Bernard Ésambert

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Bernard Esambert
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Bernard Ésambert, né le à Paris[1], est un ingénieur, conseiller ministériel, financier et dirigeant français dans le secteur humanitaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Bernard Ésambert naît dans une famille modeste. En 1939, son père, ouvrier, change son nom de famille de Ejzenberg à Ésambert afin d'échapper à l'antisémitisme ; il est toutefois déporté, avec sa famille, au camp de Drancy, dont il survit[2].

Il suit des études scientifiques en classes préparatoires scientifiques au lycée Saint-Louis, où il est boursier[2]. Il intègre l'École polytechnique, dont il est diplômé de la promotion 1954. Classé dans la botte, il rejoint ensuite l'École nationale supérieure des mines de Paris[3]. Il est alors mendésiste[2]. Il suit des cours à l'Institut d'études politiques de Paris en « auditeur très libre »[2].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

En 1960, il est nommé chargé de mission au gouvernement général en Algérie. Ente 1961 et 1962, est chef du service des mines des Antilles et de la Guyane. Entre 1964 et 1966, il est nommé chargé de mission à la direction du gaz et de l'électricité, au ministère de l'Industrie, puis chef de service à la direction des carburants, jusqu'en 1967[1].

C'est alors qu'il rejoint le cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre de Charles de Gaulle. Il y reste un an[4], avant de rejoindre le cabinet de Maurice Couve de Murville, qu'il quitte en 1969[5]. Lorsque Georges Pompidou est élu président de la République, il rejoint le cabinet présidentiel[6]. Il y est alors son conseiller industriel, et ainsi « un des auteurs des grands programmes industriels du pompidolisme »[7].

En 1971, il invente le concept de « guerre économique » dans un article publié par la revue Les Informations[8] et décline ce thème dans deux ouvrages, Le Troisième Conflit mondial (Plon, 1977)[9],[10] et La Guerre économique mondiale (O. Orban, 1991)[11], et dans de nombreux articles. Il présidera plus tard l'Académie de l'intelligence économique[12].

En 1974, il entre au Crédit Lyonnais qu'il quitte en 1977 pour le poste de président-directeur général de la Compagnie financière Edmond de Rothschild, qu'il occupa de 1977 à 1993[13]. Il exerce parallèlement la fonction de président-directeur général de la banque Sofirec (1980–1993)[14] et celle de président du directoire de la Compagnie financière Holding de 1982 à 1993[15].

Il participe à plusieurs conférences Bilderberg, dont celle d'Aix-la-Chapelle les 18,19 et 20 avril 1980[16].

Il est l'un des rares banquiers à ne pas boycotter François Mitterrand lorsqu'il devient président de la République[2].

Dans le groupe Bolloré, il a présidé la Compagnie des Glénans puis co-présidé Bolloré Technologies de 1993 à 1994[17],[18],[19] ainsi que de la filiale SDV (SCAC-Delmas-Vieljeux)[20].

Dans le groupe Lagardère, il fut vice-président du conseil de surveillance de 1994 à 2004, et à la tête du conseil de surveillance de la banque Arjil de 1995[21],[22] jusqu'à la cession de cette dernière par le groupe Lagardère en 2004. Il présida par la suite, de 2005 à 2008, l'Advisory Board d'Arjil[23].

Autres responsabilités[modifier | modifier le code]

Il siège aux conseils de surveillance de Biomérieux-Pierre Fabre[24], de Devoteam et de l'Institut de l'Entreprise.

Il a également présidé le conseil d'administration de l'École polytechnique (de 1985 à 1993)[3],[25],[26], la commission du développement durable auprès du Premier ministre (de 1993 à 1995)[27], l'Institut Pasteur (de 1994 à 1997)[28], le Centre français du commerce extérieur (de 1998 à 2000)[15], l'AGEM (Association des groupes de mobilisation européens, de 1989 à 1998)[29] et l'École de neurosciences de Paris-Île-de-France de 2007 à 2011[30].

Il est membre de la Commission des opérations de bourse depuis 1996, devenue par la suite l'Autorité des marchés financiers. Il a remis en 1998 un rapport dans lequel il prône un changement législatif pour permettre aux entreprises de racheter leurs actions[31].

En décembre 2012, il est nommé président d'honneur du club des Vigilants après l'avoir présidé depuis sa création en 1999. Bernard Ésambert est aussi président de la Fondation française pour la recherche sur l'épilepsie qu'il a fondée en 1991[32], de la Fédération pour la recherche sur le cerveau qu'il a fondée en 1999[33] et de X-Résistance de 2006 à 2014.

Depuis 2012, il est président de l'Institut Georges-Pompidou, et vice-président de la Fondation « Un avenir ensemble » à la grande chancellerie de la Légion d'honneur.

Bernard Ésambert reçoit le 1er septembre 2013 le prix Saint-Simon pour son dernier ouvrage Une vie d'influence, dans les coulisses de la Ve République[34],[35].

Décorations[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Une vie d'influence, dans les coulisses de la Ve République, Paris, Flammarion, 2013, 552 p. Cet ouvrage a obtenu le prix Saint-Simon en 2013.
  • Agnès Bénassy-Quéré, Dominique Lamoureux, Bernard Ésambert, « La Crise comme symptôme, ses enjeux éthiques », dans Éthique et crise financière, actes de la journée d'études du 6 février 2009 organisée par la fondation Ostad Elahi en 2009, Paris, L'Harmattan, coll. Éthique en contextes, 2009,pp. 15-42.
  • Pompidou, capitaine d'Industries, Paris, Odile Jacob, 1994, 277 p.
  • La Guerre économique mondiale, Paris, Olivier Orban, 1991, 296 p.
  • La Guerre économique, conférence du 30 septembre 1981, Paris, Amicale des trésoriers de banque, 1981, 77 p.
  • Le Troisième Conflit mondial, Paris, Plon, 1977, 330 p.

