Bijou de fantaisie

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Ras-de-cou et boucles d'oreille en perles (Swarovski, rocailles), artisanat.

Le bijou, défini dans le Larousse comme « objet de parure précieux par la matière ou par le travail » [1],[2], se classifie aujourd'hui selon deux domaines :

  • le bijou composé de matériaux précieux avec ou sans gemmes (pierres précieuses, pierres fines, perles ou divers minéraux) ;
  • le bijou composé de matériaux semi-précieux et/ou avec toutes sortes de matériaux (argent, cuivre, laiton, aluminium, résine, pâte, terre...)

le bijou fantaisie [3],[4] est généralement un objet artisanal unique ou réalisé en série limitée, et se fabrique par un bijoutier ou un bijoutier-joaillier pour exemples. Le bijou fantaisie, ou bijou de création, est une réalisation qui fait appel à l'imagination (fantaisie) [5] du fabricant qui le réalise principalement à la main. Un bijou fantaisie peut être un article de bijouterie contenant des pierres, des pierres artificielles, telles que pierres précieuses artificielles, des diamants ou diamants de synthèse et autres, ainsi que des matériaux tels que du cuir, du tissu, du fil, de la résine... Pour les petites entreprises artisanales, la fabrication du bijou fantaisie se doit d'être majoritairement effectuée manuellement [6], d'où l'expression si souvent rencontrée "Fait-Main" voire même "Fait avec amour" pour valoriser le travail de fabrication minutieux, technique...

Le bijou de masse - précieux, semi-précieux ou non précieux - n'est pas un domaine à part entière mais une méthode de fabrication. Il est fabriqué de façon industrielle et à grande échelle. C'est un bijou produit en quantité massive visant une rentabilité maximale : un coût des matériaux bas, un temps de fabrication très court et très souvent une main d’œuvre bon marché.

Il est courant de voir des confusions entre ces domaines avec le raccourci : « Tout ce qui n'est pas précieux est fantaisie ». L'expression est désuète désormais, passée de mode, puisque toute création vient de l'imaginaire du créateur. Ce qui est fantaisie peut être précieux au sens littéral et/ou précieux au sens socio-affectif [7].

L'exploitation de nouvelles matières de la part d'artistes, de designers et même de bijoutiers aboutira, à la suite de recherches approfondies, à de nouvelles techniques de mise en œuvre. Le travail des formes, d'associations de matières, de couleurs, des textures amène une nouvelle dimension au bijou. Ce dernier devient une œuvre d'art à part entière.

Parallèlement l'industrialisation va permettre la production intensive de bijoux bon marché.

Les bijoux sont des accessoires de mode de styles variés. Ils sont adjoints au vêtement principal afin d’en souligner certains traits ou de le modifier.
Comme les vêtements, les accessoires de mode ont, simultanément, une fonction utilitaire et une fonction sociale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le bijou existe depuis presque autant de temps que le vêtement. D’abord en tant qu’ornement afin d’agrémenter la tenue. De nature religieuse ou esthétique, ces objets se sont sophistiqués avec les techniques successives de fixation pour enfin sacraliser le mot bijou.
Des coquillages percés retrouvés en Israël, au Maroc et Afrique du Sud, nous montrent que le bijou date de plus de 100 000 ans. Rustiques au départ, les parures étaient en os ou en dents d’animaux, puis en pierre et en ambre.
Les Celtes seront le premier peuple à être réputé pour la qualité de ses parures et de ses bijoux.

Après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Ce n’est qu’après la Première Guerre mondiale, avec l’ère du pétrole, du fordisme et l’apparition de la production en série, que les bijoux et parures deviennent moins « symboliques » et leur usage moins « codifié ». En effet, maintenant accessibles à tous, les bijoux étaient à l’époque, un moyen de distinguer les rangs de classes sociales. Ainsi, on pouvait reconnaître de quelle classe provenait telle personne et l’ornement était considéré comme luxueux.

Par ailleurs, la Première Guerre mondiale est un tournant capital dans l'histoire du bijou car l'or est récupéré par les gouvernements pour participer à l'effort de guerre. Les artisans sont mobilisés ou reconvertis dans l'industrie des armes. Les bijoux subissent le même sort et sont élaborés avec des métaux simples (fer, cuivre, aluminium…). Les bijoux d’antan, créés à base de métaux précieux prennent une signification encore plus grande du fait des séparations définitives ou non, dues à l'époque.

