Berville-en-Roumois

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Berville-en-Roumois
L'église Saint-Paer.
L'église Saint-Paer.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Canton Bourgtheroulde-Infreville
Intercommunalité Communauté de communes Roumois Seine
Statut Commune déléguée
Maire délégué Véronique Hervieux
2017-2020
Code postal 27520
Code commune 27062
Démographie
Gentilé Bervillais
Population 838 hab. (2014)
Densité 91 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 48″ nord, 0° 49′ 24″ est
Altitude Min. 98 m – Max. 149 m
Superficie 9,25 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Les Monts du Roumois
Localisation

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Berville-en-Roumois

Berville-en-Roumois est une ancienne commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Elle est une commune déléguée des Monts du Roumois depuis le .

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Berville-en-Roumois est une commune du nord-ouest du département de l'Eure. Elle appartient à la région naturelle du Roumois.

Communes limitrophes de Berville-en-Roumois[1]
Flancourt-Crescy-en-Roumois
(comm. dél. de Bosc-Bénard-Crescy), Grand-Bourgtheroulde
(comm. dél. de Thuit-Hébert)
Thenouville
(comm. dél. de Theillement)
Berville-en-Roumois[1] Grand-Bourgtheroulde
(comm. dél. de Bourgtheroulde-Infreville)
Saint-Denis-des-Monts Bosguérard-de-Marcouville
(comm. nouv. de Les Monts du Roumois)

Histoire[2][modifier | modifier le code]

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L’importance de cette commune s’est accrue de près de moitié par l’annexion d’Angoville et Basville qui a eu lieu le 10 septembre 1844.

BERVILLE – Dioc. Parl. Et Génér. De Rouen - Elec. Et Vic. De Pont-Audemer – Doy. De Bourgtheroulde. M. Le Prévot propose de faire dériver Berville de Behervilla et Beher serait le nom franc du fondateur. Saint Paër, en latin Paternus, évêque d’Avranches mort en 565 est le patron de l’église de Berville (le culte de ce saint d’origine gallo-romaine a été célèbre en Normandie aussitôt après sa mort).

« Au hameau de l’Église on trouve des briques et de la poterie rouge des Romains… Près de là dans le Champ-du-Puits il existe une grande mare qui est, dit-on, pavée. Près du bord on voit l’eau bouillonner et il en sort un air très froid. Cette circonstance ferait croire que quelque aqueduc vient y aboutir. Une tradition locale veut qu’il y ait existé un temple payen à l’endroit où nous venons de signaler les vestiges de constructions antiques »[3]. Au point de vue féodal, Berville, au XIIe siècle, faisait partie intégrante d’un domaine dont Boissey-le-Châtel était le centre, et se composait en outre des paroisses limitrophes d’Angoville et du Theillement.

Les seigneurs d’Harcourt en devinrent propriétaires, soit par donation, soit par l’alliance d’Anquetil, tige de cette maison avec Ève de Boissey-le-Chatel[4]. Guillaume d'Harcourt, petit-fils d’Anquetil, connu par sa fidélité au roi Henri Ier (Orderic Vital), était seigneur de Berville au milieu du XIIe siècle. Les vassaux des quatre paroisses dont nous venont de parler étaient obligés de faire moudre leurs grains au moulin de Caumont à Pont-Authou. Vers 1140, Guillaume d’Harcourt donna les moulins banaux de ces paroisses à l’abbaye du Bec bâtie à une demi-lieue de Caumont.

Sous l’autorité du seigneur suzerain, Berville était tenu en arrière-fief par une famille qui en avait pris le nom. À la date de 1203, les rôles normands constatent que Robert d’Harcourt doit au trésor 100 s. pour un fief d’un chevalier que Richard de Bosc-Regnoult et Richard de Berville tiennent conjointement (les deux Richard de Bosc-Regnoult et Berville tenaient également ensemble à cette époque un quart de fief à Bosbénard nommé Les Hayes qui appartenait à Guillaume Des Hayes). Richard de Berville figure comme témoin d’une charte de Godefroy Burnel du Bosc-Normand. Il n’était que simple écuyer et son nom est mis à la suite des noms de trois chevaliers également témoins à l’acte (Cartulaire de Bonport). On trouve en 1223 à Rouen comme témoin d’un autre acte de vente un Lucas de Berville qui pourrait être le fils de Richard.

