Belfort (aviso)

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Belfort [1]
Type Aviso
Ravitailleur d'hydravion
Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Chantier naval Arsenal de Lorient
Lancement mars 1919
Statut démantelé
Équipage
Équipage 103 officiers et marins
Caractéristiques techniques
Longueur 74,90 m
Maître-bau 8,70 m
Tirant d'eau 3,20 m
Déplacement 644 tonnes
Propulsion Mazout
2 turbines Parsons ou Breguet
2 chaudières
Puissance 5 000 ch
Vitesse 20 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 2 canons de 138 mm Modèle 1910
1 canon de 75 mm
4 mitrailleuses 8mm Hotchkiss

2 mortiers ASM à l’arrière et 20 charges de profondeur
2 bancs de lancement à l’arrière avec 2 grenades par banc
1 torpille remorquée Ginocchio [2]

détection 
1 appareil d’écoute Perrin[3]
Rayon d'action 3 000 milles nautiques à 11 nœuds

Le Belfort est un aviso de la classe Arras lancé en mars 1919 et actif dans la marine française et les Forces navales françaises libres de 1920 à 1946[4].

Construction[modifier | modifier le code]

Le Belfort est issu d'un programme de guerre, constitué d'une série de quarante-trois avisos dont seules trente unités sont construites. Il est mis sur cale à l'arsenal de Lorient, avec ses sister-ships Bar-le-Duc et Bapaume, puis est lancé en mars 1919.

Descriptif[modifier | modifier le code]

L’aviso présente une silhouette semblable à celle d'un cargo. Il s'agit de leurrer les équipages de sous-marins, sur le modèle des bateaux pièges Q-ships britanniques camouflés en navires marchands. La passerelle de navigation est placée au centre et englobe la cheminée.

Le navire est propulsé par deux turbines à engrenages Parsons/Bréguet de 5 000 ch, alimentées par deux chaudières chauffées au mazout. Cet ensemble permet de naviguer à une vitesse de pointe de 20 nœuds, avec une autonomie de 3 000 nautiques à 11 nœuds.

L'armement comprend pour la lutte anti-navire et anti-sousmarine deux canons de 138 mm, deux grenadeurs, deux mortiers et une torpille remorquée. La lutte anti-aérienne est menée avec un canon de 75 mm et quatre mitrailleuses antiaériennes de 8 mm.

Carrière[5][modifier | modifier le code]

Le Belfort entre en activité dans la Marine nationale en 1920.

Service postal[modifier | modifier le code]

Le navire est mis à disposition de la Compagnie générale aéropostale (CGA) en 1927. Cette société opère à cette période deux flottes, en Méditerranée et dans l’Atlantique. Avant la mise en place des traversées aériennes de l’Atlantique, des avisos transportent le courrier entre Dakar (Sénégal) et Natal (Brésil), dont le Belfort.
L'armement de ce dernier est retiré[6], il est loué pour un franc par an et doit être rendu dans son état d'origine. L'équipage est limité à vingt-deux personnes pour des raisons économiques. Cette situation pose des problèmes d'exploitation des chaudières, conçues pour fonctionner avec une équipe plus nombreuse[7].
L'aviso est à Natal le 12 novembre 1927, où il s’échoue sans dommage. L’Aéropostale l'utilise jusqu’au 25 janvier 1931, à son retour à Brest. La Marine nationale le récupère le 12 mars 1931 et le place à Cherbourg en réserve normale.

Ravitailleur d'hydravion[modifier | modifier le code]

Après la transformation en ravitailleur d'hydravion du transport côtier Hamelin de classe Jacques Cœur [8], décidée en 1928[9], et avant la Diligente en 1939[10], le Belfort est modifié en 1935 et livré à la première Région Maritime. Il reçoit sur la poupe une pièce de 75 mm modèle 1897[11]. Une grue est fixée sur l'emplacement du canon arrière de 138 mm[12].

Le ravitailleur talonne au sud de l’île d’Yeu, sur les rochers de la Tranche, le 15 mars 1938. Il est remorqué à Lorient par l'Aurochs et la Cascade.

La Seconde Guerre mondiale et les Forces Navales de la France Libre[modifier | modifier le code]

Le Belfort est intégré aux actions des Forces Maritimes du Nord. Il connaît des actions de combat sous le commandement du capitaine de corvette Pierre Viel[13]. Les survivants du cargo Douaisien sont secourus le 29 mai 1940 et le torpilleur Cyclone endommagé est escorté le 1er juin vers Cherbourg. Il participe à l’évacuation de Dunkerque le 3 juin et se replie sur Brest le 15 juin.

Le navire part le 17 juin pour Plymouth et fait l'objet d'une saisie par la Royal Navy le 3 juillet[14]. Il est reversé aux Forces Navales de la France Libre (FNFL) en août 1940. Il est transformé en octobre 1942 en bâtiment-base pour la 23e flotille Motor Torpedo Boats[15] basée à Darmouth[16] et sert d'annexe de la Caserne Birot.

