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Belvédère-Campomoro

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Belvédère-Campomoro
Belvédère-Campomoro
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Corse-du-Sud
Arrondissement Sartène
Intercommunalité Communauté de communes du Sartenais-Valinco-Taravo
Maire
Mandat
Don Georges Simeoni
2020-2026
Code postal 20110
Code commune 2A035
Démographie
Gentilé Belvédérais, Campomorais
Population
municipale
213 hab. (2023 en évolution de +29,09 % par rapport à 2017)
Densité 8,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 37′ 43″ nord, 8° 48′ 56″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 442 m
Superficie 26,37 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Propriano
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Sartenais-Valinco
Localisation
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Liens
Site web https://www.mairie-belvederecampomoro.fr/

Belvédère-Campomoro (Belvidè Campumoru) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la microrégion du Sartenais-Valinco, au sud-ouest de l'île.

Géographie

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Quartiers, hameaux, lieux-dits et écarts

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Elle est composée :

  • du village de Belvédère (Belvidè), cœur historique de la commune, dominant le golfe de Propriano du haut de ses 220 mètres d'altitude et faisant face à Tivolaggio
  • de la marine de Campomoro (Campumoru), aujourd'hui le plus important lieu habité de la commune, blotti au fond de la baie du même nom au pied d'une tour génoise
  • de la marine de Portigliolo (Purtiddolu), que Belvédère partage avec Tivolaggio, village rattaché depuis 1974 à Propriano.

Au , Belvédère-Campomoro est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[1]. Elle est située hors unité urbaine[2]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Propriano, dont elle est une commune de la couronne[Note 1],[2]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[3],[4].

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[5]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[6].

Occupation des sols

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L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (94 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (77,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,2 %), forêts (5,5 %), zones urbanisées (3,9 %), eaux maritimes (0,1 %)[7]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

La ville tire son nom de l’installation et de la présence des Maures ayant probablement établi un camp dans le lieu-dit de « Portu Elice » avant de déferler sur Sartène et ses environs. Elle fut donc surnommée par les habitants de la région Campu moru ou Campu nieddu, c'est-à-dire le Camp maure ou noir.

Les premières traces d'occupations humaines remontent à 5000 ans, lors du Néolithique. La présence humaine a été attestée sur le site de Capo di Luogo et se compose de monuments mégalithiques et de traces d'habitations[8].

Lors de la période romaine en Corse (-237/457), les Romains utilisent la baie comme refuge pour leurs navires. Ils en profitent pour bâtir une première colonie, Porto Elice ou Porto Erice, probablement à l'emplacement de l'actuel village de Campomoro[8].

Avec la désintégration de l'empire romain d'Occident au Ve siècle, les mers se retrouvent infestées de pirates et de barbares. Alors que les Vandales conquièrent l'île, les habitants abandonnent le littoral devenu trop dangereux pour se réfugier à l'intérieur des terres.

Avec le passage sous contrôle de Pise au XIIe siècle, l'île retrouve une certaine stabilité. À cette époque, Belvidè et Campomoro sont intégrés à la Piève de Sartè (Sartène). Le village, à l'image du reste de la Corse, voit son agriculture et le pastoralisme reprendre, donnant un second souffle à la vie économique de la région.

Au cours du XVIe siècle, le village subit les incursions et razzias des barbaresques, pirates « Turcs » en provenance de la régence d'Alger. Sur leurs embarcations rapides, les pirates écument les côtes, attaquent les villages, détruisent maisons et cultures, et emmènent les populations en esclavage. Comme de nombreux villages, Port Erice se dépeuple au profit de l'intérieur des terres, plus sûr.

Il est aussi possible que ce soit à cette période que le village ait pris son nom contemporain de « Campomoro ». Les pirates d'Afrique du Nord faisaient sûrement escale dans la baie pour offrir un abri à leurs navires et lancer leurs attaques vers l'intérieur des terres. Le site fut rebaptisé « camp des Maures », puis Campomoro[9].

Après le sac de la ville de Sartène en 1583, la république de Gênes décide de faire bâtir un réseau de tours génoises pour prévenir l'arrivée des barbaresques et permettre à la population de se réfugier dans les terres. Pour protéger l'entrée du golfe du Valinco et la baie de Campomoro, les Génois font bâtir la tour de Campomoro. Réalisée par Carlo Spinosa, la tour est la plus imposante de l'île avec un diamètre de 16,50 m[8]. Afin de garantir la sécurité, une muraille en étoile est élevée tout autour et une garnison occupe le site en permanence.

La tour assure à la fois une mission de surveillance maritime et un rôle commercial avec le contrôle du trafic maritime dans le village[9].

Dès la fin du XVIe siècle, le retour de la sécurité permet un nouvel essor de l'activité. Sous l'impulsion des Sgio, grandes familles du Sartenais qui s'approprient les terres les plus rentables et font venir des bergers et laboureurs des montagnes environnantes, la zone de Campomoro se repeuple tandis que l'élevage et l'agriculture deviennent les activités principales de la commune. La baie de Campomoro reprend également de l'activité grâce à son mouillage à l’abri des aléas de la météo[10].

Dans les années 1830, la famille Durazzo est impliquée dans deux guerres intestines qui déchirent les grandes familles de la région du Sartenais : la guerre de Fozzano et la guerre de Sainte-Anne.