Robert d’Harcourt, deuxième du nom, se trouvant à l’abbaye du Bec en 1203, confirma avec l’agrément de Richard, Jean et Amaury d’Harcourt, ses fils, la donation faite par Guillaume d’Harcourt, son père, des moulins de Caumont[5]. Ce fut Amaury, le plus jeune des enfants de Robert, qui hérita du domaine de Boissey. Du temps de ce seigneur, il existait un personnat (titre de curé honoraire) valant 14 liv., et une vicairie valant 20 liv. On y comptait 80 chefs de familles (Pouille d’Eudes Rigaud). En 1229, Richard de Mustel (nous pensons qu’il est l’auteur de la célèbre famille Mustel, originaire du Roumois, établie à Rouen, dont nous aurons l’occasion de parler) de Berville promet aux religieux du Bec de faire moudre à leurs moulins de la vallée du Bec ou de la vallée de la Risle. Amaury d’Harcourt vivait encore en 1236, car cette année-là, il fut un des chevaliers que consulta Saint Louis au sujet de la terre d’Alizay réclamée par la comtesse de Boulogne.

Cette branche de la maison d’Harcourt s’étant éteinte par défaut de postérité, la seigneurie de Boissey et de Berville passa aux héritiers de Hardouin de Boissey. Vers 1270, Thomas, présenté par eux, avait été reçu curé honoraire de Berville par Eudes Rigaud dont l’épiscopat avait commencé en 1247. Ce prélat vint lui-même le 12 janvier 1252 dédier solennellement la nouvelle église de Berville ; le premier sanctuaire chrétien fondé dans cette paroisse était si ancien qu’il avait déjà fallu le remplacer. Cette seconde église a elle-même fait place à une troisième toute moderne. De 1231 à 1241 Mgr de Tilly, alors tuteur de Hedouin de Boissey, avait présenté à la cure et dans la suite ce fut cette maison de Tilly qui prévalut à Boissey et qui eut la seigneurie de Berville. D’après La Roque, Robert de Boissey n’eut qu’une fille, Isabelle, mariée à Raoul de Tilly. Boissey : d’hermine au lion de gueule.

Ferrand de Tilly, châtelain de Boissey et de Berville, vers la fin du XIVe siècle, vit ses domaines confisqués par les Anglais en 1421. Ses armes étaient : d’or à une fleur de lys de gueule. Jean de Tilly, fils du précédent, marié à Jeanne de Thibouville, rentra dans les biens de sa famille après l’expulsion des Anglais. Sa fille, Jeanne de Tilly, épousa Jean de Ferrières. Ce puissant seigneur présenta en 1453 à la cure de Berville son propre fils Jean de Ferrière qui n’avait que vingt ans ; la valeur de la cure était de 50 l. mais le nombre des paroissiens se trouvait réduit à 24 l. Jean de Ferrières, curé de Berville, aîné des enfants de Jeanne de Tilly, avait, contre l’usage, été destiné à l’église et son frère Guillaume devait recueillir l’héritage de la maison ; mais Jean prit néanmoins le parti des armes et dissimulant son caractère sacré il épousa en 1483 dans le Dauphiné une fille d’honnête maison nommée Aimare Geoffroy dont il eut quatre filles qui furent légitimées par rescrits des papes Innocent VIII et Alexandre VI s’appuyant sur cette circonstance que la mère avait ignoré la condition du père.

Après la mort de sa mère arrivée en 1495, l’ex-curé de Berville vendit sa châtellenie de Boissey à René de Lorraine, comte d’Elbeuf, qui prenait le titre de roi de Jérusalem et de Sicile. Ce prince la réunit en 1502 à son comté d’Elbeuf et après sa mort arrivée en 1508 son cinquième fils, Claude de Lorraine, duc de Guise, eut le comté d’Elbeuf avec Boissey et Berville et le fit ériger en marquisat. La maison de Lorraine conserva ce domaine pendant plus d’un siècle et demi. Ce fut Charles III duc d’Elbeuf qui vendit sa châtellenie de Boissey à Robert le Roux conseiller du roi au grand-conseil qui possédait déjà au droit de ses ancêtres la terre de Tilly. Robert Le Roux, troisième du nom, comme seigneur de Tilly, était un homme d’un grand mérite et d’une vaste capacité. Il eut sept fils qui se partagèrent sa succession. Ce fut le dernier, Nicolas, qui eut la seigneurie de Berville ; on le trouve avec ce titre dans la déclaration donnée par lui du jardin de Richebourg, hors le pont de Rouen, en 1679 ; il mourut sans enfants de son mariage avec Anne de Moges de Buron.
Après lui, nous trouvons Nicolas de Bauquemare, président aux requêtes du Parlement de Paris, présentant à la cure de Berville comme seigneur du lieu un ecclésiastique nommé François Fallague. Bauquemare : d’azur au chevron d’or, accompagné de trois mufles de lion du même posés 1 et 2.

