Bernard Sobel

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Bernard Sobel
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Biographie
Naissance
(82 ans)
Nationalité
Activité

Bernard Sobel, né Bernard Rothstein, est un metteur en scène de théâtre et réalisateur de télévision français né le 10 janvier 1936 à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de commerçants juifs ashkénazes de Ménilmontant, il fréquente le lycée Voltaire, où, au début des années 1950, il suit les cours d'un professeur de lettres passionné de cinéma, Henri Agel, qui est chargé de préparer les élèves au concours d'entrée à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC).

Il entame des études d'allemand, et, titulaire de la licence, obtient en 1957 une bourse pour poursuivre ses études à Berlin. Il y découvre le prestigieux Berliner Ensemble, dirigé depuis la mort de Bertolt Brecht par sa veuve, Hélène Weigel, et devient l'assistant de certains des metteurs en scène qui y travaillent. C'est dans ce cadre qu'il signe son premier spectacle, avec L’Exception et la Règle. À Berlin également il rencontre Erika Schegel, qui deviendra sa femme et jouera dans ses premiers spectacles français.

De retour à Paris en 1960, il collabore avec Jean Vilar à la mise en scène de La Résistible Ascension d'Arturo Ui au TNP[1]. La même année, à Saint-Denis, il met en scène avec un collectif de comédiens amateurs et en collaboration avec Jacques Roussillon (à qui vient d'être confiée la direction du Théâtre Gérard-Philipe), trois pièces qu'il a vu travailler au Berlliner Ensemble : Grand-peur et misère du Troisième Reich, Les Fusils de la mère Carrar et Du Millet pour la huitième armée.

En 1963, il fonde, avec le même collectif d'amateurs[2], l’"Ensemble théâtral de Gennevilliers" (ETG), qui donnera ses représentations dans la vaste salle des fêtes de l'avenue des Grésillons. C'est alors qu'il prend le pseudonyme de Sobel, qui est le patronyme de sa mère. Entre 1964 et 1970, il met en scène 14 pièces, dont de nombreuses créations en France, mais aucun "classique" français. La plupart de ces mises en scène sont co-signées par Jean Dufour, qui sera l'administrateur du théâtre jusqu'à sa mort en 1988.

La première création « professionnelle » a lieu en 1970 avec Homme pour homme de Brecht.

Espace de création, de réflexion sur les implications de l'acte théâtral dans la cité (les premiers spectacles se jouent parfois hors de l'enceinte théâtrale), l'ETG est le tremplin de metteurs en scène de renom, comme Patrice Chéreau, Jacques Lassalle ou Bruno Bayen.

En 1983, l'ETG bénéficie du statut de Centre dramatique national et prend le nom de Théâtre de Gennevilliers.

Sobel entretient avec Brecht un dialogue assidu : Têtes rondes et têtes pointues en 1973, La Chute de l’égoïste Johann Fatzer, avec Philippe Clévenot, en 1981, mais aussi La Bonne Âme de Setchouan en 1990 avec Sandrine Bonnaire et, en 1991, La Mère d'après Gorki (avec Maria Casarès).

En 1974, il fonde, avec Max Denes, la revue bimestrielle Théâtre/Public, qui ouvre ses pages aux réflexions et débats que suscitent la fonction du « théâtre ».

En 2003, avec la collaboration de la ville de Gennevilliers, il crée l’Université populaire des Hauts-de-Seine, « lieu d’imagination, de formation, d’apprentissage à l’exercice de la pensée critique », proposant des cours et de conférences ouverts à tous.

Dans le cadre du théâtre musical d'Avignon, Bernard Sobel a mis en scène Le Pavillon au bord de la rivière du dramaturge chinois Kuan Han Chin (musique de Betsy Jolas), Mario et le magicien d'après Thomas Mann (musique de Jean-Bernard Dartigolles), Va et vient et Pas moi (textes de Beckett et musique de Heinz Holliger) ; Le Cyclope d'Euripide (opéra de Betsy Jolas). Dans le registre lyrique, il a, en outre, assuré la mise en scène du Porteur d'eau de Cherubini à l'Opéra-Comique, en 1980 et en 1992. En 1993 et 1994, il monte au théâtre du Châtelet Il prigioniero, opéra de Luigi Dallapiccola et Les Excursions de Monsieur Broucek de Janáček. Il signe également les mises en scène de L'Affaire Makropoulos, de Leoš Janáček (Opéra du Rhin) et du Couronnement de Poppée, de Monteverdi, sous la direction de William Christie en 2005 à l'Opéra de Lyon.

En 1978, il a travaillé à l'établissement de la version française du film-fleuve (7 heures, en quatre parties) de Hans-Jürgen Syberberg, Hitler, un film d'Allemagne : la traduction complète du texte ayant été assurée par François Rey, celui-ci réalise les sous-titres des parties dites à l'image, tandis que Sobel se charge du doublage des voix off.

Il est également réalisateur de télévision. On lui doit un certain nombre de documentaires, des fictions dramatiques ou, encore, les adaptations pour le petit écran de plusieurs spectacles de Patrice Chéreau, dont Lulu et Wozzeck d'Alban Berg ; d'Ariane Mnouchkine pour Mephisto et L'Indiade ; de Klaus-Michaël Gruber avec Bérénice. Son travail, très personnel, ne consiste pas à capter par caméra un spectacle, mais à le réinventer, à lui donner une nouvelle approche. Il en est de même avec ses propres mises en scène théâtrales (Edouard II).

Il quitte le théâtre de Gennevilliers en 2006, après y avoir assuré la mise en scène d'une cinquantaine de spectacles. Il crée alors la "Compagnie Bernard Sobel", avec laquelle il a présenté plus d'une dizaine de spectacles dans divers lieux théâtraux.

Depuis cinquante ans, il a pour principale collaboratrice Michèle Raoul-Davis, qui a travaillé comme dramaturge, traductrice et assistante à la plpart de ses spectacles français.

Membre du Parti communiste français depuis sa première jeunesse et conseiller municipal de Gennevilliers à partir de 1983, il a soutenu le Front de gauche aux élections européennes de 2009[3].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

1960-1969[modifier | modifier le code]

1970-1979[modifier | modifier le code]

1980-1989[modifier | modifier le code]

1990-1999[modifier | modifier le code]

2000-2009[modifier | modifier le code]

2010-2019[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans un article du Monde du 4 juillet 2012, la critique Nicole Zand se souviendra de cette rencontre : « L'engagement de Vilar passe par le répertoire, son approche politique autant que littéraire vous oblige à réfléchir. Il met en scène La Résistible Ascension d'Arturo Ui au moment de la guerre d'Algérie, en 1960. Devenue journaliste, j'assiste aux répétitions, qui, pour moi, sont un symbole de sa méthode. A la fois distanciation et émotion. Sur le plateau, un jeune homme, qui ne s'appelle pas encore Sobel, mais Bernard Rothstein, vient parler de la doxa de Brecht. Il arrive de Berlin-Est, où il a été assistant au Berliner Ensemble. Dans la salle, Jean Vilar l'écoute. Mais quand il se met à répéter avec les acteurs, il n'en fait qu'à sa tête. Sans solliciter par le maquillage les références historiques. Pas de moustache d'Hitler, mais un chapeau mou. »
  2. Parmi les nombreux comédiens qui sont passés, pour un temps plus ou moins longs, dans ce collectif, on peut citer : Jean Soustre, Micheline Muc, Alain David, Maurice Valin, Claudine et Georges Mavros, Daniel Deliquiet, Bernard Delaneau, Alain Girault, et d'autres.
  3. S. Z., « Le soutien des intellectuels divise la gauche de la gauche », Le Monde du 4 juin 2009, p. 11

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