Contexte favorable, résultat du choc des deux guerres[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale paralyse de nouveau l'industrie du bijou. Les bijoux simples réapparaissent ; des bijoux patriotiques, aux emblèmes des régiments ou des unités des soldats, sont même fabriqués. Les mœurs changent avec la violence de la guerre et le rôle social des femmes prend une place déterminante (elles sont dans les usines et les hommes à la guerre). De nouveaux matériaux apparaissent et des anciens matériaux sont réutilisés.

Le choc de cette guerre et le nouveau rôle social des femmes dans ce contexte influent sur la mode en général, la conception et la fabrication des bijoux, qui deviennent plus stylisés sous l'impulsion de la mode Art déco notamment. L'essor des nouveaux matériaux (bakélite, maillechort) et le retour de plus anciens (marcassite, étain) redonnent un nouvel élan où les « faux bijoux » (car ils n’utilisaient pas de matériaux précieux, mais ressemblaient à des bijoux de luxe) ne sont plus des tentatives d'imitation mais bien des bijoux à part entière : ils ont peu à peu leur propre identité et s’inscrivent dans une nouvelle mode particulière (exemple : la mode Art), avec leurs couleurs et formes propres. L’introduction du terme « bijou fantaisie » apparaît enfin.

Les Trente Glorieuses[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le niveau de vie s'améliore doucement avec le plein emploi et l'augmentation des salaires, et les bijoux reprennent leur place dans la vie quotidienne.

Depuis les années 1950, on peut distinguer clairement trois grands secteurs :

  • la joaillerie, qui fabrique des pièces uniques ou en série limitée dans des matériaux prestigieux ;
  • la bijouterie[8] fantaisie, qui produit des pièces en série, profitant des nouveaux matériaux comme le plastique, le polyester, les résines synthétiques ;
  • la bijouterie artisanale parfois appelée bijouterie d'apparat, qui fabrique des pièces uniques ou en série limitée.

Les matières utilisées dans les bijoux fantaisie[modifier | modifier le code]

Coquillage : Nacre

Différents types de matières permettent la fabrication de perles, breloques et divers accessoires :

Depuis le décret de , les appellations « pierre précieuse », « pierre fine » et « pierre ornementale » sont interdites en France. Ces trois anciennes catégories sont regroupées sous l'appellation unique de « gemmes ».

Quelques exemples de pierres gemmes[modifier | modifier le code]

pierre d'agate
  • Le diamant, transparent (bleu pâle, blanc très transparent et brillant…)
  • L'émeraude, transparente (vert foncé)
  • Le rubis, transparent (rouge à écarlate)
  • Le saphir, transparent (bleu clair à moyen)
  • Le grenat, translucide (rouge, marron, vert ou violet)
  • La topaze, transparente (bleu clair à foncé)
  • L'agate, translucide (rayée marron, bleu, blanc, rouge)
  • L'ambre, transparent (diverses nuances de jaune ou d'or)
  • Le corail rouge, opaque (rouge écarlate)
  • Le jade, translucide (vert pâle, foncé, vert et blanc)
  • Le jais, opaque (noir)
  • La jaspe, opaque (bleu, avec reflet noir à marron)
  • L'onyx, transparent (noir pur, blanc pur, ou bandes)
  • La perle, translucide (blanc, jaune, rose, noire)
  • La turquoise, opaque (bleu-vert pâle)

Salons / Expositions[modifier | modifier le code]

Quelques salons internationaux sont dédiés aux bijoux fantaisie :

Plateformes en ligne :

Créateurs et producteurs de bijoux fantaisie[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

