Beaumont-la-Ferrière

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Beaumont-la-Ferrière
Beaumont-la-Ferrière
Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Cosne-Cours-sur-Loire
Intercommunalité Communauté de communes Les Bertranges
Maire
Mandat
René Nicard
2020-2026
Code postal 58700
Code commune 58027
Démographie
Population
municipale
122 hab. (2018 en diminution de 1,61 % par rapport à 2013)
Densité 4,3 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 11′ 26″ nord, 3° 13′ 37″ est
Altitude Min. 211 m
Max. 324 m
Superficie 28,13 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Nevers
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de La Charité-sur-Loire
Législatives Première circonscription
Localisation
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Beaumont-la-Ferrière est une commune française rurale, située dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants s'appellent les Beaumontoises et les Beaumontois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de Beaumont.

Les communes environnantes sont Sichamps, La Celle-sur-Nièvre et Saint-Aubin-les-Forges. La ville la plus proche est Nevers, distante de 23 km. Beaumont-la-Ferrière est traversée par la rivière la Nièvre[1]. La commune a été victime d'une tempête en , d'inondations en et de mouvements de terrain en 2003.

Les principales activités des habitants sont la culture et la production animale.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Outre le bourg, Beaumont regroupe quelques hameaux et habitations isolés : Bellevue, Bourgneuf (ferme de), Caillots, Château de Beaumont, Choulot (ferme de), Ensus (ferme d'), Forge de Grenant, Grenant, Margis (ferme de), Petit Sauvage, Ponts-de-Beaumont, Sauvage, Vigne (ferme de la).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Beaumont-la-Ferrière est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nevers, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 93 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (66,3 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (68,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (60,1 %), prairies (26 %), terres arables (7,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,2 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

On relève les formes suivantes du nom de la commune : Bellus Mons (1245), Beaulmont-la-Ferrière (1384), Bellus-Mons-Ferrarum (1478), Bellus-Mons-Ferrarie (1514) et Beaumont-les-Forges (Cassini)[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Selon Gaston Gauthier, Beaumont aurait été érigé en paroisse au XIIe siècle par les chanoines de Frasnay[10]. La première mention connue du nom de la commune date de 1245 : Bellus Mons.

En , le seigneur de l’époque, Guillaume de Thianges, affranchit les habitants.

La première mention connue de l’existence d’une forge, à Beaumont, remonte à 1480. La commune a en effet connu une importante industrie métallurgique, ce qui lui a même valu pendant quelques années le nom de Beaumont-les-Forges. Il y a eu au moins six forges : celle dite de Beaumont, au sud-ouest de la ferme du château près d’un étang aujourd’hui asséché, les trois forges de Sauvages - dont celle de Bourgneuf - et la petite forge de la Carrière. Toutes ont cessé de fonctionner autour de 1815.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1665, l’architecte Louis Le Vau, seigneur de Beaumont, installe à côté du château une manufacture de fer-blanc. C’est de cette époque que date l’arrivée à Beaumont d’ouvriers allemands, de religion protestante. Cette manufacture cesse toute activité en 1724 et est remplacée par une grosse forge, l’une des plus importantes de la Nièvre. Celle-ci cesse à son tour son activité vers 1820[11].

En 1666 est décidée la tenue de quatre foires annuelles et d’un marché le jeudi de chaque semaine[12].

En 1711, Michel Saulnier, habitant de Beaumont, est jugé pour des faits de brigandage ; il est condamné à être rompu vif, puis étranglé et exposé sur une roue le long de la route allant de Saint-Pierre-le-Moûtier à Nevers[12].

La commune compte environ 300 habitants en 1686, 450 en 1713, 570 en 1769 et 640 en 1787[13]. La population augmente, donc, mais connaît des périodes difficiles : famine de 1693-1695, « grand hyver » de 1709, famine de 1793... Les archives locales témoignent ainsi de l’épisode de 1793 : « Le fléau le plus terrible et le plus cruel se fait sentir dans notre commune ; la famine dévore nos concitoyens. Des mères s'alimentent d'herbe pour allaiter des enfants qu'elles sont sur le point de voir périr en s'apercevant elles-mêmes que les forces leur manquent. L'ouvrier affamé discontinue ses travaux par l'abattement où il se trouve ; le désespoir s'empare de lui. »

Pendant la Révolution, un arbre de la liberté est planté à Beaumont. L’église est transformée en temple décadaire et sert de lieu de réunion aux habitants[10].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, la forge de Beaumont fabrique près de 90 % des fusils de Paris[14].

En 1826, une école est installée dans un bâtiment situé à l’emplacement de l’actuelle école. Ce bâtiment, d’abord loué loué par la municipalité, est ensuite racheté, démoli et reconstruit en 1867. Situé sur la place de l’Église, couvert d’ardoise, il abrite une classe pouvant accueillir 80 élèves et, à l’étage, un logement pour l’instituteur et les locaux de la mairie[10].

L’église est restaurée dans les années 1870[10].

Achille Millien (1838-1927), poète et folkloriste.

En 1881, alors que le nombre d'habitants s'élève à 517, la commune compte un instituteur, un desservant (curé), une sage-femme, un notaire, un percepteur, un receveur des postes, un facteur et... un homme de lettres (Achille Millien) ! Les commerçants sont bien représentés : trois aubergistes, deux épicières, un boulanger, un boucher. Les artisans ne sont pas en reste : huit maçons, six menuisiers, cinq sabotiers, quatre cordonniers, quatre maréchaux, trois jardiniers, deux meuniers. Les journaliers sont nombreux - une trentaine -, mais moins que les domestiques : une quarantaine. Ces derniers sont, pour une bonne part, employés par les huit fermiers du village. Au total, on relève à Beaumont une cinquantaine de professions différentes, dont celles de farinier[15] et de basse-courier[16] À lui seul, le château emploie une dizaine de personnes : une gouvernante, un cuisinier, un maître d’hôtel, un valet de chambre, deux cochers, quatre femmes de chambre. Quelques familles ont en nourrice un « enfant des hospices »[17]. La population ayant notablement augmenté, c’est à cette époque que la commune décide l’ouverture d’une école de filles, laquelle est installée dans un bâtiment aux allures de châlet à l'extrémité du champ de foire[10].

