanche Reverchon s'est trouvée orpheline à l'âge de sept ans.

Elle a fait des études de philosophie, puis de médecine. Elle soutient une thèse de médecine, publiée en 1924 sous l'intitulé Contribution à l'étude des contractures parkinsoniennes[1], puis elle fait une spécialisation en neurologie avec Joseph Babinski. Elle exerce la psychiatrie à Genève et y fréquente les milieux pacifistes, proches de Romain Rolland, et la société des femmes, dont rend compte le roman de Victor Margueritte, La Garçonne, 1922.

En 1921, elle rencontra l'écrivain Pierre Jean Jouve d'abord à Florence, puis à Salzbourg chez Stefan Zweig. Jouve se sépare alors de sa première épouse, Andrée, et ils se marient en 1925.

Découverte de la psychanalyse et parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En 1923, Blanche Reverchon traduit Trois Essais sur la Théorie de la sexualité de Freud, avec l'aide de Bernard Groethuysen. Son père avait assisté aux cours de Charcot en même temps que Sigmund Freud. En 1927, elle rencontre Freud à Vienne, qui lui conseille de devenir psychanalyste[2].

Elle fait une analyse avec Eugénie Sokolnicka, puis avec Rudolph Loewenstein et René Laforgue, trois des fondateurs de la Société psychanalytique de Paris (SPP). Elle rejoint la SPP à partir de 1928, devenant membre titulaire en 1932 ou 1933[3].

Elle exerce comme analyste et subvient ainsi aux besoins du couple qu'elle forme avec Pierre Jean Jouve, constituant avec celui-ci un cénacle d'amis.

En 1950, elle participe au premier congrès, à Paris, de l'Association mondiale de psychiatrie (en), dont Henri Ey est secrétaire général. Lors de la scission de 1953 interne à la Société psychanalytique de Paris, elle démissionne en même temps que Daniel Lagache, Juliette Favez-Boutonier, Françoise Dolto. Ils sont rejoints par Jacques Lacan et créent la Société française de psychanalyse (SFP).

En 1932, elle apparaît comme membre de la section française du Soroptimist International, l'association féministe créée en 1921[4].

Blanche Reverchon, les écrivains et les artistes[modifier | modifier le code]

Elle publie avec Pierre Jean Jouve, Moments d'une psychanalyse dans La Nouvelle Revue française en mars 1933. Elle a considérablement influencé l'œuvre de son mari, Pierre Jean Jouve, qui fit un usage très novateur et très original de la psychanalyse dans d'importants romans (Hécate, 1928 et Vagadu, 1931) et dans ses grands recueils de poèmes (Sueur de Sang, 1933, et Matière céleste, 1937). Elle orienta certainement Jouve vers la lecture des grands mystiques Catherine de Sienne, François d'Assise, Jean de la Croix, Thérèse d'Avila[réf. souhaitée]. Le célèbre avant-propos du recueil Sueur de Sang (1933), intitulé Inconscient, Spiritualité et Catastrophe, doit certainement beaucoup à Blanche Reverchon[5].

Blanche Reverchon a psychanalysé plusieurs artistes, dont le poète anglais David Gascoyne, le compositeur italien Giacinto Scelsi, le peintre Philippe Roman[6] et l'écrivain Henry Bauchau qui la met en scène sous le nom de « la Sybille » dans son roman La Déchirure (1966). Dans son journal et dans son livre posthume Pierre et Blanche (2012), Henri Bauchau donne plusieurs témoignages sur Blanche Reverchon, témoignages qui dressent le portrait d'une personnalité secrète et certainement considérable.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Contribution à l'étude des contractures parkinsoniennes (c.1924) (thèse), notice BNF.
  • Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie de la sexualité, (traduction), Gallimard, les Documents bleus no 1, 1923, traduit de l'allemand par B. Reverchon-Jouve; rééd. Gallimard, coll. «Idées», 1971.
  • Pierre Jean Jouve et Dr. Blanche Reverchon-Jouve, Moments d'une Psychanalyse, La Nouvelle Revue française, no 234, Mars 1933.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice BNF, consultée en ligne le 16.05.15.
  2. Marcel Scheidhauer : Freud et ses visiteurs. Français et Suisses francophones (1920 - 19390), Éditions Erès, Arcanes, 2010, (ISBN 2749212405)
  3. Jean-Pierre Bourgeron, l'auteur de sa notice dans le Dictionnaire international de psychanalyse, évoque une difficulté de datation, due à des rectifications de listes en ce qui concerne la date de son rattachement comme membre titulaire, au plus tard en 1933.
  4. Alain de Mijolla : La France et Freud T.1 1946-1953, éd. Presses universitaires de France, 2012, (ISBN 978-2-13-058295-3)
  5. Voir, par exemple, Daniel Leuwers, Jouve revisité, Revue Europe, no 907-908, novembre-décembre 2004, dossier Pierre Jean Jouve, et Daniel Leuwers, Jouve avant Jouve, Klincksieck, 1984, chapitre « Vers le reniement officiel », p. 289-290.
  6. Philippe Roman sur data.bnf.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Bourgeron, « Blanche Reverchon-Jouve », p. 1483, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Jean Jouve, Tragiques, suivi de Voyage sentimental, Librairie Stock, 1922 et Beau Regard, au Sans Pareil, 1927 : ces œuvres reniées de Jouve ont été rééditées dans Œuvre I (Voyage sentimental) et Œuvre II (Beau Regard), édition de Jean Starobinski, Mercure de France, 1987. Œuvre II contient un témoignage de Jean Wahl sur Blanche Jouve.
  • Pierre Jean Jouve, En miroir, Mercure de France, 1954.
  • Henry Bauchau, La Déchirure, Paris, Gallimard, 1966 ; Bruxelles, Labor, 1986 et 1998.
  • Henry Bauchau, La Grande Muraille, Journal de la déchirure (1960-1965), Arles, Actes Sud, 2005.
  • Henry Bauchau, Pierre et Blanche, souvenirs sur Pierre Jean Jouve et Blanche Reverchon, Arles, Actes Sud, 2012.
  • Daniel Leuwers, Jouve avant Jouve, ou la Naissance d'un poète, Klincksieck, 1984.
  • Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, 2, Paris, Seuil, 1986.

Liens externes[modifier | modifier le code]