La terre de Berville passa ensuite à Madeleine Le Roux fille unique de Pomponne Le Roux, frère aîné de Nicolas, mariée avec Maximilien-Constantin Auzeray marquis de Courvadon qui devint Président du Parlement de Normandie en 1703, dont les armes étaient : d’azur à trois mufles de léopard d’or.

En 1692 Berville avait une école pour les jeunes garçons tenue par le vicaire de la paroisse.

Vers 1715, la succession de Mme la marquise de Courvadon, Madeleine Le Roux de Tilly, était ouverte et dans les partages que firent ses héritiers Berville échut à Pierre-Constantin Le Vicomte, comte de Blangy, encore mineur, qui devint colonel du régiment de la couronne. Le Vicomte : d’azur à trois coquilles d’or. En 1763, le comte de Blangy était lieutenant-général des armées du roi. Il laissa pour héritier son frère le marquis de Blangy qui vendit vers 1780 la terre de Berville à M. de Planterose, dont un descendant était, il y a quelques années[Quand ?] Conseiller de préfecture à Evreux.

LÉPROSERIE DE SAINT LÉONARD – D’après une tradition consignée dans les Archives de la Seine-Inférieure, on sait que Saint-Léonard a été anciennement une église paroissiale réunie à Berville par les anciens seigneurs d’Harcourt. M. Canel dit que Saint-Léonard était autrefois une léproserie placée sous le vocable de saint Marc et située au Bois-Givard ; elle devint ensuite une simple chapelle et on vient encore en pèlerinage auprès de ses ruines, surtout lors de l’assemblée de saint Marc, pour faire marcher les enfants. En 1644, André Druel, seigneur du Thuit, fit réparer la chapelle et l’on y plaça deux nouveaux autels dédiés l’un à la Sainte Vierge, l’autre à saint François Xavier.

FIEFS :

LE BOSC - En 1667, André Druel, sieur du Thuit et du Bosc, demeurant à Rouen, fut maintenu de noblesse. Il portait : d’azur au chevron d’argent accompagné de deux molettes d’or en chef et d’une coquille du même en pointe.

LE THUIT : Si ce mot est d’origine saxonne, il faut qu’une colonie de saxons soit venue à une époque très reculée s’établir dans ce quartier car nous trouvons aux environs de Berville quatre communes et deux fiefs de ce nom. Comme il est difficile de ne pas les confondre, nous ne commencerons l’histoire du Thuit-de-Berville qu’à Nicolas du Quesnay. Ce seigneur fonda en 1536 dans son manoir du Thuit une chapelle dite de Lecce Homo, qui fut bénie en 1545 par Mgr. Jean de la Massonaye évêque d’Hippone. Dans l’intention du fondateur, les seigneurs du Thuit devaient en être les patrons. (Hippone en latin Hippo Regius, est le nom antique de la ville d'Annaba, se trouvant au Nord-Est de l'Algérie[6]). Robert du Quesnay, fils ou petit-fils de Nicolas, seigneur du Thuit, de Sahurs et de Septimanville, obtint des lettres d’anoblissement en 1611 (M. Lebeurier, Anoblis). L’armorial de Magny signale une famille du Quesnay, seigneur du Thuit, qui portait : échiqueté d’or et d’azur.

Austreberthe du Quesnay, héritière du Thuit, le transmit à son époux, Michel Druel esc., conseiller à la table de marbre du palais à Rouen (table de marbre : pour juger les appellations des maîtrises d’eaux et forêts du duché qui, jusque-là, avaient été relevées directement à l’échiquier[6]), seigneur d’Angoville. Leur fils et héritier, André Druel, épousa successivement Marguerite Bigot et Françoise de Fontaine, dont il eut : 1° Charles Druel ; 2° André Druel, seigneur du Thuit après son père ; 3° Isaïe Druel, capitaine, tué au service ; 4° Michel, avocat-général à la cour des Aides (Dans la France médiévale et d'Ancien Régime, les aides étaient les impôts indirects prélevés à tous les niveaux de la société sur les biens, les denrées, les moyens de transports, etc*) ; Nicolas, abbé de N.D. du Val, et Alexandre seigneur de Pillavoine (La Gallissonnière, Manuscrit à Rouen).

