Benjamin Harrison Freedman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (mars 2012).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires (mars 2012).

Pour améliorer la vérifiabilité de l'article, merci de citer les sources primaires à travers l'analyse qu'en ont faite des sources secondaires indiquées par des notes de bas de page (modifier l'article).

Benjamin Harrison Freedman
Benjamin Freedman Service Award Polish Freedom Fighters 1972.jpg

Benjamin Harrison Freedman recevant le « Service Award of the Anti-Communist Federation of Polish Freedom Fighters », en 1972.

Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Benjamin Harrison Freedman est un homme d'affaires et pamphlétaire américain du XXe siècle (New York, 1890 - 1984)[1].

Né dans une famille juive ashkénaze, il se convertit au christianisme et devient alors un virulent orateur, conférencier et pamphlétaire antisioniste et critique du judaïsme[2].

Parcours[modifier | modifier le code]

Freedman fut l'assistant de Bernard Baruch à la campagne présidentielle de 1912. Il assurait la liaison entre Rolla Wells, futur gouverneur de la Réserve fédérale à Saint-Louis et Henry Morgenthau senior. Il assistait régulièrement à des réunions avec le futur président des États-Unis Woodrow Wilson au sein du Comité démocratique national où il croisa également Samuel Untermyer. Il aurait été présent parmi la délégation envoyés par les milieux sionistes (un groupe de 117 personnes menées par Bernard Baruch) lors de la conférence de Versailles qui devait aboutir au traité afin de veiller aux suites de la déclaration Balfour de 1917. Parmi ses relations, on peut citer Franklin Roosevelt, Joseph Kennedy et son fils John F. Kennedy ainsi que d'autres personnes influentes telles que Haroldson Lafayette Hunt, Jr. et son fils Nelson Bunker Hunt.

Dans les années 1920 il collabora à la gestion d'un institut dermatologique et fut le principal actionnaire de la Compagnie des savons Woodbury. Il disposait d'une conséquente fortune personnelle.

En 1946, il fonda la « Ligue pour la paix et la justice en Palestine ».

Opinions et affirmations[modifier | modifier le code]

Freedman apporte une analyse contestée sur les relations entre le sionisme, le judaïsme et les puissances occidentales de son époque.

Ainsi son témoignage historique relève un lobbying concerté des milieux sionistes internationaux durant la Première Guerre mondiale en vue de la création d'un futur état juif en Palestine par le moyen d'une manipulation des alliances et des oppositions diplomatiques entre pays. Des sionistes seraient venus trouver le gouvernement de Grande-Bretagne en 1916, à un moment où l'Allemagne triomphait sur tous les fronts et où les Britanniques envisageaient de signer l'armistice que leur proposa le Kaiser, en leur proposant de promettre la Palestine (alors sous domination ottomane et où la Grande-Bretagne n'avait aucun droit) comme un foyer de peuplement juif en échange d'une entrée en guerre des États-Unis aux côtés de la Triple-Entente.

Selon son discours de 1961 sur le sionisme[3], les États-Unis à cette époque étaient pro-allemands mais les relais sionistes dans la presse américaine firent leur possible pour retourner l'opinion publique et la pousser à la guerre. Après l'entrée en guerre des États-Unis contre l'Allemagne, des opérations militaires réussies par la Grande-Bretagne en Palestine contre l'armée ottomane permirent que la promesse britannique prenne forme dans la Déclaration Balfour de 1917. D'un point de vue allemand, ces affirmations renforceraient la théorie du « coup de poignard dans le dos » car l'Allemagne de ce fait aurait ainsi été trahie par sa communauté juive. Son témoignage rejoint celui d'Henry Ford sur la volonté des milieux sionistes d'instrumentaliser le conflit à leur bénéfice.

Il fit part de ses théories et témoignages en particulier dans la revue Common Sense (en) puis dès 1946 dans ses propres publications.

