Bernard Haillant

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Bernard Haillant
Nom de naissance Bernard Haillant
Naissance
Drapeau de la France Nancy
Décès (à 57 ans)
Drapeau de la France Paris
Activité principale Auteur-compositeur, chanteur, musicien
Genre musical Chanson française
Labels Studio SM, AZ
Site officiel http://www.bernardhaillant.com

Bernard Haillant est un chanteur français né à Nancy le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

[1]Bernard Haillant est né à Nancy le 24 septembre 1944 et décédé à Paris le 17 avril 2002.

Les Baladins de Nancy[modifier | modifier le code]

En 1959, Bernard a 15 ans, il monte un groupe avec les copains de son quartier : « Les Baladins de Nancy ». Ils tournent dans la région en chantant les compositions de Bernard et enregistrent un 45 T en pressage à façon.

En 1964, Bel-Air/Barclay édite son premier 45 T personnel.

En solo à Paris et ailleurs[modifier | modifier le code]

En 1966, il monte à Paris. Il entre au cabaret de la Contrescarpe, véritable creuset de la chanson française, où il se forge un solide tour de chant. Il rencontre de jeunes chanteurs auteurs-compositeurs tous passionnés et originaux : Jacques Serizier et Paul Barrault, dont il reprendra plusieurs titres, Jean Vasca, Jehan Jonas, Christine Sèvres, Paul Villaz, Rufus, Romain Bouteille, Daniel Laloux, Les Enfants Terribles, Nancy Davis Osthues et tant d’autres que j’oublie ou que je ne connais pas. Cette belle aventure se termine en 1970 à la fermeture du cabaret.

Durant cette période, il donne des spectacles, seul avec sa guitare, partout où il est sollicité en province et à l’étranger, et il enregistre ses deuxième et troisième 45 T, chez DECCA en 1968 et chez SM en 1970.

En 1975, il interprète les chansons du spectacle de Robert Hossein La Prodigieuse aventure du Cuirassé Potemkine composées par Maxime Leforestier et Yvan Dautin/Alain Ledouarin qui feront l’objet d’un 45 T chez AZ.

Crëche[modifier | modifier le code]

[2] Tout en poursuivant sa carrière solo, il renoue avec le travail en groupe grâce à la rencontre de Mannick, Gaëtan de Courrèges, Jo Akepsimas et Jean Humenry lors d’une tournée en 1969 sur la Côte d’Azur. Un an plus tard, ce sera le groupe Crëche. Leurs spectacles enthousiasment le public. En 1974, l’arrivée de Didier Desmas et Charles Gancel ajoute encore un peu de folie. Hélas, pour l’ardente spectatrice que je suis, l’expérience se terminera en 1977.

Toujours en solo[modifier | modifier le code]

Durant cette période, en 1971, il enregistre son premier 33 T* puis part pour la première fois dans le Pacifique ; ce voyage le bouleverse et le bouscule profondément.

En 1974, il sort Les riches heures du temps qui passe  puis effectue son deuxième voyage dans le Pacifique.

En 1976, paraît Petite sœur des îles. Parmi toutes les chansons de cet album, inspirées par ses voyages dans les îles et ses rencontres, on peut retenir « Dick le Mélanésien » pour sa force et son humanité.

Viendront ensuite :

  • en 1979 Ballades d’un arlequin,
  • en 1981 Des mots chair, des mots sang qui a obtenu le Grand Prix du disque Charles Cros,
  • en 1984 Du vent, des larmes et autres berceuses dont est extrait « L’homme qui pleure » qui est souvent repris.

Au 24 septembre, enregistrement public à l’occasion de ses 40 ans, est sorti en 1985.

En 1987, Bernard Haillant crée une œuvre originale : il sort du format chanson, réalisant un oratorio pour soliste, chœurs et orchestre qu’il intitule Remonter la rivière, cri poème symphonique où il fait un retour sur son enfance, sa jeunesse et sur la mort, en particulier celle de sa mère.

Une compilation de 22 chansons parues entre 1972 et 1985, intitulée Une oreille dans l’ dos, sort en CD en 1991 récompensé par un "CHOC du monde de la MUSIQUE".

RLR : Remonter La Rivière[modifier | modifier le code]

Homme libre et original, Bernard crée avec des amis l’association « Remonter La Rivière » en 1987. Cette structure lui permet d’enregistrer les chansons qu’il souhaite sans subir les « conseils » d’un directeur artistique et les contraintes de production d’une maison de disques. Il prend alors la responsabilité de l’ensemble des aspects d’un projet artistique et en assume tous les risques, y compris financiers.

En compagnie de Claude Georgel[modifier | modifier le code]

Le travail de dix années de scène en collaboration musicale étroite avec le talentueux saxophoniste Claude Georgel a donné le jour au CD Comme en scène en 1996.

Enfin[modifier | modifier le code]

L’homme en couleur, dernier opus, est sorti le 30 mars 2001.

