Beta Pegasi
Bêta de Pégase
Schéat
Schéat
| Ascension droite | 23h 03m 46,457s[2] |
|---|---|
| Déclinaison | +28° 04′ 58,03″[2] |
| Constellation | Pégase |
| Magnitude apparente | 2,31 à 2,74[3] |
Localisation dans la constellation : Pégase | |
| Stade évolutif | AGB[4] |
|---|---|
| Type spectral | M2,5 II-III[5] |
| Indice U-B | +1,96[6] |
| Indice B-V | +1,67[6] |
| Indice R-I | +1,32[6] |
| Variabilité | semi-régulière[7] |
| Vitesse radiale | +7,99 ± 0,23 km/s[8] |
|---|---|
| Mouvement propre |
μα = +187,65 mas/a[2] μδ = +136,93 mas/a[2] |
| Parallaxe | 16,64 ± 0,15 mas[2] |
| Distance |
196 ± 2 al (60,1 ± 0,5 pc) |
| Magnitude absolue | −1,45[9] |
| Rayon | 109 ± 7 R☉[10] |
|---|---|
| Gravité de surface (log g) | 0,8[10] |
| Luminosité | 2 512 L☉[10] |
| Température | 3 909 ± 187 K[10] |
| Métallicité | [Fe/H] = −0,13[9] |
Désignations
Beta Pegasi (β Peg / β Pegasi, Bêta Pegasi), également nommée Schéat, est une étoile variable de la constellation de Pégase. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, elle est située à environ ∼ 196 a.l. (∼ 60,1 pc) de la Terre[2]. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de +8 km/s[8].
Nomenclature et histoire
[modifier | modifier le code]β Pegasi, latinisé Beta Pegasi, est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de 53 Pegasi[11].
En Mésopotamie
[modifier | modifier le code]Cette étoile est nommée tardivement, c'est-à-dire au cours de ler millénaire avant notre ère ANŠU.KUR.RA = Sisû, « le Cheval », et donne son nom à une constellation comprenant les étoiles β, η, ι, λ et μ Peg[12].
Chez les Grecs et les Arabes
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Héritière de ANŠE.KUR.RA = Sisû, « le Cheval » mésopotamien, comme cela est attesté chez Euctémon[13], la figure de l’`Ιππος grec prend une forme tout à fait différente de celle de son prédécesseur. La 3e étoile de la constellation est située, dans la Μαθηματική σύνταξις de Ptolémée ἐπι τοῦ δεξιοῦ ὥμου, « sur l’épaule droite »[14], ce que ses traducteurs arabes rendent par على منكب الفرسᶜlā mankib al-faras[15]. Mais elle apparaît sur l’astrolabe sous le nom منكب الفرس Mankib al-Faras, comme le signale ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī[16],[17].
En Europe et pour l'UAI
[modifier | modifier le code]Mankib al Faras ou Menkib. Comme ce nom figure sur l’astrolabe, notamment chez Maslama al-Mağrītī[18], il n’est pas étonnant de le retrouver dans les textes latins sur cet instrument dès l’an mil, notamment mentichel et feraz, chez Llobet de[19]. Richard Hinckley Allen transcrit ’Mankib al-Faras’, et relève le nom Mankib[20]. Dans sa traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde (1665) transcrit ‘Menkib Alpháras’[21], ce qui est relevé sous la forme raccourcie Menkib par Richard Hinckley Allen (1899)[20], et sert dans plusieurs catalogues du XXe[22],[23].
Scheat est toutefois le nom approuvé pour β Peg par l’Union astronomique internationale (UAI)[24]. C’est l’arabe الساق al-Sāq « la Jambe »[25]. Ce nom résulte du déplacement erroné du nom de δ Aqr par Jean de Gemunden au XVe siècle[22]. Nous lisons en effet chez Jean de Londres (ca. 1246): Scheat .i. crus... in crure aquarij pour δ Aqr, et à la ligne suivante: belalferaz .i. humerus equi[26]. Après lui, Jean de Gemunden (ca. 1430) confond les deux lignes et écrit: Scheat alferam: cruz equi[27], nom que reprend Joseph Juste Scaliger sous la forme Seatalferas pour en chercher l’origine dans l’arabe ساعد الفرش brachium Equi[28]. On retrouve Seat Alpharas dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603)[29], mais Tycho Brahe simplifie en Seat Pegasi ou Scheat tout court[30], ce que relève Richard Hinckley Allen à côté de nombreuses autres formes[31],[32].
