Bergamote de Nancy

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Bergamote de Nancy
Image illustrative de l'article Bergamote de Nancy
Bergamotes de Nancy

Lieu d’origine Drapeau de la Lorraine Nancy, Lorraine
Créateur peut-être Jean-Frédéric Godefroy Lillich
Date vers 1850
Ingrédients Sucre, sirop de glucose,
huile essentielle de bergamote de Calabre.
Classification Indication géographique protégée

La bergamote de Nancy est un bonbon légèrement acidulé, carré, plat, translucide et de couleur dorée, parfumé à l’huile essentielle de bergamote, dont les confiseurs de Nancy en Lorraine ont fait leur spécialité dès le XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bergamote.

L’origine historique de la bergamote de Nancy est incertaine. En Lorraine, on connaissait le fruit grâce à René II de Lorraine qui était également roi de Sicile, île dont le climat méditerranéen est particulièrement propice à la croissance des bergamotiers. Durant tout le Moyen Âge, les bergamotes étaient acheminées d’Italie par les pèlerins qui se rendaient à la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, près de Nancy.

Le Sieur Joseph Gilliers, chef d’office et distillateur de Stanislas Leszczynski au château de Lunéville, cite, en 1751, dans son ouvrage le Cannaméliste français[1], une pastille faite avec de l’essence de bergamotes « pour donner le goût », et dont le duc de Lorraine aurait été très friand[2].

La confiserie Dussaulx-Lalonde, 19, rue du Pont-Mouja en 1904.

En 1859, Jean-Frédéric Godefroy Lillich, un confiseur originaire du Wurtemberg, ouvre une boutique de pâtisserie-confiserie au 31, rue du Pont-Mouja à Nancy. Sur l’idée d’un ami parfumeur, Lillich aurait marié l’essence de bergamote au sucre cuit et donne au bonbon sa forme carrée. Naturalisé français en 1873, Jean-Frédéric Godefroy Lillich francise son nom en Lillig[3].

Au milieu du XIXe siècle, nombreux furent les confiseurs nancéiens à s’approprier cette sucrerie, à l’instar de la maison Lefèvre-Denise.

En 1879, Jean-Frédéric Godefroy Lillig vend son commerce à Jules Dussaulx[4], frère de Charles-Joseph Dusaulx – un des inventeurs du moteur à explosion – qui est confiseur 19, rue du Pont-Mouja et conseiller municipal de Nancy. Celui-ci le cède à son tour à Albert Lalonde en 1901[5].

En 1898, le confiseur Louis Lefèvre-Denise dépose la marque de fabrique Bergamottes de Nancy[6]. Le mot bergamote y est orthographié avec deux "t".

C’est lors de l’Exposition internationale de l'Est de la France de 1909 que la bergamote de Nancy acquiert ses lettres de noblesse et une notoriété internationale.

La bergamote de Nancy, qui existe depuis plus d’un siècle et demi, est un bonbon dont la diffusion est restée locale. On ne la trouve facilement qu’à Nancy ou en Lorraine. Ce sont essentiellement les touristes de passage à Nancy qui ont diffusé l’emblématique boîte métallique richement décorée, et ont ainsi fait connaître cette spécialité hors de la région.

Dans le film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), une vieille boîte de Bergamottes de Nancy de la confiserie Lefèvre Georges contenant les souvenirs d’enfance d’un petit garçon, que l’héroïne découvre fortuitement derrière une plinthe, est un clin d’œil aux années d’études nancéiennes de Jean-Pierre Jeunet.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Boîtes en fer blanc de Bergamotes de Nancy, illustrées par des vues photographiques de la place Stanislas et les grilles de Jean Lamour. Vers 1950.

Ingrédients[modifier | modifier le code]

Sucre, sirop de glucose, huile essentielle naturelle de bergamote.

Processus de fabrication[modifier | modifier le code]

Le sucre auquel on ajoute l’eau et le sirop de glucose est cuit à environ 150° C, dans un chaudron en cuivre. En fin de cuisson, on ajoute quelques gouttes d’huile essentielle de bergamote de Calabre. Le mélange est coulé sur un marbre, refroidi puis découpé au rouleau ou au laminoir en petits carrés, ce qui permet d’obtenir un bonbon d’un poids de cinq grammes environ. Les bergamotes sont ensuite séparées, tamisées et conditionnées individuellement dans un papier transparent.

Conditionnement[modifier | modifier le code]

Vendues dans des boîtes en fer blanc, illustrées par des vues de la place Stanislas et les grilles de Jean Lamour, emblématiques de Nancy, et décorées de chardons lorrains et croix de Lorraine, symboliques de la région, les bergamotes de Nancy s’y conservent parfaitement à l’abri de la lumière et de l’humidité pendant plusieurs mois. Certaines confiseries, comme Lefèvre-Lemoine ou les Sœurs Macarons, continuent d'éditer des emballages à leurs noms. D'autres utilisent des boîtes neutres.

Une confiserie protégée[modifier | modifier le code]

Il existe différentes protections pour la bergamote de Nancy, tant commerciales que géographiques.

La marque Bergamottes de Nancy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bergamottes de Nancy.

Cette marque est déposée en 1898 par la confiserie Lefèvre-Denise. Cette confiserie est ainsi la première à protéger officiellement sa production.

L’indication géographique protégée[modifier | modifier le code]

L’Association des fabricants de bergamotes de Nancy a obtenu, le , le bénéfice d’une Indication géographique protégée (IGP) pour les Bergamotes de Nancy[7].

Le cahier des charges indique les divers éléments de fabrication (huile essentielle naturelle issue exclusivement de Calabre, taille, translucidité, etc.) et de conditionnement.

La bergamote de Nancy est, en 2012, la seule confiserie labellisée IGP de France. 33 tonnes de bergamotes de Nancy sont commercialisées en IGP chaque année[8]. Seul ce label garantit l’appellation « Véritables bergamotes de Nancy ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Gilliers, Le Cannameliste français, ou nouvelle instruction pour ceux qui desirent d'apprendre l'office : rédigé en forme de dictionnaire, Nancy, J. B. H. Leclerc, , iv, 328, 13 p. (OCLC 26881550).
  2. Lydia Scher-Zembitska, Stanislas Ier : un roi fantasque, Paris, CNRS Éditions, (ISBN 2-271-05642-X).
  3. G.P., « Les secrets de la bergamote », sur lepoint.fr, .
  4. Orthographié avec deux “s”, ainsi que constaté sur une photo de 1904 de la devanture de sa confiserie, mais un seul sur ses boîtes de bergamotes.
  5. Alain Barrot, Les bergamotes de Nancy, Nancy, Éditions Gens de Lorraine, (ISBN 978-2-9529277-0-3).
  6. Miren Adouani, « La saga pâtissière de trois varennois : les frères Lefèvre », Terres d'Argonne bulletin n°9,‎ , p. 115 (ISSN 2103-3625, lire en ligne)
  7. Label régional no 19-90 « Lorraine ». Bergamote de Nancy / IGP Nancy.
  8. « La Bergamote de Nancy », sur alimentation.gouv.fr, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]