Bayer (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Bayer AG)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bayer.
Bayer
Image illustrative de l'article Bayer (entreprise)

Création 1863
Fondateurs Friedrich BayerVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Aktiengesellschaft (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Action FWB : BAYN
Slogan Science for a Better Life
Siège social Drapeau de l'Allemagne Leverkusen AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata (Allemagne)
Direction Werner Baumann, CEO
Actionnaires BlackRock (7,06 ) et The Capital Group Companies (4,96 )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Industrie pharmaceutique, Industrie chimique, agronomie
Produits médicaments : aspirine, gynécologie (contraceptifs), oncologie (sorafénib, etc.), infectiologie (ciprofloxacine, etc.), etc.[1]
insecticides : Gaucho
Société mère IG Farben (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Bayer HealthCare AG (dont Bayer Schering Pharma), Bayer CropScience AG, Bayer Material Science AG, Monsanto
Effectif 115.200 (31 déc. 2016)
Site web www.bayer.com

Chiffre d’affaires en augmentation €31.168 milliards (2009)
Des locaux de Bayer à Berlin

Bayer AG est une société chimique et pharmaceutique allemande fondée en 1863 à Barmen (aujourd'hui une partie de Wuppertal), notamment par Friedrich Bayer et Johann Friedrich Weskott, dont le siège social est à Leverkusen, Rhénanie-du-Nord-Westphalie en Allemagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Publicité américaine pour quatre produits Bayer et leurs dérivés (Aspirin, Heroin, Lycetol, Salophen), avant 1904.

L'entreprise fut fondée le à Barmen, par Friedrich Bayer et Johann Friedrich Weskott sous le nom de « Friedr. Bayer et comp. » (Farbenfabriken vormals Friedrich Bayer et Companion), et produisait des colorants comme la fuchsine et l'aniline.

En 1866, le siège social et les principales unités de production s'établirent à Elberfeld.

En 1881, l'entreprise prend la forme d'une société par actions. En 1883, le chimiste Carl Duisberg intègre Bayer où il développe considérablement le département de la recherche.

Avant 1900, sous la marque Heroin, est vendu en pharmacie un composé contenant 5 % d'héroïne pure.

En 1899, Bayer dépose le brevet et la marque de l'aspirine, sous la dénomination d'Aspirin. Cependant, l'entreprise perd ce brevet à la suite de la Première Guerre mondiale et du traité de Versailles, stipulant que la marque et le procédé de fabrication entrent dans le domaine public dans un certain nombre de pays (France, États-Unis, etc.).

Bayer devient ensuite une partie d'IG Farben, un conglomérat d'industries chimiques allemandes créé dans les années 1920, qui ont notamment produit le gaz Zyklon B, initialement utilisé comme insecticide et raticide, en produira de grandes quantités pour les nazis qui les utiliseront dans les chambres à gaz des camps d’extermination.

Au début des années 1950, dans le cadre de la politique de dénazification, le groupe industriel IG Farben qui est complice de la solution finale, est démantelé en plusieurs sociétés distinctes, dont l'entreprise Bayer, BASF et Agfa[2].

Diversification de l'activité[modifier | modifier le code]

En 2002, Bayer AG acquiert la branche agronomique d'Aventis (Aventis CropScience). Celle-ci devient alors Bayer CropScience AG. Cette branche s'occupe d'agrochimie (entre autres de pesticides comme le Gaucho) et de semences génétiquement modifiées : céréales, coton, etc.

Afin de séparer les gestions opérationnelles et stratégiques, Bayer AG a été réorganisé en en une société de groupement. Une société anonyme a été affectée à chaque secteur de Bayer AG : Bayer CropScience AG (agrochimie) ; Bayer HealthCare AG (santé, dont le laboratoire pharmaceutique Bayer Schering Pharma) ; Bayer Material Science AG (polyuréthane, polycarbonate, matières premières pour vernis et colles). En 2004, Bayer scinde ses activités de chimie de spécialité dans Lanxess.

Bayer AG lance le une OPA sur Schering AG. La fusion est effective le . L'entité des médicaments éthiques a pour nom Bayer Schering Pharma. Le groupe Bayer Santé regroupe santé éthique, santé familiale, vétérinaire et diagnostic (petit matériel).

Bayer AG est en conflit avec les apiculteurs en France et en Nouvelle-Écosse à propos des effets sur les abeilles du pesticide Gaucho. Une suspension d'utilisation provisoire est appliquée en France[3]. Récemment des études scientifiques ont confirmé la nocivité du gaucho associé à un parasite des abeilles, le nosema cerenae.

À la fin , Bayer annonce avoir racheté l'entreprise de complément vitaminé Schiff pour 1,2 milliard de dollars[4].

En , Bayer acquiert l'entreprise norvégienne Algeta pour 2,4 milliards de dollars[5].

En , Bayer acquiert Dihon une entreprise spécialisée dans la médecine traditionnelle chinoise, pour un montant inconnu mais estimé à plus de 500 millions d'euros[6].

