Blancafort (Cher)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Blancafort
Blancafort (Cher)
L'église de Blancafort.
Blason de Blancafort
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Vierzon
Intercommunalité Communauté de communes Sauldre et Sologne
Maire
Mandat
Pascal Margerin
2020-2026
Code postal 18410
Code commune 18030
Démographie
Gentilé Blancafortais[1]
Population
municipale
1 028 hab. (2018 en diminution de 7,89 % par rapport à 2013)
Densité 16 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 32′ 00″ nord, 2° 31′ 53″ est
Altitude Min. 162 m
Max. 261 m
Superficie 64,35 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Aubigny-sur-Nère
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton d'Aubigny-sur-Nère
Législatives Première circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
Voir sur la carte administrative du Centre-Val de Loire
City locator 14.svg
Blancafort
Géolocalisation sur la carte : Cher
Voir sur la carte topographique du Cher
City locator 14.svg
Blancafort
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Blancafort
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Blancafort

Blancafort est une commune française située dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Blancafort est située à la limite du Berry et de la Sologne, dans ce que l'on appelle le Pays-Fort, sur la Sauldre.

La commune faisait partie du canton d'Argent-sur-Sauldre ; depuis 2015, à la suite du redécoupage des cantons du département, elle fait partie du canton d'Aubigny-sur-Nère[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Blancafort est une commune rurale[Note 2],[4]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Aubigny-sur-Nère, dont elle est une commune de la couronne[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 16 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[7],[8].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (84 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (55 %), prairies (19,2 %), forêts (15,7 %), zones agricoles hétérogènes (9 %), zones urbanisées (1,1 %)[9].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune dépendait jadis de l'abbaye de Saint-Satur et de celle de La Charité.

Les Templiers et les Hospitaliers[modifier | modifier le code]

Une commanderie du Fresne, de l'ordre du Temple puis des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, y existait au XIIe. Voir l'article Blancafort pour des précisions sur l'histoire féodale.

Le canal de la Sauldre[modifier | modifier le code]

Petit canal de la Sauldre à Blancafort.

L'idée de construire un canal a été évoquée dès le début du XVIe siècle par Léonard de Vinci. Alors qu'il résidait au Clos-Lucé d'Amboise, il avait imaginé un canal à travers la Sologne, et jeté sur le papier quelques esquisses à ce sujet. Mais cette réalisation dépassait les possibilités techniques de l'époque.

En 1786, D'Autroche proposa lui aussi la construction d'un canal pour vivifier la Sologne centrale tout comme Lavoisier qui en 1787 émit cette idée : « L'insalubrité de la Sologne tient à l'imperméabilité de son sol. Pour résoudre ce problème, il faut construire un canal qui traverserait cette région, et ainsi, permettre un écoulement de l'eau ».

Mais, le vrai père du canal de la Sauldre est l'ingénieur et mathématicien Adhémar Barré de Saint-Venant. Lors d'un voyage d'étude en Sologne (1826), il fit une découverte : le marnage. Celui-ci permettre l'enrichissement des sols en calcaires puisque la Sologne en est dépourvue. Drainage agricole Le canal de la Sauldre pourra avoir les fonctions suivantes : drainage, irrigation, marnage, transport. Entre et , les crédits alloués permettent de creuser 13 km. Ceux-ci seront malheureusement abandonnés.

Deux mois après la visite du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, le , les travaux reprennent, avec pour seul but le transport de la marne de Blancafort à Lamotte-Beuvron. Au total, il mesure près de 47 km de longueur ; sa largeur est de 9,50 m et sa profondeur moyenne de 1,30 m. Il comporte 22 écluses.

En , le canal est désaffecté. Par un décret-loi du Drainage agricole , il est décidé de supprimer tout crédit d'entretien. Cependant, jusqu'en 1941, un petit trafic persista (bois, cailloux, marne…).

Dès sa naissance, le canal de la Sauldre semblait condamné, concurrencé tout de suite par la voie ferrée Orléans-Bourges, inaugurée en 1847, puis par les routes agricoles établies sous le Second Empire. Le chaulage et l'emploi des engrais chimiques, plus avantageux et moins coûteux, donnèrent sans doute le coup de grâce.

Les marnières[modifier | modifier le code]

En 1869, l'état acquiert les marnières de Launay, qui se situent à Blancafort, et les concède à des exploitants. Après l'extraction de la marne, celle-ci est vendue aux communes de Sologne pour enrichir leurs sols en calcaire.

Sur une période de 16 ans (de 1869 à 1885), les marnières de Launay ont fourni 200 000 m3 de marnes. De 1885 à 1900, époque au cours de laquelle le canal a été prolongé de Launay à l’Hospital, Albert Fernault et son frère ont exploité de nouvelles carrières qu'ils ont acquises, tirant en moyenne 30 000 m3 de marnes par an.

9 bateaux, contenant chacun 50 m3, assurent le transport de la marne. Celle-ci est vendue 1,25 F le m3.

En 1900, les marnières occupent 40 à 50 ouvriers, rémunérés 0,30 F de l'heure. Les bateliers perçoivent 130 à 160 F par mois.

Le moulin du Crot[modifier | modifier le code]

Les archives de la cure de Blancafort (1605) mentionnent le Moulin du Crot. Ce toponyme apparaît sous la forme « Le grand Croc » sur la carte de Cassini.

