Bernard Bajolet

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Bernard Bajolet, né le à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle), est un diplomate français, spécialiste du renseignement, expert du monde arabo-musulman et ancien directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE).

Formation[modifier | modifier le code]

Bernard Bajolet suivit ses études secondaires au lycée Henri-Poincaré de Nancy. Il est un ancien élève de Sciences Po Paris de 1968 à 1971, puis effectue son service militaire essentiellement en Allemagne (11e régiment du génie à Rastatt). Admis à l'ENA, il en sort en 1975 (promotion Léon Blum)[1] avec Martine Aubry, Pascal Lamy et Alain Minc[2].

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Apprentissage des fonctions diplomatiques[modifier | modifier le code]

Bernard Bajolet a effectué la plus grande partie de sa carrière au sein du ministère des Affaires étrangères[3].

Il a d'abord occupé le poste de premier secrétaire à l'ambassade de France en Algérie de 1975 à 1978. C'est à cette occasion qu'il rencontre François Hollande qui fait un stage à l'ambassade, durant huit mois en 1978[4].

En 1978, il est nommé à l'administration centrale du Quai d'Orsay à Paris auprès du porte-parole Louis Delamare, ambassadeur de France assassiné au Liban en 1981. Bernard Bajolet est chargé des dossiers européens. Puis le secrétaire d’État aux affaires européennes, Pierre Bernard-Reymond, l’appelle à son cabinet pour assurer quelques mois les contacts avec le Parlement européen, nouvellement élu au suffrage universel. Il est nommé premier secrétaire à Luxembourg en 1979.

Nommé deuxième conseiller à Rome en 1981, auprès de l'ambassadeur Gilles Martinet, il suit particulièrement les questions militaires. En 1985-1986, il prend une année sabbatique à l’université Harvard de Cambridge (Massachusetts) à l’issue de laquelle il rédige un rapport sur « les États-Unis et la défense de l’Europe ».

Expert du monde arabo-musulman[modifier | modifier le code]

En 1986, il est nommé premier conseiller à Damas, auprès de l’ambassadeur Alain Grenier. Il perfectionne sa connaissance de l'arabe.

En 1991, il occupe le poste de directeur-adjoint Afrique du Nord et Moyen-Orient (ANMO) au Quai d’Orsay.

Familier du monde arabe et habitué aux missions difficiles, il exerce ensuite comme ambassadeur de France en Jordanie (1994-1998), en Bosnie-Herzégovine (1999-2003), en Irak (2004-2006), puis en Algérie (2006-2008).

Il occupe enfin les fonctions d'ambassadeur de France en Afghanistan de février 2011 à avril 2013, poste dans lequel il a contribué à la libération, annoncée le 8 avril 2013, de Charles Ballard[5]. Il est élevé à la dignité d'ambassadeur de France le 3 mai 2013[6].

Services de renseignement[modifier | modifier le code]

Il se voit confier le 23 juillet 2008 les fonctions nouvellement créées de coordonnateur national du renseignement auprès du président de la République, Nicolas Sarkozy[7]. Il reste en fonction jusqu'en février 2011[2].

Le 10 avril 2013, il est nommé directeur général de la Sécurité extérieure (DGSE)[8] en conseil des ministres, par le président de la République, François Hollande. En mai 2016, en dépit de la limite d'âge prévue par la loi, il est maintenu en poste grâce à un amendement sur mesure[9]. D'après le journaliste René Backmann, il est alors le « seul arabisant et familier du terrain » de l’Afrique ou du Moyen-Orient parmi les participants « aux conseils de défense où sont prises les décisions politico-militaires les plus importantes »[10].

Concernant la guerre civile syrienne, Bernard Bajolet estime dans une interview au Monde en novembre 2018 que la « France ne pouvait pas prendre une position différente de celle qu’elle a eue, plus neutre et plus en retrait. La marge de manœuvre était très étroite »[11]. Il s'interroge cependant sur « l’intérêt profond de la France dans le dossier syrien au-delà de la lutte contre le terrorisme »[11]. Selon lui le revirement américain après le massacre de la Ghouta a été un tournant du conflit qui a laissé le champ libre à la Russie et a redonné l'avantage au camp loyaliste[11]. Le régime de Bachar el-Assad, en position de force et refusant tout compromis, est selon lui « irréformable »[11]. Il estime également que « la France paraît marginalisée, mais elle a dit la justice et le droit. Quand on le fait, on a toujours raison à terme, même si on passe par une phase où l’on paraît à l’écart des événements »[11].

Bernard Bajolet déclare également être particulièrement inquiet à propos de la zone afghano-pakistano-indienne[11].

Il quitte la DGSE le 20 mai 2017 et est remplacé, par intérim, par le général de corps d'armée Jean-Pierre Palasset[12].

Il a conseillé le réalisateur Éric Rochant sur sa série Le Bureau des légendes[2].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Le soleil ne se lève plus à l'est - Mémoires d'Orient d'un ambassadeur peu diplomate, Plon, 2018. (ISBN 978-2-259-26341-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un Comtois, nouveau patron de la DGSE, L'Est républicain, 10 avril 2013.
  2. a b et c Vincent Nouzille, « Bajolet, le chef espion du président », Le Figaro Magazine, semaine du 4 novembre 2016, pp. 66-70.
  3. « Un nouveau patron pour les services secrets», acteurspublics.com, 10 avril 2013.
  4. « Bernard Bajolet nommé à la tête de la DGSE », Jean-Dominique Merchet, Marianne, 10 avril 2013.
  5. « Bernard Bajolet à la DGSE, une décision logique », Jean Guisnel, Le Point, 10 avril 2013.
  6. « Décret du 3 mai 2013 élevant à la dignité d'ambassadeur de France un ministre plénipotentiaire ».
  7. Arrêté de nomination
  8. Bernard Bajolet à la tête de la DGSE : le poids des diplomates à la tête des services Le Figaro, 10 avril 2013.
  9. La petite manœuvre de Hollande pour prolonger un proche à la tête de la DGSE, Louis Hausalter, marianne.net, 12 mai 2016.
  10. René Backmann, « Hollande et ses guerres (3/3). Comment les néoconservateurs influencent le pouvoir », sur Mediapart, (consulté le 5 juin 2016).
  11. a b c d e et f Nathalie Guibert et Marc Semo, Bernard Bajolet : « En Syrie, un signal fort des Occidentaux aurait été nécessaire », Le Monde, 2 novembre 2018.
  12. « Le général Jean-Pierre Palasset nommé temporairement à la tête de la DGSE », sur Zone Militaire (consulté le 31 mai 2017)
  13. Décret du 13 juillet 2011 portant promotion.
  14. Décret du 14 avril 2017 portant élévation et nomination aux dignités de grand'croix et de grand officier.
  15. « Bernard Bajolet remporte le prix de l'essai géopolitique 2019 | ILERI », sur www.ileri.fr (consulté le 11 juin 2019)