Aujourd’hui, à l’écoute de ce CD, on a le sentiment que Bernard Haillant nous livre son testament, en particulier dans la dernière composition « Tjibaou, Yéweiné Yéweiné » inspirée, une fois encore, par la Nouvelle-Calédonie et les Kanaks.

Bernard Haillant a donné son dernier spectacle au festival « Chansons de parole » de Barjac en juillet 2001.

Je laisse la parole à Robert Migliorini pour terminer cette trop courte biographie.

« Le chanteur Bernard Haillant est parti comme il a vécu. Sans tapage, nous laissant ses chansons poignantes d’homme de douceur et de fraternité fougueuse si indispensables pour déjouer le désenchantement. »

* Les huit albums 33 T sont réédités sous la forme d’un coffret de huit CD réalisés à partir des bandes magnétiques originales (ceci, afin de retrouver les subtilités musicales qui avaient disparu lors de la gravure des albums vinyles) et les éléments des pochettes d’origine. Ce coffret de Bernard Haillant intitulé « … Je vous enchanterais les mots… » est produit par l’association Remonter La Rivière.

Ses spectacles[modifier | modifier le code]

À propos de l'évolution de ses spectacles, qui étaient au départ de simples tours de chant pour devenir ce qu'il a appelé des spectacles-chansons, Bernard Haillant dit en 1985 : "... l'arrêt du Crëche m'a donné envie de travailler différemment car il y avait des choses que j'aimais faire en spectacle avec le groupe. Or me retrouver à chanter seul avec deux projecteurs pour m'éclairer ne me convenait plus. Le tour de chant où les spectateurs étaient davantage accrochés par les anecdotes que par les chansons ne me satisfaisait pas, je ne mettais pas en valeur ce qui m'avait pris le plus de temps et où j'avais dit le meilleur, les chansons. Alors j'ai décidé de changer de système et de créer une mise en œuvre de mon spectacle. J'ai abandonné une certaine tranquillité. Maintenant je me sers d'instruments que j'utilisais pour accompagner les autres chanteurs du Crëche. Les chansons s'enchaînent sans commentaires, ni apartés, ni clins d’œil. J'ai un canevas très précis avec des moments pour souffler, ainsi je peux broder à ma guise et j'ai toute liberté dans l'interprétation des chansons".

Il dit aussi à propos de l'espace scénique : « ... le problème c'est que les scènes se réduisent de plus en plus. Et moi je suis à l'aise sur de grandes scènes. Plus c'est petit, plus c'est compliqué. J'ai le souci de l'éclairage pour qu'une zone soit une zone, un détail soit un détail, et que le reste disparaisse de manière à ce qu'on ait de l'air, de l'espace. La qualité du silence est importante aussi. (...) Un silence n'est pas une absence de bruit avec un bourdonnement. Certaines salles ont cette qualité comme d'autres ont des qualités d'air ou d'espace ».

Bernard Haillant auteur-compositeur[modifier | modifier le code]

Derrière le terme « auteur-compositeur » qui renvoie à l'écriture de chansons, on trouve[Qui ?] chez Bernard Haillant une variété de styles[réf. souhaitée]. Le premier terme qui vient à l'esprit est celui de « chanson à texte[réf. nécessaire] » ; cela vient bien sûr des thèmes abordés, souvent graves et humanistes (le fond) autant que de la force évocatrice des images employées (la forme), mais on peut[Qui ?] également noter que cette impression est également intimement liée à la puissance vocale de Bernard Haillant interprète, dont la voix est systématiquement mise en avant de l'accompagnement, réussissant à l'occasion à remplir l'espace sonore avec le seul soutien d'une simple guitare, voire à voix nue, sur certains textes parlés[non neutre][réf. souhaitée].

Bernard Haillant multi-instrumentiste.[modifier | modifier le code]

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Tout au long de sa longue carrière, Bernard Haillant joue d'une foule d'instruments :

  • la guitare, principalement classique
  • les flûtes, toujours à bec et non traversières, de différentes tonalités (flûte, flûte basse...)
  • les percussions : sur son premier album, Haillant joue lui-même la batterie sur « Mes enfants » ; il fera ensuite appel à des batteurs de studio, mais jouera des percussions tout au long de ses enregistrements
  • le violon : sur « Le printemps des fruits et des légumes », une curiosité car c'est le seul morceau où il en joue sur ses propres albums

Bernard Haillant ne joue jamais d'instrument à clavier : piano, orgue ou synthétiseur, à l'exception de l'orgue à bouche, dont la sonorité rappelle celle de l'accordéon. De manière générale, les synthés sont proscrits de ses chansons, l'ensemble de son œuvre gardant une empreinte délibérément acoustique.

Expériences et élaborations[modifier | modifier le code]

Certains morceaux de Bernard Haillant sont conçus autour de et pour un instrument. Ainsi, pour le jeu scénique « Des étoiles pour Noël » dont l'enregistrement sur disque a été réalisé par son ami Gaëtan de Courrèges, Bernard Haillant a composé une musique sur un texte de Christiane Gaud, avec un accompagnement à la sanza, instrument africain également dénommé « piano à pouce ».

