Bernard Manciet

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Bernard Manciet, né à Sabres le et mort à Mont-de-Marsan le , est un écrivain originaire des Landes et un des plus importants auteurs gascons du XXe siècle.

Sa vie[modifier | modifier le code]

À l'école publique de Sabres, puis au petit lycée de Talence où il passe trois années heureuses chez ses oncles curés à apprendre le latin et le grec malgré sa maladie au cœur, et enfin au lycée Montaigne de Bordeaux où il passe le bac un dimanche de juin 1940, il forge une grande érudition dont il n'aimait pas que l'on parle mais qui imprégnait la moindre des conversations avec lui. Cueilli par la tourmente de la guerre, il fait des études de lettres et de sciences politiques à Paris avant d'entrer dans la carrière diplomatique.

Il part en Allemagne, dans l'administration française d'occupation : il est assistant de français à Spire, puis à Ludwigshafen, en 1947-1948 ; en 1949, il est « chargé d'études générales » à l'usine IG Farben de Ludwigshafen[1]. Il devient haut-commissaire en Allemagne auprès de Koenig au moment de la reconstruction de l'État allemand.[réf. souhaitée] Le voici aussi au procès de Nuremberg. À côté du procès, comme il disait.[réf. souhaitée] En 1955, il poursuit sa carrière diplomatique qui le conduit quelques mois au Brésil puis à Montevideo en Uruguay. Il en gardera un regard géopolitique aigu. Il revient à Sabres pour se marier à Mme Marie-Geneviève Dayon, avoir cinq enfants (Marion ou Marie-Joseph, Jean-Romain, Marc, Anne ainsi que Claire), vivre dans une maison qu'il fit construire à Trensacq et gérer l'entreprise de sa belle-famille (L'entreprise DAYON) dans le secteur du bois, laquelle fit faillite dix ans plus tard.

Il anima la revue Òc mais refusa d'entrer dans le mouvement politique occitaniste, même s'il entretenait des relations amicales avec Robert Lafont et Max Rouquette.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Poète, romancier, auteur dramatique, essayiste, directeur de revue littéraire, peintre, performeur, Bernard Manciet laisse une œuvre aux multiples facettes mais dont le fil conducteur fut ce parler noir des Landes dont il se disait le "renard". Il montait aussi sur scène pour dire sa poésie : il a participé à des spectacles avec Bernard Lubat, à Uzeste, Eysines et Bordeaux notamment.

En 1972 déjà, René Nelli écrivait à son propos dans l’anthologie en édition bilingue La poésie occitane parue aux éditions Seghers : « Une étude d’ensemble sur l’œuvre de Manciet ne se fera pas attendre longtemps. Elle permettra peut-être de mieux cerner ce « monstre » d’originalité, dont le renouvellement verbal incessant et le jaillissement lyrique intérieur ne doivent rien aux dernières modes littéraires de Paris. Entre René Char et Quasimodo, Bernard Manciet est certainement l’un des grands poètes – méconnus – de l’Europe moderne. »

Du point de vue linguistique, Bernard Manciet reste fidèle au parler gascon très localisé de sa région des Landes[2].

Une citation[modifier | modifier le code]

"Je ne parle guère, dit-il dans la présentation de Compresseur, que de la lumière de la forêt, du matin, de la nuit. Je vis dedans. Je suis du grand soleil, de la lumière de la nuit." Bernard Manciet

Répliques[modifier | modifier le code]

"Antonio, à taoule !"

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bernard Manciet a écrit une œuvre importante, qui comprend des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et des poèmes dont la plupart sont écrits à la fois en français et en occitan :

  • Le Triangle des Landes, éditions Arthaud, 1981, et Éditions In 8 (Serres-Morlaàs), 2005 nouvelle édition corrigée.
  • L'Enterrament a Sabres, Éditions Ultreïa, Garein (Landes), 1989; Éditions Mollat, 1996; Poésie/Gallimard, Paris, 2010.
  • Accidents, I.E.O. (Institut d'études occitanes), 1955 et Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
  • Strophes pour Feurer, Éditions L’Escampette, 1995.
  • Jeune Homme de novembre / Lo Gojat de noveme, Éditions Reclams / Escòla Gaston Febus, Pau, 1995 et Edicions Reclams, Pau, 2003.
  • Per el Yiyo, Éditions L’Escampette, 1996.
  • Véniels, Éditions L’Escampette, 1996.
  • Impromptus, Éditions L’Escampette, 1998.
  • Les Émigrants ou Iphigénie devant la gare [Los Hòra-trèits o Ifigenia davant la gara], Éditions L’Escampette, Bordeaux, 1999.
  • Accidents, Éditions L’Escampette, 1999.
  • Les Vigilantes, Éditions L’Escampette, 1999.
  • Compresseur, suivi de Poussière, Éditions L’Escampette, 2000.
  • Pastel, alchimie du bleu, livre fait à la main, la part des anges éditions, 2001.
  • Cobalt, Éditions Cadratins, Bagnères de Bigorre, 2002.
  • Éloge de la Rose, Éditions L’Escampette, 2003.
  • De nouveau Cordoue/'Cordoa enqüèra, Éditions Cadratins, Bagnères de Bigorre, 2004.
  • Casaus perduts, novelas, Edicions Reclams, 2005.
  • Jardins perdus, L'Escampette Éditions, 2005.
  • Les Murmures du mal, L'Escampette Éditions, 2006.
  • Ecorchés, photographies Eric Chabrely, la part des anges éditions, 2006.
  • Lo Brèc, poèma, Edicions Reclams, 2006.
  • L'Eau mate, Éditions L’Escampette, 2007.

Il s'est longuement exprimé sur son parcours dans :

  • Entre Gascogne et Provence - Itinéraire en lettres d'Oc, Entretiens réalisés par Jean-Luc Pouliquen avec Serge Bec et Bernard Manciet, Edisud, Aix-en-Provence, 1994.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur le séjour en Allemagne de Bernard Manciet, voir Guy Latry, « Les danseurs de Spire. Catherine Paysan et Bernard Manciet, une rencontre en Allemagne », in Déchirures culturelles, expériences allemandes : les rapports de civilisation dans l'œuvre de Catherine Paysan, Évelyne Brandts, Rainer Riemenschneider éd., L'Harmattan, 2012, pp. 133-143 ; J.-P. Courouau, « Du côté de l'Allemagne », dossier Bernard Manciet, Europe, n° 971, 2010, pp. 325-338.
  2. Il « semble refuser de propos délibéré toute concession à l'occitanité, voire à la pangasconité, pour se réfugier pour ainsi dire dans son microcosme ultradialectal… Cela ne met évidemment pas en cause l'immense valeur littéraire de l'œuvre de Manciet. » Pierre Bec, « Le gascon, dialecte occitan ? », in Hervé Guillorel et Jean Sibille dir., Langues, dialectes et écriture (Les langues romanes de France), Actes du colloque de Nanterre des 16,17 et 18 avril 1992, Institut d'études occitanes et Intitut de politique internationale et européenne de l'université Paris X-Nanterre, 1993, p. 155.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Manciet. Le feu est dans la langue, Bordeaux, CELO et William Blake and C°, 1996 (avec un « Essai de bibliographie de l'œuvre publiée et inédite de Bernard Manciet » par François Pic, pp. 203-241).
  • Bernard Manciet : la voix d'une œuvre (Auteurs en scène no 2), Éditions Théâtre des treize vents, Centre dramatique national Languedoc Roussillon Montpellier, 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]