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Bijou fantaisie

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Ensemble de bijoux fantaisie de la marque Ben-Amun

Un bijou fantaisie est un bijou conçu avec des matériaux ordinaires. A la différences des joyaux, il ne contient ni métal précieux, ni pierre précieuse, ni perle[1]. Les bijoux fantaisie impliquent le plus souvent un métal ou alliage courant (notamment le laiton, l'aluminium ou le cuivre) mais peuvent être constitués de toute autre matière abondante (bois, ambre, strass, matières plastiques, etc.).

Apparus en Europe vers la fin du XVIIIe siècle dans le but d'imiter les bijoux de grande valeur, les bijoux fantaisie ont connu un essor considérable en tant qu'accessoire de mode durant les Années Folles. Moins chers à produire et souvent plus audacieux que les bijoux traditionnels, ils permettent une grande liberté d'expression et constituent de nos jours une catégorie de la bijouterie à part entière. Le marché des bijoux fantaisie regroupe désormais plusieurs segments, allant d'objets très bons marché produits en masse à des modèles haut de gamme réalisés par des artisans indépendants ou des maisons de haute couture. Plutôt destinés à un usage temporaire, le prix abordable de ces bijoux permet de les adapter au dernier style à la mode, parfois au détriment de leur durabilité.

Terminologie

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Le droit français entend par bijou fantaisie tout article de bijouterie ne contenant ni pierre gemme, ni perle, ni métal précieux[1]. Les bijoux ne contenant qu'une faible quantité de métal précieux (par exemple sous forme de métal plaqué ou doublé) sont parfois également considérés comme des bijoux fantaisie.

Les termes bijou d'imitation et faux bijou se réfèrent aux bijoux fantaisie ayant pour vocation de ressembler à des bijoux précieux[2].

L'appelation haute fantaisie désigne le segment haut de gamme des bijoux fantaisie[3]. Cette désignation aux contours flous regroupe notamment les pièces émanant de grandes marques du luxe ainsi que les bijoux réalisés par des artisans indépendants.

Enfin, la notion de bijou de couture désigne les bijoux conçus en tant qu'accessoires de mode par les maisons de haute couture. Ces bijoux ont la particularité d'être produits en masse, tout en bénéficiant du prestige des grands noms du luxe.

Repères historiques

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Jusqu’au XVIIIe siècle, les bijoux sont des pièces rares et chères, uniquement accessibles aux plus riches. Les premiers bijoux d'imitation apparaissent vers le milieu du siècle pour permettent aux plus fortunés d’emporter en voyage des copies de leur bijoux et de laisser les originaux au coffre, améliorant ainsi leur sécurité sur les routes encore peu sûres du royaume. Pour répondre à la demande croissante, la corporation des bijoutiers faussetiers voit le jour en 1767 et compte rapidement plusieurs centaines d'artisans[4]. La confection des premiers bijoux d’imitation s’appuie sur plusieurs innovations techniques, notamment l’invention du strass en 1746 et le développement de plusieurs alliages ressemblant à l’or (pinchbeck, similor) ou à l’argent (ruolz, maillechort). L'invention du métal plaqué, doublé ou doré date également de cette époque[5].

Femme portant une parure de corail, vers 1807.

En France, la Révolution française provoque au tournant du siècle d'importantes secousses dans le monde de la bijouterie. La pénurie des matières précieuses ainsi que la fuite massive des aristocrates contribue au développement de bijoux plus sobres et confectionnés avec des matériaux moins nobles, tels que l’émail ou le verre[6]. Certains bijoux deviennent emblématiques des classes laborieuses, par exemple les poissardes, démocratisées par les vendeuses de marée parisiennes et qui deviendront un motif populaire dans les campagnes.

L'essor du bijou fantaisie se poursuit au XIXe siècle, notamment grâce aux progrès techniques permis par la Révolution industrielle et l'utilisation des pierres fines[7]. La production d'acier de bonne qualité conduit à l'apparition de bijoux dans ce matériau, notamment en Allemagne. Certains étapes jusqu'alors artisanales passent à l'échelle industrielle, notamment la galvanoplastie pour le placage des métaux précieux[8].

L'augmentation graduelle du niveau de vie et la réduction des coûts permise par la production en série rend progressivement les bijoux fantaisie accessibles à tous. Ainsi, dès le début du XXe siècle, ces bijoux bon marché sont largement répandus dans les campagnes et au sein de la classe ouvrière[7].

Le début du XXe siècle est également marqué par l’apparition de nouvelles techniques d'imitation des pierres précieuses. D’une part, le procédé Verneuil, inventé en 1902, permet de synthétiser les premiers rubis artificiels. D’autre part, on observe l’émergence des pierres composites, assemblage d’une couronne en pierre véritable et d’une culasse en matériau de moindre valeur afin d’augmenter artificiellement la taille de la gemme[9].