Plus tard, il reprend le thème musical en réécrivant des paroles : c'est la chanson « J'suis plus un enfant ». Bernard Haillant arrange cette chanson avec une boîte à musique à bandes, trouant lui-même les petites bandes de carton où chaque trou représente une note, sur le modèle de l'orgue de barbarie. Mais la sanza l'inspire à nouveau pour « Eau salée », une incantation primitive où les notes du piano à pouce accompagnent à merveille la voix.

Pour parfaire l'arrangement, la boîte à musique de « J'suis plus un enfant » est rehaussée de flûtes, et la sanza d' « Eau salée » d'un accompagnement de... verres à pied. Le principe est de remplir plus ou moins les verres selon la note désirée, puis de mouiller ses doigts et de les faire tourner rapidement autour des verres pour produire une sonorité aigüe et diaphane.

Plus tard encore, Bernard Haillant composera une chanson spécialement pour les verres à pied : « Sépa-séparés », avec également la participation de son neveu Claude Georgel au saxophone.

Discographie[modifier | modifier le code]

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1972: Bernard Haillant(Disque)|Bernard Haillant - avec Nancy Davis Osthues et le groupe Crëche
  • 1974: Les riches heures du temps qui passe
  • 1976: Petite sœur des îles
  • 1979: Ballades d'un Arlequin
  • 1981: Des mots chair, des mots sang - Grand Prix de l'Académie Charles-Cros 1982
  • 1984: Du vent, des larmes et autres berceuses
  • 1985: Au 24 septembre... ...20 et 20 font 40 ! - Enregistrements publics
  • 1987: Remonter la rivière - Cri-poème symphonique
  • 1996: Comme en scène
  • 2001: L'homme en couleur - Coup de cœur de l'Académie Charles-Cros 2001

Compilation et Coffret[modifier | modifier le code]

  • 1991: Une oreille dans l'dos - Compilation - Choc du Monde de la Musique
  • 2007: Je vous enchanterais les mots - Coffret reprenant les huit premiers albums de Bernard Haillant

45 Tours[modifier | modifier le code]

  • 1963: Les Baladins
  • 1964: Mille boules de neige
  • 1968: Mes enfants [3]
  • 1970: Le jour où nous serons vieux

Autres[modifier | modifier le code]

  • 1971: Pacifique Boom - 33 tours hors catalogue pressé à l'issue du rassemblement scout "Pacifique Boom II" de 1971 qui a eu lieu à Tahiti.
  • 1971: Chansons ouvrières
  • 1971: Chansons ouvrières nº2
  • 1972: Soleil d'une espérance
  • 1972: Guerre à la guerre
  • 1972: Le bal d'Hortense [4]
  • 1975: La prodigieuse aventure du cuirassé Potemkine
  • 1978: Tri La Ritron par Jacqueline Farreyrol, arrangements Bernard Haillant. Grand prix du disque Charles Cros
  • 1979: Mon île par Jacqueline Farreyrol, arrangements Bernard Haillant
  • 1979: Chante ta vie par Jacqueline Farreyrol, arrangements Bernard Haillant
  • 1981: La forêt des hommes par Angélique Ionatos, arrangements Bernard Haillant
  • 1986 : Derrière le rideau de chair - Orchestrations et instruments pour un disque d'Yves Marchal
  • 1990: L'âme-hors Morice Benin - Cassette pour prendre le large 8
  • 1995: Notes en bulles volume 2 - CD Festival d'Artigues 1995
  • 2001: CHANSON ET UTOPIE - CD Festival Chansons de paroles, Barjac 2001
  • 2000: 32+32=2000 avec le village d'Annay marié à Bernard Haillant Action mise en scène dans l'espace social par Jean Bojko/ TéATr'éPROUVèTe
  • 2006: Tranches de scènes Chansons en stock n° 3 - autour de Claude Semal - DVD
  • 2007: Tranches de scènes Chansons en stock n° 4 - autour de Serge Utgé-Royo - DVD
  • 2008: Ils ont chanté ses mots - plus de vingt artistes ont interprété les chansons de Bernard Haillant le 4 décembre 2007 - DVD

Avec le groupe Crëche[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Le Roi Arthur, Entrez dans la danse

33 tours[modifier | modifier le code]

  • 1973 : album Crëche, Studio SM
  • 1975 : album Crëche à l'Olympia, Studio SM
  • 1977 : album Groupe Crëche, AZ

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Bernard Haillant | Son œuvre », sur www.bernardhaillant.com (consulté le 4 juin 2018)
  2. Bernard Haillant fonde le groupe Crëche avec Jo Akepsimas, Mannick, Jean Humenry et Gaëtan de Courrèges en 1969. Il mène parallèlement une carrière d'auteur, compositeur et interprète et enregistre une dizaine d'albums solo. Il reçoit le Grand Prix International du Disque de l'Académie Charles-Cros pour son album Des mots chair, des mots sang en mars 1982 ainsi que le Coup de cœur de cette même Académie pour L'homme en couleur en 2001.
  3. orchestrations Bernard Gérard
  4. chanson de Paul Barrault