Benjamin Ferencz

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Benjamin Ferencz
Description de l'image Benjamin Ferencz - Chief Prosecutor in 1947 Einsatzgruppen Trial - In Courtroom 600 Where Nuremberg Trials Were Held - Palace of Justice - Nuremberg-Nurnberg - Germany - 02.jpg.
Nom de naissance Benjamin Berell Ferencz
Naissance (97 ans)
Șomcuta Mare (Roumanie)
Nationalité américain
Pays de résidence États-Unis
Profession
Avocat
Activité principale
Procureur en chef pour les États-Unis du procès des Einsatzgruppen (Nuremberg, 1947-1948)
Autres activités
A contribué à la création de la Cour Pénale Internationale de La Haye
Formation
Diplômé en droit à la
Harvard Law School (1943)
Conjoint
Gertrude

Benjamin Berell Ferencz, né le à Șomcuta Mare dans le județ de Satu Mare en Transylvanie (Roumanie)[1], est un avocat américain. Il fut le procureur en chef pour les États-Unis lors du procès des Einsatzgruppen, l'un des procès de Nuremberg, en 1947-1948.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille émigra aux États-Unis lorsqu'il était âgé de dix mois, pour fuir les persécutions subies par les Juifs hongrois après que la Transylvanie a été détachée de la Hongrie et rattachée à la Roumanie à la fin de la Première Guerre mondiale.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Diplômé en droit à la Harvard Law School en 1943, Ferencz s'engagea dans un bataillon d'artillerie et participa à la Libération de la France sous les ordres du Général Patton. Il fut ensuite transféré dans une nouvelle branche de l'armée américaine chargée de recueillir des preuves des crimes nazis. À ce titre, il participa à la libération de plusieurs camps de concentration (Buchenwald, Mauthausen, Dachau)[1].

Enquêteur[modifier | modifier le code]

Démobilisé le 26 décembre 1945 avec le grade de sergent, il retourna à New York pour pratiquer le droit. Cependant, peu de temps après, il fut recruté pour participer aux procès de Nuremberg. Il fut envoyé à Berlin avec une cinquantaine d'enquêteurs pour rechercher dans les archives et les bureaux allemands des preuves de la culpabilité de différentes personnes affiliées aux SS dans l'extermination des Juifs, des Roms et des communistes[1].

Dans une interview accordée en 2005 au Washington Post, il a donné des détails sur la façon dont il exerçait ses fonctions en Allemagne :

« Quelqu'un qui n'était pas là ne pourrait jamais vraiment comprendre comme la situation était irréelle. » « J'ai vu une fois des personnes déplacées battre un SS puis le lier au chariot d'acier d'un four crématoire. Ils le firent glisser dans le four, mirent la chaleur en route puis retirèrent l'homme du four. Ils le battirent de nouveau et le réintroduisirent dans le four, jusqu'à ce qu'il fût brûlé vif. Je ne fis rien pour arrêter la scène. Je suppose que j'aurais pu brandir mon arme ou tirer en l'air, mais je n'en avais pas envie. Cela fait-il de moi un complice de meurtre[2] ? »
« Savez-vous comment j'obtenais les témoignages ? » « J'allais dans un village où, disons, un Américain parachuté avait été battu à mort et je faisais s'aligner tout le monde contre un mur. Alors je disais : 'Tous ceux qui mentiront seront abattus sur place.' Il ne m'est jamais arrivé que des déclarations obtenues par coercition fussent invalides[3]. »

Procureur en chef[modifier | modifier le code]

Ferencz fut alors nommé procureur en chef pour les États-Unis dans le procès des Einsatzgruppen, où vingt-deux dirigeants des SS furent jugés pour avoir assassiné plus d'un million de personnes. Tous furent condamnés, dont treize à mort[1].

Après Nuremberg[modifier | modifier le code]

À l'issue des procès de Nuremberg, Ferencz demeura en Allemagne jusqu'en 1957, participant à la mise en place de programmes de réparations pour les victimes des crimes nazis. Il se consacra ensuite à la pratique privée du droit à New York, associé à Telford Taylor. En 1970, alors que les États-Unis s'enfonçaient dans la guerre du Viêt Nam, il décida de se dédier à l'étude et à la défense de la paix mondiale. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur ce thème, qui militent notamment pour l'instauration d'une cour pénale internationale[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Site personnel
  2. Matthew Brzezinski, « « Giving Hitler Hell », Washington Post, 24 juillet 2005, p. W08, en ligne.
  3. Matthew Brzezinski, « « Giving Hitler Hell », Washington Post, 24 juillet 2005, p. W08, en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]