Belle-Isle-en-Terre

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Belle-Isle-en-Terre
Belle-Isle-en-Terre
Kastell Mond, au centre-ville.
Blason de Belle-Isle-en-Terre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Intercommunalité Guingamp-Paimpol Agglomération
Maire
Mandat
François Le Marrec
2020-2026
Code postal 22810
Code commune 22005
Démographie
Gentilé Bellilois(e)
Population
municipale
1 029 hab. (2018 en diminution de 6,62 % par rapport à 2013)
Densité 73 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 32′ 44″ nord, 3° 23′ 36″ ouest
Altitude 99 m
Min. 77 m
Max. 266 m
Superficie 14,11 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Callac
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Belle-Isle-en-Terre

Belle-Isle-en-Terre (prononcer [bɛlilɑ̃tɛʁ]) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.

Ses habitants sont appelés les Bellilois ; à noter que les habitants de Belle-Île-en-Mer partagent le même gentilé.

La commune est labellisée Village étape depuis 2017.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située au milieu d'une région pittoresque dans le Pays du Trégor, de forêts, de collines et de ravins, au confluent du Guer et du Guic, lesquels forment le Léguer quand ils se rejoignent à la sortie de Belle-Isle. La richesse du site se prête à de nombreuses activités de promenade et de découverte (flore et faune) ainsi qu'à la pêche aux salmonidés et à la pratique du canoë-kayak. Au sud de la commune se trouvent les forêts de Coat-an-Noz et Coat-an-Hay, séparées par la route D 33.

Le Guic au bourg de Belle-Isle.

Communes proches[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Le gisement ferrifère de Belle-Isle-en-Terre s'étend du nord de Lohuec à l'ouest jusqu'à Gurunhuel à l'est en passant par Loc-Envel[1].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Belle-Isle-en-Terre est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (46,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (45,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,8 %), zones agricoles hétérogènes (36,3 %), zones urbanisées (7 %), terres arables (6,7 %), prairies (2,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,7 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Benac'h[9].

L'origine du nom breton Benac'h pourrait se baser sur pen, qui désigne la tête et donc le début géographique d'un fleuve (ici le Léguer). Le suffixe ac'h désignerait le confluent (à rapprocher du mot aber)[10]. C'est en effet dans ce village que se situe le confluent des rivières du Guer et du Guic, où ils forment le Léguer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une occupation préhistorique y est attestée, une voie gallo-romaine et quelques traces de cette période (bornes, soubassements de petits fanums) y furent découverts.

Au XIIe siècle, des moines seraient venus fonder un monastère sur le site de Locmaria[11]. Ces moines venant de Belle-Ile-en-Mer, le nom français actuel Belle-Isle-en-Terre aurait donc été retenu par opposition[12].

À l'époque des croisades, on y fait construire un hospice afin de soigner les croisés et les pèlerins.

Le nom de la ville, au XVIIe siècle, est Bellisle. Au siècle suivant, le qualificatif « en terre » est ajouté. La forme définitive du nom de « Belle-Isle-en-Terre » date apparemment de 1776. Ce nom viendrait des moines venus de Belle-Ile-en-Mer et qui auraient fondé un monastère vers le XIe siècle à Loc Maria. Belle-Isle-en-Terre aurait donc été appelée ainsi par opposition à Belle-Ile-en-Mer.

La commune de Belle-Isle-en-Terre est formée de nombreux hameaux, situés aux alentours du bourg : Run ar manac'h, Loguellou, Lesléo, Coat-Malouarn, Locmaria, Pen-an-Nec'h, la Boissière, le Foz, Penquer, Galvezan, Kerguiguès-Angall, Penbleiz, Panfourby, la Bosse, etc.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les guerres du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le monument aux Morts porte les noms de 99 soldats morts pour la Patrie[13] :

  • 83 sont morts durant la Première Guerre mondiale.
  • 13 sont morts durant la Seconde Guerre mondiale.
  • 3 sont morts durant la Guerre d'Algérie.

Henri Prual, brigadier de police né à Belle-Isle-en-Terre en 1918, rejoint le maquis de Pont-Melvez au début de 1944. Alors que son groupe venait d'exécuter des sabotages sur les lignes téléphoniques, il fut arrêté en même temps que ses camarades, sur dénonciation[14] le 27 juin 1944. Incarcéré à la maison d'arrêt de Guingamp, il subit d'affreuses tortures. Jugé et condamné à la peine de mort pour attentats et attaques à main armée contre l'occupant, il fut fusillé le 3 juillet 1944 au camp de Servel (Côtes-du-Nord). Il avait 26 ans.

