Bernard Planche

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bernard Planche
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Nationalité

Bernard Planche, né le 12 mars 1953 à Clermont-Ferrand, est un technicien[1] français, qui a été tenu en otage en Irak du 5 décembre 2005 au 7 janvier 2006. Il est le premier à s'être évadé, apportant de nombreuses informations aux services français, notamment sur sa survie, mettant ainsi fin à une longue série de prises d’otages en Irak.

Biographie[modifier | modifier le code]

Placé en famille d'accueil de la DASS à Gelles (Puy-de-Dôme) à l'âge de huit ans, il obtient un BT au lycée technique Paul-Constans de Montluçon (Allier), puis suit des études de mécanique et de chaudronnerie à Paris jusqu'au BTS. Il parviendra à un niveau bac+5 en reprenant ses études dans les années 2000.

En 1982, à la demande des donneurs d'ordre locaux, il crée un bureau d'études TCME (Tuyauterie Chaudronnerie Mécanique Études) installé ensuite à La Glacerie près de Cherbourg.

En 1988, il monte une compagnie aérienne sur l'aéroport de Cherbourg - Maupertus, Airwest Affair Atlas Aviation, sous le sigle "4A", dont le siège social est basé à La Glacerie. Travaillant avec les grands chantiers du Cotentin de l'époque, la société est mise en sommeil fin 1990, la CCI de Granville sera condamnée à payer les prestations vers les îles Anglo-Normandes plus tard.

Il s'installe ensuite dans le Rhône, puis part travailler à Habshan (en) aux Émirats arabes unis, pour le compte de la société niçoise Cadoil, pour superviser des travaux d'ingénierie sur un complexe de gaz. Licencié en fin de chantier en 1995, il fait condamner ses employeurs aux prud'hommes en janvier 2000. L'EURL Cadoil ne payait pas ses salaires et le réel employeur Technip (IFP-TOTAL) soutenait son sous-traitant de paille.

En décembre 2004, est prononcée la liquidation judiciaire de sa société AAGEST, fondée en juin 2001 à Castanet-Tolosan, près de Toulouse, pour la gestion d'une station-service Shell, accompagnée en octobre 2005, d'une interdiction de gérer par le tribunal de commerce de Toulouse pour non-paiement de factures. Il s'agissait en réalité d'une gérance de paille orchestrée par les pétroles Shell à laquelle il n'a pas voulu continuer à participer aussi à cause de nombreux vols de clients et employés mécaniciens. Selon certains témoignages, de nombreux clients et ses employés ont eu des problèmes avec lui[2]. SHELL et ses sous-traitants, juridiques pour la création d'AAGEST et comptables pour ses finances, avaient tout pouvoir de régler les indus à son départ en Irak puisqu'ils avaient repris leur station service.

Il part en Irak avec l'ONG d'aide humanitaire d'urgence française Solidarités International, avant de s'en séparer pour organiser la remise en état de 80 stations d'eau potable pour une ONG allemande puis de créer en octobre 2003 une organisation non gouvernementale dont il est le seul membre, AACCESS NGO, sans lien avec l'ONG américaine AACCESS (Arab American Community Center for Economic and Social Services) qui déclare ne pas connaître Bernard Planche et ne plus avoir d'activités en Irak depuis deux ans.

Très apprécié des Irakiens pour ses travaux, il participe à la reconnaissance de la France et des produits français (tubes en fonte de Saint-Gobain) dans son domaine, tant au niveau des ministères Irakiens que des villes qui ont bénéficié de ses prestations pour la remise en état des stations de traitement et des réseaux de distribution d'eau potable.

Détention[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :


Capturé le 5 décembre 2005, il faut attendre le 28 décembre au soir, pour avoir de ses nouvelles, à travers une vidéo le montrant assis devant ses ravisseurs qui menacent de le tuer si la France ne met pas un terme à sa « présence illégitime » en Irak. Le lendemain, le ministre des Affaires étrangères français, Philippe Douste-Blazy, rappelle que la France n'était pas militairement présente dans ce pays.

Le vendredi 30 décembre, sa famille demande sa libération aux ravisseurs dans un message diffusé tôt le matin sur la chaîne Al-Arabiya. Un appel de soutien est lancé par le journaliste Alain Hertoghe sur son blog. Les médias s'intéressent alors à sa personnalité, mettant en lumière le caractère floue de ses activités[3]. Les services secrets français affirment qu'il n'est pas un agent, mais a déjà rendu des services de nature « limitée et de faible valeur. »

Il recouvre la liberté le , en s'enfuyant de la ferme où il est détenu, où en étant abandonné par ses ravisseurs apeurés par un contrôle de l'armée américaine, alors qu'ils circulaient en voiture[1]. Philippe Douste-Blazy annonce la nouvelle de sa libération le lendemain, et Bernard Planche regagne la France le 9 janvier. À sa sortie d'avion sur une base aérienne d’Orléans, à côté du centre de formation de la DGSE de Cercottes spécialisé dans les actions clandestines, il a dit qu'il tiendrait une conférence de presse dans les prochains jours, conférence de presse qu'il n'a jamais tenue. Bernard Planche n'a pas souhaité répondre aux demandes de la presse, sauf RFI qui l'avait soutenu pendant sa détention, à la suite des médisances et autres approximations faites par la presse sur sa vie et notamment un journaliste acharné du Figaro.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Irak - Un ex-otage énigmatique, Le Point n° 1739, 12 janvier 2006
  2. Vincent Pialat avec Daniel Drouet, Enquête. Les années toulousaines de l'otage en Irak, La Dépêche, 23 décembre 2005
  3. « Bernard Planche libéré », L'Humanité, 9 janvier 2006

Source[modifier | modifier le code]