Blanche Doumer

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Blanche Doumer
Blanche Doumer en 1931.
Blanche Doumer en 1931.
Épouse du président de la République française
 – 
(10 mois et 24 jours)
Président Paul Doumer
Prédécesseur Jeanne Doumergue
Successeur Marguerite Lebrun
Biographie
Nom de naissance Blanche Richel
Date de naissance
Lieu de naissance Soissons (Aisne)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Paris (Seine)
Conjoint Paul Doumer

Blanche Doumer, née Marie Célinie Blanche Richel le à Soissons (Aisne) et morte le , est l'épouse de Paul Doumer, président de la République française de 1931 à 1932, année où il est assassiné.

Elle est la mère de huit enfants, dont cinq garçons. Quatre d'entre eux sont morts pour la France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Blanche Richel est la fille de Clément Laurent Richel, inspecteur de l'enseignement primaire, et de Clémence Léontine Sampité (1836-1897).

Mariage avec Paul Doumer[modifier | modifier le code]

Maison de la famille Doumer détruite par les Allemands lors de la Première Guerre mondiale (Anizy-le-Château, 1920).

Elle épouse Paul Doumer le . Le couple a huit enfants, dont cinq fils. Lors de la Première Guerre mondiale, quatre d'entre eux sont tués (Marcel, René, André et Armand), puis inhumés au cimetière de Vaugirard.

Marquée par le deuil, Blanche Doumer se fait encore plus austère et sort peu de son domicile[1].

Épouse du président de la République[modifier | modifier le code]

Son époux accède à la présidence de la République le . Devenue Première dame à 72 ans, elle en est toujours à ce jour la plus âgée[réf. souhaitée].

Le président Paul Doumer étant un ascète, méprisant le tabac et l’alcool, et ne cessant de travailler, le couple présidentiel ne se retrouve que le soir, dans les appartements privés de l'Élysée, investis par les époux Doumer et deux de leurs filles, Lucile et Germaine, qui occupent chacune une chambre.

Les époux Doumer, qui conservent leur comportement austère malgré tout le faste du palais présidentiel de l'Élysée, se promènent souvent avec leurs trois filles (Hélène, Lucile et Germaine) qui leur ont donné onze petits-enfants, notamment dans le parc de Saint-Cloud ou au bois de Boulogne. On se plaît à leur trouver une ressemblance avec Philémon et Baucis[2].

Assassinat de son époux[modifier | modifier le code]

Article connexe : Assassinat de Paul Doumer.
Paul Doumer avec ses cinq fils, dont quatre mourront pour la France
(Nadar, 1905).

Le , Paul Doumer se fait tirer dessus par un immigré soviétique, Paul Gorgulov, à l'hôtel Salomon de Rothschild, lors de de l'inauguration d'une vente de livres des écrivains combattants. Le chef de l'État meurt le lendemain des suites de ses blessures.

La dépouille du président est alors pressentie pour entrer au Panthéon, la brutalité de sa mort effaçant sans doute sa courte présidence de onze mois. Son épouse s'y oppose et déclare : « Non, je vous l'ai donné toute sa vie. Laissez-le-moi maintenant[2] ». Il est inhumé près de ses fils au cimetière de Vaugirard. Elle reçoit des lettres de condoléances de nombre de chefs d'États et de personnalités importantes, à l’instar du grand-duc en exil Boris de Russie qui lui écrit, au palais de l’Élysée[3]. Elle lui répond le 9 mai, par télégramme : « Je remercie de tout cœur votre Altesse Impériale de la sympathie qu’elle me témoigne dans ma douleur »[3].

Mort[modifier | modifier le code]

Après les obsèques de son époux, Blanche Doumer s'efface de la vie publique, se retirant dans son appartement du boulevard Delessert (Paris 16e). Elle apparaît cependant lors de l'inauguration du paquebot Le Président-Doumer, en à La Ciotat[4]. Profondément affectée, elle survit moins d'un an à Paul Doumer, s'éteignant le dans une clinique de la rue de la rue Georges-Bizet[5]. Contrairement à ce qu'indique une rumeur tenace, elle ne meurt pas des suites d'un accident de voiture[1].

Tombe de la famille Doumer, au cimetière de Vaugirard (Paris 15e).

La presse lui rend un hommage unanime, Le Figaro notant que « la France entière s'incline avec respect devant une grande Française, une mère admirable, dont les services rendus à la patrie se comptent par autant de deuils »[1],[6]. Après des obsèques en l'église Notre-Dame-de-Grâce de Passy, Blanche Doumer est inhumée dans le caveau familial du cimetière de Vaugirard (Paris 15e)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Amaury Lorin (préf. Jean-Pierre Bel), Une ascension en République : Paul Doumer (1857-1932) d'Aurillac à l'Élysée, Paris, Dalloz (premier prix de thèse du Sénat 2012), coll. « Bibliothèque parlementaire et constitutionnelle », , 601 p. (ISBN 978-2247126040).
  2. a et b Bertrand Meyer-Stabley, Les Dames de l’Élysée. Celles d’hier et de demain, Librairie Académique Perrin, Paris.
  3. a et b « Traces écrites »
  4. « L'inauguration de l’avenue Paul-Doumer », La Croix,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 26 février 2019).
  5. a et b « Mort de Mme Paul Doumer, veuve de l’ancien président de la République », Le Petit Journal,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le 26 février 2019).
  6. « Mme Doumer est morte », Le Figaro,‎ , p. 2 (lire en ligne, consulté le 1er mars 2019).

Articles connexes[modifier | modifier le code]