Freedman prétendit que les juifs ashkénazes descendaient des anciens Khazars, royaume caucasien de l'époque du Moyen Âge, convertis en masse au judaïsme à la suite de leur roi, en l'an 838. Après la destruction du royaume khazar, les nombreux « Juifs » de Russie, et de toute l’Europe orientale, n’étaient plus connus comme « des Khazars », mais comme « les populations yiddish/ashkénaze » de tous ces pays. Les implications de ce postulat sont audacieuses : la communauté ashkénaze représentant la majorité de la communauté juive actuelle, elle infirmerait les mythes fondateurs du sionisme du « retour à Sion » étant donné qu'il n'y aurait pas de lien du sang avec les anciens Hébreux et donc dénierait tout droit ou prétention à l'établissement de ceux-ci en Palestine et discréditerait et décrédibiliserait l'état d'Israël actuel. L'utilisation du terme « sémite » ne pourrait donc pas s'appliquer à la communauté juive dans son ensemble mais uniquement aux sépharades, tout comme son corollaire « antisémite », de plus cette théorie vide de signification tout un pan de l'idéologie antisémite raciste en général et du national-socialisme en particulier.

Cette prise de position intervient après la publication en 1941 du professeur Abraham N. Poliak, titulaire de la chaire d’histoire à l’université de Tel-Aviv, intitulée La conversion des Khazars au judaïsme, qui fut accueillie avec beaucoup d’hostilité par la communauté ashkénaze, son essai démolissant la « tradition sacrée » faisant remonter tous les juifs modernes aux douze tribus bibliques d’Israël. Trente ans plus tard, son nom fut supprimé de l’Encyclopaedia Judaica pour l'édition 1971-1972[4], preuve de l'étendue de la polémique à ce sujet. Freedman développa sa thèse dans une lettre ouverte adressée au Dr David Goldstein en 1954 qu'il fit amplement circuler. Pour Freedman, plus de 90 % des juifs actuels descendent des Khazars, en tenant compte des mariages entre les communautés ashkénazes et sépharades. Ses thèses seront reprises plus tard par Arthur Koestler.

Ce postulat, ainsi que ses vues critiques sur le Talmud, que l'on pouvait lire en langue anglaise dès 1935 suite à une traduction intégrale officielle (agréée par le rabbinat) et annotée, jouèrent un rôle décisif dans sa conversion au christianisme. Freedman interpréta aussi négativement certaines traditions juives comme le Kol Nidre, durant la célébration de Yom Kippour, qui, selon son interprétation, absout les juifs pratiquants de tous leurs serments faits durant l'année écoulée, comme une porte ouverte à la déloyauté. Cette nouvelle religion lui donna une sensibilité exacerbée des attaques contre le christianisme qu'il trouva dans le Talmud ou qu'il considéra comme tel et qu'il répertorie et cite dans ses pamphlets dans ses écrits sur la critique du Talmud.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Ils savent que le terme correct pour désigner une personne qui s’opposerait au judaïsme en tant que religion, n’est pas « antisémite », mais bien « judéophobe ». Mais s’ils ont préféré la racine « -sémite », à la racine « judéo- », c’est justement pour forger un terme de diffamation […]. »

    — Benjamin Harrison Freedman, Les faits sont les faits : la vérité sur les Khazars

  • « Les 150 000 000 de chrétiens des États-Unis ont été soumis à une très haute pression de la part du clergé, pour qu’ils accordent leur soutien inconditionnel au programme sioniste du « retour » de ces « Juifs » d’Europe orientale dans leur « patrie » de Palestine… « Juifs » prétendus et auto-proclamés, qui étaient en réalité les descendants des Khazars. Le clergé nous a sommés de considérer les « Juifs » d’Europe orientale (prétendus ou auto-proclamés tels), comme étant le « peuple élu » par Dieu, et que la Palestine était leur « Terre Promise ». Mais en vérité notre clergé savait pertinemment ce qu’il en était. »

    — Benjamin Harrison Freedman, Les faits sont les faits : la vérité sur les Khazars

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le monde contre soi: anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme, Paul-Éric Blanrue, Ed. Blanche, (ISBN 2755601566) p.137
  2. (en) NY Times
  3. discours de Benjamin Freedman en 1961
  4. Arthur Koestler, La Treizième Tribu, Paris, Calmann-Lévy, 1976

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références et Liens externes[modifier | modifier le code]