En , Bayer acquiert les activités de médicament en vente libre de Merck & Co pour 14,2 milliards de dollars[7]. L'accord intègre également un partenariat de plus faible ampleur sur les médicaments de Merck notamment l'Adempas[7]. Le même mois, Bayer vend ses activités Bayer Interventional, qui produit du matériel médical notamment des cathéters, pour 415 millions de dollars à Boston Scientific[8].

En , Bayer vend ses activités liées au diabète pour 1,02 milliard d'euros à Panasonic Healthcare, filiale de Panasonic, également présente dans ce secteur[9]. Fin 2015, Bayer scinde ses activités de sciences des matériaux dans Covestro.

En , Bayer annonce le lancement d'une offre d'acquisition de 62 milliards de dollars sur Monsanto[10], après deux semaines de rumeurs[11],[12],[13]. En , l'offre de Bayer remonte à 66 milliards de dollars[14] et le 14 de ce mois, Bayer annonce officiellement que l’offre a été acceptée par les actionnaires de Monsanto[15]. En mars 2017, Bayer vend une partie (11 %) de sa participation dans Covestro pour 1,46 milliard d'euros, la faisant passer à 53,3 %[16].

Scandales et polémiques[modifier | modifier le code]

Achats de personnes déportées à Auschwitz[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bayer se livre au trafic d'êtres humains en achetant des déportés du camp d’Auschwitz pour servir de cobayes dans le cadre d'expérimentations à prétention médicale et de caractère confidentiel[17].

Cinq lettres signées par les responsables de Bayer et destinées aux dirigeants du camp d'Auschwitz, rédigées en avril et mai 1943, ont été découvertes par un régiment de l'Armée soviétique lors de la libération du camp d’Auschwitz[18], pour l'achat de « lots de femmes »[19] déportées.

Des extraits de ces lettres sont lus dans deux documentaires réalisés par Émile Weiss, le dernier volet de la trilogie documentaire Destruction sur le camp d'Auschwitz, et également dans Criminal Doctors - Auschwitz[20], France, 2013, ainsi que dans un documentaire réalisé par Daniel Cling et Pascal Cling Il faudra raconter [21]en 2005.

La première lettre indique le besoin de femmes déportées, en tant que cobayes pour expérimenter un soporifique. La deuxième stipule que le prix de « 200 marks est exagéré ; nous offrons 170 marks par sujet, nous avons besoin de 150 femmes. » La troisième demande : « Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines. » La quatrième indique : « Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant, quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant des résultats des expériences. » Enfin, la cinquième et dernière lettre retrouvée mentionne : « Les expériences n'ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot[19]. »

Après la guerre, lors des procès de Nuremberg [22], l'une des douze séances concerne directement le Procès IG Farben où plusieurs dirigeants d'IG Farben - dont Bayer était une filiale - sont condamnés pour crimes de guerre, entre 6 mois et 6 ans de prison[2]. Bayer n'a pas fait l'objet de poursuites[2] mais son personnel dirigeant a été limogé et IG Farben démantelé.

Scandale de l'huile frelatée[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, un de ses produits, le nemacur (organophosphoré), est mis en cause dans une enquête indépendante menée par le Dr Muro dans le cadre du scandale de l'huile frelatée (600 morts, plus de 2000 victimes constatées en Espagne)[23].

Yasmin, Yasminelle et Yaz : contraceptifs dangereux[modifier | modifier le code]

La société Bayer a aussi mis en circulation des pilules contraceptives qui seraient très dangereuses pour la santé selon des enquêtes menées en Suisse et aux États-Unis. Ces pilules dites « de quatrième génération » s'appellent Yasmin, Yasminelle et Yaz et seraient plus dangereuses que les anciennes, présentant des risques graves de thromboses. Des milliers de plaintes ont été déposées contre la société Bayer à cause des effets secondaires de ces pilules[24],[25],[26].

Scandale du sang contaminé[modifier | modifier le code]

Le laboratoire pharmaceutique est accusé d'avoir sciemment écoulé des produits sanguins, afin d'augmenter son profit, qui auraient inoculé le virus du sida, principalement entre 1978 et 1985, alors que des procédés pour décontaminer ces produits existaient[27]. Plusieurs milliers d'hémophiles dans le monde sont contaminés par le VIH à la suite de la négligence de la firme Bayer[28]. Il est cependant à noter qu'un protocole de décontamination visant spécifiquement le VIH ne pouvait pas être inventé avant l'identification dudit virus, laquelle n'intervient qu'entre et .

Pollution atmosphérique aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Bayer figure en 2016 au troisième rang du Top 100 des pollueurs atmosphériques aux États-Unis publié par l'Institut de recherche en politique économique de l'Université du Massachussets à Amherst[29].

Découvertes[modifier | modifier le code]

Bayer a, entre autres, découvert :

Bayer a par ailleurs été le premier laboratoire à synthétiser l'aspirine.

