Beaumont-la-Ferrière

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Beaumont-la-Ferrière
Vue de Beaumont.
Vue de Beaumont.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Cosne-Cours-sur-Loire
Canton La Charité-sur-Loire
Intercommunalité Communauté de communes Loire, Nièvre et Bertranges
Maire
Mandat
René Nicard
2014-2020
Code postal 58700
Code commune 58027
Démographie
Population
municipale
123 hab. (2014)
Densité 4,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 11′ 26″ nord, 3° 13′ 37″ est
Altitude Min. 211 m
Max. 324 m
Superficie 28,13 km2
Localisation

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Beaumont-la-Ferrière est une commune française rurale, située dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants s'appellent les Beaumontoises et les Beaumontois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les communes environnantes sont Sichamps, La Celle-sur-Nièvre et Saint-Aubin-les-Forges. La ville la plus proche est Nevers, distante de 23 km. Beaumont-la-Ferrière est traversée par la rivière la Nièvre[1]. La commune a été victime d'une tempête en novembre 1982, d'inondations en décembre 1999 et de mouvements de terrain en 2003.

Les principales activités des habitants sont la culture et la production animale.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Outre le bourg, Beaumont regroupe quelques hameaux et habitations isolés : Bellevue, Bourgneuf (ferme de), Caillots, Château de Beaumont, Choulot (ferme de), Ensus (ferme d'), Forge de Grenant, Grenant, Margis (ferme de), Petit Sauvage, Ponts-de-Beaumont, Sauvage, Vigne (ferme de la).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents La Celle-sur-Nièvre Dompierre-sur-Nièvre Rose des vents
Murlin N Prémery
O    Beaumont-la-Ferrière    E
S
Saint-Aubin-les-Forges Poiseux Sichamps

Toponymie[modifier | modifier le code]

On relève les formes suivantes du nom de la commune : Bellus Mons (1245), Beaulmont-la-Ferrière (1384), Bellus-Mons-Ferrarum (1478), Bellus-Mons-Ferrarie (1514) et Beaumont-les-Forges (Cassini)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Selon Gaston Gauthier, Beaumont aurait été érigé en paroisse au XIIe siècle par les chanoines de Frasnay[3]. La première mention connue du nom de la commune date de 1245 : Bellus Mons.

En septembre 1276, le seigneur de l’époque, Guillaume de Thianges, affranchit les habitants.

Louis Le Vau (1617-1670), seigneur de Beaumont.

La première mention connue de l’existence d’une forge, à Beaumont, remonte à 1480. La commune a en effet connu une importante industrie métallurgique, ce qui lui a même valu pendant quelques années le nom de Beaumont-les-Forges. Il y a eu au moins six forges : celle dite de Beaumont, au sud-ouest de la ferme du château près d’un étang aujourd’hui asséché, les trois forges de Sauvages - dont celle de Bourgneuf - et la petite forge de la Carrière. Toutes ont cessé de fonctionner autour de 1815.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1665, l’architecte Louis Le Vau, seigneur de Beaumont, installe à côté du château une manufacture de fer-blanc. C’est de cette époque que date l’arrivée à Beaumont d’ouvriers allemands, de religion protestante. Cette manufacture cesse toute activité en 1724 et est remplacée par une grosse forge, l’une des plus importantes de la Nièvre. Celle-ci cesse à son tour son activité vers 1820[4].

En 1666 est décidée la tenue de quatre foires annuelles et d’un marché le jeudi de chaque semaine[5].

En 1711, Michel Saulnier, habitant de Beaumont, est jugé pour des faits de brigandage ; il est condamné à être rompu vif, puis étranglé et exposé sur une roue le long de la route allant de Saint-Pierre-le-Moûtier à Nevers[5].

La commune compte environ 300 habitants en 1686, 450 en 1713, 570 en 1769 et 640 en 1787[6]. La population augmente, donc, mais connaît des périodes difficiles : famine de 1693-1695, « grand hyver » de 1709, famine de 1793... Les archives locales témoignent ainsi de l’épisode de 1793 : « Le fléau le plus terrible et le plus cruel se fait sentir dans notre commune ; la famine dévore nos concitoyens. Des mères s'alimentent d'herbe pour allaiter des enfants qu'elles sont sur le point de voir périr en s'apercevant elles-mêmes que les forces leur manquent. L'ouvrier affamé discontinue ses travaux par l'abattement où il se trouve ; le désespoir s'empare de lui. »

Pendant la Révolution, un arbre de la liberté est planté à Beaumont. L’église est transformée en temple décadaire et sert de lieu de réunion aux habitants[3].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, la forge de Beaumont fabrique près de 90 % des fusils de Paris[7].

En 1826, une école est installée dans un bâtiment situé à l’emplacement de l’actuelle école. Ce bâtiment, d’abord loué loué par la municipalité, est ensuite racheté, démoli et reconstruit en 1867. Situé sur la place de l’Église, couvert d’ardoise, il abrite une classe pouvant accueillir 80 élèves et, à l’étage, un logement pour l’instituteur et les locaux de la mairie[3].

L’église est restaurée dans les années 1870[3].

Achille Millien (1838-1927), poète et folkloriste.

