Bin Ladin Determined To Strike in US

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Bin Ladin Determined To Strike in US (littéralement « Ben Laden déterminé à frapper aux États-Unis »[1]) était le President's Daily Brief du 6 août 2001, rédigé par la CIA et transmis à George W. Bush, alors président des États-Unis. Trente-six jours avant les attentats du 11 septembre 2001, ce document l'avertissait de menaces terroristes provenant d'Oussama ben Laden et de son organisation al-Qaïda[2].

President's Daily Brief (2001)[modifier | modifier le code]

Le President's Daily Brief (PDB) est un document présenté chaque matin au président des États-Unis, contenant un résumé d'informations classifiées en lien avec la sécurité nationale, collectées par différentes agences de renseignement américaines.

Celui du 6 août 2001, intitulé Bin Ladin Determined To Strike in US, a été transmis par la CIA au président George W. Bush, qui était en vacances au Prairie Chapel Ranch (en), son ranch situé à Crawford au Texas[3].

Le mémo, en une page et demie[4] et 17 phrases[5], fait référence à des attentats que l'organisation de ben Laden a organisés par le passé :

Fuite (2002)[modifier | modifier le code]

L'existence de ce document est restée secrète jusqu'à ce qu'elle ne fuite en 2002[3]. CBS Evening News a rendu compte de ce document le 15 mai[2] et le Washington Post a fait sa une sur le sujet le 18 mai[6].

Commission Kean (2004)[modifier | modifier le code]

La commission Kean a demandé au président Bush la déclassification du document, mais celui-ci a dans un premier temps refusé. La commission a dû menacer de recourir à un subpoena[7],[8] pour le faire céder[9]. Le document fut donc déclassifié le 10 avril 2004 pour être communiqué à la commission, qui l'a publié dans son rapport final le 22 juillet 2004[10]. Selon l'association National Security Archive, le président Bush est le premier président en fonction à avoir communiqué un de ses President's Daily Briefs au public[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

Condoleezza Rice, qui était conseillère à la Sécurité nationale au moment du mémo et lors des attaques du 11 septembre 2001, a soutenu lors de son témoignage devant la commission Kean le 8 avril 2004, que contrairement à des affirmations répétées[11], le document n'avertissait pas le président d'une nouvelle menace spécifique à l'intérieur du pays, mais contenait seulement un rappel d'informations déjà connues et concernant d'autres parties du monde. Richard Ben-Veniste (en), qui l'interrogeait pour la commission, a néanmoins mis l'accent sur le titre lui-même du mémo, qui suggérait bien une attaque domestique[12] :

« BEN-VENISTE: Isn't it a fact, Dr. Rice, that the Aug. 6 P.D.B. warned against possible attacks in this country? [...]
RICE: You said did it not warn of attacks. It did not warn of attacks inside the United States. It was historical information based on old reporting. There was no new threat information. And it did not, in fact, warn of any coming attacks inside the United States.
 »

Censure[modifier | modifier le code]

David Naccache, responsable du département de recherche en sécurité chez Gemplus, et Claire Whelan, étudiante en informatique à l'Université de la ville de Dublin, ont analysé un passage censuré dans le document :

« An Egyptian Islamic Jihad (EIJ) operative told an [censuré] service at the same time that Bin Ladin was planning to exploit the operative's access to the US to mount a terrorist strike »

et ont présenté le résultat de leurs recherches en mai 2004 à Eurocrypt (en), une conférence de cryptologues, qui se tenait à Interlaken en Suisse. Ils ont déterminé avec un haut degré de confiance que le mot censuré dans la phrase était « Egyptian »[13].

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Bin Ladin Determined To Strike in US » (voir la liste des auteurs).

  1. « Le texte du mémorandum remis à Bush le 6 août 2001 », sur L'Obs, .
  2. a, b et c (en) Thomas S. Blanton, « The President's Daily Brief », National Security Archive, .
  3. a et b (en) Paul Thompson, The Terror Timeline (en), HarperCollins, (ISBN 0-06-078338-9), p. 100.
  4. (en) Fred Kaplan (en), « The Out-of-Towner: While Bush vacationed, 9/11 warnings went unheard », sur Slate, .
  5. (en) Douglas Jehl et David E. Sanger (en), « Pre-9/11 Secret Briefing Said That Qaeda Was Active in U.S. », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  6. (en) Bob Woodward et Dan Eggen, « Aug. Memo Focused On Attacks in U.S. », The Washington Post,‎ , A1 (lire en ligne).
  7. (en) Philip Shenon, « 9/11 Panel Threatens to Issue Subpoena for Bush's Briefings », The New York Times,‎ , A16 (lire en ligne).
  8. (en) Michael Isikoff, « Terror Watch: Extraordinary Measures », Newsweek,‎ (lire en ligne).
  9. (en) Rahul Sagar, Secrets and Leaks: The Dilemma of State Secrecy, Princeton, Princeton University Press, , 2e éd. (1re éd. 2013) (ISBN 978-0-691-16818-0), p. 85.
  10. (en) Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, The 9/11 Commission Report: Final Report of the National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States, Bureau d'impression du gouvernement des États-Unis, (ISBN 0-16-072304-3, lire en ligne), « The System was Blinking Red », p. 261–262.
  11. (en) Douglas Jehl, « A Warning, but Clear? White House Tries to Make the Point That New Details Add Up to Old News », The New York Times,‎ , A13 (lire en ligne).
  12. (en) Antonia Felix, Condi: The Condoleezza Rice Story, Newmarket Press, (ISBN 1-55704-675-1), p. 228–229 : « Condi stressed that the administration did not anticipate any strikes within the country, but was focused on terrorist activities in other parts of the world. Commission member Richard Ben-Veniste brought the subject back to the memo, however, to point out that its very title pointed to a domestic attack. ».
  13. (en) John Markoff, « Illuminating Blacked-Out Words », The New York Times,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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