La chapelle du Thuit était un des nombreux bénéfices que possédait le célèbre abbé de Rancé avant sa retraite à la Trappe. André Druel, IIe du nom, seigneur du Thuit, du Bosc et de Sahurs, était correcteur à la chambre des comptes de Rouen (Les chambres des comptes étaient en France, sous l'Ancien Régime, des juridictions souveraines spécialisées dans les affaires de finances. Création en Normandie 1465[6]). Conformément à une ordonnance de 1691 il donna une déclaration des titres des deux chapelles qu’il possédait à Berville, la Passion et Saint-Léonard. Marc Antoine-Romain Druel d’Angoville fut ensuite seigneur du Thuit et présenta en cette qualité à la chapelle de la Passion.

Charles Guy du Val-d’Angoville, y présenta au même titre en 1787. Du Val : de sable à 2 chevrons d’or accompagné de 3 têtes de poisson d’argent.

M. le comte De Rouy a occupé le château du Thuit au commencement de ce siècle ; il appartient aujourd’hui à M. Constant Grandin d’une honorable famille d’Elbeuf.

ANGOVILLE – Vient d’Ansgoth nom normand ; mais il ne faut pas en conclure que cette paroisse n’a été fondée que depuis l’invasion normande ; longtemps avant le Xe siècle plusieurs de nos localités portaient des noms en usage chez les peuples du Nord.

Au hameau de l’Église on a trouvé des tombeaux en pierre ; au hameau de l’Avoinerie des tuiles romaines ; au hameau des Friches des fondations en maçonnerie, des fragments de tuiles à rebords et de poterie rouge, des médailles et plusieurs bagues. Si l’on se rapportait à une tradition locale, il y aurait eu une ville au hameau des Friches (M. Canel). On ne sait si l’église a été placée d’abord sous l’invocation de la sainte Vierge ou sous le vocable de Saint Lubin, évêque de Chartres, dont le culte devint célèbre aux XIe et XIIe siècles.

Angovile faisait partie au XIe siècle du domaine de Boissey qu’Éve de ce nom porta en mariage à Ansquetil d’Harcourt qui le transmit à son fils Robert. Celui-ci à son tour le laisse à Guillaume d’Harcourt son fils. Sous la suzeraineté des châtelains d’Harcourt existait une famille d’Angoville dont plusieurs membres sont parvenus à notre connaissance. Guillaume d’Angoville se fit religieux à l’abbaye du Bec en 1178. Deux ans plus tard paraît Roger d’Angoville qui semble avoir été très considéré de son temps. Il avait contracté une dette de 30 liv. envers le trésor afin d’avoir recours contre Raoul de Sahurs mais comme il n’avait pas de droit à ce recours on lui remit sa dette par ordre du roi. Dans une charte de Robert d’Harcourt pour la Noé en 1192 Roger d’Angoville est le premier témoin (Histoire d’Harcourt). Nous voyons encore son nom figurer au bas de plusieurs autres chartes de la fin du XIIe siècle et du commencement du XIIIe. Les habitants d’Angoville étaient obligés de moudre aux moulins de Caumont que Guillaume d’Harcourt avait donnés ainsi que nous l’avons dit vers 1140 à l’abbaye du Bec.

En 1210 Robert d’Harcourt approuva un échange fait par Roger d’Angoville avec les religieux du Bec (cartulaire du Bec). Ce châtelain mourut peu après et le patronage et la haute justice d’Angoville passèrent à Richard d’Harcourt l’aîné de ses trois fils. Roger d’Angoville lui survécut car il vint en 1221 au Bec et déposa sur l’autel un chandelier en témoignage de la donation qu’il avait faite aux religieux d’un arrière-fief que tenait de lui Geoffroy Gablair ; Adèle sa femme, Simon et Robert ses enfants, approuvèrent la donation. Il mourut probablement la même année (Histoire du Bec).

