Bateau semi-rigide

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Bateau pneumatique de type semi-rigide en navigation.

Un bateau semi-rigide ou bateau pneumatique est un bateau à moteur composé d'une coque rigide et de flotteurs ou tubes gonflés.

Ce type de bateau a la particularité d'avoir une flottabilité, une stabilité, un poids et une capacité de charge en poids et passagers supérieurs à un bateau rigide de mêmes dimensions.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers semi-rigides sont créés en France [Quand ?] :

  • L'ingénieur Paul Brot installé sur l'île de la Jatte à Neuilly-sur-Seine est le pionnier du semi-rigide pour lequel il dépose les brevets (ce qui crée un litige avec le fabricant Avon, Paul Brot refusant de vendre ses brevets). Il commercialise ses semi-rigides de façon artisanale sous la marque PB (Entreprise PB Marine/Hall Méditerranée) avec notamment des marchés pour la Marine nationale française avant de vendre ses brevets à la société Zodiac qui en industrialise la fabrication à grande échelle. Paul Brot n'hésite pas à tester ses créations dans des conditions extrêmes afin d'en démontrer les qualités, notamment dans le Raz Blanchard, un dangereux passage maritime à la pointe du Cotentin[1].
  • Georges Hennebutte, de Biarritz, un des premiers à pratiquer le surf sur la côte landaise, crée un modèle de pneumatique très particulier (L'Espadon) destiné au franchissement des grosses déferlantes, courantes sur cette côte, et qui est longtemps été utilisé comme engin de sauvetage par les postes de secours de la SNSM. L'Espadon, doté d'un poste de pilotage à l'extrême avant et de flotteurs se prolongeant loin derrière le tableau arrière de fixation du moteur, est conçu pour franchir les vagues à la manière des surfeurs (le plongeon du canard) sans se retourner. L'Espadon est testé par son inventeur dans les pires conditions, y compris dans la très dangereuse barre d'Etel, dont il existe un reportage filmé des Coulisses de l'exploit, visionnable sur les archives de l'INA[2].
  • Plus tard un troisième entrepreneur et homme d'affaires français, d'origine juive hongroise, Tibor Sillinger, (qui vend plus tard son entreprise à Avon) est aussi l'un des premiers a commercialiser des semi-rigides, dans son magasin situé en plein Paris, dans l'ancienne gare SNCF de la Bastille, avant la construction de l'opéra Bastille de Carlos Ott[3].

Tout semi-rigide, quel que soit son fabricant, est souvent abusivement appelé, par antonomase, « zodiac » du nom d'une des premières marques de grande production de semi-rigides.

Types[modifier | modifier le code]

Il existe différents types de bateaux semi-rigides, la principale différence étant de disposer de matériaux différents au niveau de la coque. Leur similitude étant leur ceinture pneumatique.

Construction[modifier | modifier le code]

Vue d'une coque profonde en forme de V.

La plupart des semi-rigides se composent des mêmes éléments :

La coque[modifier | modifier le code]

La coque d'un semi-rigide est faite d'acier, de bois, de l'aluminium, ou plus communément, d'une combinaison de bois et d'une structure en plastique renforcé de fibres de verre dont la surface est ensuite adoucie et polie. Certains fabricants ajoutent également du Kevlar pour plus de solidité. La coque se compose en général de nervures qui permettent d'augmenter le rendement de la vitesse du bateau dans l'eau en optimisant ses caractéristiques d'aquaplanage. Il existe plusieurs formes de coques, les principales étant dites en « V » qui permettent plus facilement de couper les vagues.

Les tubes ou « boudins »[modifier | modifier le code]

Les tubes constituent la ceinture pneumatique d'un semi-rigide qui leur permet une meilleure flottabilité, notamment dans les virages. Néanmoins, un bateau semi-rigide peu parfaitement flotter sans ses tubes. Pour des questions de sécurité en cas de crevaison et de facilité du gonflage, ils sont en général séparés en plusieurs compartiments disposant chacun d'une valve de gonflage et d'une soupape de surpression. Avec le Soleil, il est souvent nécessaire durant une saison de navigation de prévoir de remettre de l'air à l'intérieur des boudins. Les matériaux courants pour les tubes sont l'Hypalon ou le polychlorure de vinyle (PVC), bien que certains fabricants utilisent aussi le PU (polyuréthane). 

Hypalon[modifier | modifier le code]

L'Hypalon est le matériau le plus populaire et le plus résistant pour les pneumatiques d'un bateau semi-rigide. Il existe plusieurs épaisseurs d'Hypalon qui sont choisies par le constructeur en fonction de la longueur du bateau. Le principal avantage est de permettre, en cas de crevaison, aux tubes en Hypalon d'être rapidement réparés grâce à un kit spécial.

PVC (polychlorure de vinyle)[modifier | modifier le code]

Certains constructeurs utilisent le PVC pour les boudins. Si ce matériau à l'avantage d'être beaucoup moins onéreux que l'Hypalon, sa résistance est moindre et il n'est pas préconisé sur les unités supérieures à sept mètres.

PU (polyuréthane)[modifier | modifier le code]

Les tubes en polyuréthane sont relativement rares sur le marché des semi-rigides car difficiles à fabriquer. On trouve ce matériau parfois sur les pneumatiques militaires car il est très résistant mais avec un inconvénient qui est son prix élevé.

La cabine[modifier | modifier le code]

Les plus grands modèles, en général à partir de neuf mètres, peuvent disposer d'une cabine permettant au passager de dormir à bord de ce type d'embarcation. La cabine peut soit se situer à l'arrière dans la cale accessible en général par une trappe qui se soulève, soit à l'avant, ce qui nécessite une adaptation de la profondeur de la coque et du pont avant.

La motorisation[modifier | modifier le code]

Sur les bateaux pneumatiques, il existe principalement deux types de propulsion maritime :

  • Une motorisation hors-bord, avec des moteurs principalement au nombre de un ou deux, bien visibles et relevables pour permettre une arrivée au pied des plages.
  • Une motorisation in-board où, dans ce cas, le moteur est invisible mais plus gros et installé dans la cale moteur à l'arrière accessible par une trappe, en général avec un seul moteur ou deux sur les grosses unités (supérieur à dix mètres).

Exemples de fabricants[modifier | modifier le code]

  • Zodiac
  • Wimbi Boats
  • Sillinger
  • Capelli

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « PAUL BROT ARCHIVES », sur www.pneuboat.com (consulté le 21 janvier 2017)
  2. « Première en mer. » [vidéo], sur ina.fr (consulté le 12 mars 2017).
  3. Marie-Béatrice Baudet, « Tibor Sillinger, figure de proue », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]