Bernard Haillant

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bernard Haillant
Nom de naissance Bernard Haillant
Naissance
Drapeau de la France Nancy
Décès (à 57 ans)
Drapeau de la France Paris
Activité principale Auteur-compositeur, chanteur, musicien
Genre musical Chanson française
Labels Studio SM, AZ
Site officiel http://www.bernardhaillant.com

Bernard Haillant est un chanteur français né à Nancy le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernard Haillant fonde le groupe Crëche avec Jo Akepsimas, Mannick, Jean Humenry et Gaëtan de Courrèges en 1969. Il mène parallèlement une carrière d'auteur, compositeur et interprète et enregistre une dizaine d'albums solo. Il reçoit le Grand Prix International du Disque de l'Académie Charles-Cros pour son album Des mots chair, des mots sang en mars 1982 ainsi que le Coup de cœur de cette même Académie pour L'homme en couleur en 2001.

Bernard Haillant auteur-compositeur[modifier | modifier le code]

Derrière le terme « auteur-compositeur » qui renvoie à l'écriture de chansons, on trouve chez Bernard Haillant une très grande variété de styles. Le premier terme qui vient à l'esprit est celui de « chanson à texte[réf. nécessaire] » ; cela vient bien sûr des thèmes abordés, souvent graves et humanistes (le fond) autant que de la force évocatrice des images employées (la forme), mais on peut également noter que cette impression est également intimement liée à la puissance vocale de Bernard Haillant interprète, dont la voix est systématiquement mise en avant de l'accompagnement, réussissant à l'occasion à remplir l'espace sonore avec le seul soutien d'une simple guitare, voire à voix nue, sur certains textes parlés.

Les morceaux de Bernard Haillant sont tour à tour :

  • de facture totalement classique, couplet / refrain ou couplets : « Le jour où nous serons vieux », « Ca fait grincer des dents »...
  • plus élaborées, avec inclusion d'un « pont » : « Le temps passe », « Ne faut pas croire au temps qui passe »...
  • des poèmes mis en musique par ses propres soins : « L'oiseau qui d'un coup fend la nuit », « Mon étrangère »...
  • des textes parlés avec ou sans accompagnement, que celui-ci soit musical (« Et toc ! », « Quand je serai heureux ») ou bruité (« On s'est trompé », « Mon copain qu'imitait les oiseaux »)
  • des musiques sans paroles, instrumentales (« Musikhêne ») ou vocales (« Cris et résonances », « Kheûr »)
  • un « cri-poème symphonique » : « Remonter la rivière », incluant tous les styles précités

En définitive, si incontestablement l'amour des mots est le principal moteur de l'artiste, on note que ses textes sont intimement dépendants de la musique associée, voire, pour certains, de l'arrangement : « Le vieil homme » est indissociable de la partie de piano de Bernard Gérard, « Quand je serai heureux » perd beaucoup de sa magie sans sa construction à deux voix parlées, « Berceuse Croque-Lune » n'a pas de sens sans la chorale des Chanteclers de Guénange et les flamboyants interludes instrumentaux... L'œuvre de Bernard Haillant ne peut se concevoir que comme celle d'un artiste complet.

Bernard Haillant multi-instrumentiste.[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa longue carrière, Bernard Haillant joue d'une foule d'instruments. Établir une liste exhaustive serait une gageure. Citons :

  • la guitare, principalement classique
  • les flûtes, toujours à bec et non traversières, de différentes tonalités (flûte, flûte basse...)
  • les percussions : sur son premier album, Haillant joue lui-même la batterie sur « Mes enfants » ; il fera ensuite appel à des batteurs de studio, mais jouera des percussions tout au long de ses enregistrements
  • le violon : sur « Le printemps des fruits et des légumes », une curiosité car c'est le seul morceau où il en joue sur ses propres albums

Bernard Haillant ne joue jamais d'instrument à clavier : piano, orgue ou synthétiseur, à l'exception de l'orgue à bouche, dont la sonorité rappelle celle de l'accordéon. De manière générale, les synthés sont proscrits de ses chansons, l'ensemble de son œuvre gardant une empreinte délibérément acoustique.

Expériences et élaborations[modifier | modifier le code]

Certains morceaux de Bernard Haillant sont conçus autour de et pour un instrument. Ainsi, pour le jeu scénique « Des étoiles pour Noël » dont l'enregistrement sur disque a été réalisé par son ami Gaëtan de Courrèges, Bernard Haillant a composé une musique sur un texte de Christiane Gaud, avec un accompagnement à la sanza, instrument africain également dénommé « piano à pouce ».

Plus tard, il reprend le thème musical en réécrivant des paroles : c'est la chanson « J'suis plus un enfant ». Bernard Haillant arrange cette chanson avec une boîte à musique à bandes, trouant lui-même les petites bandes de carton où chaque trou représente une note, sur le modèle de l'orgue de barbarie. Mais la sanza l'inspire à nouveau pour « Eau salée », une incantation primitive où les notes du piano à pouce accompagnent à merveille la voix.

Pour parfaire l'arrangement, la boîte à musique de « J'suis plus un enfant » est rehaussée de flûtes, et la sanza d' « Eau salée » d'un accompagnement de... verres à pied. Le principe est de remplir plus ou moins les verres selon la note désirée, puis de mouiller ses doigts et de les faire tourner rapidement autour des verres pour produire une sonorité aigüe et diaphane.

Plus tard encore, Bernard Haillant composera une chanson spécialement pour les verres à pied : « Sépa-séparés », avec également la participation de son neveu Claude Georgel au saxophone.