Simon d’Angoville ayant commis nous ne savons quelle forfaiture fut dépouillé de son fief l’année suivante mais sa fille n’eut pas à souffrir de ce malheur. Voici le texte d’un arrêt de l’Échiquier de 1222 : « On a jugé que la fille de Simon d’Angoville doit avoir en mariage le tiers du domaine de Simon son père et que ce tiers doit être pris à Angoville même ; attendu qu’il a été prouvé que Simon, de concert avec son fils et héritier, lui a donné ce tiers au moment où elle a été fiancée et avant la forfaiture de Simon ; de plus il a été décidé que Richard d’Harcourt, seigneur du fier, en raison de la forfaiture, aurait ce qu’il resterait le tiers pris ». (M. L. Delisle a fait imprimer filius dans son texte au lieu de filia : de plus il indique Angoville-au-Plain près d’Avranches, mais le nom de Simon et surtout celui de Richard ne peuvent laisser aucun doute ». Robert d’Angoville, peut-être frère de Simon, et Laurentia, sa femme, qui habitaient Evreux, firent en 1238 une donation à l’abbaye de Saint-Taurin (premier évêque d’Évreux*). Cette famille alla s’éteindre dans le cloître. En 1266 Geoffroy d’Angoville demeurait au prieuré de Saint Martin La Garenne (situation : département Yvelines*). En 1269 Guillaume d’Angoville, moine du Bec, était détaché au prieuré de Beausault (situation : Seine-Maritime*).

De 1231 à 1237 Richard d’Harcourt nomma un curé pour Angoville ; il exerça de nouveau son droit de 1237 à 1241 en nommant pour curé le sieur Georges. Jean Ier d’Harcourt son fils et son successeur, surnommé le Prud’homme, présenta également à la cure en 1278 du temps de l’archevêque Guillaume de Flavacourt. La cure valait alors 15 liv.; les paroissiens étaient au nombre de 47 chefs de famille. Jean, qui fut compagnon de Saint Louis à la croisade, fonda vers 1260 dans un coin de son château d’Harcourt le prieuré de Notre Dame du Parc pour servir de sépulture à lui et à sa famille ; il y fit venir une colonie de chanoines de l’ordre du Val des Écoliers et il employa à doter la nouvelle communauté des biens qu’il possédait à Angoville. C’est là l’origine du prieuré d’Angoville, maison qui servait de ferme, le pied-à-terre aux religieux et où se trouvaient les granges dans lesquelles se recueillaient les dîmes (redevances au clergé*).

Sous la date de 1440, nous avons quelques détails sur Angoville : Jean VII comte d’Harcourt en était le patron et il avait présenté Martin David à la cure qui valait 20 l. La population était réduite à 20 chefs de famille. Ce comte d’Harcourt n’eut qu’un fils, Jean VIII, tué à la sanglante bataille de Verneuil en 1424.

Au XVe siècle Angoville était renommé pour la production du poiré (De Beaurepaire, conditions etc. p. 87) – (Poiré : Le poiré est une boisson alcoolisée effervescente, similaire au cidre, de couleur jaune pâle à jaune doré, obtenue par fermentation du jus de poire issu de variétés spécifiques de « poires à poiré »[6])

En 1462 la cour ecclésiastique du diocèse de Rouen condamna un paroissien d’Angoville à trois jours de prison pour emploi d’une formule superstitieuse (De Baurepaire)

Jean Morette demeurant à Angoville dans la sergenterie du Roumois fut anobli vers 1470 par l’édit des francs-fiefs (Fief possédé par un roturier avec concession et dispense du roi, contre la règle commune, qui ne permettait pas aux roturiers de tenir des fiefs*) et versa 10 l. au trésor (Registre d’Osmoy, manuscrit).

Marie d’Harcourt, fille de Jean VII et sœur du comte d’Aumale, porta presque tous les immenses domaines de sa maison dans celle de Lorraine par son mariage avec Antoine de Lorraine comte de Vaudemont. Angoville passa donc à la famille de Lorraine puis à la branche de Guise d’où sortit celle d’Elbeuf qui à son tour donna naissance à la branche d’Armagnac-Brionne. C’est à cette dernière branche qu’Angoville resta. Henri de Lorraine, deuxième fils de Charles Ier duc d’Elbeuf, comte d’Harcourt, Armagnac et Brionne présenta à la cure avant 1666 date de sa mort. D’après un aveu de 1668 le comte de Brionne avait droit de présenter aux cures de Brionne, Angoville et Valleville.