Plombier né en 1924  à Belle-Isle-en-Terre, Jean-Baptiste Le Tallec rejoint un groupe d'une vingtaine de jeunes résistants, des étudiants rennais pour la plupart. Basés à Senven-Léhart, peu armés, ils furent rapidement repérés par les autorités d'Occupation. Le 12 juin 1944,  Jean-Baptiste Le Tallec fut arrêté avec onze autres maquisards et transféré à la prison de Guingamp où il fut torturé en même temps que ses camarades. Il fut fusillé le 16 juin 1944. Au moment de son exécution, son père, Ange-Marie, était détenu dans la même prison pour aide active à deux résistants[15]. Jean-Baptiste Le Tallec avait 20 ans.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules au croissant d'argent accompagné de trois coquilles renversées d'or[16].

Les coquilles Saint-Jacques font référence à un hospice où, du temps des croisades, les pèlerins de Compostelle étaient soignés[17].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1935 1948 Ange Le Tallec    
1948 mars 2001 Jean Le Roux    
mars 2001 28 mars 2014 Jean David PS Consultant
28 mars 2014 En cours
(au 31 mai 2020)
François Le Marrec[18],[19]
Réélu pour le mandat 2020-2026
PCF Conducteur de travaux

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[21].

En 2018, la commune comptait 1 029 habitants[Note 2], en diminution de 6,62 % par rapport à 2013 (Côtes-d'Armor : +0,42 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7418128169051 0791 3781 7401 8511 600
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6021 2722 0511 8761 9201 9971 9451 9291 944
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8961 8621 7481 6121 6591 6191 5081 5011 284
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1 2311 1421 1851 2041 0671 0991 0501 0791 034
2018 - - - - - - - -
1 029--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 26 novembre 2007. Le elle a reçu le label de niveau 1 de la charte.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bâtiments et lieux publics remarquables[modifier | modifier le code]

  • Kastell Mond (ou château de Lady Mond) - 1939, qui abrite la mairie et la bibliothèque.
    le Kastell Mond, réplique du château de Coat-an-noz
Ce château abrite également le Centre d'initiation à la rivière depuis 2000.

Bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Jacques-le-Majeur.
  • Ancienne église Saint-Jacques.
  • Chapelle de Loc Maria et son jubé polychrome du XIVe siècle Logo monument historique Classé MH (1928).
  • Mausolée de Lady Mond.
  • C'hapel Ar C'hoad (ou chapelle du Bois).

message galerie Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Musées[modifier | modifier le code]

L'Aquarium des Curieux de nature, qui se trouve au château de Lady Mond (dans les locaux du Centre régional d'initiation à la rivière, présente une dizaine d'aquariums contenant des spécimens représentatifs de la faune des rivières de Bretagne. Informations aux 02.96.43.08.39

Autres[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Chauris, "Minéraux de Bretagne", éditions du Piat, 2014, (ISBN 978-2-917198-22-3).
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  3. « Commune rurale-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 25 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 3 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 3 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. « Villes bretonnes, nom breton », Geobreizh (consulté le 21 juin 2015).
  10. aber sur le wiktionnaire
  11. « infobretagne, Histoire de Belle-Isle-en-Terre » (consulté le 23 juin 2015).
  12. « Office de Tourisme du Pays de Belle-Isle-en-Terre (restaurants, hébergements, loisirs,...) », sur www.ot-belle-isle-en-terre.com (consulté le 4 septembre 2015).
  13. « MémorialGenWeb Tableau des morts de la commune », sur www.memorialgenweb.org (consulté le 25 février 2021).
  14. Prigent Alain et Tilly Serge, "Les fusillés et décapités après jugement d'un tribunal militaire allemand (Côtes-du-Nord, 1940-1944)", Les cahiers de la Résistance populaire, mai 2011, page 134..
  15. Prigent Alain et Tilly Serge, "Les fusillés et décapités après jugement d'un tribunal militaire allemand (Côtes-du-Nord, 1940-1944)", Les cahiers de la Résistance populaire, mai 2011, page 101.
  16. Banque du Blason
  17. « Office de Tourisme de Guingamp - Baie de Paimpol », sur Office de Tourisme de Guingamp - Baie de Paimpol (consulté le 23 octobre 2020).
  18. « François Le Marrec a été élu maire. Il a été élu par 12 voix et 3 nuls  », Ouest-France, 29 mars 2014
  19. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020).
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]