Bière japonaise

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L'histoire de la bière japonaise est à la fois séculaire et récente : en effet, les Japonais brassent depuis des siècles des bières traditionnelles tel le saké, mais ce n'est que depuis le XIXe siècle que des bières occidentales ou classiques y sont brassées. L'industrie de la brasserie aujourd'hui fait du Japon non seulement un très gros consommateur, mais aussi un très gros producteur de bière. Cinq brasseries se partagent aujourd'hui ce marché.

Sélection de bières


Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine de la bière japonaise remonte à l'Époque d'Edo quand les Hollandais ouvrirent des salles pour les marins qui travaillaient sur la route commerciale entre le Japon et l'Empire hollandais ; un lettré japonais (蘭学者, rangakusha?) s'y intéressait aussi. Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle, lors d'échange commerciaux accrus entre le Japon et l'Allemagne et les États-Unis, que des brasseries industrielles voient le jour.

William Copland (1832-1902), un Norvégien naturalisé Américain ayant étudié en Allemagne, brasse la première bière japonaise en 1869 à Yokohama dans sa brasserie Spring Valley Buruwari : la Tennuma No Bia (天沼のビア?, « Bière de Tennuma »). Suite à ce lancement réussi, un Japonais ayant étudié en Angleterre, installe en 1877 sa brasserie Sapporo (札幌?, 14,6 % du marché) à Sapporo ; il sera suivi par : Ebisu (エビス?) et Kirin (キリン?, 34,4 % du marché) à Tôkyô en 1887, Asahi (朝日?, 39,5 % du marché et 9e à l'échelle mondiale) en 1889 et Suntory (サントリー?, 10 % du marché) en 1899 à Osaka et Orion (オリオン?, 0,8 % du marché) à Okinawa en 1957.

Distributeur automatique

La première canette de bière japonaise est sortie en 1958 et les premiers distributeurs à boisson furent lancés en 1967.

À partir de 1987, la Dry Senso (ドライ戦争, dorai sensō'?, « guerre dry ») fait rage, suite à l'invention et la commercialisation de l'Asahi Super Dry, 1ère bière dry. Kirin répondit à Asahi en lançant un produit concurrent (Kirin Dry) en 1988 suivi par Sapporo (avec Sapporo Dry) et Suntory (Suntory Dry). Mais Asahi devait conserver son monopole (et étendre sa part de marché de 10 à 40 %) et les autres brasseries se lancèrent alors dans un nouveau genre de bière : happoshu et happousei. Ces brassins commerciaux japonaise sont exportés surtout en Asie du Sud-Est et leurs usines se propagent dans le monde entier.

Depuis 1994, avec l'assouplissement des lois sur l'alcool et notamment sur la quantité en volume produite (60 000 litres au lieu de 2 000 000), un certain nombre de microbrasseries sont apparues sur le marché (environ 200). Elles produisent des bières appelées ji ou chi bīru (地 ビール?) - soit « bière régionale » - bien que le terme de craft beer (kurafuto bia) - soit « bière artisanale » - le remplace souvent.

La bière, bien que fortement taxée (45,1 %), occupe au Japon la première place du marché des alcools. Si bien qu'en 1995, les « bières du deuxième type » (第2のビール, Dai 2 no bīru?) font leur apparition et sont qualifiées de Happōshu (発泡酒?, « alcool pétillant ») : du gaz carbonique est injecté et remplace la fermentation, réduisant le coût de fabrication et le prix de vente.

Suite à l’augmentation des taxes sur les alcools de 2003, les « bières du troisième type » (第3のビール, Dai 3 no bīru?) apparaissent en 2004, avec plus que le goût, la couleur et l'alcool de la bière… Les ingrédients sont en effet différents afin d'échapper à la taxation des boissons maltées : le malt est remplacé par le soja ou pois chinois, le riz, le maïs, etc. La taxe sur la bière au Japon est la plus forte pour les boissons alcoolisées et la taxe sur la bière est une des plus élevée au monde, par exemple 15 fois plus forte qu'en Allemagne en 2008[1]

Le phénomène du brassage amateur est également en expansion récente, malgré des lois très strictes en la matière.

Dernier avatar commercial paru en 2010, les kodomobīru (こどもびいる?, « bières pour enfants »), sorte de boisson non alcoolisée ayant l'apparence de la bière et destinée aux enfants.

Types de bières[modifier | modifier le code]

Bières Asahi, meilleure vente.

On y retrouve 85 types de bières, soit la plupart des germaniques et américains, mais avec des particularités insulaires du fait de l'adjonction de riz, de patate douce, de soja, etc. On trouve aussi des appellations locales telles : Nama beer (bière pression non filtrée) ou draft beer ; dry beer (bière light)...

Les bières sont classées fiscalement au Japon selon le pourcentage de malt contenu :

  • bière (ビール, bīru?), avec au minimum 67 % de malt. Ce sont les seules bières légalement parlant ;
  • happōshu, depuis les années 1990, boisson maltée avec moins de 67 % de malt (ou de 50 % à 25 % ou moins) ou contenant des ingrédients alternatifs au malt, maïs, houblon, patate douce, riz, kaoliang, amidon, sucre, etc[2] ;
    • happōsei (発泡性?), boisson très peu maltée appelée aussi liqueur (リキュール, rikyūru?) ;
    • third beer (第三のビール, dai-san no bīru?, « 3ème bière »), ou shin janru (« nouveau genre »), panaché de bière non maltée et d'autres alcools.

Brasseries[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Current status of beer tax in Japan par la Brewery Association of Japan
  2. (en) Happoshu par Gourmet Navigator

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

les bières traditionnelles du Japon

Liens externes[modifier | modifier le code]