En 1697 deux habitants d’Angoville, les sieurs Guillaume Ausoult tabellion laboureur et Guillaume Foulon compagnon drapier, qui avaient été condamnés à mort pour avoir tué dans une dispute un sieur Boismare obtinrent le privilège de lever la fierte de Saint Romain et eurent la vie sauve. (Fierte de Saint Romain à Rouen : Chaque année, une seule annulation d'une condamnation à mort*).

D’après un rôle des vingtièmes (Le vingtième est un impôt royal direct créé en 1749 pour remplacer le dixième, mis en place en 1710 - histoiresdeserieb.free.fr/releve_vingtieme.html) pour la paroisse d’Angoville dressé entre 1762 et 1780 on comptait dans cette paroisse 42 acres de masures, 8 de prairies et 266 acres de terres labourables et bois taillis ; elle payait 945 l. d’impôts (acre : entre trente et soixante ares[6]).

Le droit de présentation à la cure fut exercé par la famille de Lorraine longtemps après qu’elle ne possédait plus rien dans la paroisse. Le fief principal appartenait dès 1647 à Michel Druel que son mariage avec Austreberthe du Quesnay rendit en même temps seigneur du Thuit à Berville. Une Druel d’Angoville épousa M. du Val de Cerqueux d’où naquit Charles Guy Duval d’Angoville qui était encore mineur en 1769. Le père de ce jeune homme avait alors un procès qui eut du retentissement. M. de Flavigny ayant vendu 20 acres de terre à Adrien Lavoisey dans les seigneuries d’Angoville et de Bézu, M. de Cerqueux les clama à droit féodal et M. de la Boulay beau-frère du vendeur à droit lignager (de lignage : descendants[7]) ; M. de Cerqueux fut débouté en première instance et en appel.

M. Guy du Val d’Angoville était aussi seigneur du Grand Manoir à Thuit-Hébert à l’assemblée de la noblesse en 1788, il était chargé des pouvoirs de MM. Du Val de Cerqueux et du Moncel de la Noë. Léopoldine-Alexandrine Guy du Val d’Angoville, fille d’Albert-Nicolas Guy du Val d’Angoville et de dame Odile du Tillet, a épousé en 1848 M. des Champs de Bois-Hébert officier au 53e de ligne.

BÉZU – paraît être le nom d’un soldat attaché aux seigneurs d’Harcourt qui lui auront donné un domaine à Angoville en récompense de ses services. C’était un tiers du fief relevant de Brionne. Pour faire le service du roi Philippe-Auguste en l’ost (service militaire dû par les vassaux[7]) de Foix (Ariège*), Hugues de Bézu se présenta au nom de Jean d’Harcourt ; il rendit aussi aveu au nom de son maître pour le fief de Saint Sauveur le Vicomte (Manche*). Henri de Bézu était en la compagnie du comte d’Harcourt en 1390 et se trouvait poursuivi à l’Échiquier par le balli du roi de Navarre (Bailliage : circonscription administrative qui apparaît au début du XIIIe siècle et à la tête de laquelle se trouve un bailli[7]). Vers le milieu du XVe siècle Marguerite de Bézu épousa Guillaume de la Motte seigneur de Martot (Histoire d’Harcourt). À cette époque la famille de Bézu était éteinte et avait fait place à Charles Martin de Bézu natif de Pont de l’Arche anobli par les francs-fiefs dans la sergenterie du Roumois ; un membre de cette famille, Marin, acheta en 1490 des religieux de Bernay le fief de Pergantière à Boissey-le-Châtel (Manuscrit d’Osmoy).

Nicolas du Quesnay, écuyer, sieur de Bézu, était conseiller référendaire à la cour des comptes de Rouen. Bézu a ensuite partagé le sort du fief du Thuit à Berville et appartenu aux mêmes seigneurs.

BASVILLE – Dans le IXe ou Xe siècle un seigneur franc nommé Ebbon donna Basville et son église dédiée sous le vocable de la Nativité de la Très-Sainte-Vierge à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Il est probable que Basville tire son nom de son ancien propriétaire et que Basvilla est une contraction d’Ebbonnisvilla.