En 1896 paraît le premier numéro de la Revue du Nivernais, administrée et rédigée à Beaumont.

En 1921, le , est organisée une cérémonie à la gloire du poète Achille Millien, promu chevalier de la Légion d’honneur[18]. Un cortège défile dans le bourg, au départ de la maison du poète, en présence d’un représentant du ministre de l’Instruction publique, du préfet, des députés et des sénateurs de la Nièvre. Le 4 septembre 1938 est érigé dans la commune un monument à sa mémoire[19].

En 2017, l’école du village ferme définitivement ses portes[20].

Seigneurs[modifier | modifier le code]

Quelques noms : Guillaume de Thianges (1245), Jacques d’Avantois (1554), Charles Durand (1660), Louis Le Vau (1665), Pierre Grandguillaume (1685), Pierre Babaud de la Chaussade (1784)...

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Beaumont-la-Ferrière Blason
Inconnu.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 En cours René Nicard DVG Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[22].

En 2018, la commune comptait 122 habitants[Note 3], en diminution de 1,61 % par rapport à 2013 (Nièvre : −4,36 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500459421461426442441468491
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
418462492440496517483461441
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
388392333289250231227224243
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
264194189195157144138137126
2017 2018 - - - - - - -
123122-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24]. |recens-prem.)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments historiques[modifier | modifier le code]

Gaston Gauthier (1860-1911), historien de Beaumont.
Sortie de communiantes à l'église Saint-Léger en 1905 avec texte du poète Millien.
  • La grille d'entrée du cimetière, propriété de la commune, classée en 1959, provient de la chartreuse de Bellary.
  • La maison d'enfance du poète Achille Millien, propriété privée, date du troisième quart du XIXe siècle. Sa façade a été classée monument historique en 1929.
  • Le haut-fourneau de Bourgneuf, du premier quart du XIXe siècle, a été classé monument historique en 1971.
  • Le château de Sauvages, des XVIe et XVIIIe siècles, propriété privée, a été classé monument historique en 1987[25].
  • L'église Saint-Léger, datant de la fin du XVe siècle[26], est en partie reconstruite en 1870. Elle contient une grille du XVIIe siècle provenant de la chartreuse de Bellary. Lors des travaux, une pierre portant la date de 1142 est mise à jour[10].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Le Vau (1612-1670) : premier architecte des Bâtiments du Roi, seigneur de Beaumont, il y crée une manufacture royale de fer blanc (1665) qui deviendra par la suite une des plus grosses forges du département. Sa grand-mère était originaire de Beaumont[27].
  • Achille Millien (1838-1927) : poète et folkloriste, né et décédé à Beaumont-la-Ferrière ; il collecte les contes et les chants populaires du Nivernais. Il est également le directeur de publication de la Revue du Nivernais, qui paraît de 1896 à 1910.
  • Alfred Garcement (1842-1927), artiste peintre, auteur de plusieurs tableaux représentant Beaumont, où il séjournait régulièrement à l'invitation d'Achille Millien.
  • Raoul Saulnier d’Anchald (1853-1945), vicomte, auteur d’une série de photographies sur les activités humaines dans la forêt, fin XIXe siècle.
  • Gaston Gauthier (1860-1911) : érudit nivernais, auteur de la monographie de Beaumont ; il est instituteur dans la commune d' à [28].
  • Paul Ouagne (1862-1937) : écrivain né à Beaumont-la-Ferrière.
  • Armand Jarry (1895-1916) : « poilu » natif de Beaumont[29].
Maison d'Achille Millien à Beaumont-la-Ferrière.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.annuaire-mairie.fr/mairie-beaumont-la-ferriere.html
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Nevers », sur insee.fr (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Georges de Soultrait, Dictionnaire topographique de la Nièvre, Paris, 1865.
  10. a b c d e et f Gaston Gauthier, Monographie de Beaumont-la-Ferrière, 1896.
  11. Inventaire général du patrimoine culturel.
  12. a et b Henri de Flamare, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, département de la Nièvre, 1891.
  13. Cahiers du val de Bargis.
  14. Base Mérimée.
  15. Un farinier est un marchand de farine.
  16. Un basse-courier est chargé des soins de la basse-cour.
  17. Recensement de 1881, Archives départementales de la Nièvre, 6 M 027.
  18. Base Léonore, recensement des récipiendaires de la Légion d’honneur (décédés avant 1977), sur le site du ministère de la Culture.
  19. Excelsior, 5 septembre 1938, 3e colonne, sur RetroNews.
  20. À l'école de Beaumont-la-Ferrière, les cris d'enfants ne résonnent plus, Le Journal du Centre, 6 septembre 2017.
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  25. http://www.annuaire-mairie.fr/monument-historique-beaumont-la-ferriere.html
  26. Georges de Soultrait, Répertoire archéologique du département de la Nièvre, 1875.
  27. Nos Moulins au fil de l'eau - Association "Les Amis de la Charité-sur-Loire" - 1999.
  28. Archives départementales de la Nièvre - 1 T 699.
  29. « L’ancien procureur passionné par un poilu », Journal du Centre, 6 novembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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