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Gilles Le Bail, L'Europe, défaite ou défis, préface de Bernard Ésambert, Tournai (Belgique), éd. Fortuna, 2014, 195 p.
  • François Valérian, Le Vertige de Narcisse, voyage dans l'incertitude contemporaine, préface de Bernard Ésambert, Paris, éd. Eska, 1993, 175 p.
  • Gérard Simon Cohen, De la guerre industrielle, préface de Bernard Ésambert, Paris, Dunod, 1991, X-229 p.

Articles[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Ésambert, une vie presque normale, ciné-portrait de Rina Sherman, vidéo HD, 90 min, 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Bernard Ésambert », fiche biographique, sur annales.org, Les Annales des Mines, [s. d.] (consulté le )
  2. a b c d et e Bernard Esambert, Une vie d’influence: Dans les coulisses de la Ve République, Flammarion, (ISBN 978-2-08-129694-7, lire en ligne)
  3. a et b « Rencontre avec Bernard Esambert (X1954) », sur https://www.polytechnique.edu/, (consulté le )
  4. « Au cabinet du Premier ministre », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  5. « Le cabinet de M. Couve de Murville », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  6. « Huit nouveaux chargés de mission à l'Élysée », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  7. Martine Orange, « Ce que Sanofi dit de la politique industrielle française », sur Mediapart (consulté le )
  8. « Les entreprises dans la guerre économique », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  9. Jacqueline Grapin, « Le troisième conflit mondial », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  10. Michel Jobert, « Le troisième conflit mondial », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  11. « Bibliographie : la « main invisible », gantée de fer... », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  12. Jean-Philippe von Gastrow, « L'intelligence économique cherche ses clients », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  13. Jean de Belot, « Edmond de Rothschild, Worms et Cie: le retour des familles », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  14. « Banque Sofirec : Gérard de Susanne », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  15. a et b L.-E. J., « Bernard Esambert est nommé président du conseil d'administration du Centre français du commerce extérieur (CFCE) », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  16. (en) « Bad Aachen conference » [PDF] (consulté le )
  17. « Alors que le groupe améliore ses résultats maritimes Bernard Ésambert remplace Jean-Paul Parayre à la présidence de Bolloré Technologies », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  18. Alain Jemain, « Le nouveau pilote de Bolloré », sur usinenouvelle.com, L'Usine nouvelle, (consulté le )
  19. Alexandra Schwartzbrod, « Vincent Bolloré revient aux commandes et annonce des bénéfices », sur liberation.fr, Libération, (consulté le )
  20. Philippe Moreau, « Bolloré Technologies : Bernard Esambert remplace Jean-Paul Parayre aux commandes », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  21. « Vice-président du conseil de surveillance du groupe Lagardère, Bernard Ésambert rejoint la banque Arjil », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  22. Sylvie Ramadier, « Bernard Esambert rejoint Lagardère Groupe et la Banque Arjil », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  23. « Arjil // Bernard Ésambert », sur https://www.ladn.eu/, L'ADN Business, (consulté le )
  24. « Pierre Fabre est majoritaire dans le nouveau groupe BioMérieux-Pierre Fabre », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  25. Hubert Jacquet, « Faire des polytechniciens les officiers de la guerre économique », sur lajauneetlarouge.com, La Jaune et la Rouge, (consulté le )
  26. « M. Pierre Faurre, président du conseil d'administration de l'Ecole polytechnique », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  27. « Décret du 16 janvier 1995 portant nomination du président de la commission du développement durable », sur legifrance.gouv.fr, Journal officiel de la République française, (consulté le )
  28. L.-E. J., « Institut Pasteur : Bernard Ésambert », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le )
  29. Jean-Michel Riou, Un homme de liberté, itinéraire de la vie d'Abel Farnoux, Paris, Flammarion, , note n°23
  30. « Conseil d'administration », sur paris-neuroscience.fr, [s. d.] (consulté le )
  31. Martine Orange, « Bernard Esambert, membre de la Commission des opérations de Bourse « À terme, les fonds étrangers constituent un danger, si le capitalisme français ne prend pas le relais » », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  32. « Collège des membres fondateurs », sur fondation-epilepsie.fr, (consulté le )
  33. « Gouvernance », sur frcneurodon.org, [s. d.] (consulté le )
  34. « Lauréats des prix Saint-Simon », sur lafertevidame.jimdofree.com, [s. d.] (consulté le )
  35. « Prix Saint-Simon », sur livreshebdo.fr, LivresHebdo, (consulté le )
  36. Décret du 2 avril 1999 portant promotion et nomination.
  37. « Légion d'honneur », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  38. Décret du 30 décembre 2011 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Débat audio sur le thème « Et si on gouvernait en 2017 comme Pompidou » entre Bernard Ésambert et Stéphane Jacquemet, sur le site stephane-jacquemet.com, en mai 2016.
  • Audition de Bernard Ésambert devant la commission d'enquête sénatoriale sur l'évasion des capitaux et la finance, le 22 mai 2013.
  • Interview vidéo de Bernard Ésambert à l'occasion de la parution d'Une vie d'influence par Xerfi Canal en avril 2013.