Le Belfort navigue difficilement vers Cherbourg en septembre 1945. Il est vendu par la Marine Nationale le 22 novembre 1946 puis subit une démolition le 16 janvier 1947.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ALAMER, BELFORT - aviso - Classe «ARRAS» -
  2. Netmarine.net. Armement des torpilleurs de 600t. Torpille Ginocchi, Messagepar Marc Saibène » 13 Aoû 2010, 18:53 - [1]
  3. Pierre Juhel, Histoire de l’acoustique sous-marine, L’acoustique sous-marine déclare la guerre aux sous-marins, p. 46-48, coll. Inflexions, Coéd. Adapt/Vuibert, 2005
  4. FRENCH NAVY (FRANCE). ESCORTS. AMIENS 1st class avisos (sloops) (1918-1922) - [2] ; Robert Gardiner, Randal Gray, Conway's All the World's Fighting Ships (1906-1921), Conway Maritime Press, Londres, vol. 2, 1985, p. 224
  5. Laurent Albaret, ACQUISITIONS DE LA SAMP, L’aviso Belfort de l’Aéropostale Relais no 101 - Mars 2008
  6. WWW. POSTCARDMAN.NET, senegal-dakar150640, L'aviso Belfort sous les couleurs de l'Aéropostale -[3] ; www.netmarine.net, Les aviso Arras et Belfort en escales, Messagepar capu.rossu » 8 juin 2012, 22:33 -[4]
  7. Gérard Piouffre, Le courrier doit passer ! Nouvelle édition, Larousse, 8 avril 2009, 288 pages (ISBN 9782035854711)
  8. Robert Gardiner, Randal Gray, Conway's All the World's Fighting Ships (1906-1921), Conway Maritime Press, Londres, vol. 2, 1985, p. 227
  9. Le Yacht : journal de la navigation de plaisance, 21 juillet 1928, no 46, p. 364
  10. ALAMER, DILIGENTE - canonnière - Classe «FRIPONNE», 01/09/1939 Basé à Dunkerque sous le commandement du CC P.A.C. DE CORNULIER-LUCINIERE - Utilisé comme ravitailleur d'hydravions - [5] ; La Revue des deux mondes, numéros 9 à 12, La Revue, 1958, p. 678
  11. http://www.netmarine.net, Les aviso Arras et Belfort en escales, Message par ALAIN » 8 juin 2012, 10:05, Message par capu.rossu » 8 juin 2012, 22:33 et photographies associées -[6]
  12. ALAMER, BELFORT - aviso - Classe «ARRAS» Chantier : Arsenal de Lorient (France), 1935, transformé comme ravitailleur d'hydravions - Une grue remplace la pièce de 138,6 mm à l’arrière - Affecté à la 1re Region maritime [7]
  13. W.J.R. Gardner, The Evacuation from Dunkirk: 'Operation Dynamo', 26 May-June 1940, Routledge, 2014, p. 153 (ISBN 9781317973584) ; Hugues Viel, Darnand: la mort en chantant, Jean Picollec, 1995 - p. 153
  14. Michel Bertrand, La marine française au combat, 1939-1945: Des combats de l'Atlantique aux F.N.F.L, C. Lavauzelle, 1982, p. 100 et 206
  15. Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943. Un Français Libre parmi 51810. Ernest Joseph Auvynet, alias Meurville. Ernest Joseph Auvynet, alias Meurville. 23ÈME FLOTILLE MTB : Création de la 23e flottille de MTB début août 1942 sous le commandement du CC Meurville- [8]
  16. Eddy Florentin, Les rebelles de La Combattante, Ancre de Marine Éditions, 2009, p. 388

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Macaigne, Les avisos de l’Aéropostale, éd. du Cosmos, Paris, 1989.
  • Les avisos de l’Aéropostale et d’Air France, Icare, no 129, 1989.
  • Marc Saibene et Alain Croce, Les avisos et canonnières anti-sous-marines du programme de guerre 1916-1918, MARINES Éditions - Marines Magazine HS no 4, janvier 2004, "100 ans de Marine Française - les canonnières, les avisos coloniaux, les avisos de la Grande Guerre.
  • Catherine Vich (chargée d'études documentaires chef de la section des archives privées et d'associations), Archives de la défense. Plans de bâtiments (XIXe - XXe siècle). Inventaire méthodique, département de la marine sous-série 8 DD1, Service historique de la Défense, Château de Vincennes, 2006, (ISBN 2-11-095774-3), p. 613, Avisos, 1810. Bapaume, Bar-le-Duc et Belfort.
  • Laurent Albaret, ACQUISITIONS DE LA SAMP, L’aviso Belfort de l’Aéropostale Relais no 101 - Mars 2008 - [9]
  • P. Griffe, Histoire maritime de l’Aéropostale, éd. P. Griffe.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

À voir[modifier | modifier le code]

  • ALAMER - Mémoire des Équipages des marines de guerre, commerce, pêche & plaisance de 1939 à 1945, BELFORT - aviso - Classe «ARRAS» - [10]

Images[modifier | modifier le code]

  • Net-Marine, Les avisos Belfort et Arras en escales - [11]
  • HostingPics.net, Carte postale 1377, Saint-Malo, La Grande Porte et l'Aviso "Belfort" au Bassin Vauban (Rennes 134) - [12]
  • Lemairesoft.sytes.net, Le Belfort. Le Belfort après sa conversion en ravitailleur d'hydravions - [13]