Vers le milieu des années 1920, Coco Chanel et Elsa Schiaparelli sont les premières à commercialiser des bijoux fantaisie en tant qu’accessoires de mode : c’est la naissance du bijou de couture. Tandis que les créations de Chanel sont inspirées des bijoux baroques ou byzantins, le style Schiaparelli est empreint de surréalisme, influencé notamment par André Breton, Salvador Dali et Jean Cocteau. D’autres enseignes du luxe suivent rapidement cette tendance, notamment Miriam Haskell (en) et Hattie Carnegie aux Etats-Unis.

Jane Russell et Marilyn Monroe dans Les hommes préfèrent les blondes (1953)

A partir des années 1940, l’industrie du cinéma américain contribue également à démocratiser les bijoux fantaisie. L’utilisation de pièces très reconnaissables dans les films et la collaboration de stars du cinéma (telles que Vivien Leigh, Elizabeth Taylor et Jane Russell) avec des publicistes permettent de faire grimper les ventes[10].

Depuis les années 1960, les bijoux fantaisie connaissent une popularité sans précédent. Ils sont plébiscités par de très nombreuses femmes, y compris par des premières dames à l'occasion de réceptions officielles (Barbara Bush, Jackie Kennedy) et par des icônes de la mode (Babe Paley)[11].

Caractéristiques

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Divers modèles de boucles d'oreille fantaisie.

Hormis l'absence de matériau rare, les bijoux fantaisie n'obéissent à aucune règle précise concernant leur forme, leur prix ou leur composition. Ils peuvent ainsi intégrer tous types de matériaux, parmi lesquels:

Marché et industrie

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Entre 2023 et 2025, le marché mondial de la bijouterie fantaisie représente environ 43 milliards de dollars, soit près de 20% du marché mondial de la bijouterie. Ce marché est très dynamique, poussé notamment par des prix attractifs, un marketing agressif sur les réseaux sociaux, l’expansion de la mode éphémère et l’augmentation du cours de l’or, détournant une partie de la clientèle de la joaillerie fine vers cette alternative moins coûteuse[12],[13],[14]. La Chine et l’Inde sont les deux principaux producteurs de bijoux fantaisie à l’échelle mondiale, avec des entreprises comme Azone, TTTJewelry (Chine) et Kanhai Jewels (Inde)[14]. Le marché nord américain est le plus dynamique en termes de ventes, notamment grâce à un marketing s’appuyant sur des influenceurs et autres célébrités. Des entreprises comme Chanel (France), Swarovski (Autriche), PVH, Berricle et Lucky Brand (Etats-Unis) sont des acteurs majeurs du secteur[15].

Bien que la tendance évolue rapidement, le marché des bijoux fantaisie s’adresse encore majoritairement aux femmes. Dans les pays du Sud global, en particulier l’Inde, la Chine et le Brésil, les ventes de bijoux fantaisie sont notamment portées par l’augmentation du niveau de vie moyen et la féminisation des emplois de bureau. Les bijoux fantaisie sont perçus comme un moyen économique d’accessoiriser les tenues professionnelles ou d’expérimenter de nouveaux styles vestimentaires. Les bijoux d’imitation (diamants de synthèse, fausses pierres) ou d’inspiration ethnique sont particulièrement populaires[14],[12].

En Europe et en Amérique du Nord, les bijoux fantaisie sont plébiscités par la génération Z. Ce type de bijoux est généralement acheté pour une occasion précise, pour compléter une tenue. Par ailleurs, l’évolution des mœurs conduit un nombre croissant de jeunes hommes à porter des bijoux, constituant un marché en pleine expansion. Enfin, la prise de conscience écologique conduit une part des consommateurs à s’intéresser aux segments plus haut de gamme: pièces uniques ou production en petite série, artisans indépendants, matériaux recyclés, etc.

Risques sanitaires et règlementation associée

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Allergies au nickel

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Le nickel entre dans la composition de nombreux alliages fréquemment utilisés en bijouterie fantaisie, notamment l'acier inoxydable, le laiton, le maillechort et plus rarement l'or blanc. Le contact prolongé de ce métal avec la peau peut provoquer des réactions cutanées de type dermatite de contact. Dès le milieu des années 1980, le perçage des oreilles a d'ailleurs été identifié comme l'une des principales causes de sensibilisation au nickel[16],[17], du fait de la présence de ce métal dans les boucles d'oreille utilisées pour la cicatrisation. Les bijoux en métal plaqué peuvent également provoquer des allergies de contact, la corrosion par la sueur dégradant progressivement la couche protectrice en métal précieux et facilitant ainsi le dégagement du nickel éventuellement présent en dessous[18].

