Berta Cáceres

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Berta Cáceres
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Berta Isabel Cáceres FloresVoir et modifier les données sur Wikidata
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Berta Cáceres, née le à La Esperanza et morte le [1] dans la même ville, est une militante écologiste hondurienne issue de la communauté lenca.

Elle est surtout connue pour sa défense du fleuve Gualcarque, dans le département de Santa Bárbara[2].

Elle est assassinée à son domicile, après avoir été victime de menaces pendant plusieurs années.

Biographie[modifier | modifier le code]

Berta Cáceres co-fonde en 1993 le Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras (es) (COPINH). Les militants de l'association sont régulièrement ciblés par des menaces de mort et sujets à la répression alors qu'ils résistaient à des projets d'exploitation minière et de barrage qui selon eux menaceraient l'environnement et les populations locales[3].

À partir de 2006, elle lutte contre le projet de construction du barrage hydroélectrique d'Agua Zarca sur le Rio Gualcarque (en), qui menace de priver d'eau plusieurs centaines d'habitants[4].

La Commission interaméricaine des droits de l'homme inclut "Bertha Cáceres" (sic) sur sa liste des personnes menacées le , lors du coup d'État au Honduras. Le lendemain, la commission prend des mesures de précaution (MC 196-09) en vue de la défendre elle et d'autres militants, lorsqu'elle apprend que des militaires ont encerclé sa maison[5].

Au cours de la campagne contre le barrage, elle fait l'objet avec les autres organisateurs de campagnes d'intimidation de la part des militaires. Lors d'un voyage à Rio Blanco, son véhicule est fouillé et la découverte d'une arme, placée là par les militaires selon elle, entraîne leur détention pendant une nuit[6]. Par la suite, elle est placée sous contrôle judiciaire, avec obligation de se présenter au tribunal une fois par semaine, ce qui l'empêche de voyager librement. L'obligation est levée lorsqu'elle est jugée sans suite en 2014[7].

En avril 2015, elle reçoit le prix Goldman pour l'environnement.

Le , Berta Cáceres est assassinée alors qu'elle rentre chez elle, à La Esperanza[2]. Dans les mois qui suivent huit personnes sont arrêtées, dont les responsables environnement et sécurité de l'entreprise DESA (qui construisait un barrage hydroélectrique sur le territoire d'une communauté indigène)[3] et trois membres des services de renseignement de l’armée[8]. En novembre 2017, deux policiers sont arrêtés à leur tour pour avoir falsifié les preuves recueillies pendant l’enquête afin de protéger les inculpés et présenter l’affaire comme le résultat d’un vol ou d’un crime passionnel[8]. Selon un rapport rendu par cinq avocats internationaux, le meurtre de Berta Cáceres a été commandité par les hauts dirigeants de l'entreprise DESA[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Cécile Raimbeau, « Qui a tué Berta Cáceres ? : Ruée vers la « houille blanche » en Amérique centrale », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Roxanna Altholz, Jorge E. Molano Rodríguez, Dan Saxon, Miguel Ángel Urbina Martínez, et Liliana María Uribe Tirado, « Represa de Violencia: El plan que asesinó a Berta Cáceres », Grupo Asesor Internacional de Personas Expertas, (consulté le 3 novembre 2017)
  2. a et b Honduras: assassinat de la militante écologiste Berta Cáceres, AFP, lalibre.be, 3 mars 2016
  3. a, b et c « Shocking New Investigation Links Berta Cáceres’s Assassination to Executives at Honduran Dam Company », Democracy Now!,‎ (lire en ligne)
  4. Berta Caceres, vaillante militante écologique assassinée au Honduras, france24.com, 3 mars 2016
  5. (en) « Precautionary Measures Granted by the Commission during 2009 », sur Inter-American Commission on Human Rights, Organization of American States, (consulté le 7 mars 2016)
  6. (en) Brigitte Gynther, « SOA graduate involved in criminalization of Indigenous leader Berta Caceres | SOA Watch: Close the School of the Americas », School of the Americas Watch (consulté le 4 mars 2016)
  7. (en) « Honduras: Update - Dismissal of case against human rights defender Ms Berta Cáceres » [archive du ], Front Line Defenders, (consulté le 5 mars 2016)
  8. a et b « Au Honduras, le coup d’État permanent », sur www.medelu.org,