En 1881, alors que le nombre d'habitants s'élève à 517, la commune compte un instituteur, un desservant (curé), une sage-femme, un notaire, un percepteur, un receveur des postes, un facteur et... un homme de lettres (Achille Millien) ! Les commerçants sont bien représentés : trois aubergistes, deux épicières, un boulanger, un boucher. Les artisans ne sont pas en reste : huit maçons, six menuisiers, cinq sabotiers, quatre cordonniers, quatre maréchaux, trois jardiniers, deux meuniers. Les journaliers sont nombreux - une trentaine -, mais moins que les domestiques : une quarantaine. Ces derniers sont, pour une bonne part, employés par les huit fermiers du village. Au total, on relève à Beaumont une cinquantaine de professions différentes, dont celles de farinier[8] et de basse-courier[9] À lui seul, le château emploie une dizaine de personnes : une gouvernante, un cuisinier, un maître d’hôtel, un valet de chambre, deux cochers, quatre femmes de chambre. Quelques familles ont en nourrice un « enfant des hospices »[10]. La population ayant notablement augmenté, c’est à cette époque que la commune décide l’ouverture d’une école de filles, laquelle est installée dans un bâtiment aux allures de châlet à l'extrémité du champ de foire[3].

En 1921, le 3 avril, est organisée une cérémonie à la gloire du poète Achille Millien, promu chevalier de la Légion d’honneur[11]. Un cortège défile dans le bourg, au départ de la maison du poète, en présence d’un représentant du ministre de l’Instruction publique, du préfet, des députés et des sénateurs de la Nièvre.

En 2017, l’école du village ferme définitivement ses portes[12].

Seigneurs[modifier | modifier le code]

Quelques noms : Guillaume de Thianges (1245), Jacques d’Avantois (1554), Charles Durand (1660), Louis Le Vau (1665), Pierre Grandguillaume (1685), Pierre Babaud de la Chaussade (1784)...

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Beaumont-la-Ferrière Blason D'or à la terrasse de sinople, au chêne du même englanté du champ, brochant sur le tout.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours René Nicard DVG Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[14],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 123 habitants, en diminution de -10,22 % par rapport à 2009 (Nièvre : -3,1 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500 459 421 461 426 442 441 468 491
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
418 462 492 440 496 517 483 461 441
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
388 392 333 289 250 231 227 224 243
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
264 194 189 195 157 144 137 130 123
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments historiques[modifier | modifier le code]

Gaston Gauthier (1860-1911), historien de Beaumont.
  • La grille d'entrée du cimetière, propriété de la commune, classée en 1959, provient de la chartreuse de Bellary.
  • La maison d'enfance du poète Achille Millien, propriété privée, date du troisième quart du XIXe siècle. Sa façade a été classée monument historique en 1929.
  • Le haut-fourneau de Bourgneuf, du premier quart du XIXe siècle, a été classé monument historique en 1971.
  • Le château de Sauvages, des XVIe et XVIIIe siècles, propriété privée, a été classé monument historique en 1987[17].
  • L'église Saint-Léger, datant de la fin du XVe siècle[18], est en partie reconstruite en 1870. Elle contient une grille du XVIIe siècle provenant de la chartreuse de Bellary. Lors des travaux, une pierre portant la date de 1142 est mise à jour[3].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Le Vau (1612-1670) : Premier architecte des Bâtiments du Roi, seigneur de Beaumont, il y crée une manufacture royale de fer blanc (1665) qui deviendra par la suite une des plus grosses forges du département. Sa grand-mère était originaire de Beaumont[19].
  • Achille Millien (1838-1927) : Poète et folkloriste, qui a collecté les contes et les chants populaires du Nivernais. Il est né et décédé à Beaumont-la-Ferrière.
  • Gaston Gauthier (1860-1911) : Érudit nivernais, auteur de la monographie de Beaumont ; il fut instituteur dans la commune d'octobre 1887 à octobre 1892[20].
  • Paul Ouagne (1862-1937) : Écrivain né à Beaumont-la-Ferrière.
  • Armand Jarry (1895-1916) : « Poilu » natif de Beaumont[21].
Maison d'Achille Millien à Beaumont-la-Ferrière.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.annuaire-mairie.fr/mairie-beaumont-la-ferriere.html
  2. Georges de Soultrait, Dictionnaire topographique de la Nièvre, Paris, 1865.
  3. a, b, c, d, e et f Gaston Gauthier, Monographie de Beaumont-la-Ferrière, 1896.
  4. Inventaire général du patrimoine culturel.
  5. a et b Henri de Flamare, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, département de la Nièvre, 1891.
  6. Cahiers du val de Bargis.
  7. Base Mérimée.
  8. Un farinier est un marchand de farine.
  9. Un basse-courier est chargé des soins de la basse-cour.
  10. Recensement de 1881, 6 M 027, Archives départementales de la Nièvre.
  11. Base Léonore, recensement des récipiendaires de la Légion d’honneur (décédés avant 1977), sur le site du ministère de la Culture.
  12. À l'école de Beaumont-la-Ferrière, les cris d'enfants ne résonnent plus, Le Journal du Centre, 6 septembre 2017.
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  17. http://www.annuaire-mairie.fr/monument-historique-beaumont-la-ferriere.html
  18. Georges de Soultrait, Répertoire archéologique du département de la Nièvre, 1875.
  19. Nos Moulins au fil de l'eau - Association "Les Amis de la Charité-sur-Loire" - 1999.
  20. Archives départementales de la Nièvre - 1 T 699.
  21. L’ancien procureur passionné par un poilu, Le journal du Centre, 6 novembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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