Le moulin du Crot est une construction datant de 1883 pour la première partie de trois étages, 1887 pour la partie habitation, et 1894 pour la partie garage surmonté d'un étage. Ces dates figurent sur les frontons des bâtiments. Une confusion a pu être faite avec le moulin de Launay qui se trouvait tout proche. Ce moulin qui était déjà en ruine à la suite d'un incendie dans les années 1800 pourrait correspondre. Le Grand Croc qui apparaît sur la carte de Cassini n'a rien à voir puisque c'est un lieu situé à quelques kilomètres à l'Est.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1901   M. Testard    
1906   M. Darchy    
21 mai 1922 15 août 1937 Léon Lasne    
    Philippe Toubeau de Maisonneuve    
Les données manquantes sont à compléter.
2001 2008 Philippe Naudet    
2008 En cours
(au 15 juillet 2020)
Pascal Margerin DVG Ancien cadre
Vice-président de la CC Sauldre et Sologne (2014 → )
Réélu pour le mandat 2020-2026[11],[12]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Dans son palmarès 2016, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué une fleur à la commune au Concours des villes et villages fleuris[13].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15].

En 2018, la commune comptait 1 028 habitants[Note 4], en diminution de 7,89 % par rapport à 2013 (Cher : −2,64 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1581 1581 3321 1631 2191 3141 2341 3141 359
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4001 4351 4981 5061 5041 6511 7161 6701 680
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7251 7351 6691 4491 4261 4461 4101 2341 122
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 0421 0079361 0709919951 0911 1401 064
2018 - - - - - - - -
1 028--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le musée de la Sorcellerie, situé à 11 km à l'est d'Aubigny-sur-Nère, installé sur 1 200 m2, dans les murs d'une vieille ferme, propose la découverte, pendant une heure environ, de l'univers imaginaire et historique des sorcières. Ce musée est devenu, avec plus de 30 000 entrées par an, un des lieux les plus fréquentés du Cher. Il est fermé depuis septembre 2016, faute de repreneur[18] ;
  • Château de Blancafort, maison forte du XVe siècle, entièrement meublée et habitée. Édifiée au XVe siècle par les Boucard, sur l'emplacement d'une ancienne commanderie qui existait déjà au XIIe siècle[19], puis transformée au XVIIe siècle par la famille de Faucon, cette maison forte au bel appareillage de briques s'élève au bord de la Sauldre, dans un site enrichi par un jardin à la française. On y trouve du mobilier et des tapisseries du XVIIe et du XVIIIe siècle. L'ensemble fait l'objet d'une protection partielle au titre des Monuments Historiques, depuis une inscription à l'inventaire supplémentaire en 1926[20] ;
  • Église Saints-Étienne-et-André, cette église du XVe siècle est dotée d'un clocher-porche. De plan trapézoïdal, évasé par devant et qui s'étrécit vers le haut, il est formé de quatre bigues ou poutres. Celui-ci s'élève à une quinzaine de mètres de haut et est couvert d'ardoise. Cette configuration forme une sorte de gueule ouverte où se trouverait la porte d'entrée de l'église. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1926[21] ;
  • Premier centre géographique de l'euro et monument de l'euro. Le , l'IGN a annoncé officiellement que le centre des 11 pays ayant choisi l'euro était situé à Blancafort aux coordonnées du point : x= 618.952 y=2282.849 représenté par une borne géodésique. Étant donné que celui-ci se situe sur les terres de la ferme La Grande Roche, un monument a été édifié sur les bords du canal de la Sauldre pour symboliser le centre de la zone Euro. Le , avec l'entrée de la Grèce dans la zone euro, c'est Montreuillon qui devint le centre géographique de la zone euro ;
  • Canal de la Sauldre ;
  • Château de l'Hospital-du-Fresne.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blancafort
Blason de Blancafort Blason
Les armes de Blancafort se blasonnent ainsi :
Parti : au premier d'azur aux onze besants d'or ordonnés 3, 3, 3 et 2, au second d'argent au cerisier de sinople fruité de gueules, au chef du même chargé d'une étoile de six rais d'or[22].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Alias
Alias du blason de Blancafort
Parti, au premier de gueules à une corne d'abondance au naturel, au second d'argent à un cerisier (ou un arbre) arraché au naturel, au chef d'azur chargé d'une étoile à six rais d'or.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Fabrique de pâte feuilletée société François ;
  • Production européenne de volailles (groupe Doux) : 5 000 dindes sont abattues, désossées et conditionnées chaque jour ; Maintenant, "Les volailles de Blancafort"
  • Blanca-Graphic : vente d'appareils de numérotation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 47° 30′ 57″ N, 2° 33′ 05″ E.
  2. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  3. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le gentilé de la commune sur habitant.fr
  2. Décret no 2014-206 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Cher
  3. Émile de Toulgoët-Tréanna, « Les commanderies de Malte en Berry », Mémoire de la Société des Antiquaires du Centre, vol. XXXIV,‎ , p. 218-234, lire en ligne sur Gallica.
  4. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  6. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  7. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  9. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  10. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  11. « À Blancafort, Pascal Margerin se lance dans une dernière campagne pour les municipales : Pascal Margerin, 56 ans, retraité du médico-social et maire (divers gauche) de Blancafort depuis 2008, veut rempiler pour un troisième mandat », Le Berry républicain,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Il a été élu maire à l’issue du conseil municipal d’installation : Pascal Margerin entame son troisième mandat à la tête de la commune. Il s’est entouré de quatre adjoints », Le Berry républicain,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Site des villes et villages fleuris, consulté le 23 décembre 2016.
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  18. Pas de baguette magique pour le Musée de la Sorcellerie ?, Mag'Centre, 22 août 2016
  19. https://monumentum.fr/chateau-hospital-du-fresne-ancienne-commanderie-templiers-pa18000024.html
  20. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA18000024
  21. Notice no PA00096651, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=852

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]