Cheikh Ibrahim Niass

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Baye Niass)
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant l’islam
Cet article est une ébauche concernant l’islam.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Shaykh Ibrahim Niass.jpg

Baye Niass (Taïba Niassène, 1900 – Londres, 1975), de son vrai nom Ibrahima Niass (forme longue) Cheikh Al Islam Mawlana Ibrahima Niasse, est un soufi, gnostique et mystique musulman, sénégalais. Il est le 9e fils d’Abdoulaye Niass. Il est le fondateur du mouvement Faydha Tidjaniyya, une branche de la confrérie soufis, la Tiajniyya, qui deviendra l’une des plus importantes organisations musulmanes au monde comptant plus d’une centaine de millions d’adeptes selon Christopher Gray (The rise of the Niassene tijaniyya, 1875 to the présent. Edition Islam et Société).

Sa vie[modifier | modifier le code]

Baye Niass

La position stratégique de Kaolack (Centre du Sénégal) et les relations suivies de son père avec les lettrés du Sénégal, de la Mauritanie et l’Afrique du nord font de sa maison paternelle un endroit privilégié où le jeune Ibrahim étudie non seulement les sciences religieuses (exégèse, juruisprudence, théologie, grammaire arabe, rhétorique, métrique, biographie du Prophète (SAS), etc.) mais également cultive un goût prononcé pour le mysticisme musulman. Témoigne de ses connaissances ésotériques d’acquisition précoce, son premier ouvrage Rûh al adab écrit à l’âge de 18 ans (En fait l’auteur Ibrahima Niass dit à la fin de son ouvrage qu’il avait 21 ans quand il écrivit son œuvre, note du présentateur) , ainsi que son fameux Kâshif al ilbas (1930) [Traité fondamental de Soufisme et de la Voie Tijaniyya, Note du présentateur]. À la mort de son père, en 1922, son frère aîné Mouhammad (Khalifa) prend en charge la communauté des « Niassènes » et Ibrahima enseigne dans les écoles coraniques de son père de Taïba, Kossi et Kaolack. Son érudition et sa piété lui attirent très vite de nombreux adeptes. Dès 1930, il se proclame héritier spirituel de Ahmed Tijan, et obtient l’allégeance massive des disciples de son père ainsi que celle de nombreux cheikhs maures qu’il initie à la Tarbiyya (initiation mystique) dont le but est de parvenir à la Maarifa(gnose) .Initiation qui marque la spécificité de sa branche Tijaniyya.

Toutefois son audience reste limitée jusqu’en 1937, année où il effectue son premier pélérinage à la Mecque et y rencontre l’Emir de Kano (Nord du Nigéria), Abdoulahi Bayero qui renouvelle son affiliation à la Tijaniyya auprès de lui et l’invite à Kano. Il y obtient l’adhésion de la majorité des oulémas de la Tijaniyya qui, dès la fin de la deuxième guerre mondiale, se font les moteurs de l’expansion de son mouvement dans toute l’Afrique de l’Ouest. À la mort de l’Emir Abdoulahi Bayero en 1953, son fils Mouhamed Sanuss lui succède et renforce ses liens avec Ibrahima Niasse. À la fin des années 1960, grâce à ses appuis politiques, le zèle de ses disciples nord-nigérians, son action éducative et le zèle de son prosélytisme, il se trouve à la tête d’une communauté transnationale de plusieurs millions de membres répartis entre le Nord Nigéria, lieu par excellence de son rayonnement, le Ghana, le Niger, le Togo, le Libéria, la Sierra Leone, le Tchad, le Caméron, la Gambie, la Mauritanie et la région du Sine saloum. Selon Mervyn Hiskett (Development of Islam in West Africa, p. 287), « by the end of colonial period, there is little doubt that it was by then the largest single Muslim organisation in West Africa. » (Il n’y a aucun doute que son mouvement était la plus grande organisation musulmane en Afrique de l’Ouest à la fin de la période coloniale). Au-delà de l’Afrique, de nos jours, on retrouve ce mouvement aux États-Unis, en Asie mais aussi dans les pays du Golf.

Œuvres et distinctions[modifier | modifier le code]

Cheikh Ibrahima Niass a fortement encouragé l'éducation des femmes et ses filles ont fréquenté et mémorisé le saint Coran au sein des mêmes écoles religieuses que les hommes . Aussi a-t-il affirmé: " En matière de connaissances, les femmes devraient rivaliser avec les hommes".