On le voit, l' « homme en couleurs » est un insatiable curieux qui multiplie les expériences musicales, et n'hésite pas à fabriquer ses instruments à l'occasion : ainsi, il a récupéré sur des chantiers des tubes qu'il a sciés lui-même à différentes longueurs afin de varier les notes, et se confectionner son propre carillon tubulaire, utilisé en particulier sur la « Lettre d'une petite écolière à son ancienne institutrice ».

Bernard Haillant seul en scène.[modifier | modifier le code]

Après les derniers spectacles du groupe Crëche, Benard Haillant, au début des années 1980, tourne seul en scène, dans des spectacles durant à peu près une heure. Une heure à écouter et voir un seul bonhomme, c'est très long. Aussi, afin de varier au maximum les ambiances, Haillant utilise tous les instruments précités, chacun positionné à sa place au sein d'un espace scénique soigneusement délimité. Des accessoires complètent le décor, qui auront chacun leur rôle dans la trame du spectacle. Enfin, un soin particulier est apporté aux lumières, qui mettent en valeur et en relief les instruments et accessoires.

Ainsi, lorsque, juste avant la « Lettre d'une petite écolière... », Bernard Haillant jouait du carillon tubulaire, mettant en branle un à un les différents tubes pour une mini-symphonie en musique et en lumière, le public applaudissait spontanément cette performance non vocale témoignant d'un extraordinaire sens scénique.

Il faut ajouter que les contraintes de budget imposaient à Bernard Haillant, non seulement de se passer de musiciens additionnels, mais également de technicien professionnel. Les contrats régissant la prestation scénique stipulaient la mise à disposition d'un technicien bénévole pour les lumières, lequel rencontrait Bernard Haillant sur place, dans l'après-midi précédant le spectacle, et suivait à la lettre un conducteur à trois colonnes : la première reproduisait le texte exact des morceaux, la deuxième détaillait la mise en scène, la troisième indiquait les projecteurs à actionner. Le résultat, compte tenu de la situation, était impressionnant de précision et de magie visuelle.

Ces souvenirs de spectacle témoignent de la recherche obsessionnelle de la qualité qui a toujours animé Bernard Haillant, cherchant sans cesse à repousser les limites du « seul en scène ». Il faut d'ailleurs noter qu'il n'utilise presque jamais l'artifice de la bande-orchestre, à quelques notables exceptions :

  • « Dick le Mélanésien », chanson adaptée de « Jeune fille de beau rivage » de son ami Dick Bône, l'enregistrement de la chanson originale servant d'accompagnement ; la bande-orchestre étant pleinement justifiée par la mise en scène
  • un enregistrement de femme pygmée que l'on entend pendant que Bernard Haillant laisse couler une cascade de lumière sur ses mains comme s'il s'agissait d'une source équatoriale
  • sa propre voix sur « J'ai souvenir d'un temps lointain », qui lui permet de dialoguer avec lui-même – et avec Claude Georgel dans les dernières années...

Les enregistrements utilisés en spectacle sont ainsi toujours signifiants, et jamais l'expression d'une quelconque facilité s'approchant plus ou moins du karaoké.

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec le groupe Crëche[modifier | modifier le code]

45 tours[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Le Roi Arthur, Entrez dans la danse

33 tours[modifier | modifier le code]

  • 1973 : album Crëche, Studio SM
  • 1975 : album Crëche à l'Olympia, Studio SM
  • 1977 : album Groupe Crëche, AZ

En Solo[modifier | modifier le code]

45 Tours[modifier | modifier le code]

  • 1963: Les Baladins
  • 1964: Mille boules de neige
  • 1968: Mes enfants
  • 1969: Rythme et Joie
  • 1970: Le jour où nous serons vieux
  • 1971: Chansons ouvrières
  • 1971: Chansons ouvrières nº2
  • 1972: Soleil d'une espérance
  • 1972: Guerre à la guerre
  • 1972: Le bal d'Hortense
  • 1975: La prodigieuse aventure du cuirassé Potemkine

Albums[modifier | modifier le code]

Compilation et Coffret[modifier | modifier le code]

  • 1991: Une oreille dans l'dos - Compilation - Choc du Monde de la Musique
  • 2007: Je vous enchanterais les mots - Coffret reprenant les huit premiers albums de Bernard Haillant

Autres[modifier | modifier le code]

  • 1971: Pacifique Boom - 33 tours hors catalogue pressé à l'issue du rassemblement scout "Pacifique Boom II" de 1971 qui a eu lieu à Tahiti[1].
  • 1986 : Derrière le rideau de chair - Orchestrations et instruments pour un disque d'Yves Marchal
  • 1990: L'âme-hors Morice Benin - Cassette pour prendre le large 8
  • 1995: Notes en bulles volume 2 - CD Festival d'Artigues 1995
  • 2001: CHANSON ET UTOPIE - CD Festival Chansons de paroles, Barjac 2001
  • 2000: 32+32=2000 avec le village d'Annay marié à Bernard Haillant Action mise en scène dans l'espace social par Jean Bojko/ TéATr'éPROUVèTe
  • 2006: Tranches de scènes Chansons en stock n° 3 - autour de Claude Semal - DVD
  • 2007: Tranches de scènes Chansons en stock n° 4 - autour de Serge Utgé-Royo - DVD
  • 2008: Ils ont chanté ses mots - plus de vingt artistes ont interprété les chansons de Bernard Haillant le 4 décembre 2007 - DVD

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]