Berta Cáceres

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Berta Cáceres
Berta Cáceres (cropped).jpg
Berta Cáceres, en 2007.
Fonction
Directrice
Council of Popular and Indigenous Organizations of Honduras (en)
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Berta Isabel Cáceres FloresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Mouvement
Sites web
Distinction

Berta Cáceres, née le à La Esperanza et morte le [1] dans la même ville, est une militante écologiste hondurienne issue de la communauté lenca.

Elle est surtout connue pour sa défense du fleuve Gualcarque, dans le département de Santa Bárbara[2].

Elle est assassinée à son domicile, après avoir été victime de menaces pendant plusieurs années.

Biographie[modifier | modifier le code]

Berta Cáceres co-fonde en 1993 le Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras (COPINH). Les militants de l'association sont régulièrement ciblés par des menaces de mort et sujets à la répression alors qu'ils résistaient à des projets d'exploitation minière et de barrage qui selon eux menaceraient l'environnement et les populations locales[3].

À partir de 2006, elle lutte contre le projet de construction du barrage hydroélectrique d'Agua Zarca sur le Rio Gualcarque (en), qui menace de priver d'eau plusieurs centaines d'habitants[4].

La Commission interaméricaine des droits de l'homme inclut "Bertha Cáceres" (sic) sur sa liste des personnes menacées le , lors du coup d'État au Honduras. Le lendemain, la commission prend des mesures de précaution (MC 196-09) en vue de la défendre elle et d'autres militants, lorsqu'elle apprend que des militaires ont encerclé sa maison[5].

Au cours de la campagne contre le barrage, elle fait l'objet avec les autres organisateurs de campagnes d'intimidation de la part des militaires. Lors d'un voyage à Rio Blanco, son véhicule est fouillé et la découverte d'une arme, placée là par les militaires selon elle, entraîne leur détention pendant une nuit[6]. Par la suite, elle est placée sous contrôle judiciaire, avec obligation de se présenter au tribunal une fois par semaine, ce qui l'empêche de voyager librement. L'obligation est levée lorsqu'elle est jugée sans suite en 2014[7].

En avril 2015, elle reçoit le prix Goldman pour l'environnement.

Le , Berta Cáceres est assassinée alors qu'elle rentre chez elle, à La Esperanza[2]. Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, exhorte le Honduras à faire en sorte qu'une enquête indépendante et impartiale soit menée dans les meilleurs délais[8],[9],[10]. Dans les mois qui suivent huit personnes sont arrêtées, dont les responsables environnement et sécurité de l'entreprise DESA (qui construisait un barrage hydroélectrique sur le territoire d'une communauté indigène)[3] et trois membres des services de renseignement de l’armée[11]. En novembre 2017, deux policiers sont arrêtés à leur tour pour avoir falsifié les preuves recueillies pendant l’enquête afin de protéger les inculpés et présenter l’affaire comme le résultat d’un vol ou d’un crime passionnel[11]. Selon un rapport rendu par cinq avocats internationaux, le meurtre de Berta Cáceres a été commandité par les hauts dirigeants de l'entreprise DESA[3].

Le 29 novembre 2018, sept hommes sont reconnus coupables et condamnés. Le journal Reporterre note que « Le tribunal a jugé que le meurtre avait été ordonné par les dirigeants de la société du barrage, Desa, en raison des retards et des pertes financières liés aux manifestations dirigées par Berta Cáceres. Les assassins payés pour tirer sur Cáceres et ceux qui ont organisé le crime ont été condamnés, mais les commanditaires du meurtre restent pour l’instant dans l’impunité[12]. »

La fille de Berta Cáceres, Laura Zúñiga Cáceres, a pris le relais de la lutte sociale et écologique de sa mère, en rejoignant le Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras (COPINH)[13].


  • Cécile Raimbeau, « Qui a tué Berta Cáceres ? : Ruée vers la « houille blanche » en Amérique centrale », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Roxanna Altholz, Jorge E. Molano Rodríguez, Dan Saxon, Miguel Ángel Urbina Martínez, et Liliana María Uribe Tirado, « Represa de Violencia: El plan que asesinó a Berta Cáceres », Grupo Asesor Internacional de Personas Expertas, (consulté le 3 novembre 2017)
  2. a et b Honduras: assassinat de la militante écologiste Berta Cáceres, AFP, lalibre.be, 3 mars 2016
  3. a b et c « Shocking New Investigation Links Berta Cáceres’s Assassination to Executives at Honduran Dam Company », Democracy Now!,‎ (lire en ligne, consulté le 3 novembre 2017)
  4. Berta Caceres, vaillante militante écologique assassinée au Honduras, france24.com, 3 mars 2016
  5. (en) « Precautionary Measures Granted by the Commission during 2009 », sur Inter-American Commission on Human Rights, Organization of American States, (consulté le 7 mars 2016)
  6. (en) Brigitte Gynther, « SOA graduate involved in criminalization of Indigenous leader Berta Caceres | SOA Watch: Close the School of the Americas », School of the Americas Watch (consulté le 4 mars 2016)
  7. (en) « Honduras: Update - Dismissal of case against human rights defender Ms Berta Cáceres » [archive du ], Front Line Defenders, (consulté le 5 mars 2016)
  8. (en) « After Berta’s tragic murder, her fellow defender, Gustavo Castro Soto, must be protected », Protecting Defenders,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018)
  9. (en) « Action needed to stop Honduras turning into a lawless killing zone for human rights defenders », Protecting Defenders,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018)
  10. (en) « Honduras murders: UN Expert urges independent investigation into killings of rights defenders », Protecting Defenders,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018)
  11. a et b « Au Honduras, le coup d’État permanent », sur www.medelu.org,
  12. « Au Honduras, les assassins de l’activiste Berta Cáceres condamnés », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie,
  13. « Défendez les droits de quelqu’un aujourd’hui », sur www.standup4humanrights.org (consulté le 27 mars 2019)