Biram Dah Abeid

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Biram Dah Abeid
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Biram Dah Abeid

Nom de naissance Biram ould Dah ould Abeid
Naissance (52 ans)
Rosso (Mauritanie)
Nationalité Mauritanienne
Activité principale
Formation

Biram Dah Abeid est un militant Mauritanien des droits de l'homme, figure emblématique de la lutte contre l'esclavage.

En 2008, il fonde l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA). Emprisonné à plusieurs reprises, il a reçu en 2013 le prix des droits de l'homme des Nations unies. Le militant obtient 8,67 % des suffrages lors du 1er tour de l'élection présidentielle mauritanienne de 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Biram Dah Abeid fait partie de la caste des Haratins, des Maures noirs descendants d'esclaves. Son père a été affranchi par le maître de sa grand-mère est né libre[1]. Biram Dah Abeid est le premier enfant de sa famille à être scolarisé. Il intègre l'université, où il étudie le droit et l'histoire. Il consacre sa thèse à l'esclavage, une pratique interdite, sans peine assortie, depuis 1981 et à plusieurs reprises depuis lors[2] en Mauritanie mais toujours répandue dans le pays[3]. Après ses études, il commence à militer au sein de l'ONG antiesclavagiste SOS Esclaves[4].

En 2008, il fonde l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), qu'il définit comme « une organisation de lutte populaire »[4], et dont il est le président[5]. Il est condamné à une peine de prison puis gracié en février 2011 par le président Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz[5],[6]. En avril 2012, durant une manifestation se déroulant à Nouakchott, il brule des textes de droit de l'école malikite, l'une des écoles du droit musulman qui selon lui encourage la pratique de l'esclavage. Il est emprisonné avec d'autres militants de l'IRA et accusé de porter atteinte à la sûreté de l'État. L'ONG présente ses excuses pour l'incident, qui choque l'opinion et la presse du pays[5],[7]. Après plusieurs mois de détention préventive et l'annulation de leur procès pour vice de forme par la cour criminelle de Nouakchott, Biram Dah Abeid et ses codétenus sont libérés en septembre 2012[8].

Discours de Biram Dah Abeid à Bordeaux, le 4 février 2017, à l'occasion de la remise du prix Mémoires partagée par l'association internationale Mémoires et Partages.

En 2013, Biram Dah Abeid reçoit le Front Line award for Human Rights Defenders at Risk de l'ONG irlandaise Front Line Defenders[1] et fait partie des six lauréats du prix des droits de l'homme, décerné tous les cinq ans par l'Organisation des Nations unies à des personnes ou associations ayant œuvré pour la défense des droits de l'homme[9],[10]. Biram Dah Abeid se présente à l'élection présidentielle mauritanienne de 2014. Au 1er tour, il se classe second et obtient 8,6 % des suffrages. Le président sortant est réélu avec 81 % des voix dans des élections boycottées par la Coordination de l'Opposition Démocratique. En novembre 2014, le militant est de nouveau arrêté, avec neuf autres membres de l'IRA, après avoir pris part à une caravane contre l’esclavage. Il est condamné le 15 janvier 2015 à une peine de 2 ans de prison ferme pour « appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique »[11]. Le 13 août 2015, une loi pénalisant l'esclavage entre enfin en vigueur en Mauritanie[12], la pratique reste malgré tout répandue dans le pays. Ils seraient 150.000 selon l'IRA en 2014[13].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

2013 - Front Line award for Human Rights Defenders at Risk remis par l'ONG irlandaise Front Line Defenders.

2013 - Prix des droits de l'homme remis par l'ONU.

2017 - Prix Mémoires partagées[14], remis par l'association international Mémoires et Partages.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Angélique Mounier-Kuhn, « L’esclavage, une survivance tenace », Le Temps,
  2. "En Mauritanie, les filles esclaves de 9 ans sont violées par le maître, ses fils, son chauffeur ou son hôte de passage", Dorian de Meuûs, La Libre Belgique, 25 février 2017
  3. Jean-Baptiste Naudet, « Esclavage : le Spartacus mauritanien », L'Obs, no 2613,‎ , p. 58 à 63 (ISSN 0029-4713, lire en ligne)
  4. a et b « Il lutte contre la justification religieuse de ce crime: il est passible de la peine de mort », La Libre Belgique,
  5. a, b et c Christophe Châtelot, « En Mauritanie, les autorités campent dans le déni de l'esclavage », Le Monde,
  6. (en) Christophe Châtelot, « Anti-slavery campaigner arrested in Mauritania », The Guardian Weekly,
  7. (en) Tom Little, « Mauritanian activist sparks religious storm », BBC News,
  8. Justine Spiegel, « Lutte contre l'esclavage en Mauritanie : Biram Ould Abeid sort de prison, le Coran à la main », Jeune Afrique,
  9. (en) Tisha Lewis, « Human rights prize winner visits Chicago », Fox Broadcasting Company,
  10. (en) « Pakistani activist Malala Yousafzai among winners of 2013 UN human rights prize », UN News Center,
  11. « Mauritanie : Dah Ould Abeid et 2 autres militants anti-esclavagistes condamnés à 2 ans de prison », sur Jeune Afrique,
  12. « Mauritanie : une experte de l'ONU salue l'adoption d'une nouvelle loi contre l'esclavage », sur www.un.org, (consulté le 21 août 2015)
  13. Damien Roustel, « Mauritanie : ces Spartacus qui gênent le pouvoir », L'Humanité,
  14. « FRANCE – Biram DAH ABEID reçoit le Prix « Mémoires Partagées » – Courrier des Afriques », sur www.courrierdesafriques.net (consulté le 12 février 2017)