Données boursières[modifier | modifier le code]

Les actions de Bayer AG sont cotées au XETRA en Allemagne et au LSE au Royaume-Uni.

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Activités sportives[modifier | modifier le code]

Bayer tient une place importante dans le club omnisports Bayer Leverkusen.

Communication[modifier | modifier le code]

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Bayer AG est inscrite depuis 2008 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2015 pour cette activité 13 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant de 1 989 000 euros. L'entreprise indique avoir reçu, sur le même exercice, 1 440 130 euros de subventions des institutions européennes[30].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Selon le Center for responsive politics, les dépenses de lobbying de Bayer AG aux États-Unis s'élèvent en 2015 à 7 730 000 dollars[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des médicaments Bayer Schering Pharma
  2. a, b et c Indiqué dans le documentaire Criminal Doctors - Auschwitz, d'Emil Weiss, France, 2013 ; op. cit.
  3. « Suspension de l'usage de l'insecticide Gaucho », sur www.actu-environnement.com, (consulté le 21 avril 2013)
  4. Bayer to buy U.S. vitamin maker Schiff for $1.2 billion, Ludwig Burger, Reuters, 30 juin 2012
  5. Bayer bids $2.4 billion for Norwegian cancer drug partner Algeta, Balazs Koranyi et Ben Hirschler, Reuters, 26 novembre 2013
  6. Bayer buys Dihon to add traditional Chinese medicine, Ludwig Burger, Reuters, 27 février 2014
  7. a et b Bayer wins Merck & Co's $14 billion consumer unit auction, Reuters, 6 mai 2014
  8. Bayer sells Interventional device unit to Boston Scientific, Reuters, 15 mai 2014
  9. Bayer sells Diabetes Care business to Panasonic Healthcare, Reuters, 10 juin 2015
  10. Bayer announces $62 billion cash offer for Monsanto, Reuters, 23 mai 2016
  11. (en) « Bayer said to explore bid for 40 billion seed company Monsanto », sur Bloomberg (consulté le 13 mai 2016)
  12. « Monsanto fait l'objet de speculations Basf et Bayer en embuscade », sur capital (consulté le 13 mai 2016)
  13. Le groupe allemand Bayer a fait une proposition à 62 milliards de dollars. Une fusion avec l’américain Monsanto, le numéro un mondial des semences, pourrait donner naissance à un leader mondial de l’agrochimie.
  14. (en) Greg Roumeliotis et Ludwig Burger, « Bayer clinches Monsanto with improved $66 billion bid », Reuters,‎ (lire en ligne)
  15. Denis Cosnard, « Bayer rachète le géant des semences OGM Monsanto pour 59 milliards d’euros », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. Bayer sells 11 percent of Covestro for 1.46 billion euros, Alexander Hübner et Ludwig Burger, Reuters, 1er mars 2017
  17. « Témoignage de Jacqueline TEYSSIER dans le reportage réalisé par son fils Michel Teyssier 'Mémoires d'une miraculée' (à 33'26) »
  18. « 'Lettres de l'entreprise Bayer au camp d'Auschwitz sur l'achat de femmes pour expérimentations chimiques', éditions Christophe Chomant »
  19. a et b Les citations des lettres sont extraites du dernier volet de la trilogie Destruction sur le camp d'Auschwitz, réalisé par Emil Weiss : le documentaire Criminal Doctors - Auschwitz, France, 2013.
  20. Page du documentaire, sur le site de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
  21. « Il faudra raconter », sur Institut français
  22. extrait du film de Daniel Cling et Pascal Cling "il faudra raconter", « les crimes de Bayer à Auschwitz », (consulté le 30 mai 2017)
  23. Voir le livre de Jacques Philipponneau, Relation de l'empoisonnement perpétré en Espagne et camouflé sous le syndrome de l'huile toxique, (Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1994.
  24. Vidéo: Attention, cette pilule peut nuire à votre santé. Radio Télévision Suisse, 8 décembre 2011.
  25. Risk of venous thromboembolism from use of oral contraceptives containing different progestogens and oestrogen doses: Danish cohort study, 2001-9 BMJ 2011; 343 doi: 10.1136/bmj.d6423 (Published 25 October 2011).
  26. Coalition against Bayer Dangers (Germany). Victims of Bayer Contraceptives to appear at Shareholder Meeting. Countermotions introduced: more than 200 deaths; ban demanded. April 13, 2011.
  27. « Sang contaminé : Bayer et Baxter indemnisent des hémophiles », sur Le Monde,
  28. « Sang contaminé : un accord sous le sceau du secret », sur Novethic,
  29. (en) « Toxic 100 Air Polluters Index », sur www.peri.umass.edu (consulté le 14 novembre 2016)
  30. « Registre de transparence », sur europa.eu (consulté le 12 novembre 2016)
  31. (en) « Opensecrets.org », sur opensecrets.org (consulté le 12 novembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]