Blanc honoraire

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Le statut de Blanc honoraire était accordé par le régime d'Apartheid en Afrique du Sud à certaines personnes non-blanches, leur permettant, via une sorte de dérogation, d'avoir les mêmes droits que les blancs (par exemple de se rendre dans les lieux publics réservés à ceux-ci). Le statut pouvait être accordé à un peuple entier (les Japonais) comme à des personnes individuellement.

Japonais[modifier | modifier le code]

Les Japonais furent les principaux bénéficiaires de ce statut. Cela fait suite à un accord commercial important signé dans les années 1960, par lequel Yawata Iron & Steel Co (aujourd'hui Nippon Steel) s'engageait à acheter en Afrique du Sud 5 millions de tonnes de fonte brute par an pendant 10 ans. Un accord aussi important impliquait des visites régulières de cadres japonais dans le pays, le premier ministre Hendrik Verwoerd estima qu'il serait peu commercial de les soumettre aux mêmes restrictions que les autres gens de couleur.

Dès lors, fut accordé à tous les Japonais le titre de blancs honoraires, ce qui leur donnait par exemple accès aux beaux-quartiers, restaurants, cimémas et parcs réservés aux blancs.[1]

Chinois[modifier | modifier le code]

Les Chinois, moins nombreux dans le pays que les Japonais (7000 vers cette époque) ressentirent le privilège accordé aux Japonais comme une injustice franche et massive.

En 1984, finalement, les Chinois résidant en Afrique du Sud (devenus 10 000 entretemps) se voient enfin accorder le même statut que les Japonais.

Autres Asiatiques[modifier | modifier le code]

À la fin du régime d'apartheid, nombre de travailleurs venant d'Asie (Taiwan, Corée...) reçurent ce statut.

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Des personnes reçurent individuellement ce statut. Ce fut notamment le cas de joueurs d'origine maori ou samoane jouant dans l'équipe des All Blacks ; ce statut leur permettait de jouer contre l'équipe (blanche) d'Afrique du Sud, les Springboks. Même principe pour l'équipe indienne de cricket, ou pour Evonne Goolagong Cawley, joueuse de tennis australienne d'origine aborigène.

L'écrivain noir Guyanais E. R. Braithwaite bénéficia aussi de ce statut, ce qui lui inspira un livre : “Honorary white” : a visit to South Africa.

Les représentants de la Banque Mondiale et du FMI, même les ressortissants d'Afrique tropicale, bénéficiaient également de ce statut.[réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Adovi John Bosco Adotevi, L'Apartheid et la société internationale, Les Nouvelles éditions africaines p. 85