Baudouin II de Guînes

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Baudouin II de Guînes
Fonctions
Comte de Guines
Prédécesseur Arnould Ier de Guînes
Successeur Arnould II de Guînes
Biographie
Date de naissance v.1135
Date de décès
Père Arnould Ier de Guînes
Mère Mahaud de Saint-Omer
Conjoint Christine de Marck
Héritier Arnould II de Guînes

Baudoin II de Guines (°v.1135 †) est le fils d'Arnould Ier de Guînes et de Mahaut de Saint-Omer. Comte de Guînes de 1169 à 1205, il entre dans l'histoire comme un des grands seigneurs les plus instruits du XIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Baudouin, fils d'Arnould de Gand et de Mahaut de Saint-Omer, est tenu sur les fonts baptismaux par Manassès Ier de Guînes, son grand-oncle. Manassès lui donne le nom de Baudouin en mémoire de son propre père Baudouin Ier de Guînes[1].

Baudouin est fait chevalier par Thomas de Cantorbury, plus connu sous le nom de Thomas Becket, archévêque de Cantorbury, alors en conflit avec le roi Henri II d'Angleterre et de passage en France.[1]

Arnould Ier, son père, constate qu'Arnould, vicomte de Marck est devenu Arnould IV d'Ardres, seigneur d'Ardres par son mariage avec la fille d'Arnould II d'Ardres, Adeline d'Ardres, héritière d'Ardres après la mort de ses deux frères. Arnould IV d'Ardres n'a lui-même qu'une fille Chrétienne ou Christine d'Ardres. Christine était promise à Étienne, fils d'Elenard de Seneghem, (Seninghem). Arnould Ier de Guînes craint que les anciennes rivalités entre Guînes et Ardres, qui s'était déjà affrontés par les armes, ne reprennent. Il va à Ardres pour négocier le mariage de son fils aîné Baudouin et de la fille d'Arnould IV d'Ardres. L'accord se fait, Baudouin épouse l'héritière d'Ardres et cumule ainsi le comté de Guînes et la seigneurie d'Ardres[2].

Arnould Ier de Guînes meurt en 1169. Baudouin II est reconnu comte de Guînes, il en porte le titre dans une charte du comte de Flandre Philippe d'Alsace, datée de 1169 et dressée en faveur de l'abbaye de Marchiennes[2].

Comte de Guînes[modifier | modifier le code]

Baudouin avait eu une jeunesse dissipée. Il change complètement en succédant à son père, et va administrer son comté avec vertu. Il rend la justice avec rigueur et sévèrité mais en se montrant juste et équitable, ce qui lui vaudra les surnoms de«  juste juge » ou encore « justicier admirable »[2].

Il se montre également très pieux. Il fait construire une riche et somptueuse chapelle près de son donjon de Guînes, ainsi qu'une autre chapelle au lieu dit Montor ou Mont d'Or, en l'honneur de sainte Catherine (Catherine d'Alexandrie), y met des reliques de saint Thomas (Thomas Becket déjà cité), la décore et y établit pour chapelain, un savant homme nommé Michel, natif de Loresse, ayant enseigné les belles lettres à Ardres, élevé prêtre par le dit Thomas Becket[2].

Goût des lettres[modifier | modifier le code]

Ne sachant pas lire, Baudouin entretenait des clercs pour cet office[3].

Parmi ces clercs, vivait dans la 2ème moitié du XIIe siècle Alfroi ou Alfridus ou Alfrius. Il est cité dans la chronique de Lambert d'Ardres qui en était le contemporain[4].

Les compagnons d'Alfrius étaient Lambert de Walben, Simon de Boulogne, maître Godefroy[4].

Alfroi traduisit pour le Comte de nombreux passages de l'évangile, surtout ceux se rapportant au dimanche ainsi que la vie de Saint-Antoine[4].

Il fit traduire en français le Cantique des cantiques, les Évangiles, la Vie de saint Antoine, une grande partie de La Physique d’Aristote et De mirabilibus mundi de Caius Julius Solinus[5].

Baudouin II et son épouse font d'importantes donations à l'abbaye de Clairmarais, tout en confirmant celles faites par son père Arnould[6].

Suite au traité d'Arras de 1191, Bauduin VIII de Flandre, comte de Flandre, doit reconnaître la perte du Boulonnais, du Ternois et du pagus Atrebatensis au profit du roi de France Philippe Auguste. Baudouin II, de même que le comte de Boulogne et le comte de Saint-Pol, doit rendre hommage au roi de France, son nouveau suzerain[7].

En 1191, Baudouin est arbitre avec Didier, évêque des Morins, au sujet d'un débat s'étant élevé entre l'abbaye Saint-Médard d'Andres et Adelide, veuve de Henri de Campaines, et son fils Henri au sujet de la propriété d'un marais[8].

