Bdelloida

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Les Bdelloidea (les bdelloïdes en français) sont une sous-classe de l'embranchement des rotifères.

Les rotifères bdelloïdes sont des organismes microscopiques, dont la longueur varie entre 150 et 700 µm. La plupart sont trop petits pour être visibles à l’œil nu, mais peuvent être observés à l'aide d'une simple lentille grossissante[1].

Vues prises au microscope électronique montrant la variation morphologique des rotifères bdelloides et de leurs « mâchoires »

Le Système d'information taxonomique intégré ITIS considère le terme Bdelloida désignant la classe comme non valide (voir ci-dessous).

Généralités[modifier | modifier le code]

Les Bdelloidea représentent quatre familles et plus de 450 espèces connues au sein des rotifères[2].. Ils vivent principalement dans l'eau douce et dans les sols humides. Ils sont caractérisés par leur morphologie typique: bouche, tronc et pied; et une locomotion souvent rampante.

Habitat[modifier | modifier le code]

Les Bdelloidea sont très résistants et peuvent survivre dans de nombreux habitats, surtout en eau douce, dans la mousse humide ou dans la terre humide.

Mode de reproduction asexué[modifier | modifier le code]

Les bdelloïdes ont un mode de reproduction asexué[3]. Cette découverte, faite dans les années 1950, a remis en cause l'idée que le brassage génétique est la seule méthode pour assurer une diversité génétique propre à assurer l'adaptation au milieu, et donc de ne pas éteindre l'espèce dans le temps. Des reproductions par parthénogenèse existent chez certaines espèces, comme des lézards, des grenouilles ou des poissons mais seulement dans certains cas atypiques et en parallèle d'une reproduction sexuée.

Or, les bdelloïdes n'ont que la reproduction asexuée et sont toutefois présents sur terre depuis au moins 25 millions d'années[4]. La réalité même de ce type de reproduction a été contestée jusqu'à ce qu'une étude publiée le 21 juillet 2013[5],[6] prouve que les gènes des bdelloïdes ne sont pas conçus pour être divisés par méiose en gamètes. Il en découle que la reproduction asexuée est la seule possible, et qu'il n'y a pas de "mâles cachés".

L'étude révèle ensuite que les gènes des bdelloïdes sont capables de corriger les mutations qui pourraient augmenter l'apparition de maladies, et qu'ils sont également capables d'absorber une partie de l'ADN d'organismes externes tels les bactéries, champignons, plantes[7] pour recréer une forme de diversité génétique. D'autres organismes (bactériens notamment) sont capables d'intégrer de l'ADN « exogène », mais il est présent chez les bdelloïdes selon l'étude jusqu'à 8 %, ce qui est plus que n'importe quel autre organisme étudié à ce jour.

Liste des familles[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (20 juin 2013)[8] et ITIS (20 juin 2013)[9] (partim in World Register of Marine Species (20 juin 2013)[10]):

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ricci, Claudia, « Key to the identification of the genera of bdelloid rotifers », Hydrobiologia, vol. 418,‎ , p. 73–80 (DOI 10.1023/A:1003840216827, S2CID 44054669)
  2. Donner, Josef, Bestimmungsbücher zur Bodenfauna Europas, volume 6, Berlin, Akademie Verlag, (OCLC 6733231), « Ordnung Bdelloidea (Rotatoria, Rädertiere) » et Segers, Hendrik, « Annotated checklist of the rotifers (Phylum Rotifera), with notes on nomenclature, taxonomy and distribution », Zootaxa, vol. 1590,‎ , p. 3–104 Abstract.
  3. (en) Hsu, W. S., « Oogenesis in the Bdelloidea rotifer Philodina roseola Ehrenberg », Cellule,‎ , p. 283–296 (ISSN 0008-8757)
  4. G. O. Poinar Jr. et Claudia Ricci, « Bdelloid rotifers in Dominican amber: Evidence for parthenogenetic continuity », Experientia, vol. 48, no 4,‎ , p. 408–410 (DOI 10.1007/BF01923444, S2CID 13098228)
  5. (en) Jean-François Flot et al., « Genomic Evidence for Ameiotic evolution in the Bdelloid rotifer adineta vaga », Nature,‎ , p. 453-457 (ISSN 0028-0836, lire en ligne)
  6. Yann Chavance, « Un monde sans sexe, la fin d'un scandale scientifique de cinquante ans », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Gladyshev, Eugene A., Meselson, Matthew et Arkhipova, Irina R., « Massive horizontal gene transfer in bdelloid rotifers », Science,‎ , p. 1210–1213 (ISSN 1095-9203, doi:10.1126/science.1156407)
  8. Roskov Y., Ower G., Orrell T., Nicolson D., Bailly N., Kirk P.M., Bourgoin T., DeWalt R.E., Decock W., van Nieukerken E.J., Penev L. (eds.) (2020). Species 2000 & ITIS Catalogue of Life, 2020-12-01. Digital resource at www.catalogueoflife.org. Species 2000: Naturalis, Leiden, the Netherlands. ISSN 2405-8858, consulté le 20 juin 2013
  9. ITIS, consulté le 20 juin 2013
  10. World Register of Marine Species, consulté le 20 juin 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sous-classe des Bdelloidea[modifier | modifier le code]

Classe des Bdelloida (non valide)[modifier | modifier le code]