Pour limiter ces effets, la directive européenne 94/27/CE régule la composition des alliages utilisés en bijouterie fantaisie depuis 1994. Concernant le nickel, le taux de libération maximal est fixé depuis 2022 à 0,2μg/cm2/semaine pour les bijoux traversant la peau (tige de boucle d’oreille, bijou de piercing) et à 0,5μg/cm2/semaine pour tous les autres[1]. Cependant, d'autres métaux tels que le cuivre et le zinc peuvent être allergisants et n'entrent pas dans le cadre de cette régulation.

Les personnes sensibles à ces métaux tendent à mieux tolérer certains types d'or (or jaune et or blanc au palladium) ou des métaux natuellement non-allergisants, tels que le platine, le titane ou le niobium. Bien qu’ils soient plus difficiles à travailler, ces deux derniers sont appréciés des bijoutiers fantaisie car ils peuvent être teintés[18]. Enfin, les bijoux provoquant des réactions cutanées peuvent être recouvert d'un vernis incolore pour limiter le contact des métaux problématiques avec la peau[19].

Métaux lourds

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Outre les seuils de nickel présentés précédemment, la législation européenne REACH fixe des limites pour le cadmium (moins de 0,01% en masse) et le plomb (moins de 0,05% en masse), deux métaux lourds cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. D'autres restrictions existent, notamment concernant les colorants azoïques pour les tissus et les chrome hexavalent pour le cuir[1]. A l'heure actuelle, l'antimoine, l'arsenic, le cobalt et le mercure ne sont pas limités, bien qu'ils soient dangereux pour la santé et souvent présents dans les bijoux bon marché[20].

Non conformité des produits

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Malgré les règles en vigueur, près de 30% des bijoux fantaisie disponibles sur le marché européen ne respectent pas les normes concernant le plomb, le nickel ou le cadmium[21],[22].

Quelques exemples célèbres

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Dans la littérature

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, « Étiquetage des bijoux », sur https://www.economie.gouv.fr/, (consulté le )
  2. « "Bijou" », sur Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition (actuelle) (consulté le )
  3. Institut des arts de la bijouterie, « Les métiers de la bijouterie joaillerie », sur https://formation-bijouterie.fr/les-metiers-de-la-bijouterie-joaillerie (consulté le )
  4. Jocelyne Rouleau, « Les bijoux de fantaisie », Cap-aux-Diamants, La revue d'histoire du Québec, no 81, , p. 68–69 (ISSN 1923-0923, lire en ligne)
  5. Salomé Osorio, « XVIIIe siècle : naissance du bijou d’imitation »
  6. Henri Vever, La bijouterie française au XIXe siècle (1800-1900), vol. 1, « Le consulat et l’empire »
  7. 1 2 (en) Nancy Schiffer, The Best of Costume Jewelry, Schiffer Publishing,
  8. Salomé Osorio, « Révolution et bouleversement des codes sociaux »
  9. https://www.geminterest.com/, « Gemmologie : les imitations »
  10. Voir Tanenbaum, C. (2006) « Fabulous Fakes: A Passion for Vintage Costume Jewelry », (ISBN 978-1-57965-292-0)
  11. (en-US) Classic Chicago, « Kenneth Jay Lane and His Fabulous Fakes », sur Classic Chicago Magazine, (consulté le )
  12. 1 2 (en) 'Allied Market Research', « 'Costume Jewelry Market (2024 - 2033)' » (consulté le )
  13. (en) 'MarkNtel Advisors', « ' Global Costume Jewelry Market Research Report: Forecast (2024-2030)' » (consulté le )
  14. 1 2 3 (en) 'Fortune Business Insight', « ' Costume Jewelry Market Size, Share & COVID-19 Impact Analysis, By Type (Rings, Necklaces & Chains, Bracelets, Earrings, and Others), By End User (Men and Women), By Distribution Channel (Offline and Online), and Regional Forecast, 2026-2034 » (consulté le )
  15. (en) Patrick Gabriel (Verified market research), « Seven leading costume jewelry brands enhancing overall look with elegance » (consulté le )
  16. (en) B. Larsson-Stymne, « Ear piercing – a cause of nickel allergy in schoolgirls? », Contact Dermatitis, vol. 13, , p. 289-293 (lire en ligne, consulté le )
  17. M. Crépy, « Dermatoses professionnelles allergiques aux métaux. Première partie : allergie de contact au nickel », INRS / Documents pour le médecin du travail, (consulté le )
  18. 1 2 Caroline Rivière (Objectif bijoux), « Allergies aux bijoux : causes et solutions » (consulté le )
  19. HappyBulle, « Comment éviter les allergies aux bijoux ? », (consulté le )
  20. (en) Dr. Ravi D. Vaidya & Dr. Darshana Shah, « Costume jewellery: The Gloom behind its Lustre »
  21. DGCCRF, « Loyauté et sécurité des bijoux fantaisie »
  22. Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire, Environnement, « Les bijoux bon marché peuvent vous coûter très cher » (consulté le )


Articles connexes

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