Comme ses prédécesseurs, Baudouin veille aux bonnes relations avec les abbayes ː en 1198, il sert d'intermédiaire lors d'une donation faite à l'abbaye de Licques[9].

Les comtes de Guînes détiennent des biens en Angleterre. Le devenir de ces possessions est lié également à la qualité des liens entretenus avec le roi d'Angleterre, qui le cas échéant, a la capacité d'attribuer ou retirer des domaines. À l'époque de Baudouin, et de son fils Arnould II, ces relations sont plutôt bonnes ː plusieurs actes en témoignent, qui concernent tant Baudouin que l'un ou l'autre de ses enfants. Pour améliorer et faciliter la gestion de ses domaines, Baudouin procède en 1200 avec le comte de Pembroke Guillaume le Maréchal, à un échange de biens ː il lui cède des domaines en Angleterre contre des biens possédés par le noble anglais en Flandre; le roi d'Angleterre confirme cette transaction[10]. La même année, il fait ouvrir un chemin pour séparer les bois détenus respectivement par l'abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer, l'abbaye de Licques et son fils Guillaume[10]. En 1206, c'est une église (Est-Malling), située dans le Kent, qui appartenait à Baudouin, qui est donnée à un clerc britannique par le roi d'Angleterre[11].

Renaud de Dammartin, en lutte contre Arnould II de Guînes, fils de Baudouin II, attaque et capture celui-ci en 1205. Bien que relâché un peu plus tard, Baudouin meurt des effets de sa captivité. Arnould II devient le nouveau comte de Guînes.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Baudouin II, épouse Christine d'Ardres, (seigneurs d'Ardres), (°v.1140 †), d'où:

  • Adeline (°v.1160 †?)
  • Mabille (°v.1165 †?), mariée à Jean, fils de Petronille de Cysoing,
  • Arnould II de Guînes (°v.1170 †1220) successeur de son père
  • Guillaume, reçoit en 1208 paiement d'un fief d'argent par le roi d'Angleterre[12]; il s'agit probablement du Guillaume de Guînes qui renonce en 1217 à ses prétentions sur l'étang de Boquerdes, propriété de l'abbaye Saint-Médard d'Andres; décision entérinée par Adam, évêque des Morins (évêque de Thérouanne)[13].
  • Manassés, épouse Aiélis et devient seigneur de Tiembronne[14]; se rend en Angleterre en 1215[15]; en 1218, le chevalier Manassès de Guînes déclare qu'il a donné la forêt qu'il possédait à l'abbaye Notre-Dame de Licques[16]; il fait en 1222 une donation à l'abbaye d'Andres[17].
  • Baudouin, prêtre à Thérouanne,
  • Gillis (mort après 1227), marié à Christina, fille de Eustache de Montgardin, seigneur de Loresse
  • Seger (mort après 1205), mariée à Adélaïde, fille de Henri de Zeltun
  • Adeline, mariée à Beaudouin de Cayeux
  • Marguerite, mariée à Radboud de Rumes
  • Mathilde, épouse de Guillaume, fils de Clarembold de Thiemnbronne.

Après la mort de Christine, Baudouin eut encore quatre enfants illégitimes:

  • Godfrey, chanoine à Bruges
  • Boldekin
  • Eustache,
  • Willelkin

Ascendance[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Balteau <<Alfroi (ou Alfridius ou Alfrius>>, dans Dictionnaire de biographie française, Paris, Tome 1, 1932, Letouzey et Ané.
  • Alphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904.
  • André Du Chesne, Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy et de quelques autres familles illustres, Paris, 1632, lire en ligne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b A. du Chesne, cité dans la bibliographie, p. 66.
  2. a b c et d A. du Chesne, option citée, p. 67.
  3. Alain Rey, Mille ans de langue française. Histoire d'une passion, Perrin, 2007
  4. a b et c J. Balteau cité dans la bibliographie
  5. Marc Bloch, La Société féodale, Éditions Albin Michel, 1939 [Édition numérique UQAC, p.108]
  6. Alphonse Wauters, cité dans la bibliographie, Tome II, année 1174
  7. Anselme de Sainte Marie (Père Anselme), Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, 9 volumes, Paris, 1725 et années suivantes, Tome I, page 78, lire en ligne
  8. Alphonse Wauters, cité dans la bibliographie, Tome III, Année 1191
  9. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1198
  10. a et b Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1200
  11. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1206
  12. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1208
  13. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1217
  14. Manassès de Guînes, seigneur de Thiembronne et sa femme Aielis donnent des terres à l'abbaye Saint-Médard d'Andres. A. Wauters, cité dans la bibliographie, Tome III, Année 1221
  15. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1215
  16. A. Wauters, option citée, Tome III, Année 1218
  17. Alphonse Wauters, option citée, Tome III, Année 1222