Le 20 avril 1854, la loi rattache les trois entités que sont la marine de Campomoro, la commune de Purtiddolu (Portigliolo) et Belvidè (Belvédère) pour former le village actuel de Belvédère-Campomoro[8].

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'agriculture et l'élevage commencent à décliner, entraînant une baisse démographique qui se stoppe dans les années 1960 lorsque la commune se tourne vers le tourisme.

Depuis les années 1970, un important pan du territoire côtier du village est acquis par le Conservatoire du littoral : 20 kilomètres de côtes entre la tour de Campomoro au nord et le phare de Senetosa (appartenant à la commune de Sartène) au sud. Le Conservatoire a acquis 1 260 hectares[11] entre terres et mer et, depuis 1994[12] , il travaille avec le syndicat Elisa pour la protection de la faune et de la flore du site, l'entretien des cheminements et la sensibilisation du public à l'environnement...

En 1986, la tour de Campomoro est cédée au Conservatoire du littoral par la famille Lorenzi de Bradi. En 1992, elle est classée monument historique.

Politique et administration

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1854 1880 Antoine-François Durazzo    
1880 1884 Pierre Paul David Durazzo    
1884 1888 Don Jacques Durazzo    
1888 1892 Hector Durazzo    
1892 1930 Don Jacques Durazzo    
1930 1944 Antoine-Dominique Simonpietri    
1944 1977 Jules Secondi    
1977 1990 Paul Simonpietri    
1990 2010 Antoine Marc Secondi PCF  
2010 2021 Joseph Simonpietri SE Retraité
2021 2026 Don Georges Simeoni SE Chirurgien-dentiste
2026 2033      

Démographie

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L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1806. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14].

En 2023, la commune comptait 213 habitants[Note 2], en évolution de +29,09 % par rapport à 2017 (Corse-du-Sud : +7,03 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861
93119125106115131142337340
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
345306364369435391510505507
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
51551254954855349321311890
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2022
82106128135159162153165195
2023 - - - - - - - -
213--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

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Lieux et monuments

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Tour génoise, accessible seulement à pied
  • Église Saint-Antoine (Sant'Antonu) de Campomoro dédiée à Saint-Antoine de Padoue.
  • Chapelle Saint-Laurent de Belvédère.
  • Tour de Campomoro : (Plus grande tour de Corse et la seule bénéficiant d'une fortification en étoile). Sa construction, diligentée par Carlo Spinola à la suite d'un raid barbaresque sur la ville de Sartène, s'est achevée en 1586. La tour de Campomoro est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1992[17], elle a été cédée en 1986 au Conservatoire du littoral par la famille Lorenzi de Bradi.
  • Le grand site de Campomoro-Senetosa constitue un vaste espace inhabité de plus de 24 km de façade littorale où les acquisitions du Conservatoire du littoral ne constituent qu'une partie d'un territoire naturel de plusieurs milliers d'hectares. Éloigné des grandes zones touristiques, le site est composé d'une succession de caps rocheux, de criques de sable fin ou de galets. Le maquis recouvre la majeure partie de ce paysage granitique.
  • La maison Lorenzi de Bradi, anciennement maison des douanes, acquise par le beau-père de l'écrivain Michel Lorenzi de Bradi[18], Don Jacques Durazzo, qui fut maire de Campomoro.
  • Le château Durazzo, construit au XIXe siècle par le capitaine Pierre-Paul Durazzo.
  • A Tola, ensemble de deux sépultures mégalithiques ruinées.
  • Le menhir de Capo-di-Luogo classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862[19].

Expressions locales

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  • Campumoru campu tristu tana di vulpi è numichi di Cristu; "Campomoro lieu triste, repaire de renards et d'ennemis du Christ".
  • I Campumuresi pieni à stracci, i Bilvidiracci pieni à seta; "Les gens de Campomoro sont en guenilles, ceux de Belvedere sont dans la soie".
  • Campumuresi peddi murzzosi "les campomorais on les pieds moussus" u murzu est une algue marine servant de vermifuge et abondante sur les rochers du littoral.

Personnalités liées à la commune

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  2. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

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  1. « La grille communale de densité », sur insee,fr, (consulté le ).
  2. a et b Insee, « Métadonnées de la commune de Belvédère-Campomoro ».
  3. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Propriano », sur insee.fr (consulté le ).
  4. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  5. « Les communes soumises à la loi littoral. », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le ).
  6. « Loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  8. a b c et d « Patrimoine & Histoire | Mairie de Belvedere - Belvidè Campumoru », sur www.mairie-belvederecampomoro.fr (consulté le )
  9. a et b « Histoire de Belvédère-Campomoro / Histoire des villes et villages corses / Histoire / Accueil - 1er Média Culturel Corse - Corsicatheque.com », sur www.corsicatheque.com (consulté le )
  10. « Patrimoine & Histoire | Mairie de Belvedere - Belvidè Campumoru », sur www.mairie-belvederecampomoro.fr (consulté le )
  11. « CAMPUMORU - SENETOSA - Conservatoire du littoral », sur www.conservatoire-du-littoral.fr (consulté le )
  12. « Syndicat Elisa », sur https://www.syndicatelisa.corsica/ (consulté le )
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
  17. Notice no PA00099143, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. « Arbre généalogique Lorenzi de Bradi », sur geneanet.com (consulté le ).
  19. Notice no PA00099074, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture