Biens communs numériques

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Les biens communs numériques correspondent à l'ensemble des ressources numériques produites et gérées par une communauté. Comme les autres biens communs informationnels, ils se caractérisent par leur non-rivalité : leur utilisation n'est pas exclusive et elle ne leur inflige aucune détérioration. En raison de leur caractère facilement duplicable, les biens numériques sont, par nature, propres à « une gestion partagée et collective »[1].

De nombreux acteurs défendent le mode de production et de gouvernance dont ils relèvent, comme la Free Software Foundation œuvrant en faveur des logiciels libres ou la fondation Wikimédia par ses dispositifs collaboratifs centralisant et indexant la connaissance. Inversement, de nouveaux types d'enclosures entravent la création et la circulation de ces biens numériques, notamment par une privatisation excessive ou copyfraud. De nouveaux régimes juridiques sont élaborés pour protéger ces biens communs (la licence GNU, le mouvement creative commons...). Pensée parfois comme une alternative au capitalisme, l'idée des biens communs numériques n'interdit pas des modèles économiques hybrides . L'open source permet ainsi une maintenance collective et gratuite d'un logiciel, mais n'exclue pas aussi l'existence de services de développeurs monnayables. Leur ambivalence vaut également au plan du statut administratif : reposant sur une régulation autonome, ils n'empêchent pas des partenariats avec l’État ou avec des collectivités locales.

Les communs peuvent être qualifiés d’objets politiques, titre conféré par leurs règles d’usage et leur application. Il différencie 4 types de commun(s) : le commun, principe politique égalitaire dans l’accès aux ressources en partage ; un commun, pour chaque ensemble de règle d’accès et d’usage qui incarne le commun ; des communs, instances de ressources en partage où est appliqué un commun déterminé par la quatrième catégorie : des communautés, l’ensemble des acteurs de ces communs. Les objets numériques sont ainsi qualifiables de communs à la condition de respecter un commun.[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Valérie Peugeot, Biens communs et numérique : L'alliance transformatrice, Paris, 255 p. (ISBN 978-2-84365-142-7), p. 141-154
  2. Matti Schneider, Construire des communs numériques (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]