Bernhard Wolff

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Wolff.
Bernhard Wolff
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Bernhard Wolff (3 mars 1811, Berlin - 11 mai 1879, Berlin) est un journaliste allemand qui a fondé en 1849 l'Agence Continentale, appelée à ses débuts « Bureau Télégraphique Wolff », l'une des quatre agences de presse mondiales jusqu'en 1934, avec Associated Press, Reuters et l'Agence Havas. Sa société deviendra en 1949 le Deutsche Presse-Agentur, l'agence de presse allemande actuelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Second fils d'un banquier juif, médecin de formation puis linguiste, traducteur et journaliste, il vit l'essentiel de sa vie à Berlin, dans la province allemande du Brandenbourg. Il est d'abord journaliste au Vossische Zeitung. Puis, le 1er avril 1848, il fonde le Berliner National-Zeitung qui devient le quotidien le plus important de Berlin et dont la publication durera jusqu'en 1939. Après avoir fui la Révolution de Mars 1848, il travaille avec Charles Havas et Paul Julius Reuter.

En 1849, Bernhard Wolff fonde aussi un bureau télégraphique, le Wolffs Telegraphisches Bureau (W.T.B.). C'est à la fois un réseau qui relie ses abonnés, et une agence de presse qui leur diffuse des informations. Il étend ce réseau en octobre 1849 par l'établissement d'une liaison télégraphique créée entre Berlin et Aix-la-Chapelle, appelée la "Prussian State Telegraph"[1], à l'extrémité de laquelle s'est installée Paul Julius Reuters, son ex-collègue et ami, qui envoie ensuite les dépêches vers les centres d'affaires d'Anvers et Bruxelles, par le chemin de fer. Les 27 et 28 novembre 1849, son journal annonce recevoir des nouvelles télégraphiques d'Amsterdam, Francfort, Paris et Londres, avec les cours de Bourse[2]. Les premiers abonnés sont le Kolnische Zeitung, qui reçoit des nouvelles de Belgique et de France, et L'Indépendance belge, d'Henri Édouard Perrot, qui reçoit des informations d'Allemagne et d'Autriche[3].

Une autre ligne de télégraphe capable de succéder au Télégraphe optique prussien de Friedrich Clemens Gerke se construit au même moment le long des 500 km de la ligne de chemin de fer entre Berlin et Francfort, celle de la "Telegraphenbauanstalt von Siemens & Halske", de Johann Georg Halske et Werner von Siemens.

Un an et demi plus tard, Paris, Berlin, Bruxelles et Londres sont reliés par le télégraphe. Bernhard Wolff revend à ses abonnés du WTB les informations reçues à la rédaction de son journal berlinois. Comme ses clients s'intéressent à la transmission plus rapide des cours de Bourse permise par le télégraphe, il en fait un point fort de son "bureau télégraphique".

En 1865, son entreprise est convoitée par l'Agence Havas[4]. Il se tourne vers Bismarck et le Roi de Prusse pour transformer en une société par actions, financée par un crédit de 300000 thalers octroyés par les banquiers proches de Bismarck et rebaptisée Agence Continentale. Du coup, les autres états allemands, en conflit avec la Prusse, ne veulent plus travailler avec lui. Ils se tournent vers le concurrent Reuters, c'est en particulier le cas d'Hambourg et Brème. Avec la marche vers l'unification allemande, Bismarck l'emporte. Wolff doit verser à Reuters une forte indemnité financière pour qu'il se retire de l'Allemagne du Nord, ce qui est un point majeur de l'accord signé avec Havas et Reuters en 1869[4]: Wolf obtient l'Allemagne entière, l'Autriche, la Russie et la Scandinavie, moyennant une autre indemnité aux deux autres agences. Wolff a aussi signé un accord avec la Western Associated Press de Chicago, qui concurrence celle de Chicago.

En 1871, Wolff passe la main, quittant la direction[5].

Il meurt le 11 mai 1879 à Berlin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Havas : les arcanes du pouvoir", par Antoine Lefébure, page 96, Éditions Bernard Grasset, 199 (ISBN 2-246-41991-3)
  2. "When News Was New", par Terhi Rantanen, page 32 [1]
  3. (en) Donald Read, The power of news : the history of Reuters, Oxford, Oxford University Press, , 2e éd., 540 p. (ISBN 0-19-820768-9), p. 12
  4. a et b "Havas : les arcanes du pouvoir", par Antoine Lefébure, page 142, Éditions Bernard Grasset, 199 (ISBN 2-246-41991-3)
  5. "International news and the press: an annotated bibliography", par Ralph O. Nafziger, page XXV

Liens externes[modifier | modifier le code]