Propriétés
[modifier | modifier le code]Schéat est une étoile géante rouge de type spectral M2,5 II-III[5]. Cette étoile évoluée en fin de vie est située sur la branche asymptotique des géantes (AGB) du diagramme de Hertzsprung-Russell[4]. Elle se distingue parmi les étoiles brillantes par sa température de surface relativement basse (environ 3 900 kelvins) comparée à des étoiles comme le Soleil. Elle fait autour de 107 rayons solaires et possède une luminosité totale égale à 2 500 fois celle du Soleil[10]. C'est également une étoile variable semi-régulière avec une période de 43,3 jours qui a été mise en évidence[7], et sa luminosité varie entre les magnitudes +2,31 à +2,74[3].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Beta Pegasi » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « Light Curve », sur Hipparcos, ESA (consulté le )
- (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2, , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
- « VSX : Detail for bet Peg », sur The International Variable Star Index, AAVSO (consulté le )
- (en) Olin J. Eggen, « Asymptotic giant branch stars near the sun », The Astronomical Journal, vol. 104, no 1, , p. 275–313 (DOI 10.1086/116239, Bibcode 1992AJ....104..275E)
- (en) Philip C. Keenan et Raymond C. McNeil, « The Perkins catalog of revised MK types for the cooler stars », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 71, , p. 245 (DOI 10.1086/191373, Bibcode 1989ApJS...71..245K)
- (en) D. Hoffleit et W. H. Warren, « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050, (Bibcode 1995yCat.5050....0H)
- (en) V. Tabur et al., « Long-term photometry and periods for 261 nearby pulsating M giants », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 400, no 4, , p. 1945–1961 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2009.15588.x, Bibcode 2009MNRAS.400.1945T, arXiv 0908.3228, S2CID 15358380)
- (en) B. Famaey et al., « Spectroscopic binaries among Hipparcos M giants. I. Data, orbits, and intrinsic variations », Astronomy & Astrophysics, vol. 498, no 2, , p. 627–640 (DOI 10.1051/0004-6361/200810698, Bibcode 2009A&A...498..627F, arXiv 0901.0934)
- (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5, , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971)
- (en) B. Arroyo-Torres et al., « VLTI/AMBER observations of cold giant stars: atmospheric structures and fundamental parameters », Astronomy & Astrophysics, vol. 566, , p. 11, article no A88 (DOI 10.1051/0004-6361/201323264, Bibcode 2014A&A...566A..88A, arXiv 1404.7384)
- (en) * bet Peg -- Long-Period Variable sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
- ↑ (de) Johannes Koch, « Der Dalbanna-Sternenkatalog », in : Die Welt des Orients, Bd. XXXVI (1995), p. 61. (Ph)
- ↑ Roland Laffitte,, « L’héritage mésopotamien des Grecs en matière de noms astraux (planètes, étoiles et constellations, signes du zodiaque), in: Lettre SELEFA n° 10 (décembre 2021), p. 28. »
- ↑ (el + fr) Claude Ptolémée, « Μαθηματική σύνταξις / Composition mathématique, traduite du grec en français sur les manuscrits originaux de la Bibliothèque impériale de Paris, par M. Halma et suivie des notes de M. Delambre, 2 vol, Paris : H. Grand, 1813-1816, II, pp. 46-47. »
- ↑ (ar/de) Claudius Ptolemäus, Der Sternkatalog des Almagest. I. Die arabischen Übersetzungen, éd. par Paul Kunitzsch, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1986, pp. 287-288.
- ↑ (ar) ᶜAbd al-Raḥmān Abū l-Ḥusayn b. ᶜUmar al-Ṣūfī, « Kitāb Ṣuwar al-kawākib al-ṯābita, 960, ms. arabe 5036 : Copie anonyme et non datée réalisée pour Zāhir al-Dīn Ulūġ Beg Kūrakan, petit-fils de Tamerlan, probablement à Samarqand, ca., 1430-1449, fol. 90v. »
- ↑ (ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du Xe siècle de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, p. 120 (fr.).
- ↑ Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 202.
- ↑ Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, pp. 190-191.
- (en) Richard Hinckley Allen, « ''Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, p. 325. »
- ↑ (la) Thomas Hyde, « Tabulae Long. ac Lat. Stellarum Fixarum ex Observatione Ulugh Beighi, Tamerlanis Magni Nepotis, Oxonii : Henry Hall, 1665, Tabula..., Commentarii, p. 26. »
- (de) Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 203-204.
- ↑ Roland Laffitte, Héritages arabes... , pp. 190-191.
- ↑ (en) IAU, « Star Names », 2021. »
- ↑ Roland Laffitte / Selefa (Société d’Études Lexicographiques et Étymologiques Françaises & Arabes, « Étymologie des noms arabes d'étoiles », 31 déc. 2002., p. 16. »
- ↑ (de) Paul Kunitzsch, « Typ VI », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, p. 43.
- ↑ (de) Paul Kunitzsch, « Typ XVII », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, p. 114.
- ↑ (la) Joseph-Juste Scaliger, Marci Minilii Astronomicon libri quinque, Lugduni Batavorum : s.Éd, Scaliger1600 (2nd éd.), p. 475.
- ↑ (la) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r.
- ↑ (la) Tycho Brahe, « opera omnia, sive astronomiae instauratae progymnasmata...: Francofurti : impensis J. G. Schönwetteri, 1648, p. 13. »
- ↑ (en) Richard Hinckley Allen, « ''Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, p. 325. »
- ↑ Roland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., pp. 190-191.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Beta Pegasi sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
- (en) James B. Kaler, « Scheat », sur Stars