International[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique), « Bijou », sur CNRTL (Le Centre national de ressources textuelles et lexicales) (consulté le 26 février 2020)
  2. « Bijou, bijoux », sur Larousse
  3. Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), « 32.13Z-Fabrication d'articles de bijouterie fantaisie et articles similaires », sur insee.fr (consulté le 26 février 2020) : « 32.13Z : Fabrication d'articles de bijouterie fantaisie et articles similaires. Cette sous-classe comprend :
    • la fabrication de bijoux de fantaisie :
      • bagues, bracelets, colliers et articles de bijouterie fantaisie similaires en plaqués ou en doublés de métaux précieux sur métaux communs
      • articles de bijouterie contenant des pierres artificielles, telles que pierres précieuses artificielles, diamants de synthèse et autres
    • la fabrication de bracelets de montres en métal (à l'exception des métaux précieux)
    Cette sous-classe ne comprend pas
    • la fabrication d'articles de bijouterie en métaux précieux, en plaqués ou en doublés de métaux précieux (cf. 32.12Z)
    • la fabrication d'articles de bijouterie contenant des pierres précieuses authentiques (cf. 32.12Z)
    • la fabrication de bracelets de montres en métaux précieux (cf. 32.12Z) »
  4. Mission Etalab, Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (DINSIC)., « Liste des Codes Nomenclature D’Activité Française (NAF) », sur entreprise.data.gouv.fr (consulté le 26 février 2020)
  5. CNRS (Centre national de la recherche scientifique), « Fantaisie », sur CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) (consulté le 26 février 2020) : « « Faculté imaginative, pouvoir d'invention d'un artiste, d'un écrivain, etc. Fantaisie pure, fantaisie d'artiste, du peintre, du poète, art et fantaisie. Synon. créativité. » « Qualité d'une personne qui se singularise par son esprit imaginatif et un comportement imprévu et amusant. » »
  6. Ministère de l'Action et des Comptes Publics, « Exonération en faveur des artisans et façonniers », sur Bulletin Officiel des Finances Publiques - Impôts, https://bofip.impots.gouv.fr/ (consulté le 26 février 2020) : « ... en faveur des artisans et façonniers 10 En vertu du 1° de l'article 1452 du CGI, les ouvriers travaillant soit à façon pour les particuliers, soit pour leur compte avec des matières leur appartenant, qu'ils aient ou non une enseigne ou une boutique, sont exonérés de CFE lorsqu'ils travaillent seuls ou avec le seul concours d'une main d'œuvre familiale ou d'apprentis sous contrat. Ces dispositions sont applicables, sous les mêmes conditions, aux sociétés à responsabilité limitée dont l'associé unique est une personne physique, soumise à l'impôt sur le revenu, conformément au 4° de l'article 8 du CGI. A. Définition 20 Conformément à la doctrine administrative et à la jurisprudence du Conseil d'État, les ouvriers s'entendent des travailleurs indépendants remplissant les trois conditions suivantes. 1. Exercer une activité où le travail manuel est prépondérant 30 Compte tenu de l'évolution de la technique, il convient d'apprécier d'une manière libérale cette condition et de considérer qu'elle n'exclut pas l'utilisation d'un certain outillage mécanique. L'exonération peut donc être accordée aux artisans qui s'aident de quelques machines pour la préparation de la matière première ou le finissage du produit de leur travail... »
  7. « CNRS », sur CNRTL (consulté le 26 février 2020)
  8. CNRS, « Bijouterie », sur CNRTL (consulté le 2 mars 2020)
  9. « Bijoux », sur Pinterest (consulté le 26 février 2020)
  10. « Bijoux fantaisie », sur Pinterest (consulté le 26 février 2020)
  11. « Bijoux Fait-Main », sur Pinterest (consulté le 26 février 2020)
  12. « Bijoux fantaisie », sur Etsy
  13. « Bijoux fantaisie fait-main » (consulté le 26 février 2020)
  14. « Bijoux » (consulté le 26 février 2020)
  15. « Bijoux fantaisie » (consulté le 26 février 2020)

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Stephen O'Keefe, Les techniques de la bijouterie, Le Geste Et L'outil, édition Eyrolles, 2005
  • Madeleine Coles, Bijouterie, Deux livres en un, édition Eyrolles 2000
  • Jacqueline Viruega, La bijouterie parisienne 1860-1914, Histoire de Paris, édition L'harmattan, 2004
  • Ann Mitchell, Karen Mitchell, Bijoux de fantaisie 101, édition Ada Eds
  • Judith Miller, Les bijoux : Bijoux fantaisie de collection, Gründ, 2007
  • Eliz’art, Bijoux ethniques, En pâte polymère et matériaux naturels, édition Guide Broché
  • Barbara Cartlidge, Les bijoux au XXe siècle, Paris, édition Payot, , 239 p. (ISBN 2-228-00110-4)
  • Claude Mazloum, Designer Jewellery. The word's top artists, Rome, Gremese International, (ISBN 88-7301-021-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]