Bernard de Cluny

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Bernard de Morlaix ou Bernard de Cluny[1] (Bernard Morlacensis[2],  Bernard le Clunisien) dont les dates de naissance et de mort sont incertaine (1100-1140) moine et poète de Cluny du XIIe siècle, auteur de De contemptu mundi. Il est essentiellement connu par ses écrits.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il vit à Cluny sous Pierre le Vénérable[3]. De contemptu mundi" est un poème de près de 3 000 vers, divisé en trois livres d'environ 1000 vers chacun. Il commence par la description du jugement dernier, suit l'évocation de Jérusalem céleste et la cité infernale; l'enfer, la critique des fausses valeurs, le mépris de la femme, la critique des vices. Jana Nechutova[4] estime que Bernard le clunisien est un poète qui peut-être "considéré comme le maître de l’art formel ayant écrit De contemptu mundi en vers artistiques sous la forme des tripertiti dactylici caudati, c’est-à-dire des hexamètres avec deux rimes intérieures où la fin de chaque vers constitue une rime avec la fin du vers suivant (nous pouvons le voir déjà dans l’incipit: Hora novissima, tempora pessima sunt, vigilemus / ecce, minaciter imminet arbiter ille supremus)".

D'autres œuvres lui sont attribuées : Mariale ainsi que des ouvrages sur les vices (adressé au pape Eugène III), sur la chasteté...

Citation célèbre[modifier | modifier le code]

Il est aujourd'hui connu pour sa phrase « Nunc ubi Regulus aut ubi Romulus aut ubi Remus ? / Stat Roma pristina nomine, nomina nuda tenemus » (« Où est aujourd'hui Régulus et où est Romulus et où est Remus ? La Rome des origines n'existe plus que par son nom, et nous n'en conservons plus que des noms vides »).

Cette phrase a en effet été reprise par Umberto Eco sous une forme modifiée dans son roman Le Nom de la rose (1980), avec la fameuse phrase, difficile à comprendre sans le contexte fourni par Bernard de Cluny, « Stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus » : « La rose des origines n'existe plus que par son nom, et nous n'en conservons plus que des noms vides », ou encore, « C'est par son nom que demeure la rose d'autrefois, nous ne conservons que des mots vides ». La syntaxe est reprise de Virgile, Éneide XII/407 (le ciel n'est que poussière), ici : la rose d'antan n'est plus qu'un nom et [en tout état de cause] nous ne tenons que des noms vides [de signification].

La fin du livre d'Eco diffère du film de Jean-Jacques Annaud, puisque la paysanne n'y survit pas, mais Adso à la fin de sa vie s'interroge sur le sens de sa propre vie avec cette phrase latine.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas le confondre avec Bernard de Cluny, compositeur du XIVe siècle ni avec Bernard de Cluny, lui aussi moine et auteur de l'"Ordo Cluniacensis" dans les années 1060. Ne pas le confondre également avec Bernard Gros, grand prieur de Cluny.
  2. indication latine d'un nom de lieu qui peut-être Morlais ou Morlas ou Murles ou Morval.
  3. Alain Michel Bernard Morlacensis in dictionnaire du Moyen-âge sous la direction de Claude Gauvard 2004 PUF 1546 p. p155
  4. Jana Nechutova, Eschatologie ovidienne et la poétique de Bernard le Clunisien, Mazaryk University (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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