Le duc Richard II dans sa charte de confirmation des biens de l’abbaye de Saint-Ouen mentionne spécialement Basville et son église. Hugues d’Amiens qui gouverna l’église de Rouen depuis 1130 jusqu’en 1165 permit aux religieux de Saint-Ouen d’affecter spécialement leurs revenus de Basville aux dépenses de leur infirmerie. Au milieu du XIIIe siècle Basville placé sous le patronage de l’abbaye de Saint-Ouen valait X l. de rente à son curé et se composait de 35 paroissiens ou chefs de famille. Sur les registres de l’archevêché de Rouen de 1465 on appelle ce lieu Baavilla. D’après une déclaration du 11 mars 1678 le monastère de Saint-Ouen avait les dîmes de la paroisse et le droit de présenter à la cure (T. Duplessis) ; mais à la fin du XVIIe siècle l’abbaye de Jumièges, le chapitre de la cathédrale de Rouen et le seigneur de Basville jouissaient du droit de présentation chacun quatre mois de l’année (M. Le Prévost).

Lors de recherches dirigée par La Galissonière, Marc-Antoine, Jean et Robert de Bellemare sont signalés comme demeurant à Basville et son reconnus nobles.

LA TOMBERIE – on a trouvé au hameau de ce nom des tuiles romaines et même une enceinte circulaire d’environ 20 toises de circonférence, reste sans doute de quelque catelier (camp avec levée de terre et fossé*) romain. Cette vieille ruine est devenue le chef-mois (terme féodal, principal manoir d’une succession[8]) d’un fief auquel la famille Ozanne a donné quelque réputation. Le premier personnage de ce nom que nous connaissions est Antoine Ozanne seigneur de Basville en Roumois, de la Tomberie, etc. Il obtint des lettres de noblesse données à Vincennes en 1574 moyennant une finance de 1.000 l. Les descendants d’Antoine n’eurent pas d’abord connaissance de ces lettres car lors des recherches de la Galissonière ils firent commencer leur généalogie à Robert Ozanne marié à Isabeau de Frémon. Les deux frères Robert et Jean Ozanne furent déclarés usurpateurs le 13 décembre 1668 et ils payèrent chacun 1100 l. afin sans doute de ne plus être inquiétés sur leur origine (Manuscrit d’Osmoy). Leurs armes étaient : d’azur à la pique d’or, mise en pal et accostée de deux lions du même surmontés de deux molettes du même en chef.

BERVILLE EN ROUMOIS EN 1868 : cant. de Bourgtheroulde, à 144 mètres d’alt. – Sol : diluvium – Chem. de gr. Com. no 16 d’Appeville à Bourgtheroulde – 564 hab. – sur. Territ. 910 hect. – 4 contri. 9,437 f. en ppal – rec. Ord. Budg. 3,601 – percep. de Bourgtheroulde – Rec. Cont. Ind. De Beuzeville – parois. Suc. – École de garçons – École libre de filles – bur. De bienf. – 4 déb. de boiss. – 4 perm. De chasse – dist. En kil. Au ch.l. de dép.43 ; d’arrond. 21 ; de cant. 4.

Dépendances : ANGOVILLE, BOSVILLE (BASVILLE ?) – LE BOSC – L’ÉGLISE – LA FÈVRERIE – LES HÊTRES – LA MARE-HIN – LA MENNERIE – LA NOÉ – LE ROUTOIR – LA SOURDIÈRE – LE THUIT – LE VAL.

Agriculture : céréales – 2.500 arbres à cidre – Industrie : tissage de toile – 12 patentés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Véronique Hervieux DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[10],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 838 habitants, en augmentation de 14,48 % par rapport à 2009 (Eure : 2,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
452 429 496 463 455 493 492 701 637
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
604 608 564 544 511 460 506 459 441
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
421 418 453 373 404 411 397 400 408
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
435 452 481 567 616 661 702 816 838
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'école de Berville-en-Roumois s'appelle Charles Perrault.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes » activée ».
  2. DICTIONNAIRE HISTORIQUE DES COMMUNES DE L’EURE – CHARPILLON et CARÊME – Éditions PAGE DE GARDE (Tome 1)
  3. M. Canel, Berville, p. 244
  4. Hist. D’harcourt par La Roque
  5. Hist. manuscrite du Bec. Ce fait est rapporté inexactement et avec une date fictive dans les notes Le Prévost, art. Boissey-le-Chatel
  6. a, b, c, d et e Source : WIKIPEDIA*
  7. a, b et c Source : LAROUSSE*
  8. Source Adolphe Chéruel
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]