Cheikh al islam El-hadj Ibrahima Niass

En 1960, il fut élu membre du Conseil supérieur de l'Organisation du Bien-être islamique au Caire, puis membre de l'Académie de Recherches de l'Université d'Al-Azhar[1], de la communauté des érudits en islamologie et du Conseil islamique supérieur de l'Algérie.

En 1962,il fut promu vice-président du Congrès mondial islamique à Karachi; il est élu membre de la Conférence générale de l'Académie de recherches islamiques sise au Caire.

En 1966, il participa à la conférence tenue à Accra sur le thème: "Le monde sans bombe atomique".

En 1969, il prit part à l' assemblée constituante de l'Association des Universités Islamiques à Fez et en devint membre du comité exécutif.

En 1971, l'Université Al-Azhar lui attribue le titre de "Cheikh Al Islam" ( Guide de l'Islam).

Il fut , par ailleurs, le premier noir africain à présider la prière dans la prestigieuse mosquée d' Al-Azhar.

Comme diplomate sénégalais, Baye Niass rencontra de grandes figures politiques tels que Gamal Abdel Nasser, président de l’Égypte et le panafricaniste Kwamé Nkrumah avec qui, il était très lié ou encore Mao Zedong. Baye Niass défendait la cause africaine sur les plus grandes tribunes du pays.

S'étant fait une renommée résultant de vastes connaissances religieuses, historiques, culturelles, scientifiques, philosophiques etc , Baye Niass s'est ainsi fait remarqué à l'occasion de tous ses voyages dans divers pays comme Le Nigéria, l'Arabie Saoudite, la Chine, le Ghana, le Maroc, l'Égypte, la France, l'Angleterre, la Belgique, l'Indonésie, le Pakistan...

Cheikh al islam El- hadj Ibrahima Niass est rappelé à Dieu au St- Thomas Hospital de Londres le samedi 26 juillet 1975 à l' âge de 75 ans.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Dans l'introduction de son éloge panégyrique sur Mahomet, imprimé pour la première fois à Ibadan au Nigeria, Baye Niass décrit sa lignée :

  1. fils de Abdallah
  2. fils de Seyyidi Muhammad
  3. fils de Mademba
  4. fils de Bakary
  5. fils de Muhammad Al Amin
  6. fils de Demba
  7. fils de Rida
  8. fils de Chamsou Dine Missina
  9. fils de Ahmad
  10. fils de Abiboullah
  11. fils de Baba
  12. fils de Ibrahima
  13. fils de As-Siddiq
  14. fils de Ibn Naafiah
  15. fils de Qays
  16. fils de 'Aqil
  17. fils de Amr.

Son œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

  • Rouhoul Adab, écrit à l'âge de 21 ans
  • Noujoumoul Houda, panégyrique sur Mahomet.
  • Tanbihoul Azkiyya, panégyrique sur Ahmed Tijane.
  • Rafhoul Malam, invitation à prier avec les mains sur la poitrine.
  • Kaashifoul Ilbass, précisions sur les paroles soufies antérieures.
  • Dawawina Sitta, recueil de six diwans sur l'éloge à Mahomet, de Ahmed Tijan, de ses muqaddams, conseils et énigmes soufis destinés aux disciples.
  • Djamihoul Djawamihou , recueil de poèmes pareils au précédent sur l'éloge à Mahomet, de Ahmed Tijane, conseils et énigmes soufis destinés aux disciples.
  • Rihlatoul Konakri, poème sur son voyage à travers la sous-région : Guinée, Sierra Leone, Liberia, Ghana, Nigeria pour propager l'islam tidjane.
  • Djawahirou assa'il, missives, réponses à des correspondances, explications de certains versets, hadiths et paroles soufies, litanies.
  • Sirou Akbar (« le plus grand secret ») un des livres les plus ésotériques de Baye Niass.
  • Seyroul Qalb, dernier poème écrit par Baye Niass.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Harouna Amadou Ly, Biographie d'El-hadj Ibrahima Niass, Dakar

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ar) Djibril Guèye, Cheikh Al Islam El Hadj Ibrahima Niasse le Mystique (1900-1975) ou l’école de formation spirituelle de Niassène, Dakar, Université de Dakar, 1983, 151 p.  (mémoire de maîtrise)
  • Ahmadou Mokhtar Ba, Cheikh Ibrahima Niasse, savant et homme d’action, Dakar, Université de Dakar, 1983, 85 p.  + table. (mémoire de maîtrise)